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EAN : 9782234079793
344 pages
Stock (24/08/2016)
3.74/5   113 notes
Résumé :
« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. »

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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horline
  19 décembre 2019
Tout commence sur ces «terres maudites, où son épouse l'avait forcé à s'installer» et tout s'achève quelques années plus tard, au même endroit. Entre temps, le monde a basculé pour Roscoe.
Il y a la prison de Kilby dont la violence pourrait le briser, et ce même si elle s'enorgueillit d'être l'une des prisons les plus modernes des États-Unis. Il y a la mélancolie et la culpabilité qui pourraient le dévorer à petit feu pour avoir entraîné dans sa chute son fidèle compagnon, un homme de couleur dont on ne donne pas cher de sa peau dans cet Alabama des années vingt. Enfin, il y a la faille immense qui le sépare de sa femme et le ressentiment qui pourrait les y précipiter.
Un travail comme un autre a tout du roman noir et désenchanté, mais il n'est pas totalement dénué d'espoir.
Peut-être parce que Virginia Reeves reprend les codes de la littérature du Sud américain, on retrouve dans ce récit : des vies cabossées, des rêves brisés ou laissés en chemin, des hommes mis à rude épreuve ; mais aussi une certaine mystique de l'existence régénératrice qui donne profondeur et douceur à l'histoire. C'est toujours captivant de suivre la mue d'un homme alors que le monde ne lui donne guère de raison d'espérer.
Ce premier roman est séduisant, non seulement parce qu'il s'inscrit dans «un courant littéraire» (si on peut l'appeler ainsi) que j'apprécie, mais aussi parce qu'il obéit à une construction habile qui isole chacun des époux dans leur narration et fait télescoper passé et présent pour donner du relief à l'histoire.
Malgré la brutalité qui irrigue le récit, j'ai également aimé l'idée plus évanescente selon laquelle on peut être prisonnier de murs autres que ceux d'une prison...
Tout comme j'ai goûté la langue cicatricielle de l'auteure qui permet à Roscoe de se confronter au noyau nu de l'existence pour éventuellement saisir le sens des choses... est-ce qu'il saisira pour autant l'occasion de rechercher une sérénité à laquelle on n'accède qu'en faisant la paix avec ses rêves et blessures d'enfant ?
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Jeanfrancoislemoine
  29 mai 2018
Attention...Si vous êtes fatigué, un peu déprimé ,submergé par les soucis,passez votre chemin et remettez à plus tard la lecture de ce roman.Par contre,si tout va bien,laissez vous tenter,vous allez faire une belle découverte, un premier roman d'excellente facture.
Nous voici transportés en Alabama dans les années 1920 et nous faisons la connaissance de Marie,Roscoe et leur fils Gerald.On sent bien que le bonheur a quitté Marie et Roscoe mais on ignore que la situation va encore se dégrader entre eux. Et puis,il y a Wilson et Moa....et puis...
On découvre la vie quotidienne dans les prisons de l'état à cette époque, la violence,les activités ,la chasse aux fugitifs,les chiens,les relations avec la hiérarchie ,le cynisme du système. Au debut,les noirs n'y sont pas,délégués par l'état dans les sociétés minières de la région où leur sort n'intéresse personne, où leur mort passe inaperçue aux yeux mêmes de leur famille qui ignore tout ,n'a plus espoir de les revoir....Terrible.
Entre Marie et Roscoe ,le maître mot sera CULPABILTE....Jamais un geste de tendresse,des accusations,de la rancoeur,de la haine peut être. ..Aucun moment de sourire,aucune situation cocasse ou simplement amusante,non,que de la souffrance physique et morale....
Je vous aurai prévenus. ....Prévoyez une lecture plus sympa pour "après "car je vous le dis aussi,,ce livre,vous le lirez,il est fort,puissant,dur maisil vaut vraiment notre attention.
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Allantvers
  20 septembre 2016
Cela aurait du être un travail comme un autre, ce métier d'électricien que Roscoe aimait par-dessus tout. Aussi passe-t-il par-dessus les voeux de sa femme qui veut faire de lui le fermier de l'exploitation familiale, et, un peu, par-delà la loi pour amener l'électricité jusqu'à sa ferme encore hors du monde dans ce fin fonds de l'Alabama des années 20. Ce choix aura des conséquences dramatiques, dont Roscoe ne finira jamais de payer le prix.
Décidément la moisson de jeunes auteurs découverts grâce au festival America est particulièrement riche cette année !
« Un travail comme un autre » est un très beau premier roman, dur et profond, à l'écriture tactile et onirique, qui explore jusqu'au fond de l'âme et des souffrances de ce pauvre Roscoe les thèmes de la culpabilité, du sens de ses actes et de l'absence désespérante de liberté dans ce bas monde, surtout quand on est en bas de l'échelle, pauvre, noir, prisonnier, et plus encore dans le Sud des Etats-Unis du début du dernier siècle.
Il est douloureux de voir se déliter au fil des pages, comme une ampoule qui s'éteint inexorablement, l'énergie première de Roscoe, accablé par sa femme, brisé par ses geoliers, énergie que ceux qui finiront par lui pardonner ne parviendront pas à raviver, laissant Roscoe errer sans fin sur le chemin d'une rédemption impossible.
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Zakuro
  31 octobre 2016
Les grandes étendues de l'ouest américain notamment célébrées par le photographe Robert Adams m'ont toujours fascinée.
Je retrouve dans le roman de Virginia Reeves la même ferveur à raconter son pays, et ceux qui y vivent.
L'auteure le fait ici de manière tout à fait originale, par le petit trou de la serrure d'une prison qui a réellement existé, la prison de Kilby.
Nous sommes en Alabama, dans les années 20, les hommes travaillent à la mine ou à la ferme. Roscoe lui, n'a qu'une passion, lire les livres de Faraday sur ce courant invisible qui fait battre son coeur : l'électricité.
Il veut en faire son métier.
Pourtant, ce courant électrique à la fois dangereux et fasicnant lui fera éteindre sa liberté pour plusieurs années à la prison de Kilby que l'on découvre grâce aux recherches de l'auteure dans les archives de son pays.
Une prison qui se voulait être un lieu de réadaptation éducatif et social à une époque où l'on rattrappait les fugitifs avec les chiens en laisse autour du cou du poursuivant.
J'ai vraiment adoré ce roman qui a reçu cette année le prix Festival América. Il est réaliste et tout en finesse psycholoqique qui fait que je me suis attachée à Roscoe pour son talent et sa vision avant-gardiste du progrès technoloqique (mais aussi ses revers diaboliques avec la terrible Yellow Mama) et detesté l'atttitude de Mary qui est en fait une défensive pour elle et son fils.
Ce livre parle également d'une réalité très dure à entendre dans laquelle les hommes de couleur sont vendus à des propriétaires privés pour travailler à la mine comme forçats. Il dit aussi les réticences et les frayeurs devant les avancées technoloqiques, où beaucoup voit encore en Roscoe, un apprenti sorcier, un illuminé à qui l'on défend de toucher l'électricité.
Heureusement, il reste Maggie, un personnage fidèle à Roscoe qui va l'aider à vivre et survivre à la prison.
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LiliGalipette
  07 juin 2016
Roscoe T Martin n'a jamais voulu être fermier. Pourtant, quand son épouse, Marie, a hérité de la ferme paternelle, il l'a suivie. Mais Roscoe est passionné par l'électricité et c'est avec regret qu'il a abandonné son emploi chez Alabama Power. « On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c'était le charbon, pour Marie, c'est la ferme, pour moi, un puissant courant électrique. » (p. 67) Il a alors l'idée de tirer illégalement une ligne jusqu'à la ferme pour faciliter le travail et augmenter le rendement. Hélas, un employé d'Alabama Power trouve la mort en examinant son transformateur clandestin. Roscoe est reconnu coupable et écope de vingt ans dans un pénitencier d'État. Son ami Wilson, un noir qui vivait et travaillait avec lui à la ferme, est envoyé dans les mines. En 1920, en Alabama, la détention d'un homme de couleur avait des relents d'esclavage. Pendant des années, Roscoe purge sa peine en enchaînant des emplois plus ou moins plaisants en prison : affecté à la laiterie, puis à la bibliothèque, il finit sa peine dans le chenil, à entraîner les chiens lancés aux trousses des fugitifs. À la ferme, Marie est écrasée par les dettes et la honte : à cause de son époux, un homme est mort et leur ami souffre dans les mines. « Je te voyais passer ton temps en prison et ça aussi ça me met en colère, contre toi, parce que tu t'es infligé ça, parce que tu nous as abandonnés. » (p. 324 & 325) Marie ne rend jamais visite à Roscoe et ne répond pas à ses lettres. Et elle fait tout pour éloigner Gerald, leur fils, de ce père criminel. « Je vais lui écrire, et je lui dirai que c'est à cause de toi que je n'ai pas écrit plus tôt. Et tu vas me laisser lire ses lettres. » (p. 224) Quand Roscoe sort de prison grâce à une libération anticipée, il a encore l'espoir de retrouver sa famille, mais que reste-t-il pour lui, dans cette ferme qu'il n'a jamais aimée ?
Avec ce premier texte, Virginia Reeves propose un roman américain âpre et puissant dont le style rappelle celui de Jim Harrison ou des autres auteurs du grand Ouest. Sous la chaleur accablante de l'Alabama, l'électricité met le feu aux poudres. Pour Marie, on est loin de la Fée bleue qui apporte confort et facilité dans les ménages. « Elle ne se fiait à personne qui touchât de près ou de loin à l'électricité. Toute cette entreprise était visqueuse, malhonnête, changeante. le courant était là, puis il n'y était plus. » (p. 194) Ce roman propose le portrait indulgent et émouvant d'un homme dont le crime est d'avoir passionnément aimé son métier et voulu aider sa famille. J'espère que Virginia Reeves continuera d'écrire : son premier roman est une vraie réussite !
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critiques presse (1)
Actualitte   01 mars 2017
Un compte rendu parfois minutieux de la vie dans une prison d’Etat dans ces années-là, avec son cortège d’injustices, de lâchetés, de violence qui, pas plus que le racisme.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   28 mai 2018
J'ai vu beaucoup d'hommes cacher qu'ils étaient analphabètes. La mémoire peut permettre de faire illusion.Les gens sont capables de repérer la physionomie d'un mot même si les lettres n'ont aucun sens pour eux,comme Gerald avec ses premiers livres.Au début, il récitait par coeur les mots que sa mère lui avait lus.Il les associait aux images.Il ne lisait pas.Il avait tout mémorisé .Certains n'ont jamais dépassé ce stade,et par la suite,ils trouvent des moyens pour que d'autres effectuent le travail à leur place,comme Taylor.Il peut envoyer quelqu'un à la bibliothèque chercher des informations pour lui,du moment qu'il persuade les autres qu'il n'a pas le temps de s'en charger lui -même .
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ZakuroZakuro   12 septembre 2016
Je comprends enfin pourquoi il trouvait tant de réconfort dans ces veine de charbon. Elles étaient tangibles, de même que les chariots, et les mules, et les hommes. On pouvait les toucher, les déplacer, pas comme ce courant qui se déploie dans les câbles et que j'admire tant. Son charbon était pareil au maïs dans les champs, aux vaches à l'étable, aux chiens dans le chenil : des choses concrètes qu'on peut sentir avec ses mains, voir avec ses yeux, humer, entendre, goûter. Il y a de la satisfaction dans cette matérialité.
J'aimerais pouvoir lui dire que je comprends.
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AllantversAllantvers   19 septembre 2016
Tasser, pelleter, planter. Le travail se mesure en temps autant qu'en salaire. je ne sais pas très bien combien il faut courir d'heures pour égaler le prix de la main d'un homme, de son poignet, de son avant-bras, de son coude. Combien de livres à ranger en échange d'un doigt? Combien il faut remplir de seaux de lait? Combien d'épouses et d'enfants?
Je ne sais toujours pas précisément combien je dois.
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BazartBazart   12 juin 2017
On est en 1925, ça devrait signifier quelque chose, ce quart du siècle déjà passé. Il y a plus de trois ans que je suis ici, et ça aussi, ça devrait signifier quelque chose. Je viens d’avoir trente-trois ans, et ma vie se divise en deux, les années à Kilby, et celles d’avant Kilby. J’espère qu’il y en aura d’autres après, mais je préfère ne pas trop y croire. Quand l’espoir est déçu, c’est encore plus dur.
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StockardStockard   13 octobre 2018
Je pense à mon père, qui nous a toujours dit qu'on n'était pas des paysans. Qu'on possédait une maison respectable avec du terrain. Mon père établissait une distinction très claire. "Ce n'est pas une ferme. On a une maison respectable sur un bout de terrain."
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Videos de Virginia Reeves (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Reeves
Alex W Inker a adapté le recit de Virginia Reeves, l'histoire d'un voleur d'électricité pendant la Grande dépression aux Etats-Unis. Il explique ici comment il s'y est pris pour le dessiner. Plus d'informations sur la BD parue chez Sarbacane : https://www.franceinter.fr/culture/bande-dessinee-un-travail-comme-un-autre-par-alex-w-inker-la-grande-depression-a-travers-un-loser-eclaire Plus de "Comment j'ai dessiné" : https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMLSUzMpmqwuKcJNbTeC5GhD et https://www.franceinter.fr/emissions/la-lecon-de-dessin Plus de bande dessinée sur le sire de France Inter : https://www.franceinter.fr/theme/bande-dessinee
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