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EAN : 9782742759804
Éditeur : Actes Sud (15/12/2005)
3.85/5   27 notes
Résumé :
À mi-chemin entre la science et la poésie, Histoire d'un ruisseau a été écrit en 1869 par le géographe et anarchiste français Élisée Reclus. Ce texte n'est pas une simple description de paysages le long de la course de l'eau, il est surtout, par son écriture étonnante et poétique, un hymne à la vie et à l'une de ses ressources les plus précieuses... Présent au fil des pages comme au bord de la rive d'un fleuve, le dessin d'Eloar Guazzelli, artiste brésilien, a su en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fabinou7
  17 septembre 2021
Brève littéraire, et au milieu coule un ruisseau.
Elisée Reclus partage peut-être le coté libertaire du personnage de Brad Pitt dans Fight Club mais la comparaison entre l'acteur du film de Robert Redford “Et au milieu coule une rivière” et l'auteur, géographe, de “Histoire d'un ruisseau” s'arrête là.
J'ai pu lire que des enfants ont fait de la géographie grâce à cet ouvrage aux descriptions ondines, à la langue aussi claire que le fond d'un lac de montagne, et aux exemples incarnés par les aventures de Reclus, à l'image de sa nuit sur une plage de Colombie, avant la tempête.
Malheureusement pour Reclus, depuis l'ouvrage, publié en 1869, les progrès de la technique nous montrent désormais des documentaires où l'on s'émerveille du cycle de l'eau, de la vapeur à la glace en accéléré et en Haute Définition, quand les descriptions et détails de Reclus peuvent paraître au lecteur un peu distrait d'une monotonie semblable au « fleuve rapide, brun-vert, du paysage » qu'on voit défiler depuis la vitre du TER (comme l'écrivait Ivo Andric). Est-ce à dire que le bouquin de Reclus est dépassé ?
Certainement pas ! Quelle humilité, discipline, ascèse même d'observer simplement la ressource la plus précieuse, source de toute vie sous toutes ses coutures, sans en manquer une goutte… alors, si notre imagination ou nos souvenirs ne peuvent toujours soutenir notre lecture, Il faudrait au moins suggérer à Arte de filmer les tribulations d'un ruisseau ou d'un fleuve tout en revenant à la source littéraire qu'est Reclus, si j'ose dire, et en donnant à l'image ses mots et sa prose si poétique et passionnée en commentaire du documentaire !
Son ouvrage est d'autant plus actuel que l'auteur fustige la pollution des eaux par l'activité humaine, la destruction de milieux et d'espères naturels, la surpêche et tout ce qui va à contre-courant de son ruisseau adoré…
Il se félicite de l'ingéniosité du moulin qui épargne de lourdes tâches aux hommes qui peuvent se consacrer (un peu) aux loisirs et à une vie (un peu) plus douce : “il moud le blé, brise le minerai, triture la chaux et le mortier, prépare le chanvre, tisse les étoffes. Aussi l'humble moulin, fût-il même rongé de lichens et d'algues, m'inspire-t-il une sorte de vénération : grâce à lui, des millions d'êtres humains ne sont plus traités en bêtes de somme ; ils ont pu relever la tête et gagner en dignité en même temps qu'en bonheur”. Car même si l'ouvrage de vulgarisation est celui d'un scientifique, Reclus l'écologiste, l'anarchiste, le communard condamné à la déportation, défenseur de l'égalité, de l'union libre, du bonheur n'est jamais très loin.
Qu'en pensez-vous ?
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gigi55
  17 juillet 2012
Un petit livre plein de vie et de romantisme ou la nature est la source de notre liberté et de notre dignité. On suit avec précision les métamorphoses du ruisseau de sa source à sa fusion des le fleuve.
Pour amoureux de la nature !
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Charybde2
  22 février 2016
Grand géographe libertaire, vulgarisateur de beauté, nature writer avant la lettre.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/22/note-de-lecture-histoire-dun-ruisseau-elisee-reclus/
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Fabinou7Fabinou7   26 juin 2021
"Après les dix mois de chaîne, voici les heureux jours des vacances ; les enfants reprennent leur liberté ; ils revoient la campagne, les peupliers de la prairie, les grands bois, la source déjà parsemée des feuilles jaunies de l’automne ; ils boivent l’air pur des champs, ils se font un sang nouveau et les ennuis de l’école seront impuissants à faire disparaître de leur cerveau les souvenirs de la libre nature. Que le collégien sorti de la prison, sceptique et blasé, apprenne à suivre le bord des ruisseaux, qu’il contemple les remous, qu’il écarte les feuilles ou soulève les pierres pour voir jaillir l’eau des petites sources, et bientôt il sera redevenu simple de cœur, jovial et candide."
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Charybde2Charybde2   22 février 2016
Chose admirable et qui m’enchante toujours ! ce ruisselet est pauvre et intermittent ; mais son action géologique n’en est pas moins grande ; elle est d’autant plus puissante relativement que l’eau coule en plus faible quantité. C’est le mince filet liquide qui a creusé l’énorme fosse, qui s’est ouvert ces entailles profondes à travers l’argile et la roche dure, qui a sculpté les degrés de ces cascatelles, et, par l’éboulement des terres, a formé ces larges cirques dans les berges. C’est aussi lui qui entretient cette riche végétation de mousses, d’herbes, d’arbustes et de grands arbres. Est-il un Mississippi, un fleuve des Amazones qui proportionnellement à sa masse d’eau, accomplisse à la surface de la terre la millième partie de ce travail ? Si les rivières puissantes étaient les égales en force du ruisselet temporaire, elles raseraient des chaînes de montagnes, se creuseraient des abîmes de plusieurs milliers de mètres de profondeur, nourriraient des forêts dont les cimes iraient se balancer jusque dans les couches supérieures de l’air. C’est précisément dans ses plus petites retraites que la nature montre le mieux sa grandeur. Étendu sur un tapis de mousse, entre deux racines qui me servent d’appui, je contemple avec admiration ces hautes berges, ces défilés, ces cirques, ces gradins et la sombre voûte de feuillage qui me racontent avec tant d’éloquence l’œuvre grandiose de la goutte d’eau.
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Charybde2Charybde2   22 février 2016
Numa Pompilius, nous dit la légende romaine, avait pour conseillère la nymphe Égérie. Seul, il pénétrait dans les profondeurs des bois, sous l’ombrage mystérieux des chênes ; il s’approchait avec confiance de la grotte sacrée, et pour sa vue, l’eau pure de la cascade, à la robe ourlée d’écume, au voile flottant de vapeurs irisées, prenait l’aspect d’une femme belle entre toutes et souriante d’amour. Il lui parlait comme un égal, lui, le chétif mortel, et la nymphe répondait d’une voix cristalline, à laquelle le murmure du feuillage et tous les bruits de la forêt se mêlaient comme un chœur lointain. C’est ainsi que le législateur apprenait la sagesse. Nul vieillard à la barbe blanchie n’eût su prononcer des paroles semblables à celles qui tombaient des lèvres de la nymphe, immortelle et toujours jeune.
Que nous dit cette légende, sinon que la nature seule, et non pas le tumulte des foules, peut nous initier à la vérité ; que pour scruter les mystères de la science il est bon de se retirer dans la solitude et de développer son intelligence par la réflexion ? Numa Pompilius, Égérie ne sont que des noms symboliques, résumant toute une période de l’histoire du peuple romain aussi bien que de chaque société naissante : c’est aux nymphes, ou, pour mieux dire, c’est aux sources, aux forêts, aux montagnes, qu’à l’origine de toute civilisation les hommes ont dû leurs mœurs et leurs lois. Et quand bien même il serait vrai que la discrète nature eût pu ainsi donner des conseils aux législateurs, transformés bientôt en oppresseurs de l’humanité, combien plus n’a-t-elle pas fait en faveur des souffrants de la terre, pour leur rendre le courage, les consoler dans leurs heures d’amertume, leur donner une force nouvelle dans la grande bataille de la vie ! Si les opprimés n’avaient pu retremper leur énergie et se refaire une âme par la contemplation de la terre et de ses grands paysages, depuis longtemps déjà l’initiative et l’audace eussent été complètement étouffées. Toutes les têtes se seraient courbées sous la main de quelques despotes, toutes les intelligences seraient restées prises dans un indestructible réseau de subtilités et de mensonges.
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enisabenisab   14 mai 2021
Aussi bien que l'homme considéré isolément, la société prise dans son ensemble peut être comparée à l'eau qui s'écoule. A toute heure, à tout instant, un corps humain, simple mille millionième de l'humanité, s'affaisse et se dissout, tandis que sur un autre point du globe un enfant sort de l'immensité des choses, ouvre son regard à la lumière et devient un être pensant. De même que dans une plaine tous les grains de sable et tous les globules d'argile ont été roulés par le fleuve et disposés sur ses rives, de même toute la poussière qui recouvre le globe a coulé avec le sang du cœur dans les artères de nos ancêtres. D'âge en âge, les générations se succèdent en se modifiant peu à peu : les barbares à la figure bestiale et luttant pour la prééminence avec les animaux féroces sont remplacés par des êtres plus intelligents, auxquels l'expérience et l'étude de la nature ont enseigné l'art d'élever les animaux et de cultiver la terre ; puis, de progrès en progrès, les hommes arrivent à fonder des villes, à transformer les matières premières, à échanger leurs produits, à se mettre en rapport d'une partie du monde à une autre partie ; ils se civilisent, c'est-à-dire leur type s'ennoblit, leur crâne devient plus vaste, leur pensée plus étendue, et d'un cercle de plus en plus large, les faits viennent se grouper dans leur esprit. Chaque génération qui périt est suivie par une génération différente, qui, à son tour, donne l'impulsion à d'autres multitudes. les peuples se mêlent aux peuples comme les ruisseaux aux ruisseaux, les rivières aux rivières ; tôt ou tard, ils ne formeront qu'une seule nation, de même que les eaux d'un même bassin finissent par se confondre en un seul fleuve. L'époque à laquelle tous ces courants humains se rejoindront n'est point encore venue : races et peuplades diverses, toujours attachées à la glèbe natale, ne se sont point reconnues sœurs ; mais elles se rapprochent de plus en plus ; chaque jour elles s'aiment davantage et, de concert, elles commencent à regarder vers un idéal commun de justice et de liberté. Les peuples, devenus intelligents, apprendront certainement à s'associer en une fédération libre ; l'humanité, jusqu'ici divisée en courants distincts, ne sera plus qu'un même fleuve, et, réunis en un seul flot, nous descendrons ensemble vers la grande mer où toutes les vies vont se perdre et se renouveler.
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lerital31lerital31   07 septembre 2013
Semblables au ruisseau qui s'enfuit, nous changeons à chaque instant; notre vie se renouvelle de minute en minute, et si nous croyons rester les mêmes, ce n'est que pure illusion de notre esprit.
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