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Pierre-Guillaume Lebon (Traducteur)
EAN : 9782253059639
316 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1992)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 40 notes)
Résumé :

Trois femmes occupent l'imagination de Philip : Rebecca, dont l'assassinat supposé passionne Londres . Il éprouve à son sujet une fascination pour la mort qui l'horrifie. Senta, rencontrée au mariage de sa soeur où elle était demoiselle d'honneur. Enfin une statue, représentant la déesse Flore : objet des fantasmes d'adolescent de Philip et propriété d'un personnage peu sympathique, elle ressemble extraordinairement à Senta, avec laquelle il vit une pass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nameless
  06 février 2016
Philip, géomètre adjoint chargé de l'aménagement de cuisines et salles de bains, vit chez sa mère Christine, en compagnie de ses deux soeurs, Fee et Cheryl. Christine, veuve, entretient avec Gerard Arnham une relation amoureuse, et comme preuve de son attachement, lui offre une statue qui trônait jusqu'à présent dans le jardin familial. Il s'agit d'une reproduction en taille réduite de la Flore Farnèse, déesse du printemps et des fleurs dont la fleur symbole est l'aubépine, achetée à Florence lors de sa lune de miel par le défunt père de ses enfants. Philip éprouve une fascination trouble pour Flore, son visage serein, ses yeux qui semblent fixer le lointain, au-delà du spectateur.

C'est au cours du mariage de sa soeur Fee que Philip fait la connaissance de Senta Pelham, en qui il voit la jumelle de Flore, l'une de chair et l'autre de pierre, et ressent cette découverte comme un évènement d'ordre sacré. Senta, dont le prénom est celui de l'héroïne du Vaisseau fantôme, est une jeune femme qui fuit la réalité pour se réfugier dans l'imaginaire. Elle ment, fantasme, enjôlive : “Lorsque la vérité lui convenait, elle la lui avait présentée, et quand elle manquait de charme ou d'intensité dramatique, elle avait inventé” (p. 150). Dans le sous-sol crasseux où elle vit cloîtrée, Philip et Senta s'adonnent à une très intense relation charnelle qui devient rapidement pour Philip obsessionnelle. Peu à peu Senta distille dans l'esprit de son amant des idées qui portent atteinte à son équilibre mental : “Nous sommes Arès et Aphrodite. Ces dieux anciens n'ont pas disparu avec l'avènement du christianisme. Ils se sont seulement cachés et se réincarnent de temps en temps dans certains individus sélectionnés à cet effet. Toi et moi, Philip, nous sommes deux de ces personnes. J'ai fait un rêve la nuit dernière où tout m'était révélé. Nous nous tenions debout, les pieds sur la courbure du globe terrestre, dans une lumière aveuglante et nous étions vêtus de robes blanches” (p. 174) ; “Elle lui expliqua que ce couple de dieux – encore appelés Mars et Vénus, […] avaient provoqué la perte de nombreux mortels, qu'ils n'hésitaient pas à faire périr quiconque les avait offensés ou leur avait simplement fait obstacle par son existence même” (p. 174). Selon Senta, pour vivre pleinement, ils doivent accomplir quatre actes : “Planter un arbre, écrire un poème, faire l'amour avec une personne de son sexe et tuer quelqu'un” (p. 121). Philip, englué dans un amour dévorant qui dépasse la raison, se voit sommé d'assassiner quelqu'un, n'importe qui, tandis que Senta prétend avoir déjà accompli ce forfait par amour pour lui.

Il s'agit d'un roman d'une intensité dramatique exceptionnelle, dont chaque personnage est soumis à de funestes pulsions, dans lequel la libido occupe une place prépondérante. Philip et Senta ne sont pas les deux seuls personnages importants de la demoiselle d'honneur. Il y a aussi Cheryl dont la vie recèle un secret, il y a aussi les sans-abri, parmi lesquels Joley, si chers à Ruth Rendell, dont elle décrit avec compassion la vie : “Philip n'avait jamais envisagé que les vagabonds puissent vivre une existence comparable à celle d'une humanité plus conventionnelle, qu'ils puissent avoir des médecins par exemple” (p. 260). Il ne faut pas oublier non plus Rebecca, disparue qui fait la une des journaux, supposée assassinée, son tueur toujours en liberté.

5***** diront pour moi le plaisir éprouvé lors de cette lecture qui demande une attention soutenue et du temps tant l'intrigue est complexe, tant la langue est riche, tant la tension est forte, tant l'analyse des ressorts psychologiques humains est profonde. Claude Chabrol a porté ce roman à l'écran en 2004 avec Benoît Magimel et Laura Smet dans les rôles de Philip et Senta.
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collectifpolar
  07 septembre 2020
Philip ne se préoccupe pas de la disparition de Rebecca Neave qui pourtant passionne tu Londres. Il ne partage pas la fascination de sa soeur pour ces faits divers. Ce qui m'intéresse davantage c'est l'éventuelle remariage de sa mère et surtout la personnalité de son fiancé. Surtout que sa mère veut offrir à son futur mari une statue appartenant à la famille et que Philip affectionne particulièrement. Il faut dire que le jour du mariage de sa soeur il fait la connaissance de Senta Pelham et que Senta est la réplique suivante de la statue qui est obsède Philip. le drame se noue alors que l'attirance du jeune homme pour cette jeune fille est inévitable. Une passion foudroyante être entre ces deux-là. Une passion morbide envahissante qui détruira tout sur son passage. Cherchant à percer le mystère de trois femmes qui l'obsèdent, Rebecca dont l'assassinat passionne Londres, Senta rencontrée au mariage de sa soeur et une statue qui représente la déesse Flore, Philip va peu à peu dévoiler ses propres énigmes : la violence refoulée, l'inceste latent, l'obsession érotique et la pulsion meurtrière.
Une nouvelle fois Ruth Rendell nous propose une étude approfondie des rapports humains. Elle nous entraîne avec ses personnages dans ce thriller qui ne nous épargnera pas et donc Nous ne ressortirons ressortiront pas indemne.
Lien : https://collectifpolar.com
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Adorna
  14 juillet 2016
Une progression dramatique qui donne envie de lire le roman jusqu'au bout. On regrette tout de même que les thèmes soient aussi glauques. Il s'en dégage une assez sombre vision de l'humain, ponctuée d'énoncés discutables sur la propension de tout individu à être capable de "n'importe quoi".
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
namelessnameless   04 février 2016
Philip fit l'une des pires expériences affectives possibles, attendre de longues heures près du téléphone l'appel d'une personne follement aimée, entendre enfin l'appareil sonner et avoir sa soeur au bout du fil.

Page 162
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namelessnameless   03 février 2016
Tout le monde est intéressé par les assassinats, la violence, le crime. On dit que c'est parce que nous en portons tous le germe en nous-mêmes. Nous sommes tous capables de tuer, nous avons tous envie, parfois, d'attaquer les gens, de les frapper, de leur faire mal.

Page 16
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namelessnameless   07 février 2016
Comment pouvait-on dire que des gens qu'on connaissait ne seraient pas des assassins ? Les assassins n'étaient-ils pas des gens ordinaires jusqu'à leur premier crime ?

Page 212
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nina2loinnina2loin   20 avril 2012
Les gens sont fascinés par les cas de mort violente. Philip, lui, en était malade. Il en avait la phobie. C'est la définition qu'il s'en donnait parfois à lui-même, une phobie de meurtre et de toutes les formes de violence meurtrière, de destruction de la vie, gratuite dans la guerre ou absurde dans les accidents. La violence lui répugnait, dans la réalité, sur l'écran, dans les livres. Cela durait depuis des années, depuis sa petite enfance, quand ses camarades le visaient de leur pistolet et " jouaient à se tuer ". De quand datait cette phobie, quelle en était la cause, il l'ignorait. Curieusement, il n'avait rien d'une poule mouillée ni d'une petite nature, ces choses-là ne l'effrayaient ni plus ni moins qu'un autre. Simplement, les morts non naturelles ne le divertissaient pas, n'exerçaient sur lui aucun attrait macabre. Elles lui inspiraient un mouvement de répulsion, sous quelque forme qu'elles se présentassent à lui. Il savait cette réaction inhabituelle. Il dissimulait sa phobie ou tentait de le faire.
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