AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782265117785
704 pages
Éditeur : Fleuve Editions (12/04/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.98/5 (sur 161 notes)
Résumé :
Interrompu un matin dans l'écriture de son prochain roman, Manuel Ortigosa, auteur à succès, trouve deux policiers à sa porte.
Cela aurait pu n'être qu'un banal et triste accident – une voiture qui, au petit jour, quitte la route de façon inexpliquée. Mais le mort, Álvaro Muñiz de Dávila, est le mari de Manuel, et le chef d'une prestigieuse dynastie patricienne de Galice.
Dans ce bout du monde – sublime peut-être, mais aussi le plus archaïque de tout... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Sylviegeo
  01 juillet 2019
Que c'est triste. Oh mais quelle tristesse ! Triste de perdre un être cher. Encore plus tristes sont les étonnantes, les perturbantes découvertes que celles de la famille, de la lignée de ce mari disparu. Avec l'écrivain, Manuel, qui vient de perdre Alvaro son mari dans un accident de voiture loin, bien loin du lieu où il aurait dû se trouver, nous gratterons, découvrirons, explorerons, pisterons et nous irons de surprises en surprises mais toutes plus accablantes les unes que les autres.
Découvrir une famille dysfonctionnelle. Rencontrer une belle-mère acariâtre, méchante. Déchiffrer les codes de moeurs sorties des boules à mites de cette lignée d'aristocrates d'un autre temps. Retourner dans le temps, dans l'enfance, dans les années d'internat.Triste vie de famille pleine de secrets. Manuel aura à faire . Il s'écrasera, il doutera, à force de fouiller cette terre et ces gens inconnus mais il se relèvera et revivra.
Dolores Redondo nous présente des personnages riches, étoffés, avec de la substance et du caractère . C'est la force de ce roman. Une délicatesse et un respect dans la virulence des sentiments et des gestes qui accompagnent ceux-ci. L'autrice a su nous surprendre tout le long de la lecture de "Tout cela je te le donnerai". Pour ma part, une excellente lecture .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          667
kuroineko
  28 juin 2019
Tout cela je te le donnerai fait référence aux possessions innombrables qu'invoquent Satan pour tenter le Christ. C'est aussi le roman qui me permet de découvrir la romancière espagnole Dolores Redondo.
Lorsqu'on apprend que son mari vient de trouver la mort dans un accident de voiture, c'est déjà une épreuve sans nom. Mais quand de surcroît cet accident est survenu à des centaines de kilomètres de l'endroit où ledit conjoint était sensé être, ça fait beaucoup trop. Et pourtant, pour Manuel, écrivain quinquagénaire de Madrid, ça n'est qu'un début.
Dès ce premier chapitre où ces deux terribles enclumes tombent sur la tête du Madrilène, j'ai ressenti beaucoup d'empathie pour lui, torturé entre la mort de l'être aimé et la poisseuse et détestable sensation d'avoir été trahi par ce même être. Comment lâcher prise au chagrin quand toutes les années vécues ensemble, l'amour qu'on croyait partagé, se retrouvent comme salies par le poison des mensonges envisagés?
Les chapitres suivants conduisent Manuel, et nous par la même occasion, en Galice, à la recherche de la vérité sur qui était véritablement Álfaro et qu'est-ce qu'il s'est réellement passé au moment de sa mort. Il est des couvercles qu'on ne soulève pas sans conséquences non plus que sans souffrances. Dolores Redondo, à travers son roman, pose la question suivante : que vaut-il mieux? Trouver la vérité aussi éprouvante soit-elle, ou choisir de partir en préférant ne rien voir, ne rien savoir? Dilemme dilemme.
Si le livre présente une trame d'ensemble qui reste convenue, sa richesse porte surtout sur la personnalité des protagonistes mis en scène. Les personnages, à commencer par Manuel et le lieutenant Noguares, sont construits avec recherche et solidement étoffés à mesure que les chapitres défilent. Faux-semblants, vraies vipères, Dolores Redondo multiplie pistes et indices dans sa narration labyrinthique. Un peu trop parfois sans que ça n'alourdisse la lecture au point de la rendre pesante.
Et quelles magnifiques descriptions de la Galice, de ses vignes en terrasses au bord du fleuve, tradition viticole qui remonte au début de notre ère et dont les récoltes sont des prouesses physiques. Accessoirement j'ai aussi appris grâce à l'auteure que le vin galicien se buvait traditionnellement non dans des verres mais dans de petits bols de céramique ou de porcelaine. Un détail peut-être mais j'avoue en être friande. Dolores Redondo donne très envie de se rendre dans cette belle région du nord-ouest de la péninsule, de visiter les pasos, les vastes domaines aristocratiques des Grands d'Espagne qui continuent de suivre autant que possible les us séculaires de leur famille. Peut-être en humant l'air à la recherche des effluves envoûtants des fleurs de gardenias...
Une très belle découverte que ce bon pavé de 750 pages environ paru il y a peu chez Pocket. Je compte bien lire la trilogie policière que l'auteure a écrit avant ce roman. Son style (et la traduction bien sûr) est très agréable à lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          393
Annette55
  07 août 2020
«  Au plus profond de lui- même crépitait les bûchers de la clairvoyance .Il savait avec une absolue certitude ce qui lui était arrivé . En regardant Santiago il comprit qu'en lui aussi brûlait un feu; un brasier différent ,qui lui était familier , fait de doutes , de questions et de trahison . » p719.
«  Il existe une tristesse visible, publique , celle des larmes et du deuil , et une autre, immense et silencieuse , qui est un million de fois plus puissante » .
Deux extraits de ce superbe roman noir au coeur de la Galice, sur les arcanes de l'aristocratie ....
Des coups impérieux à la porte: huit , assurés, rapides qui appelaient une réponse immédiate lors d'un belle matinée, au domicile de Manuel Ortigosa , romancier , plongé dans le flux des mots et l'immersion de son prochain livre.

Il fut tenté d'ignorer les coups , il détestait qu'on l'interrompe lorsqu'il travaillait .
Pour lui, l'écriture était un palais , un gigantesque labyrinthe dont il arpentait sans cesse les pièces secrètes,une défense et un bouclier contre la tristesse et les larmes,, l'injustice d'avoir perdu ses parents et le froid glacial d'une enfance solitaire .
Hélas , même un romancier répond à deux gardes en uniforme ...
Ils lui annoncent que son mari Alvaro est mort lors d'un banal accident de voiture en Galice: Surprise sidération, douleur , questions...
Mais le romancier à succès n'en croit rien.
D'un bout à l'autre de l'Espagne le lecteur prendra le chaud soleil, au fil des révélations qui montreront qu'Alvaro n'était pas du tout celui que l'on croyait, très loin de l'image que Manuel en percevait ...

Il plonge alors dans les arcanes d'une aristocratie où les mensonges et les non dits abondent ... où l'hypocrisie et les faux semblants le disputent à l'avidité et à l'arrogance .
Il affrontera vérités et secrets impunis., cherchera inlassablement.....
lL'auteure fouille la psychologie des personnages particuliers, complexes, contradictoires, avec talent .
L'écriture est particulièrement soignée , sensible, fluide ,les titres des chapitres courts bien agencés, les rebondissements multiples: crimes maquillés en suicides, ou en accident . En parallèle , le lecteur découvrira la Galicie enchanteresse et son vignoble.
N'en disons pas plus.
Un roman noir foisonnant à l'intrigue tenant le lecteur en haleine jusqu'au bout., au suspense garanti , pétri d'émotions et de réflexions interessantes, fines , fouillées , à propos du travail de l'écrivain et de l'écriture .
«  Il conduisit sans but: luttant contre les injonctions contradictoires de son esprit — et de son coeur —— qui lui hurlait de s'enfuir, de courir , se cacher pour échapper à une horreur qu'il pressentait physiquement , comme l'électricité statique qui précède l'orage . »
«  Il faudra que tu m'oublies , que tu évites de penser à moi, de te torturer avec mon souvenir . »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
BookShellFairy
  19 juillet 2018
Oh nom d'un chien ! Quelle claque ce fut, ce roman ! J'ai l'impression en le refermant de perdre une partie de ma famille. Très bien rythmé, avec une écriture empreinte de délicatesse. Cela m'a donné l'envie de découvrir les autres romans de l'auteur.
De même ses personnages sont très loin de la tendance manichéenne actuelle. Qualités et défauts se mêlent et s'entremêlent...
Que feriez-vous si la Garde Civile venait sonner chez vous tôt le matin, pour vous annoncer que votre mari est mort ? Qui plus est, mort à des centaines de kilomètres de là où vous pensiez qu'il se trouvait... Et si vous découvriez qu'il ne vous avait pas tout dit sur son enfance et sa famille...
Argh... Difficile de ne pas vous saturer d'indices, faites-moi confiance sur ce point : une fois ce livre ouvert, vous n'aurez plus aucune envie de le lâcher.
Bonne lecture :)
Commenter  J’apprécie          290
Nicolas9
  06 août 2020
Un matin, alors qu'il s'apprête à terminer son roman, Manuel Ortigosa (un écrivain madrilène a succès) apprend la mort de son mari. le problème, c'est que ce dernier censé être en voyage d'affaires à Barcelone a eu un accident de la route en Galice, autrement dit à l'autre bout du pays !
Or, en se rendant à la morgue de Lugo pour identifier le corps, Manuel découvre que son grand amour n'est pas l'homme qu'il croyait connaître...
Débute alors pour le veuf une plongée abyssale dans l'histoire familiale particulièrement troublée d'Alvaro. Je ne vous en dis pas davantage, mais j'ai dévoré ce roman de sept-cents pages qui superpose les genres : polar, analyse sociologique et peinture envoutante de la campagne galicienne.
Avec ce portrait de la société espagnole du 21e siècle, Dolores Redondo nous livre un opus qui dépasse de la tête et des épaules sa pourtant célèbre « Trilogie du Baztan ». Dans les brumes du Finistère ibérique, les personnages sont beaucoup plus complexes, voire insaisissables. Quand on croit les avoir appréhendés, ils se dérobent et révèlent une dimension insoupçonnée. Un vrai bonheur !
Au niveau sociologique, même topo. L'auteure, basque d'origine, mais ayant un pied à terre en Galice, dévoile avec beaucoup de pudeur les contradictions d'une communauté machiste en pleine mutation, y compris au fin fond des campagnes du Finisterre (Fisterra en gallego). Outre l'homosexualité, elle aborde finement la problématique des abus sexuels dans l'Église catholique, la violence de genre, l'omerta et la toxicomanie.
Au final, une intrigue dont le dénouement est difficile à esquisser, mais qui réussit à rabibocher des personnages qu'au départ rien ne semblait pouvoir réunir. Un beau roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190


critiques presse (1)
Actualitte   18 avril 2018
Alvaro Muniz de Dávila, fils d’une famille patricienne de Galice disparaît. Et pour son mari, le romancier Manuel Ortigosa, de ces vignes escarpées sortira un vin des plus amers à boire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   07 août 2020
«  Lire était une défense, un bouclier pour pallier ses difficultés à communiquer.
Mais écrire était infiniment plus que cela. L’écriture était un palais, un gigantesque labyrinthe dont il arpentait, pieds nus et le sourire aux lèvres, les pièces secrètes où il s’arrêtait pour caresser des trésors . »
Commenter  J’apprécie          122
missmolko1missmolko1   09 février 2020
Ce jour-là, il plut sans discontinuer. Depuis presque deux semaines qu’il était en Galice, il avait appris à ne pas se fier aux promesses d’un ciel dégagé qui, en quelques heures, pouvait se couvrir au point d’anéantir tout espoir d’amélioration, mais il avait aussi assimilé le savoir propre aux gens d’ici qui leur permettait d’identifier les journées où il ne cesserait pas de pleuvoir. La pluie madrilène était nerveuse, rapide et impétueuse. Imprégnée de la saleté des trottoirs, elle filait vers les égouts et disparaissait de l’atmosphère lorsqu’elle cessait de tomber. Ici, en revanche, la terre absorbait l’eau, l’accueillait comme un amant avide et, quand la pluie s’arrêtait, sa présence demeurait dans l’air comme un spectre palpable susceptible de se matérialiser à nouveau à tout instant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
missmolko1missmolko1   12 avril 2018
Durant quelques secondes, il observa, pensif, le curseur qui clignotait à la fin de la dernière phrase. La matinée lui réussissait bien, mieux que les trois dernières semaines, parce que, même s’il répugnait a l’admettre, il écrivait plus facilement quand il était seul à la maison, qu’il travaillait à son rythme, libéré des petites interruptions routinières que sont le déjeuner et le diner, et se laissait simplement porter. Dans cette phase d’écriture, c’était toujours la même chose. Soleil de Thèbes serait terminé dans quelques semaines, peut-être même plus tôt si tout allait bien, et jusqu’à cet ultime instant, cette histoire serait toute sa vie, son unique obsession, le seul objet de ses pensées, qui l’occuperait jour et nuit. A chaque nouveau roman, il connaissait cette sensation à la fois vitale et dévastatrice, comme un sacrifice qu’il désirait et redoutait à la fois. Une expérience intime qui, il était conscient ne faisait pas de lui la plus agréable des compagnies.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
kuroinekokuroineko   27 juin 2019
La vérité ne vaudrait-elle que lorsqu'elle nous montre ce que nous voulons bien voir? Quand elle nous apporte un soulagement face aux ravages de l'incertitude? Et si, au lieu d'un baume qui vient apaiser nos blessures, la vérité n'était qu'un autre acide, plus virulent encore?
Commenter  J’apprécie          150
missmolko1missmolko1   20 janvier 2020
Manuel sortit de l'étude en respirant l'air de Galice, dont la fraîcheur inhabituelle le ramena à une réalité trop douloureuse pour lui permettre de penser. Il se sentit fatigué et affamé, les yeux meurtris par la clarté qui perçait entre les nuages, orphelin comme un voyageur de passage, perdu dans cette ville dont les rues ne voulaient pas de lui. Il s'en fut, loin de la lumière, des voix, du chœur antique qui poursuivait sa litanie dans sa tête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

Videos de Dolores Redondo (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dolores Redondo
Commandez les coups de coeur de nos libraires sur filigranes.be ! Les livres dans l'ordre : "Tout cela je te le donnerai" de Dolores Redondo "Mad" de Chloé Esposito "Surface" d'Olivier Norek "La vérité sur l'affaire Harry Quebert", "Les derniers jour de nos pères", "Le livre des Baltimore" et "La disparition de Stéphanie Mailer" de Joël Dicker
autres livres classés : littérature espagnoleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Littérature espagnole au cinéma

Qui est le fameux Capitan Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte, dans un film d'Agustín Díaz Yanes sorti en 2006?

Vincent Perez
Olivier Martinez
Viggo Mortensen

10 questions
64 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , espagne , littérature espagnoleCréer un quiz sur ce livre

.. ..