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Pierre-Emmanuel Dauzat (Traducteur)
ISBN : 2253120960
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2008)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Le 27 janvier 1945, l'armée Rouge pénètre dans le camp de concentration d'Auschwitz et libère les derniers survivants. Le monde découvre un système d'une barbarie inouïe et jamais vue dans l'histoire de l'humanité : la " Solution finale ", les chambres à gaz et les fours crématoires. S'appuyant sur les meilleures sources historiques et sur une centaine d'entretiens inédits avec d'anciens bourreaux et des rescapés, Laurence Rees nous permet de comprendre de l'intérie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  22 février 2018
Auschwitz, les nazis et la « Solution finale » est un livre « s'appuyant sur les meilleures sources historiques et sur une centaine d'entretiens inédits avec d'anciens bourreaux comme avec des rescapés ».
C'est un livre véritablement captivant, très instructif et accessible.
Il nous permet de comprendre que la Solution finale est l'aboutissement, la conséquence de multiples décisions dont les retombées et l'ampleur ont échappé aux nazis notamment sur le plan « organisationnel ». Auschwitz n'a donc pas été conçu dès le départ comme une industrie de la mort. L'auteur nous apprend aussi que sans les initiatives de l'ensemble des nazis, même au plus bas de l'échelle, ce massacre n'aurait pu être orchestré avec une telle efficacité destructrice. Rudolf Höss, qui avait déjà l'expérience de l'organisation du camp de Dachau, lui-même, s'est montré d'une implacable et froide inventivité pour que la mécanique de cette machine infernale – littéralement de l'enfer - tue avec le meilleur rendement possible.
Laurence Ress, auteur du documentaire et livre « La séduction du diable – Adolf Hitler », dont je ne manquerai pas d'en faire la lecture, nous fait prendre conscience aussi que les nazis, de par les interdits imposés aux juifs ou les conditions dans lesquelles ils les ont placés abondaient dans le sens de leurs préjugés antisémites. Ainsi, ne pouvant posséder des terres, les juifs étaient urbains et marchands ce qui corroborait au cliché du juif avide d'argent ; en les avilissant, en les affamant et en les acculant à des actes de survie, les nazis entretenaient l'idée qu'il s'agissait de sous-hommes (en vérité moins que cela, ils étaient vus comme des bacilles, de la vermine) qui se comportaient comme des animaux, etc.
Entre autres analyses, l'auteur nous en livre une tout à la fois dérangeante et porteuse de réflexion : même s'il appartient à chacun de poser des choix et d'en être responsable, les circonstances par nature exceptionnelle peuvent pousser l'homme lambda à devenir un monstre. Cette conclusion il la tire autant des rescapés que des bourreaux. Alors, même s'il m'est inimaginable de concevoir que je pourrais être un Mengele ou un Hitler, je songe que si des conditions cataclysmiques devaient survenir et engageaient ma survie, je serais sans doute capable de choses qui en d'autres temps m'horrifieraient. Cette réflexion ne manque en tout cas pas de susciter une remise en question de sa personne. Je reste néanmoins convaincue que si par désir de protection de soi ou d'un être aimé « on » pourrait être capable – peut-être – du pire, il reste que contrairement à ces monstres, ce ne serait pas de sang-froid et pour nourrir une idéologie aux fondements abjects.

Des aspects généralement assez peu abordés figurent aussi dans ce livre remarquable, comme le « bordel » (composé d'esclaves sexuelles) et la piscine d'Auschwitz (élément qu'aiment à brandir les négationnistes) et qui montre toute la complexité de ce camp de concentration qui, parallèlement, faisait cohabiter ces incongruités avec les pires atrocités.
Vous l'aurez compris, ce livre m'a passionnée de bout en bout et je compte ne pas en rester là avec cet auteur. Je vous le conseille vivement !
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Seddouqiya
  23 décembre 2017
(9/03/2013)
Le titre est parfaitement représentatif du contenu du livre, Auschwitz, les nazis, et la solution finale.
Premièrement, l'aspect"Auschwitz" : le fonctionnement et la "vie" du camp sont décrits de façon détaillée.
Deuxièmement, l'aspect "les nazis" : les changements dans la gestion et la conception du camp en fonction de l'évolution de la politique nazie sont très bien expliqués.
Troisièmement, l'aspect "et la solution finale" : l'étude du camp d'Auschwitz est inscrite dans une observation globale et résumée de la plupart des aspects de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir les ghettos, les camps, la stratégie militaire et politique, le contexte d'émergence du fascisme et du nazisme, la fin de la guerre.
Le tout est exposé de façon claire et captivante, et est émaillé de nombreux témoignages qui rendent l'exposé encore plus intéressant.
Ce que je n'ai pas apprécié, c'est le fait que l'auteur ait toujours besoin de rappeler à quel point ce qui est décrit est terrible, atroce, ou à quel point les nazis sont inhumains, et incohérents de surcroît, à la longue ça nuit à la réflexion personelle sur les faits qu nous sont présentés, aisser le lecteur réfléchir tout seul passe aussi par la forme de l'exposé et un ouvrage historique se doit d'être le plus neutre possible, quelque soit le sujet présenté, point.
A un moment, ce manque de distance, de neutralité, est tel que l'auteur se permet de donner son appréciation sur le témoignage d'un prisonnier russe qui raconte qu'il a étouffé un prisonnier qui ne voulait pas lui rendre sa place assise. En substance ça donne :"quand même c'est grave qu'un prisonnier qui a souffert se mette lui-même à en tuer un autre". Ce n'est pas un livre sur la psychologie des prisonniers face à l'épreuve de la survie et de la détention et je pense que l'analyse de ce témoignage mérite un propos un peu plus complexe que ce jugement péremptoire ...
Bref, il faut rester dans le sujet de son livre, pour le reste il faut être neutre, l'analyse personelle ne doit transparaître que sur base d'une analyse détaillée des faits pertinents pour comprendre le sujet du livre. Cet impératif n'est pas toujours respecté dans ce bouquin.
A part ces quelques égarements qui ne nuisent pas à la substance de l'exposé, le livre permet d'avoir une approche générale de la problématique des camps de concentration via l'étude détallée du camp d'Auschwitz et une description suffisament complète du contexte historique. Bien adapté pour les lecteurs qui n'ont pas approfondi le sujet du fonctionnement "technique" des camps et de leur inscription dans la politique nazie.
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akhesa
  30 mai 2014
Une histoire ecrite avec beaucoup de precision,un temoignage datebde tout ce qui s'est deroule;de la creation du camp a la decision de faire de la solution finale ce qu'elle a entraine.
Un devoir de mémoire et de connaissance,s'adresse a tous ceux qui sont interesses par la deuxieme guerre mondiale.L'auteur ne fait pas que constater le genocide des Juifs mais le nuance avec les commentaires tires d'entrevues avec les victimes et les bourreaux
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Sidou-69
  04 juillet 2011
Un roman très dur, tellement dur que j'ai du faire plusieurs pauses pour causes de cauchemars .. Mais c'est aussi sans doute d'un des meilleurs que j'ai lu sur la Seconde Guerre Mondiale, vraiment .. Il m'a appris beaucoup de choses, j'ai adoré ! Mais je n'arrive toujours pas à comprendre la mentalité des nazis, la haine gratuite envers les juifs, c'est hallucinant ! Je ne peux pas rester calme, je ne peux pas ! Beaucoup de détails, beaucoup de dates, ce roman est très bien expliqué et bien sur, je le conseille à tout le monde !
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Heinz57
  14 juin 2011
Un livre essentiel pour comprendre mieux le pourquoi des camps de concentration et d'extermination. Ce livre nous dévoile la folie meurtrière des nazis. Pour les gens qui veulent comprendre la machine de guerre allemande, un must.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PrettyYoungCatPrettyYoungCat   07 février 2018
(...) Toivi Blatt, qui, forcé par les nazis de travailler à Sobibor, risqua sa vie pour s'évader : "Qu'avez-vous appris ? me demandent les gens. Je crois bien n'être sûr que d'une chose. On ne se connait jamais. Ce brave type, dans la rue, vous lui demandez où est North Street, et il vous accompagne un petit bout de chemin pour vous l'indiquer. Il est gentil. La même personne dans une situation différente pourrait être le pire des sadiques. On ne se connait pas. On pourrait tous être des braves gens ou des sales types suivant les situations. Parfois, quand quelqu'un est vraiment gentil avec moi, je me demande comment il se serait conduit à Sobibor."

Ce que ces survivants m'ont appris (et, si je suis franc, je l'ai également appris des bourreaux), c'est que le comportement humain est fragile et imprévisible, souvent à la merci de la situation. Naturellement, chacun garde le choix de son comportement, mais le fait est simplement que pour beaucoup la situation est un déterminant crucial.

(...) Adolf Hitler lui-même (...) est largement le résultat d'une interaction entre le Hitler de l'avant-guerre - qui était une épave - et celui de la Grande Guerre, qui fut un conflit mondial sur lequel il n'avait aucune prise. Je ne connais aucun spécialiste digne de ce nom pensant que Hitler aurait pu accéder au premier plan sans la transformation subie au cours de la guerre et l'amertume profonde qu'il conçut de la défaite de l'Allemagne. (...) "Sans Première Guerre mondiale, jamais un individu ne serait devenu le Hitler que l'histoire connait." Et alors que Hitler, bien entendu, a décidé par lui-même de son comportement (et, ce faisant, a accompli une série de choix personnels par lesquels il a parfaitement mérité l'opprobre dont il est recouvert), seule cette situation historique spécifique l'a rendu possible.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   15 février 2018
Dans ses Mémoires, Rudolf Höss souligne combien il importait que tout se déroule dans le plus grand calme pour que puisse s'accomplir un meurtre d'une telle ampleur. [le Bunker 2 avait été transformé en centre d'extermination avec la capacité de tuer près de 1 200 personnes en même temps] Mais, rapporte Höss, qu'un membre du groupe approchant des chambres à gaz parlât "d'asphyxie et d'extermination" et une sorte de panique s'empara[it] immédiatement du convoi", rendant la tuerie bien plus difficile. Dans les convois ultérieurs, on devait tenir à l'oeil les individus jugés susceptibles de créer ainsi des ennuis. Au premier signe de perturbation de l'atmosphère de docilité créée par les nazis, on éloignait discrètement les "trublions" pour les abattre avec une arme de petit calibre assez peu bruyante pour que les gens qui se trouvaient à proximité n'entendissent rien.
Il est presque impossible d'imaginer le tourment des mères qui soupçonnaient ce qui allait leur arriver au moment de marcher vers la mort avec leurs enfants alors que "les arbres fruitiers qui entouraient la maison étaient en fleurs", précise Höss. Un jour, rapporte ce dernier, une femme passa devant lui en chuchotant : "Comment pouvez-vous prendre la décision de tuer ces beaux petits enfants ? Vous n'avez donc pas de coeur ?" Une autre fois, il vit "une femme s'efforcer de faire sortir ses enfants au moment où l'on fermait les portes. Elle criait dans ses sanglots : "Au moins, sauvez la vie de mes enfants chéris !" Ces "scènes bouleversantes" ébranlaient certes un peu le commandant, mais, si l'on en croit ses Mémoires, une bonne promenade à cheval au galop ou quelques verres, et c'était oublié.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   13 février 2018
Pendant ce temps, une crise de ravitaillement s'annonçait non seulement sur le front de l'Est, mais aussi en Pologne, dans le ghetto de Lodz. En juillet 1941, le SS Rolf-Heinz Höppner écrivit à Adolf Eichmann, responsable de la section des affaires juives à l'Office central de la Sécurité du Reich : "Le danger existe, cet hiver, qu'on ne puisse plus nourrir tous les Juifs. Il faut se demander honnêtement si la solution la plus humaine ne serait pas d'achever les Juifs inaptes au travail au moyen de quelque système rapide. En tout cas, ce serait plus plaisant que de les laisser mourir de faim."'
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   22 février 2018
(...) Nombreuses ont été les horreurs et atrocités passées. Peut être est-ce ainsi que les générations futures verront Auschwitz : comme un sale épisode qui appartient au passé. Mais il ne faut pas laisser faire. Nous devons juger des comportements dans le contexte de l'époque. Et dans le contexte du milieu de XXe siècle, d'une culture européenne raffinée, Auschwitz et la "Solution finale" représentent l'acte le plus infâme de toute notre histoire. Par leur crime, les nazis ont fait comprendre au monde de quoi sont capables des êtres humains éduqués et techniquement avancés, dès lors qu'ils ont le coeur froid. C'est un savoir acquis, qu'il ne faut pas désapprendre. Le fait est là, affreux, inerte. Il appartient à chaque génération de le redécouvrir.
Il a valeur d'avertissement pour nous et pour ceux qui viendront après nous.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   19 février 2018
(...) Mengele à Auschwitz : il pouvait faire aux êtres humains ce qu'il lui plaisait. Rien ne limitait le champ ni l'étendue de ce qu'il appelait ses "expériences médicales". Rien ne contenait son pouvoir de torturer et d'assassiner afin d'assouvir sa curiosité sadique.
(...) Mais Mengele (...) avant d'arriver à Auschwitz n'avait montré aucun signe de sadisme; tous les témoignages indiquent qu'il avait combattu avec bravoure sur le front de l'Est, sauvant deux soldats d'un char en feu; auparavant, après ses études à l'université de Francfort, il avait eu une carrière médicale relativement ordinaire. Ce sont donc les circonstances d'Auschwitz qui firent surgir le Mengele que le monde devait connaitre - ce qui nous rappelle combien il est difficile de prédire qui, dans des situations exceptionnelles, deviendra un monstre.
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>Histoire de l'Europe depuis 1918>Seconde guerre mondiale: 1939-1945>Histoire sociale, politique, économique (169)
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