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Annie Hamel (Traducteur)
EAN : 9782264034472
415 pages
10-18 (06/06/2002)
4.46/5   13 notes
Résumé :

En octobre 1990 à Prague, le fondateur du Velvet Underground, recevait des mains de Vaclav Havel l'un des plus beaux cadeaux de sa vie : une plaquette ronéotée habillée de bristol noir, le recueil fabriqué à la main, à 200 exemplaires des textes de ses chansons. Vers la fin des années 70, ce fanzine circulait sous le manteau dans le cercle contestataire réuni autour du groupe Plastic People. On en retrouve le c... >Voir plus
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   06 décembre 2020
The Day John Kennedy Died (Le jour où John Kennedy est mort)

I dreamed I was president of these United States
I dreamed I replaced ignorance, stupidity and hate
I dreamed the perfect union and the perfect law, undenied
And most of all I dreamed I forgot the day John Kennedy died

I dreamed that I could do the job that others hadn’t done
I dreamed that I was uncorrupt and fair to everyone
I dreamed I wasn’t gross or base, a criminal on the take
And most of all I dreamed I forgot the day John Kennedy died

I remember where I was that day I was upstate in a bar
The team from the university was playing football on T.V.
Then the screen went dead and the announcer said
“There’s been a tragedy, there are unconfirmed reports the
President’s been shot, and he may be dead or dying.”
Talking stopped, someone shouted, “What?!”

I ran out the street
People were gathered everywhere saying did you hear what they
said on T.V.
and then a guy in a Porsche with his radio on
hit his horn and told us the news
He said, “The President’s dead, he was shot twice in the head
in Dallas, and they don’t know by whom.”

I dreamed that I was president of these United States
I dreamed that I was young and smart and it was not a waste
I dreamed that there was a point to life and to the human race
I dreamed I could somehow comprehend that someone
shot him in the face

*

J’ai rêvé que j’étais président des États-Unis
Je gommais l’ignorance, la bêtise et la haine
J’ai rêvé d’une entente et d’une loi parfaites, incontestées
Et surtout j’ai rêvé que j’avais oublié le jour où John Kennedy est mort

J’ai rêvé que je faisais ce que les autres n’avaient pas fait
Que j’étais intègre, et juste avec tout le monde
Que je n’étais ni vulgaire ni abject, pas un escroc qui touche des pots-de-vin
Et surtout j’ai rêvé que j’avais oublié le jour où John Kennedy est mort

Ce jour-là j’étais dans un bar, à la frontière de l’État
Je regardais l’équipe de foot de l’université à la télé
Puis l’image a été coupée et un présentateur a dit :
« Il vient d’arriver une tragédie, la nouvelle n’est pas officielle, on a tiré sur le
président, il pourrait être mort ou en train de mourir. »
Les conversations se sont arrêtées, quelqu’un a crié : « Quoi ?! »

J’ai foncé dans la rue
Les gens se rassemblaient ils disaient : vous avez entendu
ce qu’ils ont dit à la télé
Puis un type en Porsche, sa radio allumée
a klaxonné et nous a annoncé la nouvelle
Il a dit : « Le président est mort, on lui a tiré deux balles dans la tête
à Dallas, ils ne savent pas qui c’est. »

J’ai rêvé que j’étais président des États-Unis
Que j’étais jeune, intelligent et ça servait à quelque chose
La vie avait un sens, ainsi que le genre humain
J’ai rêvé que je pouvais comprendre qu’on lui ait
tiré dans la figure

(p. 180-183)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   13 août 2021
There is no time (On n’a plus le temps)

This is no time for celebration
This is no time for shaking hands
This is no time for back slapping
This is no time for marching bands
This is no time for optimism
This is no time for endless thought
This is no time for my country right or wrong
Remember what that brought

There is no time

This is no time for congratulations
This is no time to turn your back
This is no time for circumlocution
This is no time for learned speech
This is no time to count your blessings
This is no time for private gain
This is a time to put up or shut up
It won’t come back this way again

There is no time

This is no time to swallow anger
This is no time to ignore hate
This is no time to be acting frivolous
because the time is getting late

This is no time for private vendettas
This is no time to not know who you are
Self-knowledge is a dangerous thing
The freedom of who you are
This is no time to ignore warnings
This is no time to clear the plate
Let’s not be sorry after the fact
and let the past become our fate

There is no time

This is no time to turn away and drink
or smoke some vials of crack
This is a time to gather force
and take dead aim and attack
This is no time for celebration
This is no time for saluting flags
This is no time for inner searchings
The future is at the hand
This is no time for phony rhetoric
This is no time for political speech
This is a time for action
because the future’s within reach

This is time, because there is no time

*

Ce n’est pas l’heure des célébrations
Pas l’heure des poignées de main
Pas l’heure des claques dans le dos
Pas l’heure des défilés
Pas l’heure d’être optimiste
Pas l’heure des réflexions sans fin
Pas l’heure de dire mon pays a tort ou raison
Souvenez-vous du résultat

On n’a plus le temps

Ce n’est pas l’heure de se congratuler
Pas l’heure de tourner le dos
Pas l’heure des périphrases
Pas l’heure des discours appris par cœur
Pas l’heure de compter ses blessures
Pas l’heure de s’enrichir
C’est l’heure de s’impliquer ou de la fermer
L’occasion ne se représentera pas

On n’a plus le temps

Ce n’est pas l’heure d’avaler sa colère
Pas l’heure d’occulter la haine
Pas l’heure d’agir à la légère
bientôt il sera trop tard

Ce n’est pas l’heure des vendettas privées
Pas l’heure d’ignorer qui tu es
La connaissance de soi est chose dangereuse
La liberté d’être soi-même
Ce n’est pas l’heure de braver les présages
Pas l’heure de faire table rase
Ne regrettons pas nos actes
que le passé devienne notre destin

On n’a plus le temps

Ce n’est pas l’heure de tourner le dos et de boire
Ou de fumer du crack
C’est l’heure de rassembler les forces
de choisir sa cible et d’attaquer
Ce n’est pas l’heure des cérémonies
Pas l’heure de saluer les drapeaux
Pas l’heure de la quête intérieure
Le futur est proche
Ce n’est pas l’heure de la rhétorique bidon
Pas l’heure des discours politiques
C’est le moment d’agir
Car l’avenir est à portée de main

C’est le moment, parce qu’on n’a plus le temps

(p. 300-303)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   14 août 2021
Last Great American Whale (La dernière grande baleine américaine)

They say he didn’t have an enemy
His was a greatness to behold
He was the last surviving progeny
The last one on this side of the world
He measured half a mile from tip to tail
silver and black with powerful fins
They say he could split a mountain in two
that’s how we got the Grand Canyon

Some say they saw him at the Great Lakes
Some say they saw him off the coast of Florida
My mother said she saw him in Chinatown
but you can’t always trust your mother
Off the Carolinas the sun shines brightly in the day
The lighthouse glows ghostly there at night
The chief of a local tribe had killed a racist mayor’s son
and he’d been on death row since 1958
The mayor’s kid was a rowdy pig
Spit on Indians and lots worse
The Old Chief buried a hatchet in his head
Life compared to death for him seemed worse
The tribal brothers gathered in the lighthouse to sing
and tried to conjure up a storm or rain

The harbor parted and the great whale sprang full up
and caused a huge tidal wave
The wave crushed the jail and freed the chief
The tribe let out a roar
The whites were drowned
The browns and reds set free
but sadly one thing more
Some local yokel member of the NRA
kept a bazooka in his living room
and thinking he had the Chief in his sights
blew the whale’s brain out with a lead harpoon

Well Americans don’t care for much of anything
Land and water the least
And animal life is low on the totem pole
with human life not worth more than infected yeast
Americans don’t care too much for beauty
They’ll shit in a river, dump battery acid in a stream
They’ll watch dead rats wash up on the beach
and complain if they can’t swim
They say things are done for the majority
Don’t believe half of what you see
and none of what you hear

It’s a lot like what my painter friend Donald said to me,
"Stick a fork in their ass and turn ‘em over, they’re done"

*

Elle n’avait pas un seul ennemi
Elle était splendide
C’était la dernière survivante de son espèce
La dernière dans cette partie du monde
Huit cents mètres de la tête à la queue
grise et noire, de puissantes nageoires
Elle peut fendre une montagne en deux
c’est comme ça qu’est né le Grand Canyon

Certains disent qu’ils l’ont vue dans les Grands Lacs
D’autres au large de la Floride
Ma mère dit qu’elle l’a vue à Chinatown
mais faut pas toujours croire sa mère
Au sud des Carolines le soleil brille très fort
Le phare a une lumière spectrale
Le chef d’une tribu locale avait tué le fils d’un maire raciste
il était condamné depuis 1958
Le gosse du maire était un sale type, un violent
Il crachait sur les Indiens et bien pire
Le Vieux Chef lui a planté sa hache dans la tête
Pour lui la vie était pire que la mort
Les hommes de la tribu sont allés au phare pour chanter
faire venir la pluie, déclencher une tempête

Le port s’est ouvert en deux, la grande baleine a sauté
et provoqué un raz de marée
La vague a détruit la prison et libéré le chef
La tribu a poussé des cris
Les Blancs ont été noyés
Les Noirs et les Rouges remis en liberté
mais malheureusement
Un plouc local membre de la NRA
avait un bazooka dans son salon
et pensant avoir le Chef dans sa mire
a tué la baleine avec un lance-harpon

Les Américains se fichent pratiquement de tout
De la terre et de l’eau
Le règne animal est en bas du mât totémique
la vie humaine ne vaut pas mieux qu’une vieille levure
Les Américains n’attachent pas grande importance à la beauté
Ils chient dans les rivières, balancent les vieilles piles dans les ruisseaux
Ils regardent des rats morts échouer sur le rivage
et se plaignent de ne pouvoir nager
Ils disent dans l’ensemble on agit
Ne croyez pas la moitié de ce que vous voyez
et rien de ce que vous entendez

Ça ressemble beaucoup à ce que Donald, mon ami peintre, m’a dit :
« Plante-leur une fourchette dans le cul et retourne-les, ils sont faits. »

(p. 272-275)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   21 août 2021
Strawman (Homme de paille)

We who have so much
To you who have so little
To you who don’t have anything at all
We who have so much
More than any one man does need
And you who don’t have anything at all
Does anybody need another million dollar movie
Does anybody need another million dollar star
Does anybody need to be told over and over
Spitting in the wind comes back at you twice as hard

Strawman, going straight to the devil
Strawman, going straight to hell

Does anyone really need a billion dollar rocket
Does anyone need a $60,000 car
or the sins of Swaggart parts 6, 7, 8 and 9
Does anyone need another politician
Caught with his pants down
Money sticking in his hole
Does anyone need another racist preacher
Spittin’ in the wind can only do you harm

Does anyone need another faulty shuttle
Blasting off to the moon, Venus or Mars
Does anyone need another self-righteous rock singer
Whose nose he says led him straight to God
Does anyone need yet another blank skyscraper
if you’re like me I’m sure a minor miracle will do
A flaming sword or maybe a gold ark floating up the Hudson
When you spit in the wind it comes right back at you

*

Nous qui avons tant
À toi qui es si démuni
À toi qui ne possèdes rien
Nous qui avons tant
Plus qu’il ne faut
Et toi qui ne possèdes rien
A-t-on besoin d’un nouveau film d’un million de dollars
D’une nouvelle star à un million de dollars
Ou qu’on nous répète tout le temps la même chose
Crache dans le vent ça te revient en pleine gueule

Homme de paille, va droit au diable
Homme de paille, va droit en enfer

A-t-on besoin d’une voiture à 60 000 dollars
Et d’un missile à un milliard
A-t-on vraiment besoin d’un nouveau président
ou des péchés de Swaggart* parties 6, 7, 8 et 9
Ou d’un politicien de plus
Surpris avec son froc baissé
De l’argent collé dans le cul
A-t-on besoin d’un nouveau prêcheur raciste
Cracher dans le vent ne te fera aucun bien

A-t-on besoin d’une autre navette foireuse
Qui explose en route pour la Lune, Vénus ou Mars
A-t-on besoin d’un nouveau chanteur de rock pompeux
Qui dit que son intuition l’a conduit à Dieu
A-t-on besoin d’un gratte-ciel de plus
si vous êtes comme moi je suis sûr qu’un petit miracle suffira
Une épée de lumière ou bien une arche d’or remontant l’Hudson
Quand tu craches dans le vent ça te revient en pleine gueule

*Jimmy Swaggart est un évangéliste pentecôtiste, impliqué en 1988 dans un scandale sexuel avec une prostituée, ce qui le conduira à être défroqué par Assemblies of God (les Assemblées de Dieu) : un regroupement d’églises pentecôtistes

(p. 292-295)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   06 décembre 2020
Waves of Fear (Vagues d’angoisse)

Waves of fear attack in the night
Waves of revulsion—sickening sights
My heart’s nearly bursting
My chest’s choking tight

Waves of fear
Squat on the floor
Looking for some pill, the liquor is gone
Blood drips from my nose, I can barely breathe
Waves of fear I’m too scared to leave

I’m too afraid to use the phone
I’m too afraid to put the light on
I’m so afraid I’ve lost control
I’m suffocating without a word
Crazy with sweat, spittle on my jaw
What’s that funny noise,
what’s that on the floor
Waves of fear
Pulsing with death
I curse at my tremors
I jump at my own step
I cringe at my terror
I hate my own smell
I know where I must be
I must be in hell

Waves of fear
Waves of fear

*

Les vagues d’angoisse attaquent la nuit
Vagues de dégoût — visions qui rendent fou
Mon cœur va éclater
Ma poitrine se resserre
Vagues d’angoisse, vagues d’angoisse

Vagues d’angoisse
Blotti sur le sol
Je cherche une pilule, plus d’alcool
Je peux à peine respirer, du sang coule de mon nez
Vagues d’angoisse, trop peur pour sortir

Trop peur pour téléphoner
Pour allumer la lumière
Si peur d’avoir perdu le contrôle
Je suffoque sans rien dire
Je sue comme une bête, je bave
Quel est ce bruit,
Cette chose par terre
Vagues d’angoisse
Vagues de mort
Maudits tremblements
Je sursaute au bruit de mes pas
Ma peur m’effraie
Je hais mon odeur
Je sais où je suis
En enfer

Vagues d’angoisse
Vagues d’angoisse

(p. 174-175)
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Videos de Lou Reed (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Lou Reed
Lou Reed : Lecture publique au studio 104 à Paris [2008 / France Culture]
http://le-semaphore.blogspot.fr/2014/.... Émission : L'Atelier de la création sur France Culture, diffusée le 25 décembre 2013. De Bernard Comment et Manoushak Fashahi (rediffusion "Surpris par la Nuit" – 24/11/2011). Avec : Lou Reed. Bernard Comment. Traduction : Sophie Couronne et Larry Debay. Lecture : Caroline Ducey. Réalisation : Manoushak Fashahi. « Je ne suis pas une rock and roll star, je suis un écrivain qui écrit et produit ses propres trucs. » Le 20 octobre 2008, Lou Reed a fait une lecture publique au CentQuatre à Paris. Pas n’importe quelle lecture : ce sont les textes de certaines de ses chansons qu’il déclame avec une émotion presque palpable, ceux de la radio Lou, fréquence qu’il était le seul à pouvoir capter ; sa radio intime en quelque sorte, son labyrinthe de paroles, d’images toutes plus poignantes les unes que les autres. C’était à l’occasion de la parution d’un livre aux éditions du Seuil, intitulé "Traverser le feu", ouvrage qui rassemble l’intégrale des textes de ses chansons. France Culture a eu la très bonne idée de retransmettre sur ses ondes cet enregistrement unique où la voix du vieux rocker s’avance, nue, sans guitare, portant en bandoulière le feu de ses mots. La traduction française arrive ensuite, relayée par la voix de Caroline Ducey. Puis, quelques chansons viennent émailler le fil de la lecture. Ainsi lus sans musique, les textes de ses chansons prennent une tout autre texture : les images se font plus présentes, plus persistantes. Elles se gravent dans notre esprit comme une marque au fer rouge. Et que dire de cette voix qui a tant vécu, cette voix d’homme – sans doute au fond si proche de l’enfant qu’il fut –, qui nous fait le don unique de son témoignage artistique, de sa parole créatrice ; cette parole qui s’offre à nous comme une embrassade fraternelle… Lou Reed a hissé la grand-voile et navigue sur le fleuve de sa mémoire. C’est cinq ans plus tard, presque jour pour jour, qu’il ôtera le masque bleu de son visage pour regarder Charon droit dans les yeux. En sa compagnie, il se peut qu’il soit allé traverser le Styx pour ensuite laver son corps et son âme dans les eaux bienfaisantes de l’oubli – dans le miroir du Léthé. Sa propre traversée du feu, il devait l’accomplir seul – laissant ses frères humains derrière lui se débrouiller comme ils le peuvent. Entendre cette voix nue nous lire les mots d’une vie entière, c’est beau comme l’éclair qui fendille l’eau noire du ciel avec son harpon de lumière.
© Thibault Marconnet le 09 avril 2014
Thèmes : Création Radiophonique| 20e siècle| Musique| Poésie| Rock| Velvet Underground| Lou Reed| Bernard Comment
Source : France Culture
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