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ISBN : 2234088704
Éditeur : Stock (08/01/2020)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Leçon de Ténèbres : « Genre musical français du XVIIe qui accompagne les offices des ténèbres pour voix et basse continue. Se jouait donc la nuit à l'Église, les jeudi, vendredi et samedi saints. »
Le Musée Greco à Tolède n’est certes pas une Église, et Léonor de Recondo, quoique violoniste, n’y va pas pour jouer, dans cette nuit affolante de chaleur, de désir rentré, de beauté fulgurante, mais pour rencontrer, enfin, le peintre qu’elle admire, Dominikos Theo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
hcdahlem
  06 février 2020
Rendez-vous amoureux avec Le Greco
Léonor de Récondo a passé une nuit dans la maison-musée du Greco à Tolède en espérant pouvoir déclarer son amour au peintre. Avec une arme secrète, son violon, elle va lui offrir la plus belle des Leçon de ténèbres.
Enfermer des écrivains une nuit dans un musée. L'idée émane d'Alina Gurdiel qui en a eu l'idée après un séjour sur l'île japonaise de Naoshima. Elle séjournait dans un hôtel contigu au musée et, n'arrivant pas à dormir, s'est retrouvée seule au milieu des oeuvres d'art. «Petit à petit m'est venue l'idée, et l'envie surtout, d'enfermer des écrivains dans un musée et qu'ils vivent cette expérience pour la raconter. Quel rapport avons-nous exactement à l'art? Et aux musées? Chaque écrivain va raconter ce moment étrange, de solitude dans un endroit où d'habitude on ne peut ni dormir ni être seul. Chaque texte sera différent, inédit, forcement étonnant, personnel, amusant…»
Kamel Daoud a inauguré la collection «Ma nuit au musée» avec le peintre dévorant la femme. Comme pour les deux titres qui ont suivi, Marcher jusqu'au soir de Lydie Salvayre et Nuit espagnole d'Adel Abdessemed, il a passé la nuit au musée Picasso. Trois variations autour d'un même artiste que Léonor de Récondo aurait sans doute pu poursuivre, mais elle a préféré retrouver un musée qu'elle a découvert dans sa jeunesse avec ses parents, celui dédié au Greco à Tolède.
Le rendez-vous est fixé un soir de juin caniculaire. Venant de Madrid où elle a pu retrouver ses habitudes d'«Espagnole», elle doit à un contrôleur de train compréhensif le fait d'avoir pu rejoindre Tolède à l'heure prévue, car le TGV qui reliait la capitale du pays à de la région Castille-La Manche était complet.
Quelquefois, il faut un peu provoquer la chance… surtout quand on veut retrouver un peintre soi-disant mort il y a plusieurs siècles.
En pénétrant dans le musée construit au début du siècle et censé reconstituer la maison du peintre, il n'est toutefois pas là pour l'accueillir. Seuls les gardes face à leur système de vidéosurveillance s'amusent de cette curieuse initiative et ne tardent pas à laisser la visiteuse déambuler à son gré dans le patio, le jardin, la chapelle et les pièces d'exposition plongées dans l'obscurité.
Une ambiance propice à un rendez-vous amoureux, mais pas vraiment à l'analyse des oeuvres d'art, éclairées à la lumière d'un smartphone.
Reste à apprivoiser Doménikos Theotokópoulos, le «Grec de Tolède» qu'on finira par appeler Le Greco. Pour la réussite de cette entreprise Léonor a pris soin de se rendre d'abord à la cathédrale où la coutume veut que l'on caresse une pierre protectrice si l'on veut que ses projets se concrétisent. Léonor imagine que Doménikos a fait ce geste un siècle avant elle, avant de réaliser sa première commande justement destinée à orner l'édifice religieux. S'il veut vivre de son art, il doit réussir après avoir quitté sa Crête natale pour Venise, puis Rome, puis Madrid où il n'a pas pu s'imposer.
Délaissant la biographie classique, la romancière choisit de nous livrer les éléments marquants de la vie de son amoureux, l'enfant qui trouve une vipère sur son chemin et court chercher refuge dans l'église u encore, quelques années plus tard, son choix de quitter la Crête et de s'installer à Venise, de laisser derrière lui la belle Ariana qui mourra peu après ou encore les tentatives de travailler à Rome puis à Madrid.
Enfin l'arrivée en 1577 à Tolède, considérée alors comme «la capitale spirituelle de l'Espagne».
C'est là, à quelques mètres du musée, qu'il finira par poser ses bagages et qu'il réalisera ses oeuvres incomparables aux couleurs brillantes et aux ombres douces qui fascinent Léonor:
« Étirements de bleu
éclairs de blanc,
percées de vert,
étincelles de rouge,
chevauchées de brun,
dentelles de gris. »
C'est là aussi qu'il rencontrera Jerónima et qu'elle mettra au monde leur fils Jorge Manuel auquel il essaiera de transmettre son art. Un fils que l'on retrouve sur l'une de ses toiles les plus emblématiques, la Vue et plan de Tolède.
Mais alors que la nuit s'avance, Le Greco ne semble pas devoir réagir à la sensible déclaration d'amour qui lui est faite, contrairement au garde de nuit qui entend jouer de la sensualité de ce moment.
Il reste toutefois un atout majeur dans le jeu de la visiteuse, son violon. Les notes envoûtantes parviendront-elles à convaincre Doménikos?
Pourra-t-il résister à La leçon de Ténèbres? (Le titre du livre fait en effet référence à un genre musical créé en France au XVIIe siècle et destiné au premier des trois nocturnes qui accompagnent chaque office des Ténèbres, c'est-à-dire les matines et les laudes). Vous le découvrirez en même temps que la belle invitation à (re)découvrir une oeuvre et/ou à filer toutes affaires cessantes à Tolède.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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sylvaine
  04 février 2020
La leçon de ténèbresLeonor de Recondo publié chez Stock , collection Ma nuit au Musée.
#Laleçondeténèbres #NetGalleyFrance.
Le nouveau texte de Leonor de Recondo? Comme à chaque fois je ne résiste pas ..
Tolède, 23 heures,la chaleur est étouffante, Leonor de Recondo, son violon à l'épaule, franchit le seuil de la maison.
Telle une jeune femme énamourée elle tremble, espère et aspire à rencontrer celui qu'elle aime d'un amour hors d'âge Dominikos Theotokopoulos dit Le Gréco. 4 siècles c'est si peu quand on aime! 15 ans qu'elle a découvert sa peinture lors d'un voyage en compagnie de ses parents, en compagnie de son père qui les a quittés il y a si peu de temps et puis il y a ce carnet trouvé dans ses affaires.
Alors la voilà prête à passer la nuit dans le Musée El Greco et les mots coulent, la musique s'élève dans la nuit et ...
Merci
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Guillaume17
  09 février 2020
Nouvel opus chez stock dans la collection ma nuit au musée .
L idée reste toujours la même un auteur artiste enfermé une nuit dans un musée . carte Blanche pour la création .
Léonor de recondo raconte avec passion son amour pour Le Gréco ..
Une plume magique une ambiance chaleureuse et poétique donnant envie a son tour de redécouvrir l oeuvre et la vie du maestro.
Plaisir de lecture 10/10
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aliasdam
  08 janvier 2020
Leonor a une nuit. Pour rencontrer un amour : le peintre Le Greco.
Elle s'enferme dans le musée Greco à Tolède, il y fait une chaleur étouffante, elle a un violon, un carnet, et de multiples souvenirs.
La plume délicate de l'auteure nous entraîne dans un petit tourbillon de sentiments. Tout d'abord, envers son père qui aimait passionnément le peintre. Puis pour cet homme qui a vécu il y a 5 siècles de ça. Comment a-t-il marqué son époque? Quelle a été son parcours. de Recondo nous brosse le portrait d'un homme amoureux, d'un artiste, d'un financier aussi. Comment il a apporté sa patte à l'univers pictural. Ce court roman à mi-parcours d'un essai, est une lettre d'amour. Envers le Greco. Envers l'art. Et un signe de respect tout en pudeur pour sa famille. Très beau.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   06 février 2020
INCIPIT
Je suis venue à 23 heures précises. Je marche avec Juan dans le jardin. Je remarque sa chemise trempée de sueur. La chaleur est suffocante. Je transpire aussi, la courroie de mon étui à violon glisse de mon épaule nue.
Depuis la veille, la canicule s’est abattue sur la ville. La nuit est brûlante comme le jour. Nous respirons à peine.
Nous nous dirigeons vers le local de sécurité. Nous parlons de l’étuve, du brasier, des incendies. Nous disons plusieurs fois, c’est une fournaise.
En entrant, l’air frais de la climatisation nous saisit. Le collègue de Juan me dévisage.
Je souris. Ils ne savent pas exactement pourquoi je suis là, mais moi je le sais très bien. On leur a dit que j’arrivais de Paris, que c’était une expérience intéressante d’enfermer une artiste toute une nuit dans le musée. Et ça a dû doucement les faire rire.
Dans la pièce où ils sont installés, il y a une grande table, quelques chaises en plastique, un paquet de cigarettes qui traîne, des bouteilles d’eau, des matraques, des talkies-walkies.
Je tends mon passeport à Juan, il note le numéro sur un papier et me donne en échange celui de leur téléphone.
Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas ! ajoute-t-il, espiègle.
Nous discutons encore un peu.
Au mur, je vois une dizaine d’écrans qui restituent fidèlement ce que filment, à chaque instant, les caméras de surveillance suspendues au plafond de toutes les salles. C’est bien ce que je craignais, je vais être filmée, épiée, mes mouvements scrutés. Je vais être vue regardant, errant, traînant je ne sais où. Les images seront stockées trois mois, puis effacées.
Doménikos, la perspective d’une nuit d’amour avec toi s’éloigne.
Je me prépare depuis des mois à cette fameuse nuit, la seule sans doute. Depuis que j’ai retrouvé le carnet de mon père, je me prépare à la possibilité de te rencontrer. Les quatre siècles qui nous séparent ne sont absolument pas un obstacle. Tu es né en 1541 en Crète, on n’est pas très sûr de la date, mais à une ou deux années près, c’est juste. Moi en 1976 à Paris XIIe, et alors ?
Je suis venue ici il y a quinze ans, mais la rencontre n’avait pas eu lieu. Combien de fois me faudra-t-il revenir ?
Juan et moi sortons du local de sécurité, il m’accompagne dans le jardin pour me montrer le chemin jusqu’à la porte du musée. Il fait nuit noire, il est 23 h 15. Tolède est en liesse, c’est un samedi soir de juin. À chaque respiration, j’avale une bouffée d’air chaud. Je ploie, la chaleur m’écrase.
Je suis émue.
Quand le portail a claqué dans mon dos, quelques instants auparavant, j’ai senti que j’entrais ailleurs, dans un espace clos et ouvert à la fois, dans ce jardin embrassé par le ciel criblé d’étoiles, avec au loin la bâtisse sombre du musée. C’est une belle maison reconstituée du XVIe siècle avec sa cuisine, son patio, ses meubles, ses instruments de musique, ses arbres, ses fontaines, son potager, ses herbes aromatiques. C’est un monde en soi, intime et accessible aux autres. Horaires stricts pour les centaines de touristes qui le parcourent chaque jour. Une nuit, une seule où je pourrai y déambuler loin de la foule. Il y a des pièces pour se cacher, des couloirs pour courir, une chapelle pour sortir le violon de son étui et écouter la résonance longue qui galopera sur la voûte et emplira mes oreilles.
Le violon pour faire vibrer l’espace vide, pour mettre en transe les particules de l’air, pour les mettre en danse afin que Doménikos me rejoigne. Et je ne doute pas de sa venue, comme il ne doute pas de mon désir. Mon seul désir.
Une nuit, une seule, avec lui.
Il n’y résistera pas. Pourquoi résister à l’amour?
Juan me conseille d’utiliser la torche de mon téléphone pour me diriger dans le jardin. Il m’indique où sont les toilettes.
Là, un peu plus loin, il me montre du doigt une baraque. Il me dit aussi qu’il fera une ronde à l’intérieur du musée toutes les deux heures.
La première, à une heure du matin, me précise-t-il.
Il me sourit, tu vas jouer du violon? J’ai l’impression que tu vas à une fête !
Je réponds oui, à tout.
J’attends que les pas de Juan s’éloignent pour écouter l’eau qui s’écoule doucement des fontaines, le vent frémir dans les arbres. Puis, je referme la porte du musée derrière moi, je suis seule avec les tableaux, les caméras, et Doménikos qui est en chemin.
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hcdahlemhcdahlem   06 février 2020
Je monte directement à la salle du haut où sont exposées la plupart de ses œuvres. Celles que j’ai vues plus tôt dans la journée en pleine lumière sont maintenant dans le noir. Seulement deux toiles sont encore éclairées. Je n’en reviens pas, je me demande pourquoi les gardes ont presque tout éteint. Pour des raisons de sécurité ? De conservation ? J’en perds mon latin. Je laisse tomber mon sac par terre. Comment examiner les apôtres dans la pénombre ?
Ils sont accrochés les uns à côté des autres sur un mur. Portraits en buste de douze hommes, chacun drapé de ses couleurs, de ses attributs, de son rôle, tous barbus, plus ou moins âgés, peints à l’huile sur toile, et qui devaient m’en dire plus sur Doménikos.
Il y a aussi, au fond de la salle, le célèbre Vue et plan de Tolède où la ville est peinte de manière très détaillée. Aucun éclairage sur ce tableau non plus. Impossible d’observer la restitution exacte qu’a faite le peintre.
J’avais espéré pouvoir fouiller ces tableaux en prenant mon temps, en prenant même une bonne partie de la nuit. À ma guise, à mon rythme, j’aurais exploré chacun des plissés, scruté leurs mains, mais je ne vois plus rien.
Doménikos, je prie pour que tes mains soient aussi longues, aussi diaphanes, aussi éloquentes que celles que tu peins. Des mains qui, dans leurs mouvements, n’indiquent rien, qui prolongent le regard du personnage, en sont sa continuité expressive.
J’observe chacun des apôtres avec la torche de mon téléphone. La tâche de lumière éclaire une petite zone de la toile laissant tout le reste se diluer dans l’obscurité. J’examine ainsi le tableau par fragments successifs, perdant toute idée d’ensemble, d’unité. J’essaie ensuite de reconstituer le puzzle dans mon esprit. Je n’y arrive pas.
Je prends quelques photos de détails pour ne pas oublier, mais le flash écrase la toile, la criblant d’éclaboussures blanches. J’aimerais me souvenir, retenir tous les instants de cette nuit, pouvoir y revenir demain et les jours suivants. Pouvoir y revenir toujours.
Quand tu seras là, Doménikos, il me faudra tout abandonner. Mes armes, l’écriture, le livre, l’espace que j’ai créé pour toi dans mon esprit. Une place de choix, mais sera-t-elle suffisante ? Je sais que tu ne viendras pas de si loin, même pour faire l’amour, si nous n’anéantissons pas nos temporalités respectives.
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hcdahlemhcdahlem   06 février 2020
Je t’aime, Doménikos,
cette nuit, je te suivrai à dos de mule,
j’arpenterai avec délices
les sentiers de terres rouges de Castille,
je traverserai l’embrasement de l’air
sans complainte,
pénitente comme il se doit,
pénitente comme tu aimes,
à genoux,
les yeux remplis de larmes.
Elles seront un coup de pinceau sur ma pupille
dans la transparence
de ta peinture blanche.
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MatatouneMatatoune   07 février 2020
Doménikos n'a jamais employé yermo pour lui-même, mais disegno interno. (...) Le terme de disegno interno a été utilisé par les théoriciens italiens de la Renaissance, notamment Federici Zuccari, pour signifier le concept élaboré dans l'esprit de l'artiste avant sa réalisation. De la conception à l'exécution, quand le dessein devient dessin.
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MatatouneMatatoune   07 février 2020
Venir à Toléde, c'est m'attabler avec mes morts, c'est boire un verre bien frais avec eux à la terrasse d'un bar et, dans notre ivresse, hurler aux étoiles que rien ne pourra nous séparer. (...)
Je pleurerai votre absence.
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Videos de Léonor de Recondo (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léonor de Recondo
Léonor de Récondo vous présente son ouvrage "La leçon de ténèbres" aux Editions Stock. Rentrée littéraire janvier 2020.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2393057/leonor-de-recondo-la-lecon-de-tenebres
Notes de musique : Youtube Audio Library
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