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ISBN : 2354521472
Éditeur : Vents salés (13/05/2016)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Un jour de septembre, 6 h 45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt face à un océan d'humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus? Qu'attend-elle, cette jeune femme?
Cela m'interpelle, moi, Anselme Viloc, le "flic de papier".
En règle générale, je fuis les enquêtes ordinaires, j'ai le don de dénicher le grain de sable qui grip... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
fuji
  31 mai 2016
Anselme Viloc a une spécialité : trouver à enquêter là où son supérieur ne voit rien à chercher.
Pour sa troisième enquête, il trouve sur la plage une jeune femme en état de choc et sans identité.
Elle déclare en boucle qu'elle sait où est son fils mais le hic c'est qu'elle est vierge.
Il n'en faut pas plus à notre "flic de papier" pour être sur le coup.
Il a un mois pour percer cette énigme, mais il n'est pas seul, son second fait du porte à porte de façon plus classique (même s'il file le parfait amour avec Solange, mère de Lily), Lily presque 
12 ans et ses réflexions affûtées comme la lame d'une épée, sa fraîcheur et son amour des chats comme marque de reconnaissance et David fidèle parmi les fidèles, le premier à avoir accepté Anselme lorsqu'il a débarqué au Cap.
Ainsi s'installe le bonheur du lecteur qui retrouve un personnage récurrent et un univers. Cet opus est toujours aussi poétique que les précédents et ,ce n'est pas antinomique avec polar, mais il est plus malicieux aussi, l'auteur s'amuse visiblement à balader son lecteur sur une enquête qui débute sur rien.
Mais avec Anselme rien veut dire beaucoup. Il ne tarde pas à découvrir l'identité de l'inconnue et à retrouver ce qui reste de sa famille. Elle est visiblement fragile comme l'était sa mère, et malgré cette identification, ni la mémoire ni la connaissance ne refont surface.
L'enquête prend tout son sens.
De bavardages en largages de petits secrets, la machine à remonter le temps est en route.
La plage, les blockhaus, le lieu où à échouer notre amnésique deviennent des pièces de puzzle à mettre en place et notre flic de papier excelle dans l'exercice.
Mais les événements se précipitent et notre flic se retrouvent avec non pas un mais deux macchabées.
Et son boss le commissaire Plaziat sort le grand jeu et ses sarcasmes à deux balles, il pronostique un troisième cadavre.
Si Viloc accepte le bon sens éclairé de sa petite protégée Lily, il a plus de mal a intégrer le médium que son chef lui refile comme une prime. Cadeau Léonard le deviendra.
Si vous voulez en savoir plus....Lisez-le, pas question pour moi de vous en dire davantage. Si ce n'est qu'une nouvelle fois l'auteur tient ses promesses, c'est original et si le dénouement de cette énigme se trouve dans les remous de la seconde guerre mondiale, une fois de plus pour l'auteur il n'y a pas de hasard juste des coïncidences. Mais quelles coïncidences ! Et c'est là tout le talent de Guy Rechenmann, il nous concocte une histoire qui comme un bon plat a mijoté longuement.
Notre "flic de papier" s'épanouit , voir plus sans perdre une once de ses particularités et même mieux encore son humour est de plus en plus "iodé" pour notre plus grand plaisir.
Troisième opus à être baladée par Anselme et je suis bluffée, par l'étoffe de cet anti-héros, sa fantaisie et sa poésie.
Pour moi il fait parti des flics cultes comme Morse. Les enquêtes sont tellement plus savoureuses lorsque la tête et le coeur remplacent l'artillerie lourde.
Je me demande si une visite guidée des lieux ne va pas être la prochaine destination des touristes qui viennent se ressourcer au Cap-Ferret.
La conclusion je la "pique" à son boss : "Vous êtes un phénomène, Viloc, du bureau des rêves à La Légende des siècles, vous ratissez large. Si je ne vous avais pas, je m'ennuierais". Et moi lectrice j'attends déjà le suivant.
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SerialReader
  13 juin 2016
Bon ce coup ci, ne repartons pas sur le pitch du bouquin puisqu' éditeur et autres contributeurs s'en chargent parfaitement...
Qu'Anselme Viloc soit un flic atypique, bien entendu. Que ses enquêtes recèlent suffisamment de mystères et de complexité pour être qualifiées d'excellents romans policiers cela tombe sous le sens.
Mais Guy Rechenmann nous arnaque comme à son habitude en agitant une apparence de légèreté derrière laquelle se cachent bien d'autres choses.
Chacun de ses romans sont des "matrioshkas", ces fameuses poupées russes. Il y a toujours une idée dans l'idée et un sens caché dans le sens aperçu.
Exemple :
Pourquoi les trames s'emberlificotent elles entre passé récent et passé lointain ? Pour prétexte à histoires et Histoire ? Pour démontrer qu'il suce du phosphore en citant abondance de références que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ? Par nostalgie d'une parenthèse de tranquillité révolue ? Oui pour tout ça mais pas seulement. Parce que l'auteur refuse aussi le piège de l' homme connecté... Eve a bouffé la pomme et il est le seul à comprendre la cynique symbolique du logo d'Apple : "Voilà le même fruit, il vous a coûté le paradis mais reprenez en , histoire de nous gaver de pognon en vous privant d'une part supplémentaire de liberté"... En fait Guy Rechenmann est un résistant discret dont la culture et l'humour sont au service de causes perdues...il propose donc deux niveaux de lecture au cas où son lecteur soit intelligent. On ne sait jamais, avec un coup de pot hé hé...
Pour ce troisième Viloc , reviennent et s'agrègent les personnages principaux croisés dans les deux romans précédents et (ré) apparait un petit nouveau que l'on avait connu dans un autre bouquin sans aucun rapport avec cette série. Etrange adolescent dans " Des Fourmis dans les doigts", Léonard est désormais adulte et vient aider Anselme en tant que médium dessinateur.
C'est caractéristique de notre inspecteur préféré : Anti Sherlock Holmes têtu, ses enquêtes partent de rêves ou de situations banales, se concrétisent au fur et à mesure pour devenir de vrais mystères. Il charge les collègues des tâches de police et se consacre lui à l'écoute, à l'observation, au feeling et voire parfois au mysticisme. Il confie ses interrogations, ses blocages aux amis, fait appel à des aides improbables et collecte les remarques de bon sens et les intuitions. En fait Viloc est un flic fainéant. Il pose les pièces du puzzle sur la table et quand tous les copains en résolvent une partie, il procède alors à l'assemblage final.
On se poile souvent en lisant ce roman. Peut être même plus que d'habitude. Mais là aussi, derrière les aphorismes, les phrases détournées ou les sentences humoristiques, il y a beaucoup de profondeur. Avec Guy Rechenmann, c'est pas juste rigoler pour rigoler: Quand vous poufferez de rire , relisez la phrase : La deuxième fois vous y trouverez quelque chose d'important. La troisième fois, vous poserez le bouquin et partirez en réflexion. "A la Place de l'Autre" est une gare de triage de laquelle repartent de nombreux convois chargés d'émotions différentes.
On a toujours coutume de dire que le dernier roman d'un auteur est le plus abouti. Ce n'est pas toujours vrai, mais dans celui là, Guy Rechenmann a l'image de Viloc, a rassemblé tous les morceaux pour livrer ce qui commence à ressembler à une oeuvre. De touche à tout génial et surdoué qui s'était mis à tâter l'écriture, il est désormais écrivain avant tout. Toutes ses expériences se sont finalement rassemblées dans cette plume que l'on espère ne plus jamais voir s'arrêter.

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DOMS
  03 juillet 2016
Autant le dire, un petit moment d'adaptation m'a été nécessaire pour comprendre pourquoi ce « flic de papier » travaille à l'instinct sur des affaires que personne à part lui n'a flairé comme étant potentiellement à creuser. Anselme Viloc est inspecteur, dans les années 90, dans la région du bassin d'Arcachon.
Alors qu'il fait son jogging sur la pointe du cap Ferret, Anselme Viloc croise une femme assise devant un blockhaus. Elle est prostrée, en catatonie depuis des heures apparemment. Et comme Viloc marche à l'instinct, il s'en inquiète. A juste titre d'ailleurs, puisqu'impossible de savoir qui elle est, de la faire parler, d'échanger quoi que ce soit de « raisonnable » avec elle. Photos dans les journaux, enquête, investigation classique, rien n'y fait et sans l'obstination de Viloc, l'affaire aurait sans doute été classée ou confiée à un autre service.
Nous voilà emportés dans un polar assez déroutant au départ, car il se passe 30 ans en arrière. Là, point de téléphone portable, d'ordinateur ou de geek pour trouver en quelques clics des solutions improbables. Nous sommes face à un bon vieux flic, enfin, vieux pas tant que ça quand même, qui travaille à l'ancienne avec une équipe peu visible finalement, accompagné dans ses réflexions par Lily, une gamine affutée et très sensée, et aidé par Léonard un dessinateur singulier et terriblement intéressant. Mais surtout Anselme se guide à l'instinct, il a du caractère et sait être peu respectueux de la hiérarchie quand il sent qu'il est sur la bonne voie. le commissaire n'apprécie pas trop ce type d'enquête, sans mort, ni cadavre et lui laisse peu de temps pour la résoudre. Finalement, de péripétie en péripétie, puis de cadavre en incendie, Viloc soulève un lièvre bien plus gros que ce qu'il n'y parait au départ. Il creuse dans le passé des protagonistes et fait émerger quelques relents nauséabonds de la grande Histoire. J'aurai d'ailleurs aimé un peu plus de lignes sur cet épisode et sur la résolution de cette énigme particulièrement bien fouillée. Viloc nous entraine dans la réalité et les à côté de la seconde guerre mondiale, plonge dans la vengeance, la manipulation, et va bien plus loin dans la psychologie humaine que ce qu'on y voit de prime abord.
Dans ce roman, il n'y a pas profusion de sang ou de violence, ce qui prouve que pour tenir son lecteur ce n'est pas forcément indispensable. de longues digressions nous entrainent dans les pensées et les souvenirs d'Anselme, dans sa région, ses enquêtes précédentes (opus néanmoins compréhensible sans avoir lu les précédents) avant de dévoiler le mystère qui fera comprendre au lecteur toute la puissance de son titre « A la place de l'autre ». Atypique, un peu flâneur, poète et en apparence rêveur, Viloc est certainement un flic à connaitre et à suivre !

Lien : https://domiclire.wordpress...
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Leraut
  01 août 2018
« A la place de l'Autre » de Guy Rechnmann est à l'instar des Vents Salés qui se reflètent dans un océan de haute voltige. L'écriture, plus qu'une prouesse est une vague qui invite à la pavlovienne rencontre avec Anselme Viloc protagoniste de renom de cette histoire plausible. le lecteur, les pieds dans le sable, ne bouge plus. Lit ce drame générationnel, assiste au ballet du temps qui magnifie la teneur des lignes. Guy Rechenmann sait transcrire la folie des nuages crispant les êtres en regrets transis. le ciel devient l'âme humaine. le crépuscule, l'exutoire des évènements s'écroulant comme des châteaux de cartes à jouer. « A la place de l'Autre » symbole de ce que la vie laisse de stigmates sur une peau gorgée de sel est de loin, l'empreinte de la vague sur les mémoires enfouies. Fil d'Ariane, La Pointe du Cap Ferret est la majuscule des faits qui vont s'enchaîner, tel le fabuleux « Brodchurch » d'Erin Kelly mais en version 3D. le style de l'auteur souple, poétique, doué apaise la violence des turbulences. Philosophique souvent, intime et gracieux, il semble consolant et cherche à dénouer les noeuds de ces mystères qui sont de loin le tsunami de familles étranglées par les vices de jalousie, de haine et d'abandon de l'autre. Une jeune femme, un enfant paieront le prix fort d'une issue irrévocable. le fond de l'histoire sombre est relevé grâce à la puissance verbale de l'auteur. « le bonheur est un équilibre. Elle ne croit pas à l'uniformité, elle sait que la différence n'est jamais heureuse. L'homme vraiment intelligent est un pédagogue. Il éclaire les pensées et, du coup, amortit les inégalités tel un édredon. » Sous les sables se cachent les certitudes floutées par les non-dits. Ces femmes qui telles des poupées gigognes métaphoriques empreintes de secrets lourds au temps, ternissent le chant glorieux d'une normalité chimérique. Ces dernières liées par cette histoire de famille sont pourtant éloignées des unes des autres par cette opacité qui enserre les falaises rongées de sel de rancune. La familiarité avec les personnages connus des lecteurs assidus des romans de Guy Rechenmann, s'anime. On aime cette nouvelle rencontre livresque avec Anselme Viloc, Lily et plus…..Le charme est ici. Ce roman captivant est à lire sur une plage, de Bouliac à la Chalosse, d'Arcachon à Andernos. Vous y croiserez sans doute Anselme Viloc. Comme l'écrit si bien Guy Rechenmann « le Bassin reflète l'humeur du ciel. Il me sourit. » Et nous aussi !!!Ce roman policier est majeur, surprenant et original. Sélectionné pour le Prix Polar 2016 de Cognac, publié par les Editions « Vents Salés » il est la certitude d'un voyage dans une région où le vent emporte les chevelures des femmes dont les mémoires sont des sceaux noires sur les consciences.
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fredelie
  03 juillet 2016
Anselme revient dans ce troisième opus et nous livre une nouvelle enquête dont lui seul à le secret : homme de conjectures, contemplatif , doué d'une intuition presque féminine, il va à nouveau prendre son temps pour résoudre cette drôle d'affaire... Une femme, découverte hébétée sur la dune du Pyla, une phrase répétée, presque scandée par la malheureuse et évoquant la présence (ou la disparition ?) d'un fils...? Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c'est bizarre ! Il n'en faut pas plus à notre "Flic de papier" pour se lancer dans l'aventure ! Alors bien sûr, il n'est pas rapide à "percuter" notre Viloc et il continue de côtoyer toute sa bande (David, Jérémy , Sylvia et surtout la petite Lily) pour l'aider à remettre "l'église au milieu du village" . L'auteur, Guy Rechenmann impose son rythme au lecteur, nous faisant cheminer au gré de ses déambulations aussi bien géographiques ( le bassin d'Arcachon, Bordeaux et Casteja, le Béarn ,... ) qu'historiques ( nous reportant au temps de la construction du fameux "mur de l'Atlantique"). "La place de l'autre", n'est pas un livre que l'on dévore, bien au contraire, c'est un roman riche que l'on déguste . Pourquoi ? Parce que l'écriture en est gourmande, truculente. L'auteur donne à voir, à sentir, à écouter,et aussi parfois....à se demander quel temps il fait : ..." Aujourd'hui , l'océan gronde la plage de sa grosse voix qui roule les "r" et la marée montante engendre des vagues rageuses. le ballet des oiseaux de mer, lui, est immuable, insensible aux fulminations des flots et aux préoccupations de l'homo sapiens, à se demander qui est le plus sapiens de l'oiseau ou de l'homme"... Moi, je dirais que pour connaître la réponse, il ne faut pas hésiter à vous laisser embarquer dans ce roman policier, parfois poétique , plein de mystères, d'histoires et d'Histoire, à vous laisser bercer par le ressac des vagues oceanes sur un fond de musique jazz dans une atmosphère de secrets de famille. Il y en a pour tous vos sens et si comme moi, vous vous êtes régalés, il vous tardera de savoir de quelle folle élucubration sortira la prochaine enquête d'Anselme Viloc..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
rechenmannrechenmann   16 mai 2016
Je doute que Lily soit douée pour le bonheur. Le bonheur est l’antithèse de la réflexion dans la mesure où, à en croire nos médias et à entendre nos élites bien pensantes, il est simple à trouver. En réalité il est au raisonnement ce que l’aiguille est à la meule de foin, introuvable. Le bonheur serait un gros fromage et Lily n’en veut qu’une miette, cela suffit pour calmer son jeune appétit, trop, provoquerait une indigestion. Vous imaginez, un trop plein de bonheur, insoutenable, en plus très mauvais pour le business: plus d’anti-stress, médicaments, cigarettes, alcool bref une catastrophe économique. Pas de danger pour le grand capital, je suis comme Lily, je ne crois pas au bonheur ou plutôt si, mais au faux, celui du produit marketing, la pure invention à but lucratif de l’homme dans toute sa démence. Il n’y a qu’à voir les différentes formes qu’il a revêtues au cours des temps. Homme bon est décidément mon oxymore préféré.
Apanage de l’intelligence, Lily aura son cortège de sujets de satisfaction et de petits plaisirs mais sa vie se passera à ordonner ses accords et ses contradictions en essayant de se convaincre à profiter de l’instant :
Le bonheur est un équilibre.
Elle ne croit pas à l’uniformité, elle sait que la différence n’est jamais heureuse. L’homme vraiment intelligent est un pédagogue, il éclaire les pensées et, du coup, amortit les inégalités tel un édredon :
Le bonheur est un discernement.
Elle s’y emploie déjà malgré son jeune âge et Léonard a compris cet esprit brillant en lui offrant ce simple croquis de chat, son refuge d’enfant :
Le bonheur est un souvenir.
Il a mis pile dedans, normal, il est médium
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charli33charli33   03 juin 2016
Et vient l’annonce faite à Marina, la mort de l’enfant. Silence. Elle me fixe, ne semble pas comprendre. Puis lentement s’assoit sur son lit face à la baie vitrée. Un couple de corbeaux est là, sur la pelouse blanchie, à l’écoute, une voiture passe non loin d’eux.
Un coup d’œil au toubib avant qu’elle ne plonge la tête entre ses mains et sanglote. Le toubib me fait signe de ne pas intervenir, il faut la laisser s’épancher, vider toutes les larmes de son corps et avec un peu de chance un morceau de sa folie viendra avec. Désencombrer son esprit, l’épurer, c’est ce que le docteur Angot s’efforce de faire depuis son internement et il a pris la décision de lui annoncer la nouvelle dans ce but, une sorte d’électrochoc rédempteur, un pari. Nous sommes immobiles dans la chambre à supporter le râle continu de Marina et à observer les deux corbeaux, symboles de tristesse et de malheur, s’escrimant, par des évolutions spectaculaires, à trouver une pitance en piquant le sol durci.
Le spectacle de ces volatiles pourrait être un mauvais présage mais Lily m’a affirmé qu’ils sont les plus intelligents du règne animal, conjuguant prudence, sociabilité, courage et fidélité, « les couples restent unis pour la vie », argument massue et en guise de conclusion elle avait été jusqu’à conspuer La Fontaine qui, à ses yeux, faisait passer l’oiseau noir pour prétentieux, hâbleur, bref un peu benêt, tout l’inverse de ce qu’il est. Un des corbeaux a l’air de nous fixer à travers le vitrage, plusieurs secondes. Lily a raison, l’oiseau n’a de noir que son plumage. Les pleurs s’estompent, se fondent et s’arrêtent. Marina se redresse, nous fait face et les yeux encore mouillés nous assène :
Quand est-ce qu’on l’enterre?
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catcapcatcap   01 juin 2016
Dites-moi, Viloc, vous êtes bien « Le » spécialiste de la disparition, non ? Alors qu’est-ce que vous nous foutez une timbrée sur les bras ? Une foldingo amnésique et pour faciliter l’affaire, pas un papier sur elle... ni dans son sac et reprenez-moi si je me trompe, seuls un pull-over noir, trois kleenex, une paire de lunettes de soleil version 1970, un porte-monnaie avec un billet de dix francs et trois francs cinquante en pièces, une demi-douzaine d’épingles à cheveux et une clef, unique, qui doit correspondre à une serrure mais laquelle et où ? Ça c’est une autre question... L’affaire du siècle, Viloc. Pas de plainte, pas de corps, rien... juste une émanation d’intuition, une sorte d’archéologie préventive.
C’est nouveau, pour le dépaysement sans doute. Une nouvelle approche du métier ? Envie de changer d’air ?
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catcapcatcap   20 février 2017
ŕ Vous devez connaître alors la réflexion de notre Victor Hugo national : « C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse » Ŕ Il s’arrête, me regarde de bas en haut. Dites-moi, vous êtes un drôle de gaillard. Vous êtes « légèrement improbable » comme disait je ne sais plus qui. D’abord vous prenez la déposition d’un rêve ou d’un cauchemar, c’est selon et aujourd’hui vous faites encore plus fort car, je me répète, il n’y a ni déposition, ni plainte, ni corps, enfin rien du tout, seulement une illuminée sur une plage, débitant une litanie. Comprenez-moi, Viloc, vous êtes dur à suivre... vous savez aussi bien que moi que l’onirique est à la police ce que la franchise est à la politique. Cependant, je dois l’avouer, vous avez fait du bon boulot avec la petite Frontjoie et le ferrailleur dément1, une vraie performance – il fait une pause. Je vous laisse un mois, allez, j’attends votre rapport... Filez...
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poisonpoison   26 août 2016
il y a des choses que l'on ne peut jamais oublier, Lily.La mémoire est une maison avec des fenêtres équipées de volets. Si tu ouvres ou fermes les carreaux en fonction de la température ambiante, les rayons du jour et la prégnance de tes souvenirs auront toujours un accès facile, en revanche si tu clos le volet plein, la clarté ne rentrera plus, ni celle du soleil ni celle de ta mémoire.
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