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Léon Guichard (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080701503
190 pages
Flammarion (04/01/1999)
3.87/5   110 notes
Résumé :
" Chaque matin, au saut du perchoir, le coq regarde si l'autre est toujours là, - et l'autre y est toujours.
Le coq peut se vanter d'avoir battu tous ses rivaux de la terre, - mais l'autre, c'est le rival invincible, hors d'atteinte. Le coq jette cris sur cris : il appelle, il provoque, il menace, - mais l'autre ne répond qu'à ses heures, et d'abord il ne répond pas. Le coq fait le beau, gonfle ses plumes, qui ne sont pas mal, celles-ci bleues, et celles-là a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 110 notes
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mylena
  01 mai 2022
Un petit recueil avec toutes sortes de textes consacrés aux animaux, qu'ils soient familiers, domestiques, sauvages ou même exotiques, ainsi qu'aux petites bêtes. Il fait la part belle aux oiseaux en tout genre (du pinson à la perdrix en passant par la poule et le perroquet). Les textes sont disparates, allant d'une phrase à plusieurs pages. le lecteur y rencontre de jolies trouvailles, de petits tableaux succincts, souvent poétiques, une série de portraits façon bestiaire, parfois en une ligne ou deux, presque des haïkus (Le papillon : « Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur. » ), parfois un court texte, presque une fable. D'autres fois on n'est vraiment pas très loin de poésie en prose, ailleurs c'est plutôt une nouvelle. La proximité de l'auteur avec la nature est toujours remarquablement perceptible, il a un sens aigu de l'observation qui lui permet de saisir le détail juste, de croquer la posture d'un animal en une métaphore parlante (en parlant des canards : « Devant la porte fermée, ils dorment tous les deux, joints et posés à plat, comme la paire de sabots d'une voisine chez un malade. »). Mais c'est un peu disparate et ce livre ne se lit pas d'une seule traite, d'ailleurs rien n'oblige à le lire dans l'ordre des textes, une fois passé le premier texte, « Le chasseur d'images », qui sert de présentation à l'ensemble. L'avant-dernier texte, « Une famille d'arbres », est d'une grande modernité (il m'a fait penser à L'arbre-monde). Par contre, j'ai eu beaucoup plus de mal avec les textes plus longs, en particulier ceux liés à la chasse même si la plume est belle (sans jeu de mots bien que les textes en question portent surtout sur des oiseaux) et si cela fleure bon la France rurale d'antan (avant la première guerre mondiale). Je ne suis pas sûre que l'étiquette « littérature jeunesse » soit très bien adaptée. A découvrir et à lire un peu comme on lit un recueil de poèmes.
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zellereb
  19 mars 2017
Voici un facétieux recueil, où Jules Renard fait plusieurs portraits très drôles, tous reliés à l'environnement naturel. Nous sommes à la campagne, au bois, au zoo, le long d'une rivière, dans un potager, … et nous observons les animaux. Tout est saisissant de justesse. Il élabore des parallèles entre le monde des animaux, des plantes, et celui des hommes. L'écriture s'appuye sur de belles métaphores poétiques. L'intention de l'auteur est d'observer les hommes derrière les masques de ces animaux, qu'ils soient volatiles, gibiers ou poissons. Ce rapprochement entre animalité et humanité ne peut que nous toucher et nous rappeler à nous-même. J'ai passé un moment magique, et relire certains passages a été aussi très agréable. Pour moi, une découverte heureuse, et Poil de Carotte est en projet.
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Omegane
  04 avril 2013
En 1896 naissent, sous la plume de Jules Renard, les très belles Histoires Naturelles, qui seront mises en musique par Maurice Ravel. En quelques lignes, ou dans une courte narration, l'auteur trace le portrait vivant et sensible de la faune sauvage ou domestique qui évolue sous ses yeux. Un rare sens du détail et de l'observation, une langue précise et élégante, donnent à chaque sujet une présence vibrante d'émotion. le noble cerf comme le répugnant crapaud accèdent à la même dignité, que leur confère le talent de l'auteur. Son imagination fertile, capable de transformer des gouttes de pluie en « perles d'eau », s'apparente à la poésie qui se glisse parfois dans les mots d'enfants, empreints d'humour et de fraîcheur créative, maîtrisée par l'art de l'écrivain.

Un regard attentif, capable de saisir l'infime et précieuse pulsation de la vie dans chaque être, est ce qui caractérise cette oeuvre. Un regard capable de se défaire des préjugés communs, grâce auquel l'écrivain se fait l'avocat des espèces calomniées (cochon, crapaud, chauve-souris...) et interroge le rôle convenu que l'humain s'attribue face aux animaux (celui de l'éleveur, du chasseur, du pêcheur...). Il est sans doute important de considérer que le monde dont parle Jules Renard n'avait pas encore connu les mutations survenues dans le nôtre après « la grande boucherie » de 1914-1918, les exterminations massives de 1939-1945, la mécanisation de l'agriculture, le remembrement, l'urbanisation et l'expansion démographique, qui ont forcément changé notre approche de la vie, et de la mort. L'auteur possède une proximité avec la nature que nombre d'entre nous ont perdu et que certains tentent de reconquérir, sur la base de relations nouvelles. Jules Renard, s'adonnant lui-même, non sans quelques scrupules, à la chasse et à la pêche, trace quelques pistes de réflexion, lorsqu'il parle du chagrin causé par la mort d'un animal. Suivons les derrière lui, l'esprit aux aguets : Dédèche, le petit chien euthanasié, l'a été, non parce qu'il souffrait, mais parce qu'il causait du désagrément à ses maîtres. Brunette la vache meurt, entourée de la sollicitude et des regrets de toute une famille (qui la destinait, n'est-ce pas, à l'abattoir ?). le chasseur tire le lièvre au gîte, et reconnaît, un peu tard, sa lâcheté. Monsieur Vernet, affligé par la souffrance du gibier, puis des poissons, cesse la pêche après avoir cessé la chasse : préserver la vie annoncerait donc la « sagesse » comme une « perte du goût de vivre » ? Une prometteuse amorce de débat philosophique sur un sujet qui intriguera les jeunes lecteurs.

Lien : http://libr.animo.over-blog...
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Graloup
  25 juin 2022
Jules Renard, dans son journal, se montre souvent d'une férocité implacable envers les humains, y compris contre ses collègues écrivains.
Le 14 novembre 1907, il accueille Victor Ségalen qui avec "Les Immémoriaux "publié sous le nom de Max Anély espère être goncourable. Voici ce que Renard écrit:
"Reçu la visite de Max Anély, auteur des "Immémoriaux". Pas trente ans, je crois, Médecin de marine. A fait son tour du monde. L'air jeune, souffreteux, pâle, rongé, trop frisé, la bouche pleine de l'or qu'il aurait rapporté de là-bas avec la tuberculose. Situation médiocre et suffisante.
Voudrait le prix Goncourt, non pour de l'argent, mais pour écrire un autre livre."
Toute l'attention, toute l'empathie de Jules Renard se reportent sur les animaux, la nature qui l'entoure.
Dans sa préface intitulée "Le chasseur d'images" il révèle son extrême sensibilité:
"Il entre au bois. Il ne se savait pas doué de sens si délicats. Vite imprégné de parfums, il ne perd aucune sourde rumeur, et, pour qu'il communique avec les arbres, ses nerfs se lient aux nervures des feuilles.
Bientôt, vibrant jusqu'au malaise, il perçoit trop, il a peur, quitte le bois et suit de loin les paysans mouleurs regagnant le village. "
Le titre "Le chasseur d'images"m'a fait penser au recueil qui me tient le plus à coeur , dans la poésie contemporaine:"Les Chasseurs", d'André Hardellet.
Ce dernier, proche des surréalistes, présente ainsi son ouvrage:
"Depuis mon jardin d'enfance, à Vincennes, je n'ai jamais interrompu ma chasse. Ce que les mots laissent parfois échapper malgré eux, les scènes qui se jouent pour un public inconnu derrière le complot des apparences--voilà mon gibier.
J'ai choisi quelques exemples où ils se rejoignent;. H pour Hardellet . R pour Renard:
Les Fourmis
H: Sable noir d'un sablier horizontal
R: Chacune d'elle ressemble au chiffre 3. Et il y en a !
Il y en a 333333333333...jusqu'à l'infini.
La Libellule
H: Suspendue à un fil invisible, vibre la libellule électrique qui surveille et inquiète les roseaux. A peine la croyez-vous partie qu'elle se reforme, insistante, à la même place - ou peu s'en faut.
R: [la Demoiselle] Elle soigne son ophtalmie.
D'un bord à l'autre de la rivière, elle ne fait que tremper dans l'eau fraîche ses yeux gonflés.
Et elle grésille comme si elle volait à l'électricité.
le Loriot
H: le Loriot et "Le temps des cerises", s'entendaient au fond de l'été - parfaitement d'accord.
R: Je lui dis:
-Rends-moi cette cerise, tout de suite.
- Bien, répond le loriot.
Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent mille larves d'insectes nuisibles qu'il avale chaque année.
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Nadael
  01 décembre 2016
Jules Renard, l'illustre auteur de Poil de Carotte était un fin observateur de la nature. Passionné, fasciné et intrigué par cette grande dame de la faune et la flore, il écrit, à la fin du 19 ème siècle, Histoires Naturelles. Nullement un ouvrage scientifique, l'auteur nous livre plutôt une galerie de portraits d'animaux, une sorte de bestiaire, du cerf au chat, de l'escargot à l'écureuil, en passant par le crapaud, les goujons et autres fourmis… sous forme de petites aventures, pas très éloignées des fables. Jules Renard pose un regard tour à tour lucide, tendre, amusé et ironique sur les animaux, leurs comportements et leurs liens avec l'homme.
De facture classique, les textes sont tout à fait accessibles aux plus jeunes lecteurs ; le vocabulaire est simple, les phrases sont courtes, les nombreux dialogues donnent du rythme aux histoires, l'équilibre entre les descriptions et la poésie est maîtrisée, l'usage régulier du présent de l'indicatif favorise l'immersion et l'empathie. Quant à la moquerie envers les chasseurs, elle est savoureuse.
Jean-François Martin, l'heureux illustrateur de ces Histoires Naturelles, a dû suivre le principe de cette nouvelle collection : proposer des dessins avec une contrainte de taille puisqu'il n'avait qu'une semaine pour réaliser son travail en utilisant pas plus de quatre couleurs.
Réunir la littérature classique et le dessin contemporain, spontané de surcroît, est une réussite. L'illustrateur a apporté sa vision propre, de la modernité et un côté joueur indéniable – j'ai beaucoup aimé la manière qu'avaient certains animaux de nous regarder nous lecteurs droit dans les yeux semblant chercher le fond de notre pensée, et puis évidemment le clin d'oeil à l'affiche du Chat noir (cabaret de Montmartre) peint par Théopĥile-Alexandre Steinlen en 1896, seulement trois ans avant le livre de Jules Renard -.
Et puis, quelle belle et judicieuse idée de clore ces extraits par La cage sans oiseaux… une ode à la liberté. Des histoires qui trouveront naturellement leur place sous le sapin!
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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critiques presse (1)
Ricochet   18 janvier 2017
Jules Renard observe, et cette observation se teinte tour à tour de bienveillance, d’ironie, de cruauté parfois, de bonté toujours.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 août 2014
LES GRENOUILLES

Par brusques détentes, elles exercent leurs ressorts.
Elles sautent de l’herbe comme de lourdes gouttes d’huile frite.
Elles se posent, presse-papiers de bronze, sur les larges feuilles du nénuphar.

L’une se gorge d’air. On mettrait un sou, par sa bouche, dans la tirelire de son ventre.
Elles montent, comme des soupirs, de la vase.

Immobiles, elles semblent, les gros yeux à fleur d’eau, les tumeurs de la mare plate.
Assises en tailleur, stupéfiées, elles bâillent au soleil couchant.
Puis, comme les camelots assourdissants des rues, elles crient les dernières nouvelles du jour.

Il y aura réception chez elles ce soir ; les entendez-vous rincer leurs verres ?
Parfois, elles happent un insecte.

Et d’autres ne s’occupent que d’amour.
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coco4649coco4649   28 février 2016
      LA POULE


Pattes jointes, elle saute du poulailler,
dès qu’on lui ouvre la porte.
C’est une poule commune, modestement
parée et qui ne pond jamais d’œufs d’or.
Éblouie de lumière, elle fait quelques pas,
indécise, dans la cour.
Elle voit d’abord le tas de cendres où,
chaque matin, elle a coutume de s’ébattre.
Elle s’y roule, s’y trempe, et, d’une vive
agitation d’ailes, les plumes gonflées, elle
secoue ses puces de la nuit.
Puis elle va boire au plat creux que la
dernière averse a rempli.
Elle ne boit que de l’eau.
Elle boit par petits coups et dresse le col,
en équilibre sur le bord du plat.
Ensuite elle cherche sa nourriture éparse.
Les fines herbes sont à elles, et les insectes
et les graines perdues.
Elle pique, elle pique, infatigable.
De temps en temps, elle s’arrête.
Droite, sous son bonnet phrygien, l’œil vif,
le jabot avantageux, elle écoute de l’une et
de l’autre oreille.
Et sûre qu’il n’y a rien de neuf, elle se remet
en quête.
Elle lève haut ses pattes raides, comme ceux
qui ont la goutte. Elle écarte les doigts et les
pose avec précaution, sans bruit.

On dirait qu’elle marche pieds nus.

p.13-14-15-16
édit. E..Flammarion 1926,
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coco4649coco4649   13 novembre 2015
NOUVELLE LUNE


L’ongle de la lune repousse.

Le soleil a disparu. On se retourne : la lune est là. Elle suivait,
sans rien dire, modeste et patiente imitatrice.

La lune exacte est revenue. L’homme attendait, le cœur comprimé
dans les ténèbres, si heureux de la voir qu’il ne sait plus ce qu’il
voulait lui dire.

De gros nuages blancs s’approchent de la pleine lune comme des
ours d’un gâteau de miel.

Le rêveur s’épuise à regarder la lune sans aiguilles et qui ne marque
rien, jamais rien.

On se sent tout à coup mal à l’aise. C’est la lune qui s’éloigne et
emporte nos secrets. On voit encore à l’horizon le bout de son
oreille.
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mylenamylena   16 avril 2022
La chèvre

Personne ne lit la feuille du journal officiel affichée au mur de la mairie.
Si, la chèvre.
Elle se dresse sur ses pattes de derrière, appuie celles de devant au bas de l'affiche, remue ses cornes et sa barbe, et agite la tête de droite à gauche, comme une vieille dame qui lit.
Sa lecture finie, ce papier sentant bon la colle fraîche, la chèvre le mange.
Tout ne se perd pas dans la commune.
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mandarine43mandarine43   03 février 2016
Le cochon.

Grognon, mais familier comme si nous t’avions gardé ensemble, tu fourres le nez partout et tu marches autant avec lui qu’avec les pattes.
Tu caches sous des oreilles en feuilles de betterave
tes petits yeux cassis.
Tu es ventru comme une groseille à maquereau.
Tu as de longs poils comme elle, comme elle la peau claire et une courte queue bouclée.
Et les méchants t’appellent : « Sale cochon ! »
Ils disent que, si rien ne te dégoûte, tu dégoûtes tout le monde et que tu n’aimes que l’eau de vaisselle grasse.
Mais ils te calomnient.
Qu’ils te débarbouillent et tu auras bonne mine.
Tu te négliges par leur faute.
Comme on fait ton lit, tu te couches, et la malpropreté n’est que ta seconde nature.

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MÉLANIE LECLERC
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