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ISBN : 2253037826
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Ils n'étaient pas plus méchants que d'autres, les Coverdale. Ce couple aisé, cultivé, amoureux, menait une existence paisible dans un élégant manoir de la campagne anglaise. Ils avaient même trouvé, avec Eunice, la domestique idéale : polie, effacée, ne rechignant jamais devant le travail. Pourquoi, comment Eunice va-t-elle être amenée à décrocher un fusil et à perpétrer un véritable massacre ? C'est ce que la romancière de L'Eté de Trapellune et Jeux de mains nous ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  01 juin 2017
Eunice, ha ! Eunice, c'est un cas. Elle ne sait ni lire, ni écrire et pourtant elle est allée à l'école jusqu'à l'âge de 14 ans, mais il y a eu la guerre pour interrompre ce qui de toute façon ne l'intéressait pas. Puis il y a eu sa mère malade, la maison à s'occuper et puis et puis... finalement elle est devenue bonne à tout faire chez les Coverdable. Une famille de bourgeois cultivés habitant un joli manoir à la campagne.
Malgré une raideur d'esprit, de celle qui empêche toute possibilité d'adaptation, les premiers temps au service des Coverdable furent pour Eunice un succès. À cette époque pas un instant ses employeurs ne se doutèrent de la profonde névrose liée à l'analphabétisme de leur employée. Ce n'est qu'au fil du temps que des bizarreries presque imperceptibles ont commencé à alerter le maître de maison.
Et de fait, de plus en plus oppressée par cette famille de grands lecteurs qui vivent parmi les livres, les objets de son malheur, Eunice va multiplier les comportements inappropriés, poussée par " ses impulsions ". Une montée en puissance vers le drame, stimulée par sa rencontre avec une femme aussi déséquilibrée qu'elle. Deux femmes qui en dépit des apparences n'ont " aucune ressemblance avec les soeurs Papin, qui cuisinière et femme de chambre chez une mère et sa fille au Mans, les assassinèrent toutes deux en 1933. "
Analphabétisme, différence de classes et d'éducation, perversité, folie, on assiste fasciné à ce qui a conduit au drame annoncé, la mort de quatre innocents qui ont fait une erreur de jugement. Du grand art dans la psychologie non dénuée d'ironie, comme dans l'excellent film de Claude Chabrol, La Cérémonie, tiré de ce roman, avec les inoubliables interprétations d'Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire dans le rôle des criminelles.
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Fortuna
  20 octobre 2017
Une famille aisée, les Coverdale, insouciante et cultivée ; un confortable manoir ; Eunice, une domestique presque parfaite ; Ruth Rendell nous a planté le décor idéal d'un drame absurde, ignoble, nourri par le ressentiment, la frustration, la jalousie, la folie… Quand une femme fragile tombe dans l'intégrisme religieux et croise le chemin d'une employée de maison analphabète, le cocktail devient vite explosif…
L'auteur nous peint avec beaucoup de talent le caractère d'une femme fruste sur laquelle la culture intellectuelle a glissé, l'absence d'accès au langage écrit ayant atrophié sa sensibilité, appauvri ses relations au monde et aux autres, la laissant seule, enfermée dans une unique obsession : que personne ne découvre son incapacité.
Comment un discours religieux fanatique peut avoir une résonance criminelle chez des êtres fragiles, comment l'illettrisme peut conduire à la violence, ce sont des thèmes qui nous interpellent forcément et résonnent avec notre actualité. le tout dans une ambiance manoir anglais, suspense psychologique et tasse de thé, avis aux amateurs…
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Ingannmic
  18 juillet 2015
La nature du suspense qui vous tiendra en haleine lors de la lecture de "L'analphabète" de Ruth Rendell, n'est pas liée au nom de l'assassin. En effet, l'auteure nous livre d'emblée l'identité du -ou plutôt de la- coupable, nommée Eunice Parchman. Tout comme elle précise immédiatement son mobile... et c'est paradoxalement cette indication qui dote le début de l'intrigue d'une dimension énigmatique. Nous apprenons en effet que si Eunice Parchman a tué ses patrons, les Coverdale, qui l'employaient comme domestique depuis neuf mois, c'est parce qu'elle était analphabète.
Commence alors un compte à rebours, l'intrigue reconstituant les différentes étapes qui ont mené à la tragédie qui coûtera la vie à quatre membres de la famille Coverdale. Mais "L'analphabète", c'est surtout l'histoire d'un drame social, d'une exclusion que, par honte, sa victime s'impose. Car le récit tourne essentiellement autour du personnage de Eunice Parchman, et plus précisément autour des conséquences de son analphabétisme sur son caractère, sur sa psychologie.
Ce handicap a fait d'elle quelqu'un de profondément différent, qui agit davantage par instinct que par réflexion. Son analphabétisme, couplé à l'indifférence parentale dont fut auréolée son enfance, semble par ailleurs être la cause d'un intellect limité, et surtout d'une frigidité émotionnelle et d'un manque de curiosité pour le monde qui l'entoure absolument atterrants.
Eunice Parchman est pour résumer un personnage singulièrement inquiétant. Mais ce qui est tout aussi glaçant, c'est l'incommunicabilité et l'incompréhension mutuelle qui président aux rapports qu'elle entretient avec autrui en général, et avec les Coverdale en particulier, ce dont elle n'est pas l'unique responsable...
Car autant Eunice oppose à ses employeurs un mutisme rebutant, autant ces derniers, engoncés dans la certitude -certes inconsciente mais néanmoins bien réelle- de leur supériorité sociale et intellectuelle, lui renvoient une attitude naturellement condescendante qui entretient la distance entre la domestique et ses patrons, nourrit progressivement le ressentiment de l'une et le malaise des autres...
Ruth Rendell déroule son intrigue en s'attachant à ne dépeindre que des faits : à l'image du personnage de Eunice, son récit occulte toute émotion, mais donne néanmoins l'impression de décortiquer les mécanismes qui la conduisent à l'acte fatal. Car elle possède un sens aigu du détail significatif, et sait mettre en scène ses protagonistes de manière à permettre au lecteur d'appréhender les subtilités de leur évolution psychologique.

Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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HORUSFONCK
  13 mars 2018
Ressentiment et frustration forment le terreau de ce drame concocté par Ruth Rendell, et d'abord offert au lecteur sous la jaune couverture du Masque.
Il fallait un Claude Chabrol aussi inspiré que spécialiste des tragédies tant provinciales que criminelles, pour adapter ce récit "so british" dans une ambiance française.
L'enfer de l'analphabète, emmurée dans un secret honteux, est soigneusement déroulé par Ruth Rendell dans un crescendo habile vers l'inéluctable dénouement.
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magireve
  29 mars 2019
Eunice Parchman est une domestique docile, appliquée et méticuleuse. La famille Coverdale ne pouvait pas espérer mieux comme aide ménagère: George et Jacqueline Coverdale, sont tous deux très cultivés, de même que leurs enfants (Giles, le fils issu du premier mariage de Jacqueline, punaise régulièrement des citations d'auteurs aux murs de sa chambre). Tout semble être pour le mieux dans le meilleur des monde. Toutefois, il y a une ombre à ce tableau si charmant en apparence: Eunice Parchman est analphabète, et personne ne le sait. Très habile et rusée, la domestique est capable d'inventer d'ingénieux subterfuges pour dissimuler à autrui cet handicap. La vie n'a pas été clémente pour Eunice qui cherche un refuge où elle seule aurait accès. Ce refuge, c'est la télévision qui le lui procure, ainsi que sa seule amie, Joan Smith, commerçante habituée à violer les correspondances qui ont le malheur de tomber entre ses mains, hélas pour leurs destinataires. Mais Joan est également membre d'une secte religieuse. Fanatique, elle est persuadée d'être une sentinelle de Dieu. Des antagonismes se creusent entre les Coverdale et Eunice qui redoute que l'on découvre qu'elle est illettrée; Eunice ne veut pas apprendre à lire ou à écrire: cela mettrait en péril ce microcosme fragile auquel elle s'agrippe désespérément. Aussi, se sent-elle menacée lorsqu'elle découvre les notes que lui laissent ses employeurs avec les instructions de la journée. Et petit à petit, Eunice sombre dans la paranoïa, s'imaginant que tous sont ligués contre elle, alors qu'en réalité, ils ne demanderaient pas mieux que de lui venir en aide...
Quel roman captivant! Le suspense est orchestré avec brio: même si nous apprenons dès l'incipit du roman le crime qu'a commis Eunice, nous sommes tout de même déconcertés: comment a-t-elle pu en arriver là? Était-ce la fatalité? La malchance? La goutte d'eau qui a fait déborder le vase? Toutes ces questions trouvent lentement mais inéluctablement leurs réponses: Ruth Rendell remonte le temps pour nous faire découvrir l'existence d'Eunice avant sa rencontre avec la famille Coverdale, puis nous observons son évolution dans ce charmant manoir du Suffolk. Soudain surgit Joan Smith dans son existence; les deux femmes commencent à former un tandem impromptu. Eunice et Joan... deux femmes que tout oppose, mais dont les trajectoires seront inextricablement liées l'une à l'autre! Eunice se découvre une nature manipulatrice: elle parvient à dissimuler son handicap à Joan et à l'utiliser comme interprète. L'existence d'Eunice est pareille à un engrenage affolé dont on ne peut plus arrêter la course effrénée: elle se braque et entraîne avec elle ceux qui ose trouvent sur son passage. Ce roman est une véritable prouesse, très agréable à lire, et nous laisse des souvenirs impérissables (qu'il s'agisse des dialogues ou des analepses, tout est mémorable). Il y a un je-ne-sais-quoi qui rappelle beaucoup Alfred Hitchcock dans cet ouvrage.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
FortunaFortuna   10 octobre 2017
Elle ne savait pas, n'aurait jamais imaginé qu'en fait, Eunice était bien plus effrayée par sa patronne qu'elle-même intimidée par sa domestique. Que l'incident de l'historique des Coverdale l'avait fait rentrer complètement dans sa coquille, persuadée que si elle leur parlait ou se laissait adresser la parole, son ennemi mortel, le mot imprimé, se lèverait et viendrait l'assaillir. Quand Jacqueline, après avoir tiré un fauteuil à côté du radiateur, lisait dans son coin afin de ne pas gêner Eunice et lui laisser le champ libre, elle était loin de se douter qu'elle ne pouvait justement rien faire de mieux pour la gêner encore plus et attiser sa haine.
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AlixoneAlixone   20 juillet 2016
Les Coverdale s'étaient posé bien des questions sur les capacités de travail d'Eunice Parchman, et sur son attitude respectueuse ou non, envers eux. Ils lui avaient attribué une salle de bains personnelle, un poste de télévision, des sièges confortables et un lit bien rembourré, un peu comme on donne une bonne litière et une bonne mangeoire à un cheval de labour.
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palamedepalamede   31 mai 2017
... l'égoïsme n'est pas de vivre comme on a envie mais d'y contraindre les autres.
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Enlil_KinEnlil_Kin   22 septembre 2011
Ils avaient peur de se montrer égoïstes, car ils n'avaient jamais compris ce que Giles savait instinctivement, que l'égoïsme n'est pas de vivre comme on a envie mais d'y contraindre les autres.
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NierikaNierika   17 juillet 2012
A propos d'Eunice Parchman :

"Elle avait le redoutable pragmatisme du singe de nos origines déguisé en femme du XXe siècle." (p.5)
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Videos de Ruth Rendell (6) Voir plusAjouter une vidéo
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