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Daniel Riche (Préfacier, etc.)
ISBN : 2265064750
Éditeur : Fleuve Editions (12/09/1999)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Vous souvenez-vous de ces vieux contes militaires qui se faisaient l'écho de la naissance et du lent mûrissement de la Grande Fédération de Laërne, cette ligue qui associa dans un même destin les villes souveraines de Laërne, Lauterbronn, Ozmüde, Torrebianca, Libemoth, Durango et Dona Réal ? Si ces noms vous sont inconnus, c'est que vous n'êtes pas de ce monde. Vous êtes sans doute origi­naires de cette Terre où ne brille qu'une seule lune.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
BlackWolf
  04 novembre 2013
En Résumé : J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles dans l'univers de la fédération. Les intrigues se révèlent classiques dans le fantastique et pourtant vraiment bien menés et fascinantes, emportant rapidement le lecteur. L'univers mis en place est très 18 voir 19ème siècle et repose clairement sur une ambiance sombre, légèrement angoissante qui ajoute une touche de tension supplémentaire à la lecture. Les personnages sont intéressants, complexes et travaillés et on suit le plus souvent leurs aventures avec plaisir. le style des auteurs possède ce charme désuet du 19ème siècle et se révèle plein de poésie et d'entrain. Alors bien entendu toutes les nouvelles ne sont pas au même niveau, mais au final, on retrouve ici un bon recueil qui nous fait découvrir en fil rouge la vie d'une fédération et le cycle répétitif de la guerre. La dernière nouvelle offre une clé vraiment percutante et intéressante à l'ensemble.
Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Charybde2
  15 mars 2013
Un authentique chef d'oeuvre du récit fantastique, trop méconnu...
Ce livre de 1968, dix ans avant "La maison du Cygne", installait avec brio ce couple d'auteurs trop méconnus dans le paysage français.
Dans un univers proche du nôtre, mais pourtant dissemblable, la Fédération s'étend peu à peu, au prix de guerres fréquentes. Entre 1800 et 1850 "de notre calendrier", environ, les "Soldats de la Mer" nous content, en 17 chapitres comme autant de nouvelles, l'histoire des combattants de cette expansion, de colonels comme de simples recrues, en autant d'anecdotes où se mêlent inextricablement grande histoire, récit de guerre, de garnison et d'avant-poste et confrontation subtile à des phénomènes "inexplicables". On pensera bien entendu à E.T.A. Hoffmann (d'ailleurs expressément référencé dans l'une des nouvelles "hors cycle" qui complètent ce volume), à Jan Potocki, voire au Leo Perutz du "Cavalier Suédois". L'équilibre réussi par les auteurs, servis par un style d'une grande finesse, entre conte, récit de guerre "au plus près" et fable fantastique, est exceptionnel, et le dénouement surprenant, avec sa mise en abîme finale, ne gâche rien.
Comme dit lors d'un dialogue entre un bien curieux général et son non moins bizarre aide de camp :
« - Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui , mon garçon ? Je ne vous ai jamais connu si agressif.
- Je suis las, général. Trop de batailles. Trop de shakos dans les fossés, trop de talpacks sur les eaux des marais, trop de casques dans les champs, trop de bonnets ensanglantés, et des toques et des casquettes et des képis et des chevaux morts et des équipages ruinés. La guerre est triste.
- La guerre est belle.
- La guerre est triste.
- Silence, mon garçon ! Je suis un petit bonhomme graisseux et probablement assez dégoûtant. Je suis habillé comme un paltoquet et vous qui avez l'élégance d'un épouvantail, n'en manquez certes pas à mes côtés, mais je connais la beauté des bataillons en marche, la grandeur d'un escadron qui charge, l'incomparable, le vertigineux décor de la guerre.
- Je connais aussi les quatre armées qu'elle laisse sur ses champs de bataille, une armée de morts, une armée de pleureuses, une armée de bandits et une armée de pauvres. »
Et comme le concluraient les historiens "du futur" :
« ... On aurait pu craindre que des troupes engagées sur des champs de bataille éloignés de leur pays d'origine et se battant pour la cause d'une nouvelle ville alliée, ne se sentent finalement l'âme veule des mercenaires. Comment un régiment de Laërne, d'Ozmüde, de Lauterbronn ou de Libemoth pouvait-il mourir pour que triomphe une Durango ? Ce fut pourtant une des plus émouvantes réussites de la Fédération. Car ces craintes ne furent jamais fondées. Beaucoup de maîtres à penser ont cherché une raison à ce dévouement. »
Deux nouvelles "hors cycle" au sein du volume ("Le Roi d'arbres" et "Coups de pistolet dans la forêt") sont également à recommander tout particulièrement.
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Athouni
  15 septembre 2013
Lu dans le cadre de l'opération la Voix des Indés.
« Les Soldats de la mer » est un recueil de nouvelles de Ada et Yves Rémy, paru initialement en 1968 et réédité depuis par des maisons d'éditions qui, tour à tour, ne souhaitaient pas laisser ce texte tomber dans l'oubli. Cette fois, ce sont les éditions Dystopia qui font le boulot.
Merci à elles. Car « Les Soldats de la mer » méritent sans aucun doute une lecture. C'est un texte original, avec une ambiance tout à fait singulière, située on ne sait où entre le conte, le fantastique et le roman historique (quand bien même il s'agirait d'une Histoire parallèle). Toutes les nouvelles appartiennent à un même univers, un monde parallèle au nôtre avec quelques interconnexions (les profondeurs d'un lac permettent ainsi de passer d'un monde à l'autre, à la manière d'un miroir inversé). Elles s'apparentent à des chroniques militaires, le plus souvent centrées sur un personnage héroïque ou malheureux selon qu'il rencontre le succès ou l'échec. Ensemble, ces nouvelles dressent le tableau d'un empire expansionniste, de ses avancées et de ses recules, dans un univers rappelant le début du 19ème siècle européen. le fantastique est très présent tout au long du recueil mais la pirouette finale, qui renforce encore la parenté des nouvelles, donne à l'ensemble toute sa saveur et sonne également comme une charge contre la rationalité qui assèche et appauvri le monde et un plaidoyer en faveur de l'imaginaire, en littérature notamment.
Car en effet, ce recueil, porté par une langue superbe et des dialogues aux petits oignons, fait indiscutablement littérature et l'envie est grande d'en élargir le message à la littérature elle-même. Dans la préface à « Divinités du Styx » Marcel Schneider, Georges-Olivier Châteaureynaud fustigeait la dominante française en littérature qu'il qualifiait de « cartésienne ». Et d'ajouter : « Ce que ça veut dire, "cartésien", au bout du compte ? Cela veut dire qu'en ce qui concerne la dose d'imagination admise dans les romans et la latitude accordée aux fictionnaires, l'esprit français est déplorablement barguigneur, parcimonieux, serré. » Des « Soldats de la mer » d'Ada et Yves Rémy, c'est en somme l'antithèse de cet « esprit français ».
On regrettera cependant quelques nouvelles un poil moins convaincantes même si l'ensemble se tient bien. Un mot aussi sur la superbe nouvelle « Chut lieutenant… » qui tient presque du conte philosophique et qui est sans doute l'une des meilleures nouvelles que j'ai lu depuis longtemps.
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Walktapus
  18 septembre 2012
Un vrai bijou qui mériterait d'être plus connu. Ca se présente comme une série de courtes nouvelles fantastiques, mettant en scène des militaires, mais pas n'importe lesquels : les soldats à moustaches du 19e siècle, jeunes officers des dragons ou des hussards aux allures martiales, avides de gloire, confrontés à l'étrange. En filigrane se dessine progressivement l'histoire de la Fédération, puissance hégémonique en expansion dans un double de l'Europe centrale sur lequel brillent deux soleils et deux lunes. Les dernières pages apportent une explication qui éclaire tout le livre.
Avec une écriture très élégante et un ton original, Les Soldats de la Mer est un hommage aux nouvellistes fantastiques du 19e siècle aussi bien qu'à Buzzati ou Gracq.
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MarianneL
  19 mai 2013
«Les soldats de la mer» sont les traces de la construction d'un empire - La fédération -, chroniques anciennes longtemps interdites, maintenant devenues un objet d'étude pour les historiens, un véritable trésor sur lequel, heureux lecteur, vous aurez une chance inouïe de tomber si vous réussissez à vous procurer cet ouvrage (heureusement disponible dans les très bonnes librairies).
On suit dix-sept histoires, destins individuels ou d'un groupe de soldats devenus légendaires, au fur et à mesure de l'extension de la Fédération au prix en général de conflits militaires, en suivant l'avancée des troupes de dragons, grenadiers, fusiliers, chevau-légers …
Les consonances des noms, les tenues des soldats, nous suggèrent l'Europe de l'époque des conquêtes napoléoniennes, mais quand la nuit se lève, deux lunes éclairent le ciel, fantômes et vampires surgissent de l'ombre, le silence se rebelle, la magie noire devient réalité, et la chronique militaire devient conte fantastique.
D'une très grande habileté, la révélation du dernier récit vient cimenter l'ensemble de livre magnifique, qui porte en lui l'héritage de Borges, Buzzati, Perutz et de tous les grands du romantisme noir.
Je ne veux pas ici commenter les dix-sept récits (et je vous invite pour cela à lire la très belle chronique de Nébal : http://nebalestuncon.over-blog.com/article-les-soldats-de-la-mer-d-yves-et-ada-remy-56913078.html) mais dire que, dans ce chef d'oeuvre, certains récits vous transportent tellement loin qu'il faudrait changer de langage, et sans doute de monde, pour pouvoir en parler avec des mots justes (et en particulier pour moi : "Enfants perdus, perdus", et "Chut ! Mon lieutenant").
En refermant « Les soldats de la mer », j'ai rêvé que j'étais une enfant ; devant la fenêtre de ma chambre éclairée par deux lunes, Yves et Ada Rémy venaient au pied de mon lit me conter des histoires, pour me faire peur et pour me faire rêver.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   29 juillet 2013
On découvre d’abord ces courtes histoires avec des yeux émerveillés puis on se les remémore avec un un sourire plein de malice ensuite. Un livre pour deux très bons moments. C’est beau, non ?
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
TwiTwiTwiTwi   05 mai 2013
Loosbeck est mort et ce ne sont pas les corneilles, ces oiseaux ordinairement de mauvais augure, ou les freux, qui lui rendront la vie. L'ombre se coule dans ses casemates crevées, se noie dans les magasins, bascule dans les corps de logis sous le vent aigre qui tourmente les toitures ruinées. Loosbeck, c'est l'ombre du passé, noire et frissonnante, c'est la nuit.
Commenter  J’apprécie          60
Charybde2Charybde2   12 avril 2013
- Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui , mon garçon ? Je ne vous ai jamais connu si agressif.
- Je suis las, général. Trop de batailles. Trop de shakos dans les fossés, trop de talpacks sur les eaux des marais, trop de casques dans les champs, trop de bonnets ensanglantés, et des toques et des casquettes et des képis et des chevaux morts et des équipages ruinés. La guerre est triste.
- La guerre est belle.
- La guerre est triste.
- Silence, mon garçon ! Je suis un petit bonhomme graisseux et probablement assez dégoûtant. Je suis habillé comme un paltoquet et vous qui avez l'élégance d'un épouvantail, n'en manquez certes pas à mes côtés, mais je connais la beauté des bataillons en marche, la grandeur d'un escadron qui charge, l'incomparable, le vertigineux décor de la guerre.
- Je connais aussi les quatre armées qu'elle laisse sur ses champs de bataille, une armée de morts, une armée de pleureuses, une armée de bandits et une armée de pauvres.
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MarianneLMarianneL   19 mai 2013
Comme la sente s’enfonçait indéfiniment dans ce triste décor aux arbres nus et rongés sous le froid dédain des lunes blanches, un étrange malaise s’empara de Darcy.
-Mon capitaine, finit-il par dire, nous nous serons égarés. Cette forêt marécageuse, ces troncs d’arbre pétrifiés et noirs, ce silence… Est-ce bien là la forêt d’Habbam ?
Silenter haussa les épaules ; une indéfinissable contrainte fixait sa main droite sur la crosse de son pistolet.
(Enfants perdus, perdus)
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TwiTwiTwiTwi   05 mai 2013
Les grands bataillons oscillaient, bordés d'une frange de feu, avançant ou reculant comme des amibes, avec des lignes de front ondulantes épousant celles de l'ennemi ou les accidents de terrain. Mais dans la zone centrale, là où s'étaient disloquées les compagnie, ce n'était plus qu'un piétinement d'hommes au corps à corps, qu'un immense champ ravagé que traversaient des chevaux fous, sans cavaliers, dans un galop secoué, ou des pelotons de dragons égarés, crinières au vent, sabres levés, fonçant droit vers on ne sait quel but, désorientés, cherchant leur escadron et qui s'amenuisaient de plus en plus sous les coups de fusil, les montures s'écroulant tout à coup en un tourbillon de sabres, de casques, de sabots et de surculottes de cheval, et qui, réduits de moitié, disparaissaient en dévalant un fossé, ne laissant qu'un souvenir de croupes fumantes et de mottes de terres arrachés.
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TwiTwiTwiTwi   05 mai 2013
Votre monde étant plus ouvert aux anomalies, aux étrangetés, il a fallu vous apprendre à composer avec les phantasmes, vous apprendre la prudence et la tolérance et ne pas affronter l’illégitime mais le taire. Les fantômes surgissent au moindre souffle de vent, un banal accident et vos héros donnent naissance à des doubles, les monstres sortent le jour, les morts se mettent à marcher, les nécromanciens sont puissants, le silence se rebelle. Combien de cris nocturnes on jalonné votre histoire? Ici, l'étrange naît spontanément, les contes de la nuit sont plus fréquents que ceux du jour.
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Video de Yves Rémy (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Yves Rémy et Ada Rémy - Les soldats de la mer
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