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ISBN : 2234079799
Éditeur : Stock (24/08/2016)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 90 notes)
Résumé :
« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. »

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
horline
  19 décembre 2019
Tout commence sur ces «terres maudites, où son épouse l'avait forcé à s'installer» et tout s'achève quelques années plus tard, au même endroit. Entre temps, le monde a basculé pour Roscoe.
Il y a la prison de Kilby dont la violence pourrait le briser, et ce même si elle s'enorgueillit d'être l'une des prisons les plus modernes des États-Unis. Il y a la mélancolie et la culpabilité qui pourraient le dévorer à petit feu pour avoir entraîné dans sa chute son fidèle compagnon, un homme de couleur dont on ne donne pas cher de sa peau dans cet Alabama des années vingt. Enfin, il y a la faille immense qui le sépare de sa femme et le ressentiment qui pourrait les y précipiter.
Un travail comme un autre a tout du roman noir et désenchanté, mais il n'est pas totalement dénué d'espoir.
Peut-être parce que Virginia Reeves reprend les codes de la littérature du Sud américain, on retrouve dans ce récit : des vies cabossées, des rêves brisés ou laissés en chemin, des hommes mis à rude épreuve ; mais aussi une certaine mystique de l'existence régénératrice qui donne profondeur et douceur à l'histoire. C'est toujours captivant de suivre la mue d'un homme alors que le monde ne lui donne guère de raison d'espérer.
Ce premier roman est séduisant, non seulement parce qu'il s'inscrit dans «un courant littéraire» (si on peut l'appeler ainsi) que j'apprécie, mais aussi parce qu'il obéit à une construction habile qui isole chacun des époux dans leur narration et fait télescoper passé et présent pour donner du relief à l'histoire.
Malgré la brutalité qui irrigue le récit, j'ai également aimé l'idée plus évanescente selon laquelle on peut être prisonnier de murs autres que ceux d'une prison...
Tout comme j'ai goûté la langue cicatricielle de l'auteure qui permet à Roscoe de se confronter au noyau nu de l'existence pour éventuellement saisir le sens des choses... est-ce qu'il saisira pour autant l'occasion de rechercher une sérénité à laquelle on n'accède qu'en faisant la paix avec ses rêves et blessures d'enfant ?
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Jeanfrancoislemoine
  29 mai 2018
Attention...Si vous êtes fatigué, un peu déprimé ,submergé par les soucis,passez votre chemin et remettez à plus tard la lecture de ce roman.Par contre,si tout va bien,laissez vous tenter,vous allez faire une belle découverte, un premier roman d'excellente facture.
Nous voici transportés en Alabama dans les années 1920 et nous faisons la connaissance de Marie,Roscoe et leur fils Gerald.On sent bien que le bonheur a quitté Marie et Roscoe mais on ignore que la situation va encore se dégrader entre eux. Et puis,il y a Wilson et Moa....et puis...
On découvre la vie quotidienne dans les prisons de l'état à cette époque, la violence,les activités ,la chasse aux fugitifs,les chiens,les relations avec la hiérarchie ,le cynisme du système. Au debut,les noirs n'y sont pas,délégués par l'état dans les sociétés minières de la région où leur sort n'intéresse personne, où leur mort passe inaperçue aux yeux mêmes de leur famille qui ignore tout ,n'a plus espoir de les revoir....Terrible.
Entre Marie et Roscoe ,le maître mot sera CULPABILTE....Jamais un geste de tendresse,des accusations,de la rancoeur,de la haine peut être. ..Aucun moment de sourire,aucune situation cocasse ou simplement amusante,non,que de la souffrance physique et morale....
Je vous aurai prévenus. ....Prévoyez une lecture plus sympa pour "après "car je vous le dis aussi,,ce livre,vous le lirez,il est fort,puissant,dur maisil vaut vraiment notre attention.
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Allantvers
  20 septembre 2016
Cela aurait du être un travail comme un autre, ce métier d'électricien que Roscoe aimait par-dessus tout. Aussi passe-t-il par-dessus les voeux de sa femme qui veut faire de lui le fermier de l'exploitation familiale, et, un peu, par-delà la loi pour amener l'électricité jusqu'à sa ferme encore hors du monde dans ce fin fonds de l'Alabama des années 20. Ce choix aura des conséquences dramatiques, dont Roscoe ne finira jamais de payer le prix.
Décidément la moisson de jeunes auteurs découverts grâce au festival America est particulièrement riche cette année !
« Un travail comme un autre » est un très beau premier roman, dur et profond, à l'écriture tactile et onirique, qui explore jusqu'au fond de l'âme et des souffrances de ce pauvre Roscoe les thèmes de la culpabilité, du sens de ses actes et de l'absence désespérante de liberté dans ce bas monde, surtout quand on est en bas de l'échelle, pauvre, noir, prisonnier, et plus encore dans le Sud des Etats-Unis du début du dernier siècle.
Il est douloureux de voir se déliter au fil des pages, comme une ampoule qui s'éteint inexorablement, l'énergie première de Roscoe, accablé par sa femme, brisé par ses geoliers, énergie que ceux qui finiront par lui pardonner ne parviendront pas à raviver, laissant Roscoe errer sans fin sur le chemin d'une rédemption impossible.
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Zakuro
  31 octobre 2016
Les grandes étendues de l'ouest américain notamment célébrées par le photographe Robert Adams m'ont toujours fascinée.
Je retrouve dans le roman de Virginia Reeves la même ferveur à raconter son pays, et ceux qui y vivent.
L'auteure le fait ici de manière tout à fait originale, par le petit trou de la serrure d'une prison qui a réellement existé, la prison de Kilby.
Nous sommes en Alabama, dans les années 20, les hommes travaillent à la mine ou à la ferme. Roscoe lui, n'a qu'une passion, lire les livres de Faraday sur ce courant invisible qui fait battre son coeur : l'électricité.
Il veut en faire son métier.
Pourtant, ce courant électrique à la fois dangereux et fasicnant lui fera éteindre sa liberté pour plusieurs années à la prison de Kilby que l'on découvre grâce aux recherches de l'auteure dans les archives de son pays.
Une prison qui se voulait être un lieu de réadaptation éducatif et social à une époque où l'on rattrappait les fugitifs avec les chiens en laisse autour du cou du poursuivant.
J'ai vraiment adoré ce roman qui a reçu cette année le prix Festival América. Il est réaliste et tout en finesse psycholoqique qui fait que je me suis attachée à Roscoe pour son talent et sa vision avant-gardiste du progrès technoloqique (mais aussi ses revers diaboliques avec la terrible Yellow Mama) et detesté l'atttitude de Mary qui est en fait une défensive pour elle et son fils.
Ce livre parle également d'une réalité très dure à entendre dans laquelle les hommes de couleur sont vendus à des propriétaires privés pour travailler à la mine comme forçats. Il dit aussi les réticences et les frayeurs devant les avancées technoloqiques, où beaucoup voit encore en Roscoe, un apprenti sorcier, un illuminé à qui l'on défend de toucher l'électricité.
Heureusement, il reste Maggie, un personnage fidèle à Roscoe qui va l'aider à vivre et survivre à la prison.
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nadiouchka
  09 décembre 2016
Encore un roman acquis et dédicacé au cours du dernier Festival America 2016.
L'auteure, Virginia Reeves, avec UN TRAVAIL COMME UN AUTRE, a choisi comme héros, Roscoe fasciné par l'électricité. Il travaille dans sa ferme, en Alabama, avec sa femme Marie qui en a hérité de son père et il voudrait y amener l'électricité (sa passion) car les moyens pour le faire ne se trouvent pas très loin. Mais il le fera illégalement pour ne plus attendre des autorisations qui sont trop longues à arriver.
Il va tenter le tout pour le tout car son couple ne va plus très bien compte-tenu des difficultés de son exploitation, et, avec l'aide de Wilson, un employé, il va s'occuper du raccordement, en cachant toutefois à sa femme la façon dont il s'y est pris. Pour lui c'est un travail comme un autre (page 283).
Tout recommence à aller mieux (la ferme, son couple…) mais au bout de trois ans, arrive la mort par électrocution d'un employé venu effectuer un contrôle.
A partir de là, condamnation de Roscoe (ainsi que de Wilson) et vont suivre des années de prison au cours desquelles ils devront subir les pires humiliations alors qu'il aurait suffi d'une simple amende aussi élevée soit-elle.
Et pas une fois il ne recevra de lettres de Marie ni de son fils Gerald. Cette situation le ronge atrocement. de plus, lorsqu'il sort enfin de prison, une grande désillusion l'attend.
Mieux vaut ne pas en dire plus (d'ailleurs je me sens un peu lésée), car c'est un roman très dense, dans lequel TOUT est bien décrit. le personnage de Roscoe est très attachant et l'univers impitoyable de la prison, le racisme qui y règne, les pires traitements infligés, nous prennent à la gorge. Il paraît incroyable d'imaginer ce que peuvent subir des hommes à d'autres hommes.
Surtout que ceux-ci n'ont tout de même pas commis de meurtres, simplement un détournement de quelques kilowatts…
Encore un beau premier roman plein de sensibilité et de justesse, écrit par cette auteure pleine de talent qu'est Virginia Reeves.
Dans ses Remerciements, elle reconnaît l'aide apportée par Kevin Powers (dont j'avais critiqué le premier roman : Yellow Birds).
Avec les quelques indications que j'ai données, si je suis arrivée à faire passer le courant avec les lecteurs qui ne connaissent pas encore ce livre (pardon pour le jeu de mots mais il me titillait), ils ne seront pas déçus et découvriront un livre très passionnant tout au long de ses lignes (et encore un petit jeu de mots).
D'ailleurs, il a obtenu le Prix Page/America 2016 (bien mérité) et ce n'est qu'une bonne référence de plus pour cet ouvrage dont la trame dramatique est si prenante.
Je n'ai pas pu m'empêcher de relever une critique de Fiona McFarlane : L'univers de ce roman exquis – les années 1920 en Alabama – ne m'a pas quittée depuis que je l'ai refermé. C'est magnifique, douloureux, original et si juste dans ses moindres détails. Touffu, plein de terreur et de beauté.
Vous voyez, c'est un peu ce que j'ai essayé de dire et il ne reste plus qu'à découvrir cet ouvrage.
Au fait, il y a tout de même une petite note de tendresse avec la petite chienne Maggie qui le suit à sa sortie de prison et ne le quitte plus.
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critiques presse (1)
Actualitte   01 mars 2017
Un compte rendu parfois minutieux de la vie dans une prison d’Etat dans ces années-là, avec son cortège d’injustices, de lâchetés, de violence qui, pas plus que le racisme.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   28 mai 2018
J'ai vu beaucoup d'hommes cacher qu'ils étaient analphabètes. La mémoire peut permettre de faire illusion.Les gens sont capables de repérer la physionomie d'un mot même si les lettres n'ont aucun sens pour eux,comme Gerald avec ses premiers livres.Au début, il récitait par coeur les mots que sa mère lui avait lus.Il les associait aux images.Il ne lisait pas.Il avait tout mémorisé .Certains n'ont jamais dépassé ce stade,et par la suite,ils trouvent des moyens pour que d'autres effectuent le travail à leur place,comme Taylor.Il peut envoyer quelqu'un à la bibliothèque chercher des informations pour lui,du moment qu'il persuade les autres qu'il n'a pas le temps de s'en charger lui -même .
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ZakuroZakuro   12 septembre 2016
Je comprends enfin pourquoi il trouvait tant de réconfort dans ces veine de charbon. Elles étaient tangibles, de même que les chariots, et les mules, et les hommes. On pouvait les toucher, les déplacer, pas comme ce courant qui se déploie dans les câbles et que j'admire tant. Son charbon était pareil au maïs dans les champs, aux vaches à l'étable, aux chiens dans le chenil : des choses concrètes qu'on peut sentir avec ses mains, voir avec ses yeux, humer, entendre, goûter. Il y a de la satisfaction dans cette matérialité.
J'aimerais pouvoir lui dire que je comprends.
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AllantversAllantvers   19 septembre 2016
Tasser, pelleter, planter. Le travail se mesure en temps autant qu'en salaire. je ne sais pas très bien combien il faut courir d'heures pour égaler le prix de la main d'un homme, de son poignet, de son avant-bras, de son coude. Combien de livres à ranger en échange d'un doigt? Combien il faut remplir de seaux de lait? Combien d'épouses et d'enfants?
Je ne sais toujours pas précisément combien je dois.
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BazartBazart   12 juin 2017
On est en 1925, ça devrait signifier quelque chose, ce quart du siècle déjà passé. Il y a plus de trois ans que je suis ici, et ça aussi, ça devrait signifier quelque chose. Je viens d’avoir trente-trois ans, et ma vie se divise en deux, les années à Kilby, et celles d’avant Kilby. J’espère qu’il y en aura d’autres après, mais je préfère ne pas trop y croire. Quand l’espoir est déçu, c’est encore plus dur.
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StockardStockard   13 octobre 2018
Je pense à mon père, qui nous a toujours dit qu'on n'était pas des paysans. Qu'on possédait une maison respectable avec du terrain. Mon père établissait une distinction très claire. "Ce n'est pas une ferme. On a une maison respectable sur un bout de terrain."
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Video de Virginia Reeves (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Reeves
Virginia Reeves - Un travail comme un autre .À l'occasion de la 8ème édition du festival America, le festival de littératures et cultures d'Amérique du Nord, Virginia Reeves vous présente son ouvrage "Un travail comme un autre" aux éditions Stock et traduit en français par Carine Chichereau. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/12762/virginia-reeves-un-travail-comme-un-autre Notes de Musique : "TENNESEE HAYRIDE" by Jason Shaw - Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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