AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782363832474
Éditeur : Les Petits Matins (08/03/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Préface de Michelle Perrot, historienne et professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot :
« Ce livre paraît au bon moment. D’une actualité brûlante, il propose une réflexion fondamentale pour nourrir les débats qui parcourent notre société. »

En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises ont subi une telle agression au cours de leur... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
de
  12 mars 2018
Les violences sexuelles, un phénomène massif et toléré socialement
« venues des profondeurs d'un silence qui a si longtemps refoulé la souffrance honteuse des corps violés ». Dans sa préface Michelle Perrot souligne : « Il faut défricher cette étrange inversion qui fait des victimes les quasi-coupables, acculées à se défendre, à dissimuler, à se taire et soupçonnées, quand elles osent parler, de vouloir attenter à la stature et à l'honneur de l'homme ». La préfacière rappelle aussi que « le viol est une affaire de pouvoir, où la jouissance de la domination l'emporte sur le désir sexuel », qu'il s'agit bien d'une forme de « contrôle disciplinaire », d'asservissement des femmes.
Affaire Harvey Weinstein, #metoo, une incroyable libération de la parole, l'importance des violences sexuelles subies par les femmes au grand jour. L'autrice a bien raison de signaler que nous ne sommes plus dans la période de DSK, du « il n'y a pas mort d'homme » et autres « troussage de domestique ». Les violences sexuelles ne sont pas des événements isolés. Il y a un ensemble de mécanismes (violences, impunité des agresseurs, culpabilisation des victimes, etc.) qui forment un véritable système.
« Dans ce livre,il sera question d'analyser les mécanismes favorisant les violences sexuelles et leur tolérance dans les pays occidentaux, avec une attention particulière portée à la France ». le viol n'est pas un crime rare et l'écrasante majorité des agresseurs n'ont pas à répondre de leurs actes.
Dans une première partie, Noémie Renard analyse quelques clichés. Les agresseurs sexuels sont principalement des hommes et les victimes principalement des femmes et des enfants (VRAI). Les viols sont surtout commis par des inconnus utilisant une arme et infligeant des blessures physiques (FAUX). Il faut une fois de plus rappeler que « très généralement les viols sont commis par des personnes connues de la victime ». Une victime de viol se débat nécessairement (FAUX). L'autrice souligne que « une majorité d'entre elles sont frappées de paralysie au moment des faits » et parle d'effet de sidération. Les viols commis par des inconnus ont des conséquences plus graves sur les victimes que ceux commis par un proche (FAUX). Elle insiste sur la rupture de confiance qu'engendrent les violences sexuelles commises par un proche. Les violences sexuelles sont surtout commises par des hommes défavorisés (FAUX). Les agresseurs appartiennent à tous les catégories sociales, à tous les milieux socio-professionnels. Les agressions sexuelles sont commises par des hommes atteints de maladie mentale (FAUX). Les comportements sociaux ne sont ni réductibles à des causes individuelles ni bien évidement médicales. Les hommes qui agressent sexuellement le font parce qu'ils sont en manque de sexe (FAUX). Ils ont majoritairement des partenaires. le viol est dû à une pulsion incontrôlable (FAUX). Pauvres hommes qui seraient soumis à irrépressibles envies ! Et cet argumentaire fallacieux permettant de justifier des crimes. Contrairement aux fables sociales « le viol est le fruit d'une décision rationnelle, dépendant d'un rapport bénéfices/risques , c'est une acte calculé, souvent prémédité. Beaucoup de plaintes pour viols ou agressions sexuelles sont mensongères (FAUX). Comme chacun·e le sait le menteur c'est toujours l'autre. Les accusations mensongères certes existent, elles ne représentent qu'une infime minorité des plaintes. Il faut de plus souligner que la très grande majorité des viols et des agressions ne donnent pas lieu à plainte…
Les violences sexuelles sont un phénomène massif, les différentes enquêtes permettent de se faire un ordre d'idée, « on estime qu'entre 38 000 et 120 000 femmes adultes subiraient un rapport forcé ou une tentative de rapport forcé chaque année » ; aux USA, une femme sur cinq aurait subit un viol ou une tentative de viol dans sa vie ; plus d'un quart des hommes reconnaissent avoir perpétré au moins une fois dans leur vie une agression sexuelle ou une pénétration par la contrainte…
Noémie Renard aborde les conséquences des violences sur la santé des femmes, « elles entraînent des séquelles psychologiques qui peuvent persister des années après l'agression », le syndrome de stress post-traumatique, les dégradation de la santé physique, les liens avec les addictions à l'alcool ou aux autres drogues. Encore une fois, il ne s'agit donc pas d'un problème privé mais bien d'un « problème majeur de santé publique ». Violences et impunité, « seulement 2% des violeurs et agresseurs sexuels sont condamnés »
Violences massives et impunité généralisée. « une culture de viol se caractérise par des éléments plus insidieux comme les idées reçues et des attitudes concernant es actes et la sexualité, ainsi que par des inégalités sociales entre hommes et femmes et entre adultes et enfants ».
Les violences sont minimisées par la justice et la société, les crimes sont disqualifiés en agressions sexuelles, « la correctionnalisation ne peut qu'aggraver la banalisation du viol », Roman Polanski, Harvey Weinstein, Denis Baupin, Dominique Strauss-Kahn, Donald Trump… « socialement, les agresseurs n'ont pas cher à payer pour leurs actes ». Surdité dans les familles pour les actes pédocriminels, déni dans l'Eglise catholique de mêmes actes, « c'est souvent la passivité et l'inertie qui priment face aux dénonciations ».
L'autrice déconstruit les mythes autour des « vrais viols », les prégnances dans l'imaginaire collectif, la minimisation de la responsabilité du violeur, les « mensonges » des femmes, les chimères autour de la sexualité. Elle insiste sur les phénomènes d'emprise, le silence des entourages, les dynamiques de déni… et leurs conséquences sur les processus judiciaires.
Sous estimation de la terrible violence, disponibilité sexuelle des femmes et droit d'accès des hommes à leur corps, présomption de consentement à l'activité sexuelle, suspicion permanente envers les paroles des femmes et des enfants. Noémie Renard oppose un autre droit : « Autrement dit, un tel droit s'intéresserait avant tout à la volonté et aux désirs réels des protagonistes de l'interaction sexuelle, et non pas aux moyens déployés par l'agresseur pour faire céder sa victime ».
L'autrice détaille les conséquences de l'impunité organisée, le moindre possible rétablissement des victimes, un parcours judiciaire comme « seconde victimisation ». Elle parle de manque d'empathie et de considération. Il ne faudrait cependant pas oublier les effets de cette impunité sur les violeurs puisque leurs actes ne sont pas sanctionnés, que le rapport bénéfices/risques est encore renforcé. En fait le viol n'est pas interdit, il est juste régulé comme pratique d'appropriation.
Noémie Renard analyse, dans la troisième partie « le viol, une histoire de pouvoir et de domination », le sens politique des violences sexuelles, la domination des enfants (en complément possible, Yves Bonnardel : La Domination adulte, l'oppression des mineurs) et les incestes (lire par exemple, Jeanne Cordelier et Mélusine Vertelune : Ni silence ni pardon. L'inceste : un viol institué), les états de dépendance, le lien entre pauvreté et vulnérabilité, un certain « droit de cuissage », les désirs de pouvoir, le viol « comme moyen de revendiquer un droit d'accès à un corps féminin », le contrôle disciplinaire et la restriction de circulation des femmes, la non-liberté des femmes de choisir leurs vies sexuelles…
« le viol , c'est de la violence, de la domination, de l'humiliation, mais sous une forme sexualisée ». Quels rapports existent-ils entre hétéro-normativité et viol ? Qu'en est-il de la liberté sexuelle des femmes « face aux hommes et face à un système économique » ?. Noémie Renard rappelle que « l'hétérosexualité est perçue comme la seule forme de sexualité « naturelle » et « normale » », que cette norme est une première réduction à la liberté des femmes. Elle aborde, entre autres, les rapports non désirés, la coercition, les chantages et les manipulations, l'« obéissance sexuelle », le « devoir » miroir des supposés « besoins sexuels » des hommes, le manque de réciprocité, la pénétration vaginale conçue « comme l'alpha et l'omega de l'activité hétérosexuelle », le manque de verbalisation, « quand dire « non » devient trop difficile », la coercition économique et le manque d'autonomie, la pornographie (« La pornographie est donc l'expression d'un imaginaire collectif où la sexualité est intimement liée à la domination masculine ») et la prostitution, les négations des désirs sexuels des femmes, les croyances en l'égalité comme « anti-sexe », le continuum de violences…
Je souligne le chapitre sur « La coercition graduelle au cours des interactions sexuelles », les gestes non-anodins, les différents niveaux de contrainte, le désintérêt des hommes envers le plaisir des femmes.
Beaucoup discourent, à propos de sexualité, du consentement des femmes. Et si nous parlions du consentement des hommes à la pornographie, aux violences sexuelles, aux actes prostitueurs, aux viols ?
Il faut se donner les moyens politiques pour lutter contre la culture du viol. Cela passe, entre autres, par l'éducation à l'égalité femmes-hommes dès l'école maternelle, une éducation à la sexualité adaptée aux différents ages des jeunes, reconnaître et prévenir les situations d'agressions sexuelles, parler du plaisir de chacun·e… « Précisons que la sensibilisation et l'éducation à l'égalité femmes-hommes et aux violences faites aux femmes font partie des obligations de la Convention d'Istanbul » (https://rm.coe.int/1680084840).
Cela implique aussi une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles, la formation des professionnel·les dont l'ensemble des praticien·nes médicaux et juridiques, l'amélioration des définitions légales du viol et des agressions sexuelles, de ne plus considérer « que les femmes sont a priori consentantes, mais au contraire, que ce consentement doit être exprimé par une personne en capacité de le faire », de mieux protéger les mineur·es, de rappeler qu'« user de la contrainte économique pour obtenir un rapport non désiré de la part d'autrui » est « une violence et une violation du droit à l'intégrité physique d'autrui », de proposer aux personnes prostituées de véritables alternatives, de qualifier la pornographie en regard aussi du proxénétisme, de combattre l'ensemble du système social inégalitaire.
Et immédiatement, à notre échelle, se désolidariser des agresseurs sexuels et des violeurs, « La honte doit changer de camp ».
Il n'y a ici rien relevant de la fatalité, du naturel. Un livre à lire et faire lire. Pour résister de manière consciente. Un livre pour inciter aussi les hommes à regarder en face leurs comportements, à réfléchir à leurs actions, leurs fantasmes, leur volonté de domination, leur mépris des femmes, leur refus de l'égalité et de liberté pour toustes.
Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Prudence
  23 janvier 2019
Excellent livre. Ses qualités sont nombreuses: il est facile à lire, concis, précis, très clair et propose un panorama assez large de la culture du viol.
Il reprend de nombreux articles que j'ai pu lire (certains de l'autrice sur son blog, d'autres de divers provenances) mais de manière plus synthétique et efficace.
C'est un livre qui peut très fortement profiter à des féministes débutant·es ou confirmé·es qui souhaitent avoir sous la main un récapitulatif sourcé et chiffré des thématiques des violences sexuelles et sexistes et des conséquences quotidiennes de la culture du viol.
Commenter  J’apprécie          170
Morgause
  13 novembre 2018
Noémie Renard est une blogueuse féministe connue sous le pseudonyme Antisexisme, et je vous recommande fortement la lecture de son site. Elle détient une thèse de biologie et a publié son premier livre en mars de cette année, intitulé En finir avec la culture du viol, aux éditions Les Petits Matins, préfacé par Michelle Perrot, professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot.
________________________________________
Avec En finir avec la culture du viol, l'auteure s'attaque aux préjugés sur le viol et les agressions sexuelles : le viol ne serait commis que sous la contrainte, menace, dans un parking sombre la nuit, par un inconnu très très méchant. D'ailleurs, si la victime n'a pas crié, ou si elle portait une minijupe, c'est qu'elle était consentante. Également, une femme qui dit non, voudrait en fait dire oui. le désir féminin est passé sous silence au profit du masculin, et a besoin d'être "forcé". La sexualité homme-femme est apprise et regardée sous l'angle de la domination-soumission. Les hommes auraient des besoins sexuels irrépressibles, et la femme n'aurait qu'une libido très faible. D'ailleurs, elle a intégré le fait que si elle n'acceptait pas tous les rapports sexuels désirés par son conjoint, alors ce serait de sa faute si le couple éclate. Elle se tait lorsqu'elle se fait agresser ou violer, par peur, peur des représailles et de l'humiliation de la justice, qui ne condamne que 2% des agresseurs. C'est tout cela la culture du viol : une mythologie du violeur qui réconforte la classe dominante : l'homme cis hétéro, à la sexualité agressive, et une décrédibilisation de la victime : la femme, sachant que les femmes pauvres, racisées et invalides ont plus de chance d'être agressées.
Noémie Renard a construit un essai féministe intelligent, à la rigueur scientifique, dont le style "neutre" vise à rendre les faits implacables. En 5 parties ("État des lieux", "Les mécanismes de l'impunité des violeurs", "Le viol, une histoire de pouvoir et de domination", "De l'hétérosexualité "normale" au viol", et "Mettre fin à la culture du viol"), l'auteure démontre à quel point cette culture du viol est prégnante dans notre société, de l'éducation à la publicité en passant par les rapports hommes-femmes. Elle apporte un éclairage précis et édifiant, une vraie prise de conscience ! Elle met le doigt sur les manquements et les zones floues de la justice, qui ne remplit pas suffisamment son rôle, analyse les retentissements de la vague #metoo et #balancetonporc, et dans une vaine abolitionniste, explique le concept d'échanges "économico-sexuels", qu'elle explique d'ailleurs dans une très bonne interview donnée aux Inrocks en mars dernier :
"Quand on pense à l'échange de sexe contre de l'argent, on songe généralement à la prostitution. Mais en réalité, ces échanges économico-sexuels peuvent prendre d'autres formes et s'exercer même au sein du couple. C'est ainsi que, dans nos sociétés, des hommes payent le restaurant ou offrent des cadeaux à des femmes dans l'espoir d'obtenir un rapport sexuel ; et certaines femmes peuvent se sentir obligées d'avoir des rapports sexuels si elles ont accepté de tels biens. Selon Tabet, ces échanges économico-sexuels constituent une "gigantesque arnaque". Ils se basent sur l'appropriation des richesses par les hommes, au détriment des femmes. Privées de l'accès direct aux ressources, les femmes en viennent à devoir échanger leur sexualité contre une partie de ces biens. Les femmes sont donc doublement arnaquées : elles sont spoliées des ressources matérielles, mais aussi de leur propre sexualité, qui devient une sexualité, non plus pour soi, mais une sexualité de service. Selon Paola Tabet, les échanges économico-sexuels (qui constituent d'après moi une forme de coercition économique) et les violences sexuelles commises par d'autres moyens coercitifs, fonctionnent en tandem pour permettre aux hommes de contrôler la sexualité des femmes."
________________________________________

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la dernière partie. L'auteure ne se contente pas d'offrir un panorama instructif et saisissant de cette culture du viol, mais propose des réponses alternatives. Ainsi, elle soumet l'idée d'éduquer et de sensibiliser les jeunes à l'égalité hommes-femmes, afin de "lutter contre les stéréotypes de genre, contre l'éducation genrée et contre les idées reçues sur la sexualité" ; l'idée que l'État prenne mieux en charge les victimes de violences sexuelles, de mettre en place, à l'instar des Pays-Bas, des centres d'accueil de proximité, avec une vraie équipe pluridisciplinaire (psychologues, médecins, assistantes sociales, etc.) ; l'idée de former des professionnels (médecins, policiers, psychologues, enseignants, etc.) à la détection "des violences et leurs mécanismes" et qu'ils puissent "mieux accompagner et informer les victimes" ; l'idée de faire évoluer la loi : par exemple, établir une meilleure définition du viol et du consentement ; et finalement, l'idée de lutter contre toutes les formes d'inégalités, car les violences sexuelles "prennent racine dans un système social inégalitaire".
En finir avec la culture du viol est, pour moi, un livre à mettre entre toutes les mains. Noémie Renard s'inscrit dans la lignée des plus grandes essayistes féministes.
Lien : https://mots-silencieux.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Nanou020990
  12 mars 2018
Un livre remarquable. Il consiste en une analyse minutieuse de la "culture du viol", qui innocente les violeurs et culpabilise les victimes. Noémie Renard montre aussi à quel point les violences sexuelles ont à voir avec des rapports de pouvoir et de domination. Enfin, elle décortique les actes de domination et de violence que rencontrent les femmes dans leur vie (hétéro)sexuelle. A mettre dans toutes les mains !
Commenter  J’apprécie          80
sandrine68
  08 juin 2018
un documentaire intéressant. On a le droit de trouver que les féministes exagèrent en refusant de se faire siffler ou aborder lourdement dans la rue, que Rémy Gaillard est très drôle quand il mime des agressions sexuelles déguisé, que les victimes de viol se sont montrées imprudentes... Mais après la lecture de ce petit ouvrage, peut-être changera-t-on d'avis et comprendra-t-on ce que l'auteur appelle "la culture du viol": représenter les pulsions masculines comme irrépressibles, apprendre aux filles à se méfier mais pas aux garçons à les respecter; accepter des conduites incorrectes dans les médias. Réfléchir aux liens hommes-femmes et passer par l'éducation des deux partis devrait permettre d'améliorer le sort des femmes.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
ClaireNetClaireNet   10 mars 2018
Il y a donc des viols qui n’en seraient pas tout à fait, et qui, par là même, ne sont ni vraiment condamnables ni condamnés, et ceux, plus rares, où l’on juge que l’agresseur a dépassé les limites du tolérable ou n’a pas respecté certaines règles tacites, celles régissant le groupe des hommes. Dès la fn des années 1980, dans son livre Toward a Feminist Theory of the State, la théoricienne féministe Catharine MacKinnon faisait des observations similaires. Elle concluait: «Du point de vue des femmes, le viol n’est pas prohibé; il est régulé.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
dede   12 mars 2018
Il faut défricher cette étrange inversion qui fait des victimes les quasi-coupables, acculées à se défendre, à dissimuler, à se taire et soupçonnées, quand elles osent parler, de vouloir attenter à la stature et à l’honneur de l’homme
Commenter  J’apprécie          50
ClaireNetClaireNet   10 mars 2018
L’expression «culture du viol» est née dans les années 1970 aux États-Unis au sein du mouvement féministe radical. Il désigne une culture (dans le sens de «l’ensemble des valeurs, des modes de vie et des traditions d’une société») dans laquelle le viol et les autres violences sexuelles sont à la fois prégnants et tolérés, avec un décalage entre l’ampleur du phénomène et l’impunité quasi-totale des agresseurs – pas uniquement au sens juridique, mais aussi social.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
PrudencePrudence   23 janvier 2019
Par ailleurs, quand on les interroge sur leurs motivations, les hommes incarcérés pour le viol de femmes énoncent assez fréquemment l'idée de punition, de revanche ou de volonté de contrôler le comportement d'autrui: "[Je voulais] la rabaisser et la remettre à sa place, pour m'avoir défié."
Commenter  J’apprécie          30
PrudencePrudence   23 janvier 2019
Certaines victimes sont tellement maltraitées durant le processus judiciaire qu'elles parlent de "second viol", et les chercheurs qui étudient ce phénomène l'ont nommé "victimisation secondaire". La victimisation secondaire peut être générée par des agents de la chaîne judiciaire, mais également par d'autres professionnels: des médecins, des psychologues, etc.
Commenter  J’apprécie          20

Video de Noémie Renard (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Noémie Renard
Noémie Renard, auteure du livre "En finir avec la culture du viol"
autres livres classés : féminismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
519 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre