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ISBN : 2283032946
Éditeur : Buchet-Chastel (07/02/2019)
Résumé :
En voiture au côté d?un inconnu, vers une destination qu?il ignore, un petit garçon convoque les images de sa vie. La pension, adoucie par la présence protectrice de Sophie ; l?océan et la plage, face à l?appartement où il vit avec sa mère. Insaisissable, celle-ci disparaît pour revenir de jour en jour plus mystérieuse, plus imprévisible. L?enfant trop sage veille sur elle et rêve d?un monde où rien ne les séparerait. Mais la société préfère le déchirement au désord... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  08 mars 2019
C'est l'histoire d'un petit homme, du nom de Thierry. Il sait à peine lire, comprend mal la vie galopante à l'extérieur. Lui, il préfère les livres et les images inoffensives. Il dort dans un dortoir parmi d'autres enfants, surveillés par des soeurs. Il y a aussi Sophie qui joue de la musique et qui parle aux fleurs.
Dans la vie du petit homme, il y a un lundi pas comme les autres. Il devrait être en classe ce lundi pour son contrôle de mathématique mais un homme l'emmène pour une longue route, on lui dit que c'est important. Il ignore où l'homme l'emmène. Il a comme une boule au ventre. Pour se soulager, il se souvient de sa vie avant ce lundi. Il se souvient des cerfs volants sur la plage, de Sophie qui lui dit que Thierry est une fleur, il se souvient aussi très bien de sa mère mais encore plus des silences qu'elle sème dans ses départs. Thierry est souvent seul alors les silences, il les connaît bien, il les entend mieux que quiconque.
Un doux récit nostalgique sur les routes de l'enfance, de ces choses que l'on garde et les autres qu'on abandonne.
Un roman sur l'absence, sur le vide, un bel hommage aux rêveurs qui veillent sur les souvenirs pour tempérer les vents contraires.
Pour ceux qui dorment, pour ceux qui s'en vont sans crier gare, il y aura toujours un veilleur, assis au pied de nos rêves oubliés.
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isabelleisapure
  21 février 2019
Un jeune enfant installé dans une voiture aux côtés d'un homme qu'il ne connaît pas et qui l'emmène il ne sait où, on lui a seulement dit : « C'est un jour important », Il fait chaud, sa chemise lui colle à la peau et le gratte autour du cou. Il voudrait pleurer mais n'ose pas, alors pour se distraire, il convoque ses souvenirs.
La pension où il vivait au milieu d'enfants solitaires comme lui.
Il n'y était pas malheureux grâce à Sophie qu'il aimait écouter jouer du piano.
Le garçon rêve des cerfs-volants qu'il voyait sur la plage lorsque sa mère l'y emmenait, toujours accompagné de « Monsieur ».
Parfois, c'était à la montagne qu'il retrouvait Charles, le fils de « Monsieur ».
Sa mère n'en parle pas beaucoup, d'ailleurs, elle ne lui parle jamais vraiment.
Parfois, le mercredi et le samedi, l'enfant se retrouve seul dans un bar devant un sirop de pêche. Sa mère le laisse quelques heures aux bons soins du patron et part vers un univers inconnu après avoir lancé un laconique « je vous le confie ».
Benoit Reiss signe un texte où délicatesse, tendresse et pudeur se mêlent pour parler de l'enfance malmenée.
Il n'y a jamais de violence, ni verbales, ni physiques contre « le petit veilleur », mais seulement des silences qu'il arrive à aimer car ils lui parlent de sa mère et lui disent qu'elle reviendra.
J'ai eu la gorge nouée face à cet enfant démuni dans un monde dont il ne comprend pas les codes.
Il est attachant, j'ai eu envie de le serrer fort pour le rassurer.
J'ai frôlé le coup de coeur, légèrement déçue cependant par une fin que j'ai trouvé un peu abrupte par rapport à la délicatesse du reste du roman.
Merci à NetGalley et aux Editions Buchet-Chastel pour ce partage.
#LePetitVeilleur #NetGalleyFrance

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lucia-lilas
  18 juin 2019
Lors du Festival Étonnants Voyageurs, j'ai surpris Gaëlle Josse devant un stand, contemplant ce petit livre… Elle s'est penchée vers la libraire et lui a dit : « Ce texte est une merveille. »
A peine venait-elle de reposer ledit exemplaire que nous étions deux indélicates observatrices à nous jeter sur les deux exemplaires qui restaient : le petit veilleur (jamais entendu parler) de Benoît Ress (ah, si ! j'avais lu en 2017 L'Anglais Volant publié chez Quidam).
Entre nous, heureusement que Gaëlle Josse n'en a pas désigné une dizaine du bout du doigt… je crois bien que j'aurais craqué !
Alors, ce petit veilleur ? le conseil de Gaëlle Josse était-il un bon conseil ?
Oh que oui ! Et pourquoi n'ai-je pas entendu parler plus tôt de ce petit bijou ? Parce que ce texte est d'une très grande beauté, oui, il est fin, sensible, poétique… Il m'a parfois fait penser à du Duras dans la minutie et la délicatesse des images et des sentiments évoqués.
Le roman retrace un parcours en voiture décrit du point de vue d'un petit garçon nommé Thierry qui, enfoncé dans son siège, ne perçoit que des bribes du paysage. On ne sait pas qui est l'homme qui conduit ni où ils vont. On sait seulement que pour l'enfant, c'est un jour important. Les adultes lui ont expliqué cela. Il n'a pas bien compris pourquoi.
Au fil de la route, l'enfant se souvient de son passé, de son quotidien, évoque une mère souvent absente et qu'il passe son temps à attendre , soit dans un café, soit seul dans un appartement. Des images de la pension religieuse où il vit lui reviennent à l'esprit et notamment une jeune fille qui s'appelle Sophie avec laquelle il jardine et qu'il écoute jouer du piano.
Ce petit garçon observe le monde et nourrit son imagination des détails qui le composent. Souvent, il attend le retour de sa mère qu'il souhaite ne jamais quitter. Seul, il s'abandonne à la contemplation de ce qui l'entoure, ce qui donne lieu à des descriptions très fines et très poétiques qui traduisent merveilleusement la grande sensibilité de l'enfant. Tout est suggéré dans ce roman où la parole des adultes, assez rare d'ailleurs, est souvent rejetée par l'enfant car elle brise l'univers qu'il s'est construit, pour se protéger certainement.
Le petit veilleur est un texte court mais sa puissance est telle qu'il imprime en nous toute la précision et l'acuité du regard de l'enfant sur le monde qui l'entoure et qu'il tente de déchiffrer… A l'émerveillement se mêle un sentiment de solitude, d'abandon peut-être, d'espoir toujours de revoir cette mère qui disparaît si souvent et si mystérieusement. Benoît Reiss décrit avec beaucoup de sensibilité l'attente, le vide, le silence, une odeur qui flotte dans l'air, le bruit des vagues. On est porté par la beauté du texte, sa poésie, et l'on attend le coeur un peu serré une fin que l'on redoute un peu.
Superbe !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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SeriallectriceSV
  21 septembre 2019
« Sur le dossier du siège avant, à la place du mort près du conducteur, le cuir a été creusé haut à cause des épaules des grands qui s'y sont assis. Il a beau se redresser, se mettre sur la pointe des fesses pour essayer de se tenir droit, il n'y entre pas. Il est là-dedans comme dans un moule trop grand. C'est la même chose sous ses jambes ; ça fait une grande bassine dans quoi il s'enfonce. Il doit sans arrêt prendre appui sur les mains pour se soulever et voir un peu la route. »
Un trajet que le lecteur suit, subit, appréhende, apprécie de par les mots, les idées, les flashbacks intimement choisis...
Benoît Reiss nous intime d'avancer sur cette trajectoire, celle de Thierry, un jeune garçon qu'un inconnu achemine vers une destination tenue secrète, vers un endroit que l'on n'ose imaginer.
Subtilement, intensément décrits : l'habitacle de la voiture, les arrêts, les paysages ... LA réalité.
Les pensées, les souvenirs de Thierry nous transportent; et nous effleurent...
sa solitude, ses états d'âme, sa quête...
la douceur d'un rêve d'enfant mais
quand la réalité n'est pas à la hauteur, qu'elle est capricieuse, qu'elle dérange, quand le silence est chargé de l'absente.
Un petit bijou de poésie et de finesse.
Un petit guetteur attachant, qui met à rude épreuve notre sensibilité.
Et des notes de piano dans l'ombre du mur de la plage, « les pieds dans les galets froids, pour l'entendre l'appeler mon petit veilleur...»
Instant de grâce; à nul autre paraître.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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myriampele
  02 mars 2019
Dans le premier chapitre de cette petite pépite, Thierry s'exprime.... Il rêve et soulève à demi ses souvenirs et ses espoirs. Le foyer, Sophie, la jardinière qui l'a pris sous son aile, sa mère, auprès de laquelle il mène une existence étrange, faite de départs et d'attente. Et puis il y a l'homme, celui qui conduit la voiture, dans laquelle Thierry est assis. Où le mène cette voiture, qui longe l'océan, qui traverse des villes et des villages, terrains d'observation pour Thierry?
Grâce à l'écriture envoûtante de Benoît Reiss, la poésie l'emporte sur l'angoisse, la beauté des paysages sur la noirceur de l'existence de ce "petit veilleur".
Le deuxième chapitre, très court, amène enfin Thierry à destination, mais c'est aussi la réalité qui court au-devant de ce petit garçon qui attendait toujours le retour de sa maman. C'est beau, c'est triste.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 septembre 2019
Une grande maison blanche aux volets et à la porte bleus, une maison bercée par l'eau. Les fenêtres dans leur chambre seraient des hublots. Le soir, ils verraient les arbres de la rive et la lune dans leur cadre rond. Quand ils en auraient assez, ils détacheraient leur maison et la laisseraient suivre le courant. Ils iraient aussi loin qu'ils voudraient, ils changeraient de ville, changeraient de pays. Ils auraient de longs bâtons pour conduire leur maison et pour rattraper la rive quand ils voudraient, de grands bâtons pour s'amarrer ailleurs, cette fois à l'écart des villes, sous la haute frondaison d'un arbre, au coude du fleuve, à un endroit d'où personne ne pourrait les voir. Ou sur une île nue où il n'y aurait qu'eux et les chemins inventés des étoiles au-dessus de leurs têtes.
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LadybirdyLadybirdy   07 mars 2019
Maintenant le ciel était clair, quelques étoiles apparaissaient entre les pins. Elles scintillaient d’une force qu’il n’avait jamais vue, elles scintillaient comme si elles avaient mal.
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LadybirdyLadybirdy   08 mars 2019
Il est un veilleur : c’est lui qui garde l’appartement quand sa mère est absente, c’est lui qui se lève la nuit, qui sort de sa chambre et entre dans le salon. Il n’y a personne dans l’appartement, il n’y a que lui. Il est un veilleur.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 septembre 2019
Ce sont de longues musiques sans paroles jouées par des orchestres, ou des opéras - mais il ne comprend rien à ce que chantent les voix -, ou encore des pièces pour piano et pour violon et violoncelle. Il déteste toutes ces musiques. [...] D'un morceau à l'autre il entend la même immobilité - ces musiques ont le pouvoir d'étirer le dimanche hors des proportions d'un jour ordinaire.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 septembre 2019
Sur le dossier du siège avant, à la place du mort près du conducteur, le cuir a été creusé haut à cause des épaules des grands qui s'y sont assis. Il a beau se redresser, se mettre sur la pointe des fesses pour essayer de se tenir droit, il n'y entre pas. Il est là-dedans comme dans un moule trop grand. C'est la même chose sous ses jambes ; ça fait une grande bassine dans quoi il s'enfonce. Il doit sans arrêt prendre appui sur les mains pour se soulever et voir un peu la route.
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Video de Benoît Reiss (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoît Reiss
Interprétation libre par Christophe, Chloé et Manu à la Gare Saint Sauveur du roman L'Anglais Volant de Benoit Reiss, Quidam Editeur.
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