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ISBN : 2848051078
Éditeur : Sabine Wespieser (12/01/2012)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 274 notes)
Résumé :
Quand il arrive à Irun où il espère rejoindre sa famille, Aïta trouve la maison vide. Le gâteau de riz abandonné révèle un départ précipité. En ce mois d'août 1936, le Pays Basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Aïta sait que ses beaux-frères sont des activistes.
Informé par une voisine, il parvient à retrouver les siens à Hendaye. Ama, leur trois fils, les grands-parents et les oncles ont trouvé refuge dans une maison amie. Aucun d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  27 janvier 2014
La Bidassoa est un petit fleuve côtier qui marque la frontière entre l'Espagne et la France, s'écoulant dans le pays basque quelque part entre Irun et Hendaye. Quand j'étais petite, dans les années 80, sa traversée du nord vers le sud était synonyme de trois semaines de vacances en Espagne, dans la famille de ma maman. Elle signifiait soleil, insouciance et légèreté.
Rien de commun avec ce qu'ont vécu Ama et sa famille, ou leurs semblables, 50 ans plus tôt.
Espagne, 1936. Les franquistes arrivent au pouvoir, c'est la guerre civile. Ama, Aïta et leurs trois fils ont quitté leur pays, traversé la frontière pour se réfugier dans un exil qu'ils espèrent temporaire. Ils ont abandonné le confort et la sécurité de leur vie quotidienne pour se retrouver dans le dénuement, obligés de réapprendre la vie dans l'incertitude des lendemains qui ne chanteront sans doute pas. Une seule chose est indestructible dans cet univers devenu chaotique : l'amour que se vouent Ama et Aïta. Un amour profond, pur, intense, pudique, lumineux, qui leur permet de résister à toutes les épreuves.
Le récit est ponctué d'extraits du carnet intime d'Ama, des phrases qu'elle écrit au gré des circonstances. L'une d'elle revient souvent : « être ensemble, c'est tout ce qui compte ». Et dans le « ensemble », il y a les trois enfants, encore plus attachants que leurs parents. On les observe qui tâtonnent, chacun à sa manière, pour s'adapter à leur nouvelle vie, en essayant de dissimuler le traumatisme de l'exil sous des apparences d'insouciance et de légèreté. Et on ne s'inquiète pas trop pour eux, tant on est frappé par leur capacité de résilience, une sorte d'instinct de survie qui les pousse envers et contre tout à grandir en sauvegardant l'essentiel : l'espoir.
Ce roman a la pureté du cristal, la douceur d'une caresse. Tout en retenue, il raconte, dans un contexte terrible, un amour tellement solaire qu'il parvient à atténuer la douleur de la perte des racines et des rêves.
Que dire de plus sinon que tout ceci ne serait rien sans le talent de l'auteur, qui nous fait cadeau d'une écriture aérienne et délicate, touchée par la grâce, qui parle au coeur.
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marina53
  23 avril 2015
1936, la guerre civile d'Espagne a conduit Ama, ses trois fils, ses parents et ses frères à quitter Aranjuez pour se réfugier à Irún tandis que son mari Aïta, patron céramiste, est resté chez eux. Deux mois que le couple vit séparé, sans aucune nouvelle. Alors que Aïta craint une certaine menace de la part de ces deux hommes éméchés rencontrés dans un restaurant, il décide de rejoindre sa femme précipitamment, laissant tout derrière lui. Mais, une fois arrivé à destination, il découvre l'appartement vide, seul le gâteau d'anniversaire de son deuxième fils trône sur la table. de la voisine, il apprend que sa famille a dû se réfugier à Hendaye, chez Mademoiselle Eglantine, sous la menace d'une fusillade. La famille se retrouve bien vite au complet mais ce qu'ils croyaient être un exil temporaire va se prolonger. Ils n'ont plus rien, ayant tout abandonné en Espagne. Seul l'amour qui unit Aïta et sa femme importe...
Cette famille a tout quitté, le pays basque, sa maison, sa vie coquette et agréable et a dû s'installer en France pour fuir la guerre civile, les oncles étant des activistes basques. Dès lors, Ama commencera à écrire dans un carnet et ses confidences ponctueront ce récit. En toile de fond: la guerre civile puis la victoire de Franco puis la 2ième guerre mondiale. Au premier plan: l'exil forcé et contraint, le déracinement, l'espoir d'un retour possible sur leurs terres, la résistance, la déportation et l'amour qui les unit. L'auteur nous montre ainsi comment chacun vit cela, d'Ama au grand-père en passant par les yeux des enfants. Tandis que l'un essaiera de comprendre ce que font ses oncles, l'autre s'émerveillera des avions allemands qui défilent au dessus de sa tête. Léonor de Récondo nous plonge dans ces rêves oubliés avec délicatesse et poésie. Par une écriture tout en finesse, ce roman pudique fait la part belle aux sentiments et émotions de ces êtres à la fois fragiles et déterminés et offre une très belle leçon d'histoire sur ces exilés espagnols.
Plongez dans les Rêves oubliés...
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Annette55
  11 mars 2015
Un trés beau roman illuminé, traversé, irradié par un amour exceptionnel, tellement intense qu'il atténue la douleur de l'exil,l'arrachement à la terre, la perte des racines et nombre de rêves anciens devenus inaccessibles en ces temps de guerre d'Espagne, et son cortège d'épreuves de la victoire du dictateur Franco à l'occupation allemande......Oú Aïta, chef de famille, ancien patron céramiste en Espagne, à Aranjuez, travaille maintenant dans une usine d'armement à Hendaye, puis paysan à l'ombre des pins dans les Landes , en France.....Ama, sa femme , son amoureuse, leurs trois enfants, leurs parents, leurs oncles célibataires Basques activistes qui ont connu le camp d'internement de Gurs l'accompagnent ...... Ils tentent de reconstruire leur bonheur!
La description des relations familiales est fouillée, superbe, Ama raconte leur quotidien et confie ses pensées à son carnet intime à l'aide de phrases simples fort belles, émouvantes, notamment dans les dernières pages qui réservent une ultime épreuve à son couple......Otzan, l'aîné des enfants, tourmenté , asthmatique, ses mains aux rêves oubliés de pianiste.....est artiste dans l'âme.Zantzu,le cadet vif et intelligent a soif de tout comprendre même les secrets de guerre de ses oncles.....Irudi, le benjamin, enfant radieux et rieur enchanté par la beauté du monde, ne vit que par le dessin .Ama s'êpuise dans les tâches quotidiennes au milieu de tant d'hommes peu conscients de leur lourdeur...
Une écriture aérienne, délicate,sensible, retenue, sans emphase qui donne à ce court roman une pureté et une douceur qui touchent au coeur,, un petit bijou de narration, superbe, empreinte d'une grande pudeur qui laisse deviner la profondeur des sentiments, une luminosité et une paix qui font du bien dans ce contexte de bruit de guerre, de dictature et de temps troublé....des pages pleines de tendresse, d'amour et de nostalgie, une devise: "Etre ensemble c'est tout ce qui compte"...."Combien d'amours volées dans cette guerre?" Troisième ouvrage lu de cette auteure musicienne.....que du bonheur....merci à ma libraire de "la taverne du livre".
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rabanne
  27 février 2019
De la persécution à la fuite, de la fuite à l'abandon, de l'abandon à l'exil, de l'exil à la reconstruction...
C'est ce que raconte tout en pudeur et luminosité Rêves oubliés, mon troisième roman de l'auteure.
La narration alterne entre l'histoire de cette famille espagnole exilée et déracinée, qui a fuit dans la clandestinité la dictature franquiste, se réfugiant en France en cette veille de seconde guerre mondiale, et le journal intime tenu épisodiquement (de 1936 à 1940) par Ama, l'épouse d'Aïta et mère de leurs trois garçons...
De courts chapitres, un rythme lancinant mais prégnant, une plume introspective toute en force et retenue.
J'ai été touchée par la profondeur des sentiments de ce couple, de ces enfants, de ces réfugiés : leur angoisse, leur mélancolie, leur foi, leur combat, leur espoir, leurs petites victoires quotidiennes.
Un récit sur la douleur de l'exil et du déracinement, la résistance et le courage, le poids des souvenirs, la fierté et la dignité, l'héritage culturel, la liberté...
Avec, bien sûr en filigrane, l'Amour qui excède le traumatisme, qui survit à tout !!
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sylvaine
  17 avril 2012
Avril 1936 à Aranjuez, près de Madrid, Aïta dirigeant d'une fabrique de céramique, menacé par deux types éméchés qui veulent sa peau, quitte la ville et se précipite à Irún pour y rejoindre Ama sa femme, leurs 3 enfants partis chez les parents de sa femme en pays basque.
Quand il arrive dans la maison familiale, c'est pour la trouver vide, le gâteau d'anniversaire de Zantzu, intact sur la table. Prévenus de leur arrestation imminente, au vu des activités des fils de la maison, ils sont tous partis à pied pour Hendaye, empruntant le pont qui surplombe la Bidassoa ce petit fleuve côtier qui sépare la France de l'Espagne. Ils se rejoindront tous à Hendaye chez une amie proche Mademoiselle Eglantine qui va leur offrir l'hospitalité.
Cette période troublée marque l'avancée des troupes franquistes et après la reprise progressive de plusieurs régions par les phalangistes, le pays basque vient de tomber entre leurs mains et « sus aux républicains » est alors le mot d'ordre.
Nous allons accompagner Aïta et les siens dans leur exil. Ils seront rattrapés par la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne, il leur faudra alors quitter Hendaye pour aller s'installer dans une ferme isolée près de Dax. Les conditions de vie y sont certes très difficiles mais ils sont isolés et à l'abri des regards.
Léonor de Récondo, violoniste virtuose, déjà remarquée pour son premier roman La grâce du cygne, signe là un petit bijou.
Dans ce texte à plusieurs voix, celle du père qui se tait peu à peu, celle de la mère et de son petit carnet intime, celles des enfants Otzan l'aîné, musicien, poète, Zantzu l'éternel assoiffé de connaissance, et Iduri le dernier rêveur avec ses qualités de dessinateur, chacun nous parle de cet exil, de la guerre, de la résistance à l'horreur.
Avec un art maîtrisé une écriture d'une musicalité extraordinaire, c'est l'histoire d'une famille, de son déchirement à l'idée de quitter leur pays, puis de leur résignation quand les frontières se ferment définitivement pour eux. Mais c'est surtout l'histoire de l'amour qui les unit, cet amour de plus en plus fort. Être ensemble, c'est tout ce qui compte est le leïtmotiv d'Aïta.
Les mots s'enchaînent, les phrases coulent de source, un pur bonheur de lecture
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critiques presse (1)
Actualitte   25 mai 2012
Léonor de Recondo écrit avec douceur des pages pleines de tendresse, d'amour, de nostalgie, mais aussi de fureur, d'effroi et de cette folie qu'ont les hommes en eux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   15 août 2018
Ama, je n’ai pas de mots, je ne porte en moi que du silence. Et pourtant ce silence, loin d’être vide, est plein de vie, plein de toi. Je le sens se mouvoir comme une force lente, constante, comme une masse ardente. Tes mains diaphanes l’ont sculpté pour lui donner tes traits. Je n’ai qu’à fermer les yeux, et tu es là, en moi, à portée de cœur.
Enlacée.
Comme j’aimerais te décrire ces silences qui sont les miens, leurs approches furtives de toi, à l’affut d’une caresse. Comme ils se faufilent dans mon souffle pour soulever, sur ta nuque, les mèches de cheveux qui s’échappent de ton chignon. Y déposer un baiser.
Ama, tu as chassé de mon âme tout ce qui devait l’être pour n’y laisser que l’essentiel de l’émerveillement et de l’amour.
Chacun de tes sourires abandonne, à son insu, une bribe de toi en moi. Ces bribes sont devenues un jardin fou, une forêt où chaque arbre porte un souvenir de nous. Je m’y promène à ma guise, toujours ébloui par ces instants passés ensemble et par l’espérance de ce qui nous reste à vivre.
Ama, perdons-nous encore.
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le_Bisonle_Bison   13 juin 2018
Hanna à surgi comme un ange au début du mois d'octobre et, d'un battement d'ailes, elle a balayé tous mes discours politiques, toutes mes pensées rationalistes. Je ne pensais qu'à elle, je ne rêvais que d'elle.
Hanna est juive, elle s'est engagée à soigner les réfugiés pour être au plus près de la souffrance, elle est persuadé que son peuple endurera bientôt lui aussi l'exil. Peut être pire, me disait-elle souvent.
D'un coup de dent, elle a dévoré mon coeur, puis l'a gardé et je suis reparti de Gurs sans qu'elle me l'ait rendu. Tu vois, je suis revenu avec tout le reste, mais plus rien ne bat en moi.
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Cath36Cath36   11 septembre 2012
Regarder les enfants grandir et laisser la vie glisser sur moi, accueillir ses joies et ses écueils avec simplicité. Parfois, du bout d'un sourire, murmurer quelques rimes, une chanson d'enfance.
Laisser à nouveau les rêves posséder mes nuits. Rire à la vue de mes mains fanées, ciselées de mémoire vive.
Aimer Aïta avec ce qui nous est donné ici, sans nostalgie. Oublier la guerre et ses morts, la guerre et sa démence. L'absurdité de nos jours.
Qu'avons-nous, à part ces instants posés, si proches les uns des autres qu'on ne distingue plus le lien qui les unit ? Cette trame si fragile qui risque à chaque instant de se rompre ?
Je veux danser, libre, et oublier les mots qui m'enchaînent. Et si j'espère encore retourner là-bas, je veux pouvoir vivre aujourd'hui sans être dans l'attente d'un lendemain meilleur.
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michelekastnermichelekastner   30 octobre 2012
Presque deux ans sans écrire, dans un silence confondant, happée par notre quotidien absurde, sordide parfois, sali souvent par nos rires forcés, par notre volonté farouche de rester dignes, de croire encore. Croire en quoi ?
Je ne le sais plus vraiment. Je sens simplement qu'aujourd'hui, il faut fermer les yeux et avancer aveuglément, désespérément.
Ecrire pour ne pas oublier que Barcelone vient de tomber, que la guerre est finie pour nous et que l'Espagne s'éloigne. Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l'espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons.
Je ressens une blessure vive, une blessure de chair indescriptible, l'amour d'une terre, de ses odeurs, de ses rires, de sa langue que je perds irrémédiablement. j'y laisse mon insouciance, une légèreté de l'âme qui depuis trois ans s'est plombée de silence et de faux espoirs.
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viou1108viou1108   26 janvier 2014
Je ne veux plus écrire. Fermer ce carnet pour toujours. (...)
Je ne veux plus aucune trace, plus rien de tangible. (...) Les mots m'ont accompagnée jusqu'ici, mais maintenant ils me tiennent prisonnière. Prisonnière de leurs griffes, de mes sentiments partagés entre la joie, l'amour, mais aussi l'angoisse et la mort. Les écrire les rend vivants, alors qu'ils disparaissent pour me laisser vivre l'âme légère à l'ombre du tilleul!
Avant d'arriver en France, je n'avais jamais écrit. L'exil m'a forcée à consigner chaque émotion, chaque silence. Afin de mieux les comprendre? De soulager mon coeur?
Voilà ce que je ne veux plus vivre: cette foule de questions qui s'abattent sur moi dès que je prends la plume. (...)
Ne plus écrire, pour vivre le plus humblement possible, pour retrouver mon insouciance de jadis et déposer un baiser sur l'épaule d'Aïta.
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Videos de Léonor de Recondo (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léonor de Recondo
Léonor de Récondo vous présente son ouvrage " Manifesto" aux éditions Sabine Wespieser.
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Note de Musique : Free Music Archive
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