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ISBN : 2072528925
Éditeur : Gallimard (21/08/2014)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 998 notes)
Résumé :
À l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte.

Récit poignant d'une émancipation f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (263) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  11 septembre 2014
Il était une fois Bénédicte Ombredanne, intelligente, agrégée de lettres passionnée de littérature, belle, âgée de trente-six ans, mariée, deux enfants. Elle avait à l'aube de sa vie adulte tout pour être heureuse, une famille aimante, une boulimique et joyeuse envie de vivre. Un portrait d'une jeune femme d'aujourd'hui dans lequel de nombreuses lectrices pourraient probablement glaner des éléments d'identification.
Mais voilà, les parcours de vie apparemment tout tracés achoppent souvent aux vicissitudes du réel et comme dirait un duo célèbre : les histoires d'amour finissent mal, en général !
Éric Reinhardt, par un procédé d'auto-fiction ingénieux nous l'annonce dès le premier chapitre : il a rencontré en 2008 cette lectrice, ému par une lettre admirable qu'il a reçue à la suite de la parution d'un de ses romans. Ayant ressenti des failles chez cette femme, il a poussé l'investigation - le roman - pour découvrir son histoire, et offrir ici le portrait subtil d'une héroïne au bord du gouffre, compatissant certes, mais non complaisant, car elle semble bien s'être laissée enfermée progressivement Bénédicte, à force de renoncements personnels face à un mari, ami d'enfance terne et sans grande envergure, et deux enfants égoïstes.
Alors naturellement, un jour, elle aspire à se retrouver, à jouir davantage de la vie, à ne plus subir, à " un âge auquel il est impardonnable de se priver des plaisirs, des jouissances, des richesses et des gratifications qu'on est en droit d'attendre de la réalité quand on est une femme sensible, intelligente et cultivée. "
Sur un coup de tête, elle s'inscrit sur Meetic - quelques savoureux échanges virtuels - et rencontre Christian, antiquaire habitant à l'orée d'une forêt qui se propose de l'initier au tir à l'arc et plus si affinités.
Pour la suite, ne comptez pas sur moi. Il faut se laisser embarquer dans les valses-hésitations de Bénédicte, la jalousie maladive de son mari, les révélations de sa soeur...l'héroïne brièvement heureuse n'est malheureusement pas tirée d'affaire, empêtrée dans ses contradictions et atermoiements, elle peine à récupérer les rênes de son existence.
Ce roman de révolte d'une femme, mais aussi de l'auteur me semble-t-il, face au harcèlement conjugal et aux renoncements quotidiens d'une épouse et mère est un bijou de précision psychologique, à l'écriture fluide et agréable.
La tension entre Bénédicte et son mari devient insoutenable au fil du roman, la joie et le plaisir qu'elle parvient à arracher au quotidien ne faisant que péniblement contrepoids.
On a souvent envie de la secouer Bénédicte, signe que l'alchimie romanesque opère, d'autant que plusieurs occasions se présentent à elle pour s'échapper, enfin, dont en filigrane le bonheur de l'écriture qu'elle redécouvre.
" Quel bonheur que d'écrire, quel bonheur que de pouvoir, la nuit, souvent la nuit, s'introduire en soi et dépeindre ce qu'on y voit, ce qu'on y sent, ce qu'on entend que murmurent les souvenirs, la nostalgie ou le besoin de retrouver intacte sa propre grâce évanouie, évanouie dans la réalité mais bien vivante au fond de soi..."
Un magnifique roman témoignage qui peut et souhaite peut-être servir de signal d'alarme aux héroïnes du quotidien.
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Gwen21
  27 février 2015
Aïe, une fois de plus, j'ai lu un roman comme on marche pieds nus sur les galets. Entre douleur et perte d'équilibre, j'ai avancé cahin caha sur la plage des pages d'Eric Reinhardt, attentive à chaque mot, à chaque émotion, m'appliquant sincèrement à y dénicher les formes séduisantes ou torturées, les formes mystérieuses qui intriguent et dans lesquelles se niche la magie du temps et de la nature…
En vain ai-je cherché.
De poésie, je n'en ai pas trouvée ; à peine quelques jolies phrases aussi fugaces que des papillons impossibles à prendre au filet.
De séduction, je n'en ai pas trouvée ; à la place, des scènes de sexe quasi cliniques, aussi dénuées de sensualité que de sensibilité.
La sincérité, le naturel, je ne les ai pas trouvés, dérobés à mes regards par le style pompeux, souvent prétentieux, d'un auteur poseur qui, selon l'expression consacrée "se regarde écrire". Le narrateur m'a donné la pénible impression de se masturber à chaque ligne (et pas seulement dans le train).
D'amour - ce que je nomme vraiment "amour" -, peu de traces tangibles mais un court mirage né en quelques clics sur internet et étouffé dans l'oeuf.
Par contre, des forêts, une multitude, je rends à César... Des forêts denses, sombres, impénétrables, encombrées de taillis de mensonges, d'ornières de malheurs, de fûts de violence, d'écorces de haine et de lichens de psychologie, souvent facile et superficielle.
Arrivée au bout de la promenade, j'ai quitté la plage, soûlée d'ennui et déçue dans ma quête ; je ne saurai jamais pourquoi ce titre s'était gravé dans mon cerveau comme un message d'optimisme et d'élévation, je me sens fatalement dupée ; j'ai eu froid, j'ai eu faim d'une beauté qu'on s'est obstiné à me refuser. Bénédicte Ombredanne (quel nom !) fut malheureuse, il semble en effet qu'elle ait été injustement désignée pour subir et souffrir, toute sa vie, elle se sera enlisée dans le malheur, feignant de ne pas voir les issues de secours qui bordaient sa route... Une âme torturée, nulle part à sa place, une âme qui aurait voulu vivre en héroïne et qui n'aura été que victime.
Un récit triste et plombant.
Après, si vous rêvez d'apprendre à tirer à l'arc ou de visiter une clinique psychiatrique vintage, foncez.

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carre
  05 décembre 2014
Pour mon premier Reinhardt, je m'attendais à un livre bouleversant et réussit. Les critiques élogieuses abondaient dans ce sens. Mais voilà en ce qui me concerne, pour « L'amour et les forêts », je serais bien moins emballé que la plupart. Car, je me suis profondément ennuyé sur la première partie du livre, entre des discussions sur Meetic, un cours sur l'utilisation d'un archer et une certaine préciosité de Reinhardt, ma déception était à la hauteur de l'envie. Et puis, tout à coup, Reinhardt cesse enfin de se regarder écrire et par la voix de la soeur jumelle de Bénédicte Ombredanne, le roman prend enfin son envol. Et là ça devient bouleversant. La souffrance morale, physique de Bénédicte vous éclate à la figure. Comme sa soeur, on aimerait la prendre dans nos bras et la consoler de cet enfer familial. On se révolte devant ce mari abominable dans la manipulation. Et l'on termine le coeur chaviré par les drames vécue par cette femme. « le système Victoria » m'attend maintenant, histoire de me faire une idée plus précise de cet auteur couronné par le Renaudot des lycéens.
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Eve-Yeshe
  20 novembre 2014
Bénédicte Ombredanne désire rencontrer l'auteur car elle a beaucoup aimé son dernier livre. Elle lui raconte sa vie difficile, auprès d'un mari pervers, harceleur, Jean-François, qui lui fait subir tous les jours une maltraitance psychologique sans bornes.
Bénédicte est agrégée de lettres et enseigne dans un collège. Elle a deux enfants Lola et Arthur dont elle suit les études de très près. Chaque instant de son existence est contrôlé par son mari, elle doit justifier son emploi du temps sans arrêt, n'a pas le droit d'avoir un portable car elle pourrait lui échapper, c'est lui qui l'appelle, qui gère le budget au centime près et se met en colère dès que les explications de Bénédicte ne sont pas suffisamment claires.
Un soir, en rentrant, elle le trouve les yeux rivés sur l'écran de télévision, hurlant dès que les enfants prononcent un mot, car on parle de harcèlement moral et il se reconnaît dans le tableau décrit par les femmes qui témoignent. Il passe une partie de la nuit à pleurer et bien sûr, c'est sa femme qui le console.
Cette nuit-là, persuadée qu'il est conscient de son problème, elle a une furieuse envie de liberté, s'inscrit sur Meetic et discute notamment avec un homme qui lui plaît, Christian et qu'elle finit par rencontrer pour passer avec lui une journée mémorable.
Comment va-t-elle réagir après cette rencontre ? Prendre sa vie en mains ? Je vous le laisse découvrir.
Ce que j'en pense :
J'aime beaucoup ce livre. J'ai eu un coup de foudre en regardant la grande librairie où l'auteur a raconté comment est né ce livre. Si on aime les longues phrases, à la Balzac... un thème difficile qui est abordé sans tabou, cette lecture ne peut pas laisser indifférent à plus d'un titre.
L'écriture est très belle, musicale. Enfin un auteur qui fait de belles et longues phrases et ne s'arrête pas à sujet, verbe, complément. Qu'il parle d'un paysage, des arbres dans la forêt, ou qu'il parle des affects, du ressenti et de la fragilité de son héroïne.
Au début, c'est léger, la rencontre entre l'auteur et Bénédicte, leurs conversations dans le bar… et tout à coup la violence surgit et on hésite à continuer à lire, car elle est décrite de façon très réaliste, les mots sont percutants. J'ai détesté Jean-François viscéralement, avec une sombre envie de meurtre et je me demandais pourquoi elle restait, elle, si brillante par rapport à lui, pauvre aussi bien intellectuellement qu'affectivement. On le voit enfermer progressivement sa femme, l'isoler, la surveillant sans cesse avec perversité.

Bref, un livre poignant, sublime et tellement juste qui ne m'a pas laissée indemne, et qui fait réfléchir face à ce fléau. Certes, je suis dithyrambique, mais c'est justifié et je pense qu'il touchera beaucoup de lecteurs, peut-être davantage les amoureux des belles phrases, remplies de musicalité. Donc : coup de coeur, pépite.
Note : 9,2/10
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Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Annette55
  04 novembre 2014
Je ne ferai pas un long commentaire car tout a déjà été écrit à propos de ce roman!
Suite à un échange épistolaire Eric Reinhardt rencontre une de ses lectrices: Bénédicte Ombredanne,jeune femme cultivée,agrégée de lettres, mére de deux enfants, victime de harcèlement conjugal par un homme tyrannique, odieux et veule qui ne cesse de l'insulter et de l'humilier, il ne supporte pas qu'elle puisse rayonner et s'épanouir.....
Bénédicte Ombredanne vit un enfer quotidien, d'autant plus révoltant qu'il est vécu comme quelque chose de honteux!
Mais l'auteur construit aussi un roman dans le roman:
Que connaît- on au juste de soi?
Que sait- on des pouvoirs de l'autre?
De quoi sont tissées nos existences?
Qu'est-on capable d'offrir de soi?
Ce roman bouscule le lecteur, l'indigne, le stupéfie,l'émeut, le fascine....
C'est un ouvrage puissant, profond, érudit, ambigu, poignant, un récit sur la condition de la femme dont on ne sort pas indemne...il rend hommage à la puissance de l'écriture et ses mécanismes , à "ses pouvoirs magiques".
Il contient de très belles pages sur la littérature et le " bonheur de la lecture".
Écrire selon l'auteur c'est " être mordu de l'intérieur" par une espèce d'urgence à raconter, à transformer le monde en une oeuvre d'art à l'image de Bénédicte Ombredanne devenue sublimée par la grâce de la fiction.......
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critiques presse (10)
LaLibreBelgique   11 janvier 2016
Le tir à l’arc dans la forêt devient le symbole de l’amour qui rate si souvent sa cible, mais aussi celui de la littérature qui lance ses pointes à l’aveugle et nous touche, quand c’est Eric Reinhardt qui tient l’arc.
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LaPresse   29 septembre 2014
La drôlerie de l'épisode du site de rencontres contraste d'ailleurs avec l'écriture d'Éric Reinhardt, riche, quasi lyrique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LesEchos   03 septembre 2014
Le romancier de « Cendrillon » ou du « Système Victoria » a tendance à vouloir trop bien faire et à en faire trop, défaut que l'on avait déjà relevé dans ses romans précédents. Dans cette forêt, Reinhardt aurait dû élaguer et ne conserver que les plus belles branches ; elles sont vraiment très belles.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation   01 septembre 2014
L’Amour et les Forêts est une descente aux enfers que l’auteur conte par le menu. Un morceau de bravoure, un récit puissant.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeSoir   28 août 2014
Le magnifique portrait d’une Bovary contemporaine.
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LePoint   27 août 2014
Dans "L'amour et les forêts", Eric Reinhardt conte la sombre cavalcade d'une femme éperdue.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   25 août 2014
Le destin de l'héroïne de L'Amour et les forêts (quel titre magnifique !) bouleversera à coup sûr plus d'un lecteur comme il a, semble-t-il, marqué la vie du narrateur, clone à peine voilé de l'auteur - qui porte d'ailleurs son nom...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   20 août 2014
L'écrivain si doué pour observer la société française, décrire les perversités du libéralisme et du monde de l'entreprise, se révèle alors métaphysique et bouleversant arpenteur des douleurs de l'esprit.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   19 août 2014
Eric Reinhardt signe un des plus beaux romans de cette rentrée littéraire avec "L’amour et les forêts". Un livre, en apparence, aux antipodes de son précédent, "Le système Victoria".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint   11 août 2014
L'Amour et les Forêts est aussi le roman... d'un roman. Le premier chapitre est en fait une mise en abyme qui nous permet de comprendre la genèse du livre - mais est-ce réalité ? Est-ce fiction ? -, qui contient ensuite de très belles pages sur l'écriture et la littérature, sur l'importance de l'une et de l'autre, l'oxygène qu'elles sont pour l'âme.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (294) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   25 avril 2018
Un jour, il y a longtemps, peut-être une dizaine d'années, Bénédicte m'a confié que ce qu'elle aurait aimé, c'est avoir un amant et le retrouver une fois de temps en temps dans un hôtel, l'après-midi, pendant que les autres travaillent et que la vie continue de bourdonner, sans elle, industrieuse, de l'autre côté des rideaux. S'extraire de la banalité du réel pour connaître une expérience inoubliable, récurrente, addictive, de plus en plus merveilleuse, de plus en plus enchanteresse, dans les bras d'un homme, dans un recoin secret de la réalité, et de son existence. Je m'en souviens, elle m'en a parlé en ces termes, en me donnant tous ces détails, comme si vraiment elle y pensait souvent. J'ai trouvé beau que ce soit ça son rêve, mais en même temps ça m'a un peu attristée car j'ai compris que Bénédicte rêvait sa vie, elle rêvait la vie qu'elle aurait aimé avoir, sa vie était en grande partie virtuelle.
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araucariaaraucaria   25 avril 2018
Nous n'avions pas du tout le même caractère, elle a toujours été plus fragile, plus fragile mais aussi plus dévouée, plus généreuse que je ne l'étais. Il fallait voir comment elle défendait les autres, à l'école, quand elle était déléguée de classe, elle se battait comme une furie et jusqu'au bout, mais elle, en revanche, elle était incapable de se défendre elle-même. Si l'on veut être heureux, il faut aussi penser un peu à soi. Ca, Bénédicte, elle ne l'a jamais compris, elle pensait que son bonheur passait par le bonheur des autres.
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araucariaaraucaria   24 avril 2018
Pendant ses entretiens avec le psychiatre, Bénédicte Ombredanne était quasi mutique, souhaitant ne rien révéler du processus qui l'avait conduite à avaler deux plaquettes de Xanax. Elle redoutait qu'en s'éclaircissant son cas ne soit versé avec condescendance dans la catégorie des faits de société, le psychiatre les réunirait un soir dans son bureau pour les amener à réfléchir à leur situation, sans doute leur prescrirait-il une thérapie conjugale, tenterait-il de raisonner Jean-François, l'enjoindrait-il à respecter sa femme, quelque chose de ce genre.
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araucariaaraucaria   25 avril 2018
Elle me l'a dit, à la fin de sa vie : Marie-Claire, c'est bizarre, du jour où j'ai été mariée avec cet homme, j'ai été tout le temps malade. On dit somatiser : on dit que les gens somatisent, qu'ils produisent des maladies en réaction aux coups qu'ils prennent, à leurs angoisses, aux contrariétés qu'ils rencontrent. La dureté de ce que ma jumelle devait supporter venant de son mari la faisait somatiser par des maladies graves. Il n'y avait aucune vie chez eux, aucun amour, rien. Même de la part de ses enfants. Elle est morte de désolation. Il l'a tuée. C'est évident qu'on peut le dire comme ça.
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araucariaaraucaria   23 avril 2018
Son ventre était comme le tambour d'une machine à laver, aussi chargé, aussi dense, aussi sinistrement cadencé. Des sentiments divers s'y mélangeaient, changeaient de place, faisaient contraster leurs tessitures, Bénédicte Ombredanne prenait conscience de cette complexité par le hublot de ce présent ô combien terrifiant, nouveau pour elle, auquel les circonstances la confrontaient, elle qui n'avait jamais trompé son mari. Dans cette ronde incessante et compacte, culpabilité, douleur, euphorie, révolte, remords, joie, peur, bonheur, désir, excitation, indécision et amertume étaient le linge humide et lourd qui tournoyait dans ses entrailles. Tout se mêlait. Elle avait mal.
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