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Critiques sur Le gardien invisible (71)
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LePamplemousse
  25 juin 2015
Avez-vous déjà vu un basajaun ? Peu de personne en ont eu la chance.
C'est un être tout droit sorti de la mythologie Basque, une sorte de protecteur de la forêt, une créature à mi-chemin entre l'homme et l'animal.
Cette enquête policière se déroule au Pays Basque, et cela nous donne l'occasion de nous familiariser avec les coutumes et les traditions de cette région, où les habitants semblent accorder une grande importance aux mythes anciens.

De très jeunes filles sont retrouvées mortes, leur corps abandonné sur les bords de la rivière.
L'inspectrice Amaia Salazar, originaire du coin est donc chargée de l'enquête, et celle-ci va l'emmener très loin dans le passé, un passé obscur qu'elle a tenté d'oublier.
L'ambiance des petits villages reculés, un peu hors du temps est très bien retranscrite.
On est totalement immergés dans les secrets d'une petite communauté où tout le monde se connaît, où les familles forment des sortes de clans dans lesquels chacun a une place à tenir et un rôle déterminé à jouer au risque de faire basculer l'équilibre de tout le groupe.
Premier tome d'une trilogie, ce roman se lit d'une traite et m'a donné très envie de découvrir les suivants, afin de continuer à cheminer avec Amaia Salazar et apprendre davantage de choses sur le Pays Basque.
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caro64
  08 juin 2013
L'an dernier , je découvrais avec grand plaisir un nouvel auteur de polar espagnol, Victor del Arbol, avec La tristesse du samouraï. Et bien, rebelote ! Mais cette fois, c'est une auteure : Dolores Redondo. Un nom à retenir ! Plus encore à lire tant son roman est original , captivant et surprenant. le gardien invisible, premier volet de la trilogie Batzan (le deuxième, déjà écrit, paraîtra en fin d'année en Espagne), est un policier classique qui très vite tourne au roman noir, très noir. Il nous plonge dans le Pays basque espagnol profond, sombre, où la mythologie et les croyances populaires perturbent les relations humaines… La folie et la cruauté ne sont jamais très loin.

" Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit ". Quand Amaia Salazar est promue responsable de l'enquête sur les meurtres de jeunes filles à Elizondo (village de Navarre à cinquante kilomètres de Pampelune), tout un équilibre fragile et patiemment élaboré pour échapper à son passé s'écroule. Comment elle, l'inspectrice rompue aux techniques d'investigation les plus modernes, formée aux méthodes du FBI à Quantico pour traquer les tueurs en série, peut-elle être tenue en échec sur ses terres ? Ces meurtres de jeunes filles savamment mis en scène la confrontent à ses propres fantômes. Cerise sur le gâteau, le ou les meurtriers laissent sur le cadavre un petit biscuit, une spécialité de l'entreprise familiale ! La souffrance, la mort, le non-dit, autant de symptômes qui gangrènent sa faculté de jugement. Quelque chose obstrue son champ d'investigation. Sous les dehors de la réussite professionnelle et affective, elle va mal. Angoisses, cauchemars et puis cette infertilité presque inexplicable… Pourquoi a-t-elle quitté la vallée ? Pourquoi vivait-elle, petite, avec sa tante et non pas avec ses parents ? Quelles rancoeurs et quelles rivalités pourrissent les relations des trois soeurs héritières de la fabrique de txatxingorris gérée d'une main de fer par Flora ? Flora, l'archétype de " l'etxeko andreak ", ces femmes de la vallée qui règnent sans partage sur leur maison et leur terre, pendant que les hommes sont trop loin ou trop faibles. Amia, fillette traumatisée, a soigneusement enfoui en elle l'indicible. Presque à son insu. L'enquête va fonctionner comme un révélateur de ses terreurs anciennes.

Le Gardien invisible est un polar de territoire. Et quel terroir ! La Navarre imprègne chaque page, chaque rebondissement, et s'insinue au coeur des motivations psychologiques des personnages. La nature suinte, les odeurs exhalent le long des berges du Baztan, entre mythes locaux et résurgences historiques. Ce pays de rêves et de légendes hante les nuits de Amaia Salazar. Crime humain, dévoration animale ou monstre légendaire ? Certains affirment avoir croisé le basajaun (sorte de yeti) et la mythique Maïa. L'intrigue est donc complexe mais Dolores Redondo mêle habilement le réalisme d'une enquête policière et d'une intrigue familiale à la magie de la mythologie basque. La construction est solide : l'enquête progresse lentement, brisée irrégulièrement par de courtes évocations d'un passé angoissant vécu par une petite Amaia de huit ans. Progressivement, passé et présent se confondent, l'assassin actuel rejoignant le monstre ancien. Envoûté par la poésie singulière de cet auteur, le lecteur s'enfonce dans une intrigue dont la banalité n'est certes pas la signature !

Un roman puissant, passionnant, fascinant, qui résonne longtemps… Et on n'a qu'une hâte, retrouver au plus vite Amaia ! Dommage que l'éditeur se soit égaré dans des erreurs de frappe et de construction particulièrement choquantes !
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missmolko1
  28 octobre 2016
J'ai toujours eu envie de visiter le pays Basque mais après la lecture de se roman, j'ai juste envie de sauter dans le premier avion qui part. Dolores Redondo, en dehors de la très bonne enquête, nous fait découvrir sa région de façon merveilleuse. Les paysages, la gastronomie, les légendes et même quelques mots en basque, je ne peux qu'être conquise par le roman.
"Amaia sourit aux souvenirs des légendes que lui avait racontées tante Engrasi dans son enfance. Il n'était pas étrange, au milieu de cette forêt, de croire à l'existence de ces créatures magiques qui avait forgé la culture ancestrale de la région. Toutes les forêts sont puissante, certaines redoutables car profondes et mystérieuses, d'autres sombres et sinistres. Dans le Baztán, la foret est fascinante, d'une beauté sereine et ancestrale qui symbolise malgré elle son visage le plus humain, le plus éthéré et enfantin, celui qui croit aux fées merveilleuses qui vivaient dans la forêt, et qui dormaient toute la journée pour sortir à la tombée de la nui afin de coiffer leurs longs cheveux dorés avec un peigne d'or qui conférait à son possesseur le don de voir ses réaliser n'importe quelle faveur. Faveur qu'elles accordaient aux hommes qui, séduits par leur beauté, leur tenaient compagnie, sans être épouvantés par leurs extrémités palmées. Amaia sentait dans cette forêt des présences si tangibles qu'il était facile d'y accepter l'existence d'un monde merveilleux, un pouvoir de l'arbre supérieur à l'homme, et d'évoquer le temps ou, en ces lieux et dans toute la vallée, êtres magiques et humains vivaient en harmonie. "
Son adaptation sort sur grand écran prochaine et j'espère qu'elle sera a la hauteur du roman car l'auteure a mis la barre très haute !

Mais parlons un peu de l'intrigue. On fait la connaissance de l'inspectrice Amaia Salazar, une jeune femme attachante qui cache une part d'ombre. Elle est à la tête d'une équipe de policier pour résoudre une série de meurtres de jeunes filles. Comme toujours, très mauvaise enquêtrice, j'ai soupçonné tout le monde sauf, la bonne personne et je dois dire que les révélations finales m'ont surprises. L'intrigue, en tout cas, est passionnante. On oscille entre la réalité et le mystérieux, la vérité et les légendes, l'enquête et la mythologie.

Vous l'aurez compris ce premier tome est un régal et est surtout très prometteur pour la suite que je ne tarderai pas à dévorer !
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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sandrine57
  28 mai 2013
Elizondo : un petit village de moyenne montagne, au coeur d'une forêt ancestrale, dans la vallée de Baztán, à une soixantaine de kilomètres de Pampelune à peine, mais comme un autre monde. C'est ici qu'Amaia Salazar a passé sa jeunesse; c'est donc tout naturellement la jeune inspectrice qui est chargée de l'enquête quand on découvre le corps d'une jeune fille au bord de la rivière Baztán. Avec son mari James, un sculpteur américain, elle s'installe chez sa tante Engrasi et retrouve ses deux soeurs, Flora, l'aînée, maîtresse femme qui a repris les rênes de l'entreprise familiale et la fragile Ros en pleine remises en question professionnelle et conjugale. Pour Amaia, l'enjeu est de taille. Il s'agit de se faire respecter de ses subordonnés, d'arrêter ce qui semble être un tueur en série et de faire face à un douloureux passé. L'enquête est au point mort mais au village les rumeurs vont bon train, le tueur serait un Basajaun, sorte de Yéti des légendes populaires basques...


Direction le nord de l'Espagne pour ce polar dont le point fort est de faire découvrir la Navarre espagnole, terre de légendes où sorcières et esprits de la nature parcourent la montagne et se laissent apercevoir des hommes selon leur bon vouloir. Dans le froid et les brumes de l'hiver, un meurtrier se cache, qui veut redonner la pureté à de jeunes adolescentes qu'il juge trop dévergondées. Une enquête difficile pour Amaia Salazar, jeune inspectrice de la police de Pampelune, formée aux techniques du FBI, qui dirige une équipe pour la première fois. Si le sous-inspecteur Jonan Etxaide ,lui apporte toute l'aide possible, ce n'est pas le cas de l'inspecteur Montes, policier de la vieille école, perturbé par son récent divorce et peu enclin à obéir aux ordres d'une collègue sans expérience. Mais pour Amaia, c'est un moindre mal comparé au flot de mauvais souvenirs qui l'assaillent dans ce village qu'elle a fui dès qu'elle en a eu l'occasion. Confrontée à son passé, elle devra surmonter ses traumatismes pour résoudre des crimes qui la touchent plus qu'elle n'aurait imaginé.
Un suspense bien mené, la découverte d'une région aux croyances populaires encore vivaces et un heureux mélange entre enquête et vie personnelle de l'héroïne font de ce premier tome de la Trilogie du Baztán, un livre passionnant et dépaysant. Pour changer un peu des polars nordiques très à la mode mais sans rien perdre de la noirceur et de l'ambiance qui les caractérisent. A découvrir.
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patrick75
  07 février 2015
Voici un polar où se mêlent mythologie et enquête policière, un brouillard matinal persistant, une forêt impénétrable hanté par le « Basajaun », être mi-homme, mi-bête. Quelle est la part de vérité dans les vieilles croyances des anciens ?
L'inspectrice Amaia devra revenir dans les pas de la petite fille qu'elle était pour traquer un tueur en série et vaincre ses démons.Au fil du récit le passé d'Amaia prend une place prépondérante dans l'histoire au détriment de l'enquête policière proprement dite, qui est relégué au second plan.
L 'auteur avec talent ouvre des pistes et nous promène entre passé et présent. Elle nous fait découvrir le pays du Bastän et ces noms basques imprononçables pour un parisien. Un livre entre polar et roman familiale. Paradoxalement, j'ai trouvé que l'auteur aurait pu se passer du côté « policier » du roman.
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Patsales
  16 avril 2019
Ça commence par des cadavres dénudés qu'un tueur en série met en scène. Tout ce que j'aime: la grosse cavalerie des auteurs de thriller qui vous font croire qu'ils dénoncent le mal de notre époque à grands renforts de voyeurisme et de perversité.
Ah oui mais là en fait c'est vachement bien.
Inutile de se triturer les méninges à trouver le coupable. le meurtrier dispose des gâteaux sur le pubis de ses victimes et les soeurs de l'inspectrice tiennent une pâtisserie. le lecteur s'en lèche les babines même s'il se fait (un peu) rouler dans la farine et que l'assassin hésite à consommer ses victimes.
Non, le plaisir est ailleurs. le roman de Redondo se souvient que les polars des adultes ne sont pas loin des contes pour enfants, les vrais, les récits trash des frères Grimm dont Walt Disney s'est efforcé de nous faire oublier la violence. Sorcières et bonnes fées s'affrontent sous l'oeil du gardien invisible et les petites filles attirées par les bonbons du prédateur sexuel font irrésistiblement penser à Hansel et Gretel, d'autant plus qu'une épouvantable figure d'ogresse domine l'histoire.
Cendrillon, c'est bien connu, a gagné contre ses deux soeurs et a épousé le prince charmant. Mais se remet-on jamais d'avoir été haïe par sa mère? L'inspectrice n'est pas sortie du pétrin.
Nous non plus, puisque, du coup, il nous reste deux autres tomes à dévorer.
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Didier_Tr
  30 avril 2016
Amaia Salazar, inspectrice à Pampelune, rompue aux techniques qu'elle a apprise notamment lors d'un stage au FBI (le fameux Quantico qu'on retrouve dans beaucoup de polars), se retrouve devoir chasser un tueur en série dans sa bonne (quoique) ville d'Elizondo où elle a vécu toute son enfance. Très réussi.

Solide intrigue, enquête intéressante, histoires de famille qu'on connait tous ou presque, soit directement, soit indirectement, par relation.

Dans le cas présent, son histoire de famille, son père, sa mère, sa tante, ses soeurs, leurs maris, son désir d'enfant, son mari, tout ceci rythme le roman avec puissance, force, richesse.

Il y a juste ce qu'il faut de fantastique avec les créatures mystérieuses, réelles ou non, qui ont hanté nos forêts ou notre enfance.

Donc j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, dans cette Navarre que je connais un peu, pour des déplacements professionnels, en espérant que les projets dans lesquels je travaille me donne l'occasion de retourner sur place avec d'autres objectifs plus littéraires que techniques.

C'est une trilogie, je mets les tomes suivants dans mes pense-bêtes.
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spleen
  02 décembre 2015
Sur les bords de la rivière Baztan ,des jeunes filles mortes sont retrouvées avec la même mise en scène macabre .

C'est le pays de Navarre , province basque espagnole , et comme beaucoup de vallées pyrénéennes les légendes sont toujours présentes dans l'esprit des habitants , surtout lorsque surviennent des événements inhabituels et qu'il est plus simple de les attribuer à un être surnaturel qu'à son voisin ou cousin .
Ici, les forêts profondes sont protégées par le Basajaun, un être proche du yéti .

L'inspectrice Amaia Salazar étant originaire du village proche de l'endroit où ont été retrouvés les corps, elle est nommée responsable de l'enquête .
Des détails curieux interpellent les policiers comme ce gâteau typique de la région le Txatxingorri déposé tel une offrande sur le pubis dénudé et rasé des victimes ainsi que la trace d'un ours qui avait disparu de la région.

D'une enquête au départ bien engagée, le suspens perd de son intensité lorsque la jeune inspectrice se laisse dépasser par son histoire familiale, son passé et ses propres démons .
C'est dommage car le roman du coup devient nettement moins palpitant .

Je lui ai quand-même attribué une note de 4 pour la très bonne impression ressentie dans la première moitié du roman et je ne comprends pas trop le qualificatif de "gore " qu'on a pu lui attribuer ...
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MaiteBravo
  23 juillet 2014
Je ne sais pas si vous êtes à la mer, à la montagne, à la campagne, ou dans votre jardin, parce que cette année vous ne partez pas, vous faîtes des travaux dans la maison. Peut-être même que vous n'êtes pas encore en vacances, que vous êtes plus aoutiens que juilletistes. Mais au travail ou pas, s'il y a un roman policier que vous devez acheter cet été, c'est « Le gardien invisible ».
Best seller en Espagne, plus de 200 000 exemplaires vendus, déjà plus de dix traductions, les droits optionnés par les producteurs de Stieg Larson, j'étais curieuse de découvrir le phénomène. L'histoire, la voici : le cadavre d'une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène. Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l'oeuvre du basajaun, un être mythologique ? L'inspectrice Amaia Salazar se voit contrainte de revenir sur les lieux de son enfance qu'elle a tenté de fuir toute sa vie durant.
J'ai tout de suite bien aimé mais pendant quelque chose comme les cinquante premières pages, je n'arrêtais pas de me dire « C'est classique ». Ça n'était pas une critique, mais ça n'était pas un compliment non plus. Je voulais dire par là que c'était clair, que ça se lisait bien, et n'y voyez aucune condescendance parce que je sais qu'il n'est pas du tout simple de faire simple. Mais je me demandais pourquoi ça avait déclenché un tel engouement. En même temps je me répondais « Mais justement parce que c'est clair et que ça se lit bien. Lire quelque chose qui n'est pas idiot mais qui n'est pas compliqué non plus, ça plaît ». Et puis...
Et puis Dolores Redondo en gardait sous le pied, voilà. Si son héroïne a étudié avec les meilleurs profilers du FBI à Quantico, elle-même a peut-être étudié aussi les meilleurs page-turner écrits ces dernières années. Ça, pour tourner les pages, on les tourne. 400 pages en 4 jours, un vrai plaisir à retrouver le livre, et au bout de 250, un petit arrêt pour vite aller commander la suite.
Mais ce n'est pas seulement parce que Dolores Redondo et son héroïne savent mener une enquête qu'on tourne les pages. C'est parce qu'au bout d'un moment, Redondo montre qui elle est vraiment. Qui elle est, c'est à dire une femme née en Navarre et qui y vit toujours. Et quand sa région commence à devenir un des personnages principaux du roman, quand la nature, les bois, les légendes, les coutumes, prennent leur véritable place dans l'enquête, alors là, on n'est plus dans un énième thriller. Là le roman prend une personnalité aussi forte et aussi belle que ce paysage que j'ai eu la chance de traverser en voiture l'été dernier et qui est magnifiquement mis en valeur ici.
En résumé, que vous soyez à la mer, à la montagne, à la campagne, ou que vous preniez le RER ou le car pour vous rendre au travail chaque jour, s'il y a un seul roman policier à acheter cet été...


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Nicolas9
  04 août 2019
L'intrigue se déroule à quelques kilomètres de la frontière française dans la partie bascophone de la Navarre. Dans cette vallée isolée traversée par la Bidassoa (ou Baztán en basque), la vie n'a jamais été facile et l'atmosphère pluvieuse qui règne en ce mois de février est là pour nous le rappeler.

L'inspectrice Amaia Salazar est envoyée depuis Pampelune pour enquêter sur l'assassinat d'une jolie adolescente retrouvée dénudée au fond d'un ravin des environs d'Elizondo. Jusque-là, rien de particulier, sauf qu'Amaia a quitté dès qu'elle a pu cette commune rurale de trois mille habitants pour aller étudier dans la capitale de la région autonome. En effet, ses neuf premières années de vie y ont été très difficiles et elle s'était juré de ne jamais remettre les pieds dans la vallée de la Baztán.

Mais, un ordre ne de discutant pas, elle se retrouve non seulement à devoir éclaircir un meurtre hors du commun, mais elle doit en plus affronter les démons encore très présents de son passé.

D'origine basque comme son héroïne (San Sebastián, 1969), Dolores Redondo m'a vraiment donné envie de découvrir les deux autres tomes de cette trilogie policière qui nous immerge dans l'Espagne profonde, conservatrice et... animiste malgré un verni catholique qui ne résiste pas à l'épreuve des faits.

A la fois mystérieuses et inquiétantes, les forêts qui encerclent Elizondo recèlent des secrets récents qui s'ajoutent à des siècles de non-dits et de superstitions. Pourtant, jamais l'auteur ne tombe dans le surnaturel pesant et dégoulinant de certains alter ego anglo-saxons. Ici, tout est suggéré avec beaucoup de retenue et le lecteur est libre d'en penser ce qu'il veut, voire carrément d'éluder quelques passages. Ce qui n'altère en rien le récit, mais lui confère peut-être encore plus de densité et de charme.

Car, c'est bien charmé que j'ai fermé ce polar de 450 pages. Comme personne jusqu'ici, Dolores Redondo est parvenue à me transmettre son amour pour cette campagne basque sauvage et préservée qui par certaines de ses facettes rappelle un peu l'Irlande ou l'Ecosse rurale.

Mais, les remarquables « tableaux » de cette nature vivante ne seraient rien si l'écrivain ne les accompagnait pas des légendes et des mythes qui la mettent en relief et lui donnent toute son austère saveur. Sans oublier les traditions culinaires et culturelles euskeras (basques) que la traductrice a eu la bonne idée de ne pas transposer en castillan ou en français. Ainsi, on a presque l'impression de lire ce roman dans sa version originale ce qui est d'autant plus prenant.
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