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EAN : 9782378340384
Éditeur : Stéphane Marsan (10/04/2019)
4.18/5   14 notes
Résumé :
« En sous-vêtements, je n'avais pas grand-chose d'un garçon, il me manquait les formes de rigueur. Lorsque je fermais les yeux, je sentais les atouts qui auraient dû être les miens : la largeur des épaules, la puissance des cuisses, le poids du membre entre mes jambes. Lorsque je les rouvrais, j'étais toujours le même, un brouillon d'homme dessiné par un enfant, informe, dénué de force, privé des attributs élémentaires d'un homme. »

Londres, 1880. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Livresque78
  28 octobre 2019
Voici un roman très original, atypique et vraiment passionnant paru aux éditions Stéphane Marsan. Cette lecture est vraiment une belle découverte, une enquête riche et complexe totalement hors norme sous le charme de l'Angleterre à l'aube du 20ème siècle.
https://livresque78.wordpress.com/2019/10/28/la-maison-aveugle-de-alex-reeve/
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verobleue
  29 juillet 2020
La maison aveugle” d' Alex Reeve , encore un achat sur une grossop, acheté au vu de bonnes critiques sur Babelio.
Le sujet en est assez inhabituel : Leo Stanhope, né Charlotte, est physiquement femme mais intimement, il se sent homme. Assez jeune, il a quitté le foyer familial pour pouvoir vivre sa vie comme il l'entend. Léo vit à Londres en 1880, loue une chambre chez un pharmacien et gagne sa vie comme assistant d'un médecin légiste.
Léo fréquente assidûment un bordel où il s'est amouraché d'une prostituée. Maria est une des seules personnes à connaître la vérité. Celle-ci se fait assassiner. D'abord accusé du meurtre, il est relâché et se transforme en détective, déterminé à retrouver le meurtrier au péril de sa vie.
Car si son identité est dévoilée, le risque d'être découvert transgenre au 19 ième sc va de l'asile psychiatrique à la pendaison.
C'est un roman policier car il y a une enquête, celle de Léo qui recherche le meurtrier de Maria. C'est un roman historique car on est à Londres, en 1880 et Léo nous promène partout dans les entrailles de cette ville, on découvre le plus beau au plus mal famé, que ce soit les gens, les quartiers, les magasins, les rues. Avec la multitude de détails dans les descriptions, on y est. C'est également un roman très noir en fait, avec avec un protagoniste à l'histoire compliquée, au métier difficile, dans un endroit sombre avec son smog habituel, ses allées encrassées et ses maisons insalubres. Sans oublier les conditions de vie difficiles des classes les plus défavorisées de la population.
A souligner, de beaux portraits de femmes : la petite Constance, Rosie la veuve, Madame Moreau l'avorteuse, Lilya la prostituée, madame Brafton l'entremetteuse qui enrichissent d'autant plus le roman.
Un livre que j'ai aimé découvrir.
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Commenter  J’apprécie          71
Aloysius3993
  11 mai 2019
« Nous avançons dans des mondes que nous nous inventons. Qui peut vraiment comprendre ce qui se passe dans la tête de l'autre ? »
Coup de coeur pour cette lecture !
Dès les premiers chapitres on a beaucoup d'éléments atypiques. Les descriptions font appel aux ressentis du lecteur et les portraits ne se limitent pas au physique des personnages. On n'a pas juste l'impression de voir défiler un décor derrière une vitre de train. C'est un décor social, on plonge dans une ville marquée par ses habitants. le personnage principal, Léo, est complexe et permet une vraie réflexion sur des thèmes forts. Dans le même schéma, les personnages secondaires ne sont pas cantonnés à quelques mots de description. Chacun permet d'évoquer, d'approfondir des éléments clés de cette fin de XIX ème siècle londonien.
Le cadre gothique est finalement la cerise sur le gâteau ! J'ai tout à fait aimé cette ambiance où brume et crachin se partagent Londres, où l'on trouve pour soigner ses ampoules de la poudre de scarabée.
Plus qu'une enquête – même si celle-ci est très bien menée – c'est une réflexion sur le statut de Léo et ses ressentis qui nous est proposée dans ce récit. Léo est un homme dans un corps de femme. Et même si le lecteur peut se poser des questions au début en se demandant si ce n'est pas plutôt une attirance vers les femmes, l'auteur nous montre rapidement que c'est tout son statut qu'il convient d'exprimer avec le pronom « il ». Les quelques flashbacks permettent de se rendre compte que les gestes efféminés de Léo sont dus à un « endoctrinement à être une femme » propre au XIX ème siècle. Un texte très actuel, si je puis dire, qui permet d'insister sur la différence entre le sexe et le genre. le cas de Léo, particulier, donne raison à cette diversité.
Léo est vraiment un personnage dont on se rappelle après a lecture. Il évolue à travers l'histoire, se transforme au fil du texte en bravant les coups physiques et psychiques. Il nous révèle finalement le secret du verbe Aimer grâce à Maria, celle qu'il n'a plus, qu'il n'a peut-être jamais eu mais dont il a accepté les particularités.
Un roman que j'ai donc beaucoup aimé ! Il fait parti de la collection Stéphane Marsan des éditions Bragelonne. Une collection qui donne un souffle d'air frais avec des parutions atypiques. J'ai encore « Demain » de Damian Dibben qui me fait très envie dans ma PAL !
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Sofiert
  15 septembre 2020
Enfin un personnage transgenre dans un roman policier qui soit un héros positif et qui mène l'enquête ! Et un regard intelligent porté sur ce personnage de Leo, confronté à ce corps qui ne lui ressemble pas et qu'il doit cacher. Car, au XIXe S, on risquait l'internement ou même la vie si l'on était découvert.
Leo, née Charlotte dans une famille bourgeoise, a quitté sa famille à 15 ans pour vivre son identité. Il tombe amoureux fou d'une jeune prostituée qui est assassinée et va mener l'enquête pour découvrir le meurtrier. Comme l'auteur a choisi le polar victorien, le lecteur se retrouve plongé dans les bas fonds de Londres, avec son lot de misère
sociale, de dockers ivres, de prostituées et d'avorteuses. Les amateurs y retrouvent avec plaisir tous les stéréotypes qui font le genre, brouillard compris.
Et même si, ni le décor, ni l'intrigue n'apportent de renouveau au genre, le choix d'un personnage transgenre est particulièrement intéressant.
Commenter  J’apprécie          40
Lalitote
  26 avril 2019
Un magnifique roman avec une atmosphère victorienne très bien rendue, qui nous enveloppe et nous captive du début à la fin. le personnage principal de Leo Stanhope, né femme dans un corps d'homme travaille comme assistant à la morgue de l'hôpital de Londres jusqu'au jour où son monde va être chamboulé. J'ai adoré ce personnage complètement atypique avec une profondeur psychologique hors du commun. Il faut dire que Leo sera au centre d'une brillante intrigue reprenant des thèmes comme la misogynie, la transphobie, le rejet, les faiseuses d'anges, la toxicomanie… tout cela sous l'ère victorienne. Il faut dire que c'est la première fois que je suis face à un personnage transgenre dans un roman policier historique. Attendez-vous à rencontrer de nombreuses situations inédites, des retournements surprenants et un côté gothique à la Dickens. Il y a un côté sombre dans ce roman avec des moments durs et cruels qui lui donne une dimension supplémentaire. J'ai trouvé que le sujet de l'identité de Léo était abordé avec subtilité et j'ai apprécié qu'il soit ainsi mis en lumière dans ce roman. Les personnages secondaires forment une galerie de femmes incroyablement fortes et complexes. Qu'il s'agisse de la petite Constance, de Rosie, de Lilya, de madame Brafton, madame Moreau et d'autres encore sont venues étoffer le roman par leur présence précieuse. le seul bémol est venu avec les monologues internes de Leo lorsqu'il tente de comprendre ce qu'il se passe en ruminant les informations, c'était un peu rébarbatif. le coeur de l'intrigue est intelligemment construit et même si j'ai pu avoir mes propres révélations, j'ai pris un intense plaisir à voir les dernières pièces du puzzle se mettre en place. Bravo à l'auteur pour la création d'un tel personnage, j'ai très envie de retrouver Leo dans d'autres aventures. Bonne lecture.

Lien : http://latelierdelitote.cana..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   07 novembre 2019
— Tu as déjà eu envie de t’enfuir, Leo ? Je veux dire, pour de bon ?

— Oui, ça m’a souvent traversé l’esprit. Pourquoi cette question ?

— La première fois, c’était quand ?

— La première fois… En fait, c’était prématuré. J’ai échoué.

Mes doigts me démangeaient. Je sentais presque le tissu raide de la veste et du pantalon de mon frère dans la penderie.

— Qu’est-il arrivé ? Raconte-moi.

— J’avais douze ans. Maman avait emmené Oliver et Jane à déjeuner. J’étais enfermé à la maison pour je ne sais quelle raison, obligé d’écrire le sermon de mon père sous sa dictée. Quand il eut fini, il est sorti dans le jardin pour s’entraîner à le réciter et je me suis retrouvé seul dans le presbytère.

J’hésitai. Il y avait des choses que je n’aimais pas révéler, même à elle.

Ce jour-là, mon père était dehors, prêchant de sa voix puissante de baryton, exhortant les pies et les grives à expier leurs péchés. J’étais seul dans la maison. J’avais juste envie de faire semblant pour un instant, de me déguiser en quelque sorte. Je savais que c’était mal, mais c’était plus fort que moi.

Je fis glisser une des chemises d’Oliver de son cintre et l’enfilai par-dessus mes vêtements. Elle était trop grande pour moi, informe. Sans réfléchir, je me débarrassai ensuite de mes jupons et enfilai un...
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mimo26mimo26   07 novembre 2019
— Pourquoi aimes-tu mon corps et pas le tien ?

Je l’attirai délicatement vers moi.

— Parce que ton corps est parfait.

— Non, sérieusement, pourquoi ?

Je baissai les yeux vers mon anatomie, ce que je faisais rarement. Mon corps était trop maigre et anguleux pour être celui d’une femme – je m’affamais pour éviter l’apparition de toute courbe féminine. Mais ce n’était pas un corps d’homme pour autant. Alors, qu’était-ce ? Un objet détaché de moi, supposais-je, un contenant pour mon âme et mon esprit, nécessitant entretien et nourriture, mais dénué de valeur particulière. Je n’imaginais pas que quelqu’un puisse l’aimer.

— Ce n’est pas moi, dis-je. Ce n’est pas ainsi que j’aurais dû être.

Elle prit mon visage entre ses mains et me regarda dans les yeux.

— Leo, je te…

Elle s’interrompit, réfléchit, puis m’embrassa très tendrement.

— Je te souhaite le meilleur.

J’eus la nette impression que ce n’était pas ce qu’elle avait commencé à dire.
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SofiertSofiert   15 septembre 2020
Cela me prenait toujours par surprise, comme si en faisant le choix de ne pas anticiper la chose, j'aurais pu passer à travers les mailles du filet. Pourtant cela survenait toujours. Pour une raison à jamais incompréhensible, le Seigneur m'avait placé dans un corps de femme, aussi étais-je exposé aux déboires feminins. Peut être était-ce l'idée que le créateur se faisait de la farce, mais comme toute plaisanterie, celle-ci devenait lassante à force d'être répétée.
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SofiertSofiert   15 septembre 2020
J'étais un homme parce que sous ma peau battait le cœur d'un homme. Rien de plus, rien de moins. Parfois , je rêvais de m'endormir le soir et de me réveiller le matin tel que la nature aurait dû me créer. Si ce miracle venait à se produire, rien ne changerait et tout changerait. J'aurais le même logement, la même vie, le même amour pour Maria mais je serais entier. Je serais moi, tout simplement.
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Saraw18Saraw18   13 juin 2020
Un ami, ça vaut de l'or, mais vous ne pouvez pas le faire fondre pour le couler dans un autre moule. Il est comme il est.
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