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Pierre Kamnitzer (Traducteur)
EAN : 9782228323604
Éditeur : Payot et Rivages (30/11/-1)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Cette étude sur l'irruption de la morale sexuelle compulsive dans la société fut écrite en 1931. Elle précédait donc La Psychologie de masse du fascisme et La Révolution sexuelle : c'était la première étape des efforts de Wilhelm Reich (1897-1957) pour tenter de résoudre le problème des névroses de masse. Partant de l'examen de la question cruciale des origines de la répression sexuelle, cette tentative d'explication historique des troubles et des névroses d'ordre s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  25 mars 2020
La morale sexuelle, parfois ça repose, mais là n'est pas le problème. le problème, nous dirait Reich, est POLITIQUE. Il faut dire qu'il a publié ce bouquin en Allemagne en 1931. La politique n'a cessé d'exister réellement qu'à partir des années 80.

Reich base toute son interprétation sur la lecture d'un bouquin de Malinowski, Sex in savage society. Malinowski s'est livré à une étude de la société primitive des Trobiandais. Il a eu du bol : il est arrivé pile au moment, dit-il, de la transition de la société d'un fondement matriarcal à un fondement patriarcal. Quelle veine. Il observa concomitamment le passage d'une morale prosexuelle à une morale sexuelle rigide (c'est le cas de le dire) et inhibitrice par l'instauration d'une dot lors du mariage. Ce menu présent que les familles offraient pour se débarrasser de leur fille aurait conduit à la suprématie de quelques grosses familles dominées par une figure paternelle avide de conserver ses privilèges et interdisant la reproduction de tous avec n'importe qui et n'importe quoi.

« Les intérêts des individus [des sociétés primitives] se signalaient par leur orientation essentiellement génitale et la satisfaction des besoins ; les besoins matériels étaient peu nombreux. Or, l'intérêt de la possession et la cupidité augmentèrent à mesure que furent réprimés les intérêts génitaux. Dans une phase déterminée de l'histoire de l'homme, certaines conditions de vie (d'abord la réunion des hordes primitives, puis la pression excessive des contributions dotales) déclenchèrent le mécanisme de la frustration et du refoulement sexuels, réveillant ainsi l'intérêt psychologique pour un certain genre d'évolution économique, à savoir l'économie privée. »

A mesure que la société se consacrait au culte du flouze, elle en oubliait la partouze. A notre niveau (dans les sociétés moins primitives voulait-on sans doute dire), ce processus se déploie « depuis la démocratie du travail jusqu'à l'état capitaliste en suivant la ligne de développement des moyens de production, de l'expansion et de l'accroissement de la production et des besoins humains, pour aboutir, en fin de compte, à la production entre les mains d'une couche sociale privilégiée ». Pas bien le patriarcat, bouh. Bien mieux le matriarcat qui permet la satisfaction génitale par tous les trous.

Reich, craignant de passer pour ce qu'il est (un obsédé sexuel banal), dévoue son discours à pourfendre le système politique et économique dit patriarcal, ceci afin de le détester encore plus. Ce qui ne semble pas analysé dans son discours c'est le fantasme qu'il amarre à la notion toute idéale de matriarcat. Imagine-t-il une société pleine de femmes à poil prêtes à se faire baiser par n'importe qui ? Imposant de se faire baiser nuit et jour pour assouvir leur supposé insatiable désir sexuel ?

Reich passe de la case psychanalyste à la case gourou en imposant à l'imaginaire la distinction entre ce qui serait de l'ordre d'un désir féminin et d'un désir masculin. IL N'Y A QU'UN DESIR. Arrêtons l'entubage.

Je regrette l'intentionnalité politique de ce livre qui n'avait rien à voir avec le sujet et qui introduit la dimension de la débandade alors même qu'on croyait enfin l'heure de la rigolade survenue. J'ai connu des heures où Reich était plus marrant.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   10 avril 2020
Les indigènes considèrent des phénomènes tels que sodomie, homosexualité, fétichisme, exhibitionnisme, masturbation, comme de lamentables moyens d’ersatz de l’étreinte génitale, naturelle, comme des actions mauvaises dignes d’un fou. Un Trobiandais se sentirait blessé dans sa vanité si l’on pouvait supposer qu’il fût incapable de satisfaire ses besoins par la plaisante voie naturelle et que, pour cette raison, il recourût aux succédanés.
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colimassoncolimasson   06 avril 2020
[…] les primitifs ont gardé toute leur sensibilité génitale tandis que les « civilisés » sont incapables d’accéder à la satisfaction génitale parce que leur structure sexuelle est névrosée du fait des inhibitions morales acquises par l’éducation. Des sondages ont montré que 90% des femmes et 60% des hommes en moyenne souffrent de troubles génitaux et sont incapables de satisfaction.
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colimassoncolimasson   04 avril 2020
Nous voyons que la génitalité pleinement épanouie laisse peu de place au dépit amoureux prolongé et nous comprenons mieux la tendance à l’amour malheureux si caractéristique de notre jeunesse, tendance résultant d’une surestimation de l’objet sexuel, laquelle s’explique par les obstacles opposés à la satisfaction finale.
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colimassoncolimasson   01 avril 2020
[…] l’acte comme tel est bien moins important que l’attitude psychique consciente et inconsciente qui l’accompagne. Vue sous l’angle biologique de la fonction sexuelle, cette attitude est décidément positive par le jeu des mécanismes de plaisir : c’est le contexte social qui détermine si cette attitude originairement positive est maintenant ou si elle cède le pas aux sentiments de culpabilité et à l’angoisse sexuelle dont la société imprègne la vie sexuelle par différents procédés.
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colimassoncolimasson   30 mars 2020
[…] la répression sexuelle est un des moyens capitaux dont se sert la classe dominante pour assujettir les populations laborieuses […].
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