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EAN : 9782226245328
448 pages
Éditeur : Albin Michel (16/01/2013)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 23 notes)
Résumé :
« Le résumé de ma vie : essayer sans cesse de convaincre autrui.»
Adolf Hitler


Adolf Hitler était un improbable chef d État haineux, incapable de nouer des relations normales avec quiconque, refusant de débattre des questions politiques et pourtant il reçut le soutien de tout un peuple. Comment un personnage aussi antipathique a-t-il bien pu fasciner des millions de gens ?
Hitler est responsable, entre autres, de l invasion de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  11 avril 2018
Lorsque, avec notre regard d'aujourd'hui, nous considérons ce petit homme disgracieux avec sa moustache ridicule tempêter et vociférer, on s'étonne encore de voir ces foules galvanisées l'acclamer comme un dieu sur terre. Bien sûr notre regard est teinté de ce que l'Histoire nous a appris. Qui (parmi les gens sensés) pourrait aujourd'hui trouver un attrait séduisant en Hitler et en ses discours ?
C'est de ce sujet que traite précisément le livre de Laurence Rees, Adolf Hitler – la séduction du diable : le charisme d'un homme qui a ensorcelé les foules.
Avant toute chose, il importe de resituer le contexte. Hitler est un paumé, un raté, qui trouve un sens à sa vie à l'occasion de la première guerre mondiale. le peuple Allemand, suite au Traité de Versailles, se sent humilié et doit survivre dans la plus grande pauvreté, exacerbée à la suite du Krach boursier de 1929. Hitler, être insipide et froid dans les contacts individuels, se révèle un tribun de génie et énonce précisément les souhaits et désirs les plus profonds de ce peuple déchu. Retrouver la grandeur de l'Allemagne, relever l'économie, s'étendre pour prospérer… La haine des juifs n'est pas si tôt mise au premier plan. D'abord convaincre que grâce à ce Hitler messie, sauveur de l'Allemagne, le peuple retrouvera prospérité et prestige. Hitler hypnotise les foules avec une sorte de génie instinctif pour la psychologie des masses. le parti nazi devient une sorte de religion. Une religion basée sur la grandeur de la race, celle du peuple germanique : « le nazisme était (…) une combinaison de pseudo-religion et de science pseudo-darwinienne ». La propagande est efficace, le peuple adhère dans une sorte d'hystérie collective. Sieg heil !
Pour ceux qui n'adhéraient pas, « Hitler approuvait le principe d'écraser toute opposition par la violence » et dès 1933, le premier camp de concentration « officiel » ouvrît à Dachau.
La haine du communisme, du bolchévisme, reliés au juif coupable également de capitalisme, bref de tous les maux de l'Allemagne (la fameuse conspiration juive à un niveau international) comme un virus malfaisant à éradiquer devint progressivement un leitmotiv dans les discours d'Hitler à qui on ne peut reprocher d'avoir annoncé la couleur… Et pourtant combien ne l'ont-ils pas trouvé insignifiant sinon inoffensif ?
Quant aux dignitaires nazis et à l'élite SS, Hitler représentait pour eux ce que j'interprète comme une sorte de gourou à l'aura charismatique, se sentant privilégiés d'être aux plus proches côtés de ce chef quasi déifié comme une secte pourrait lessiver les cerveaux et anéantir le libre arbitre. Pire, leur faisant prêter fait et cause pour l'idéologie malfaisante au point que tout devait être entrepris pour la servir. Je ne déresponsabilise personne en énonçant ceci, hormis peut-être ces enfants issus des Jeunesses Hitlérienne qui ont subi un véritable endoctrinement.
Tous ces éléments sont intéressants pour tenter d'expliquer comment on en est arrivé au pire. Mais partiellement seulement. Car oui, malgré tout je ne parviens pas à « comprendre » comment toutes ces atrocités ont été commises. Comme si aucune explication rationnelle (multifactorielle s'entend) ne pouvait satisfaire mes interrogations, mon hébétude indignée devant tant de barbarie. Et cela dit, heureusement non ?
De cet auteur, j'avais lu également Auschwitz les nazis et la solution finale que j'avais dévoré.
En ce qui concerne Adolf Hitler la séduction du diable, j'ai été intéressée mais un peu moins captivée car j'aurais aimé y trouver moins de stratégies militaires et davantage d'analyse sur la psychologie d'Hitler.
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kuroineko
  19 février 2018
Laurence Rees a rédigé ce livre en parallèle d'un reportage sur le même sujet. Plus qu'une énième biographie de Hitler, il s'attache à déterminer, si je puis dire, le pourquoi du comment.
Comment cet homme antipathique, vindicatif, excité, atrabilaire et refusant de discuter ses décisions a-t-il pu conquérir le coeur de millions de partisans? Comment a-t-il emmener son pays dans un conflit sans précédent? Dans une extermination massive d'une grande partie de sa population?
Tout au long des chapitres, Laurence Rees démontre le charisme qu'a su mettre en place Hitler, la fascination qu'il exerce sur les esprits puis les actes.
Outre des sources déjà utilisées, l'auteur a pu recourir à des documents inédits - journaux de guerre, correspondance, etc. Ce qui apporte un atout supplémentaire à un essai biographique de qualité.
Le style élégant de Laurence Rees rend plaisante la lecture de son ouvrage au sujet vénéneux.
Il donne enfin à réfléchir aux attitudes des hommes politiques et autres orateurs de notre époque. Essai instructif sur tous les plans.
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daniel_dz
  01 mars 2018
Voici un ouvrage qui ne manquera pas d'intéresser ceux qui cherchent à comprendre comment Hitler est parvenu à mobiliser un si grand nombre d'individus au service de ses funestes projets. On se concentre ici sur une des raisons, sans doute la plus importante: le charisme d'Adolf Hitler, qui lui a permis de passer pour un dieu vivant d'une manière que j'aurais eu dû mal à me figurer sans la lecture de ce fascinant ouvrage.
J'espère vous inciter à vous plonger dans cette monographie en mettant en évidence deux de ses forces.
Tout d'abord, j'ai particulièrement apprécié le très grand nombre de citations de personnes qui ont côtoyé Hitler, ou qui étaient sur les champs de bataille, ou simplement dans la rue en Allemagne pendant qu'Hitler était au pouvoir. Les mots de ces témoins m'ont paru bien plus efficaces qu'une synthèse plus "abstraite" pour saisir l'influence qu'Hitler pouvait avoir sur les personnes. Car il s'agit de cerner une personnalité et, à mon sens, on ne peut y arriver qu'en observant des traces vivantes d'interactions directes ou indirectes d'Hitler avec des gens.
En fait, ce livre est le compagnon du documentaire "Adolf Hitler. du charisme au chaos" (en version originale anglaise, le livre et le documentaire ont le même titre: "The dark charisma of Adolf Hitler"; mes compatriotes belges francophones peuvent l'emprunter dans un Point Culture). Ce documentaire a été réalisé pour la BBC par Laurence Rees, avec les conseils de Sir Ian Kershaw, éminent spécialiste de la Seconde guerre mondiale et du nazisme, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur Hitler, dont "Hitler - Essai sur le charisme en politique".
J'en arrive ainsi à la deuxième force du livre que je souhaitais mettre en évidence: son auteur est un maître dans le domaine, tant pour la forme que pour le fond. Outre plusieurs livres et documentaires sur la Seconde guerre et le nazisme, il anime également le site www.WW2history.com, un site pédagogique (en anglais) sur la Seconde guerre.
Imaginez l'émotion que vous pouvez ressentir au contact de la Beauté (une oeuvre d'art, un poème, un paysage, …). Personnellement, je ressens une émotion similaire au contact de la Qualité. Et c'était le cas ici: j'ai été fortement impressionné par la précision et la profondeur du travail effectué. Car il ne s'agit pas d'un journaliste qui construit un document en lisant rapidement quelques livres ou en passant quelques jours sur Google: il s'agit d'un authentique investigateur, qui a passé de nombreuses années à collecter minutieusement des témoignages, souvent originaux, après s'être documenté de manière approfondie sur le sujet. de plus, le texte se lit fort agréablement, sans aucune aridité. Et si le texte est vivant, il est toutefois dépourvu de passion, ce qui renforce sa crédibilité (je devrais le relire pour en être sûr, mais je pense que l'auteur n'émet en fait aucun jugement: il se « contente » de décrire, dans la tradition des bons journalistes britanniques).
Le corps du livre concerne les années politiques d'Hitler. Quelques pages sont consacrées à ses années de peintre et de soldats de la Première guerre. Sur cette période-là, je reste donc un peu sur ma faim et je suis donc preneur de bonnes références que vous pourriez me conseiller. Bien que Laurence Rees donne quelques indications, j'aimerais mieux comprendre ce qui a poussé Hitler à entrer en politique et aussi d'où lui venait une telle haine des Juifs.
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akhesa
  18 juillet 2013
Voila un livre qui est base sur le charisme d'Htler,depuis la fin de la premiere guerre mondiale jusqu'au jour ou il se suicide.
A travers des témoignages inédits,on en apprend plus sur cet ignoble personnage,incarnation du mal.
Comment est-il devenu chancelier du Reich?comment et pourquoi des hommes l'ont-ils suivis jusqu'au bout de la debacle?C'est ce que tente de faire l'auteur,en nous expliquant comment Hitler utilisait son charisme
J'ai aime cette lecture,car cet auteur nous livre sa vision de ce qui permit de faire Hitler
A tous les passionnes,bonne lecture

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alberthenri
  03 août 2015
La question reste posée, lancinante, jusqu'à nos jours, 70 ans après la fin de la seconde guerre mondiale: "comment une nation si avancée que l'Allemagne, a t'elle pu confier son destin à Hitler, pour être conduite vers le chaos et la honte ?"
Le livre de Rees, essaie d'apporter une réponse, en analysant l'impact de la personnalité d'Hitler, sur son entourage et sur le peuple, au travers de références biographiques et historiques pointues et de nombreux témoignages. L'auteur parvient à apporter des éléments de réponses pertinents. A recommander, à toute personne intéressée par cette période de l'histoire.
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critiques presse (2)
NonFiction   14 mars 2013
Une nouvelle étude sur le charisme d’Adolf Hitler qui peine à renouveler un sujet déjà très étudié.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeFigaro   07 mars 2013
Laurence Rees propose une biographie du dictateur sous l'angle de la séduction et du charisme qui n'exonère pas le peuple allemand de sa responsabilité.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
wentworth23wentworth23   23 octobre 2014
Mes parents avaient des opinions très arrêtées sur Adolf Hitler. Pour avoir tous deux vécu la guerre - outre que le frère de mon père a été tué dans les convois de l'Atlantique -, ils pensaient qu'il était l'incarnation du Mal. Mais je me rappelle m'être demandé, alors que je n'étais pourtant encore qu'un enfant, comment, si Hitler était le Démon dans un corps d'homme, il avait pu obtenir de tant de personnes qu'elles obéissent à ses ordres. C'est d'une certaine façon une question à laquelle je n'ai cessé de penser depuis, et c'est à elle que je tâche de répondre dans cet ouvrage.
Adolf Hitler était, à première vue, le dirigeant le plus improbable pour un État sophistiqué au coeur de l'Europe. Il était incapable d'entretenir des relations amicales normales ou d'accepter un débat intellectuel : rempli de haine et de préjugés, dépourvu de toute aptitude à aimer, c'était avant tout un homme «seul». Il était, indubitablement, «en tant qu'être humain, lamentable». Et pourtant, il joua un rôle déterminant dans trois des décisions les plus dévastatrices jamais prises : celle d'envahir la Pologne - qui conduisit à la Seconde Guerre mondiale -, celle d'envahir l'Union soviétique et enfin celle d'assassiner les Juifs.
Cependant Hitler ne fut pas à lui seul l'auteur de toute cette horreur, et à côté de ses nombreuses insuffisances personnelles, il possédait à n'en point douter de grands pouvoirs de persuasion. «Toute ma vie, dit-il en 1942 en une formule marquante, se résume dans mes efforts incessants pour persuader autrui.» Et j'ai pour ma part rencontré bien des personnes ayant vécu cette période qui m'ont confirmé ce jugement. Quand je les pressais de me dire ce qu'elles trouvaient de si convaincant dans une personnalité tellement étrange, elles me citaient une myriade d'éléments tels que les circonstances de l'époque, leurs peurs, leurs espoirs, etc. Mais elles étaient également nombreuses à évoquer simplement le puissant attrait qu'Hitler exerçait sur elles - un phénomène qui fut bien souvent imputé à son «charisme».
Mais qu'est-ce exactement que le «charisme» ? Le terme provient d'une racine grecque signifiant une grâce ou une faveur octroyée par une divinité, mais le «charisme», dans l'acception que nous donnons aujourd'hui à ce mot, n'est pas un don «divin», il est «axiologiquement neutre» - bons et méchants peuvent le posséder à la même enseigne. La signification originaire implique également que le charisme est une qualité absolue qui existe - ou n'existe pas - dans un individu spécifique. Mais la séduction charismatique d'Hitler n'était pas universelle. Elle n'existait que dans l'espace entre lui et les sentiments de son auditoire. Quand deux personnes rencontraient Hitler en même temps, il pouvait arriver que l'une le trouve charismatique, mais que la seconde le prenne pour un fou.
Notre compréhension moderne du concept de «charisme» commence avec les travaux du sociologue allemand Max Weber qui écrivit des pages célèbres sur la «domination charismatique» au tournant du siècle dernier. Sans doute le fit-il bien avant qu'Hitler ne devienne chancelier du Reich, mais ses réflexions sont toujours très pertinentes pour quiconque s'intéresse à l'étude du nazisme en général et d'Hitler en particulier. Là où la contribution de Weber est capitale, c'est en ce qu'il examine la «domination charismatique» comme un type particulier d'exercice du pouvoir - plutôt que comme une qualité personnelle qu'une pop-star peut posséder au même titre qu'un homme politique. Pour Weber, le chef «charismatique» doit posséder un fort élément «missionnaire» et il est plus proche d'une figure quasi religieuse que d'un homme d'État démocratique ordinaire. Les partisans d'un tel chef recherchent autre chose qu'une amélioration matérielle de leur sort - bénéficier d'impôts moins élevés ou d'un meilleur système de santé -, car ils poursuivent un but plus général, presque spirituel, de rédemption et de salut. Il est difficile, dans des structures bureaucratiques normales, de voir émerger un chef «charismatique», poussé en avant par le sens qu'il a de sa destinée personnelle. Hitler, selon cette définition, est l'archétype du «chef charismatique».
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   05 avril 2018
La conférence d'Evian déboucha sur la pire des issues possibles pour les Juifs allemands et autrichiens, qui avaient espéré que le reste du monde se hâterait de leur ouvrir ses portes. Sur les quelques trente pays représentés à Evian, seule la République dominicaine offrit de recevoir un nombre important de Juifs. Les autres - pour l'essentiel - prodiguèrent des paroles de sympathie, mais peu d'aide effective, ce qui parut confirmer ce que Chaïm Weizmann avait dit à un journal britannique deux ans auparavant : "Le monde semble être divisé en deux parties : les endroits où les Juifs ne peuvent pas vivre et ceux où ils ne peuvent pas entrer."
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   01 avril 2018
Le soir, Stresemann lança la conversation sur Hitler et dit : "C'est l'homme le plus dangereux d'Allemagne. Sa rhétorique est diabolique. Il a comme nul autre la connaissance instinctive de la psychologie des masses. Quand je prendrai ma retraite, je sillonnerai l'Allemagne et je nous débarrasserai de cet homme." Il y avait ce soir-là avec nous quelques hommes du ministère. Nous ne comprenions pas Stresemann. Nous disions : "Ce petit parti ? Laissez donc vociférer ce type !"

Gustav Stresemann fit une crise cardiaque et mourut le 3 octobre 1929, quelques jours avant le krach boursier de Wall Street. Pris dans la tourmente de cette nouvelle crise économique, des millions d'Allemands se retrouvèrent pour la toute première fois réceptifs à la proposition charismatique d'Hitler de les diriger. Désormais, quand Hitler vociférait, le peuple écoutait.
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akhesaakhesa   16 juillet 2013
La terre continue de tourner que ce soit l'homme qui tue le tigre ou le tigre qui devore l'homme.Le plus fort affirme sa volonte.C'est la loi de la nature
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akhesaakhesa   18 juillet 2013
La guerre des tranchees lui avait appris que la vie reste "un combat cruel" et n'a d'autre but que "la conservation de l'espece"
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