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EAN : 9782376864387
320 pages
Editions ActuSF (25/02/2022)
4.15/5   26 notes
Résumé :
Roman atypique lycanthrope, Meute suit Nathanaël, Val et Calame. Si le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude, le second est un humain à qui l'on a volé la voix alors que le troisième est un loupiot traumatisé, incapable d'accéder à la moindre autonomie.

Ce récit fantastique est avant tout celui d'une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la lumière.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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oursinculte
  17 mars 2022
Comme tous les ans, Les indés de l'imaginaire nous proposent leurs « pépites de l'imaginaire », des nouveaux auteurs (ou nouveaux chez eux) qu'ils mettent en avant pour proposer du sang neuf dans leurs publications. C'est souvent l'occasion de découvrir de belles choses et de sortir des sentiers battus. Cette année, ActuSF a sorti Meute de Karine Rennberg, dont le pitch est assez mystérieux, mais on se dit « oui, des loup-garous, c'est de l'Urban fantasy, on connait ». Ben non.
Nathanaël est un loup-garou, donc, mais un solitaire. Sans meute, il bosse par-ci par-là pour les gangs des docks, il aime se bastonner, il aime être tranquille, il aime trainer avec son mec ou son co-équipier Val. Nath a quand même quelques liens avec la meute de Marc, qui squatte une maison de gros bourgeois qu'il leur prête, Marc est l'alpha qui l'a guidé à ses débuts de transformation donc il l'aime bien. Quand Marc demande lui demande de baby-sitter le petit nouveau à la maison le temps d'une mission, Nath va se retrouver devant un gosse traumatisé qui ne mange rien et ne parle plus. Petit à petit une relation va naitre, des liens vont se tisser et former quelque chose de nouveau.
Meute surprend, donc. le plus évident c'est la narration à la deuxième personne qui te saute à la gueule dès les premières pages, le bouquin dit « tu », mais il dit pas « tu » au lecteur, il dit « tu » au personnage. Mais comme le bouquin tourne entre trois points de vue, Nath, Val et Loupiot/Calame, chaque chapitre te fait tourner en bourrique pour resituer qui est ce « tu » et qui sont les autres. Ton cerveau joue aux chaises musicales et faut un petit temps d'adaptation pour se faire à la gymnastique. Personnellement je suis pas fan, je ressens pas d'intérêt particulier à la chose mais on s'y habitue, ça m'a finalement pas dérangé donc pourquoi pas ? On se fait à la narration même si j'ai trouvé que l'autrice avait la main lourde sur les « bordel, merde, putain » dans le feu de l'action.

Le background du bouquin est esquissé de manière très vague, on sait qu'on est dans un univers qui ressemble à du post-apo, y'a des gangs qui donne du boulot à nos protagonistes, on galère pour trouver du carburant, des fruits frais, tout est dans le trafic, qui vole une cargaison à qui, qui trouve une ferme planquée dans les bois, qui a une magouille pour se trouver un succédané de chocolat (ça sera important). le lecteur sait pas vraiment où on se situe non plus, notre monde ? Un monde secondaire ? Aucune idée, les lieux sont « Les docks », « La marina », « La flaque », « La ville voisine », « L'autre grande ville à l'ouest ». On pourra spéculer si on est joueur, y'a un lac, des docks, des beaux quartiers, voilà. Et en fait j'aime bien ça, je l'ai déjà dit mais j'ai pas besoin de connaitre le passé, qu'on m'explique l'univers, et la magie de A à Z, souvent les worldbuilding flous laissent de la place au reste, et à l'imagination, justement.
Et dans tout ça le lecteur vit quoi ? Et bien le lecteur vit principalement une histoire de famille. L'intrigue générale est faite d'enquête sur des enlèvements, de combats organisés pour gagner du pognon, de mission de gangs, mais tout passe souvent en arrière-plan pour se concentrer sur les relations entre les personnages. On a un noyau dur avec Nath, Val, Calame, et un peu (trop peu ?) Enzo qui va nous offrir une dynamique de groupe, de famille, de meute. Si on découvre entre Val et Nath une amitié sans faille, une confiance absolue qui existe déjà et fait chaud au coeur, tout l'enjeu sera pour eux d'aller vers Calame, de prendre soin de ce gosse loup-garou manifestement traumatisé, de recréer du lien et de prendre soin les uns des autres.
Toute une partie du roman va traiter du traumatisme et de comment on va aider le petit à se remettre, on entrevoit de la maltraitance, de la torture, y'a un côté assez dur avec la bouffe qui est un des éléments compliqués à gérer. Comme je l'ai dit, y'a des chapitres aussi du point de vue de Loupiot/Calame, et c'est une narration particulière parce qu'il ressent « en couleurs », il voit et interprète des « auras », il pense en peinture, et il souffre, aussi. Il a été recueilli par la meute de Marc mais c'est un peu le bordel chez eux et aucun n'arrive à atteindre Calame, et quand Nath prend le relais ça va générer des conflits aussi, et devenir un des enjeux de l'histoire.
Il y a bien sûr des choses qui se passent autour, on va découvrir un peu le passé du petit, on va avoir quelques conflits et moments de tension très bien amenés, mais le coeur du roman c'est l'évolution de ce noeud de relations. Karine Rennberg nous propose une histoire autour de la famille de coeur qu'on se trouve le long du chemin, de l'aide inattendu d'un lien nouveau et fort. Ici ça prend une saveur particulière parce que l'autrice traite les loup-garous de manière « réaliste », les lycanthropes sont des humains qui se transforment en vrais loups, et ont des comportements de vrais loups, et c'est pas juste une histoire d'alpha macho au corps musclé et de « j'te grogne dessus », y'a une hiérarchie complexe et équilibrée, des comportements pleins de détails qui sonnent juste, des attitudes très animales dans les petites choses où on se représente parfaitement des loups se comporter comme ça.
On pourrait pointer plein de petits défauts, des trucs qu'on aimerait moins comme ci ou plus comme ça… Mais au final le bouquin touche son but parce que cette base de relation fonctionne. Elle touche, elle émeut, elle résonne avec ce thème de la famille, de la meute. Je me suis finalement attaché à Nathanaël malgré son côté bourrin un peu surjoué, au petit Calame, et à la CLASSE ULTIME de Val, le gars posé, fiable, protecteur. Il se passe vraiment quelque chose au niveau des personnages, et ça c'est très important pour moi, vous le savez. Grâce à tout ça, Meute est finalement une très belle découverte. Une pépite, ouais, on peut dire ça.
Lien : https://ours-inculte.fr/meute/
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eTemporel
  24 mai 2022
On se retrouve aujourd'hui avec un roman qui fait le buzz en ce moment : Meute, de Karine Rennberg. Un roman d'urban fantasy que je n'aurais probablement pas acheté sans les conseils avisés de certaines autrices de ma connaissance, et que je me suis finalement procuré au salon Gresimaginaire. Grand bien m'en a pris car c'était une très jolie découverte.
On suit Nathanaël, un loup-garou solitaire qui peine à s'intégrer dans la meute de Marc, celui qui se propose d'être son alpha parce qu'il l'a aidé lors de ses premières transformations. Très proche de Val, son coéquipier, lequel n'est pas un loup-garou mais appartient à un gang, Nath aime autant la bagarre que sa tranquillité. Lorsque Marc lui demande de veiller sur un petit nouveau l'espace de quelques jours, sa vie va en être complètement bouleversée.
On est dans un genre de post-apo où les gangs ont pris le contrôle d'une ville qui n'est pas nommée, et où les ressources comme l'électricité, l'essence et les produits frais sont difficiles à trouver. L'univers est à peine esquissé mais ce n'est pas vraiment dérangeant. Ce qui importe ici, ce sont les relations entre les personnages et leur évolution. de ce point de vue-là, le roman est très réussi. Il y a bien une enquête sur des enlèvements de loups-garous mais elle passe un peu au second plan de l'intrigue. En fait, tout l'enjeu tourne autour du jeune Calame, complètement coupé du monde par son traumatisme et qu'il s'agit de ramener au sein de la meute.
Deux particularités à signaler dans le style de l'autrice, quand même. Pour commencer, le récit est à la deuxième personne du singulier. Autant vous dire que c'est très déstabilisant et qu'il m'a fallu près d'une centaine de pages pour m'y faire, d'autant plus qu'il y a trois personnages principaux. J'avais parfois bien du mal à savoir qui était ce “tu” dont on me parlait. On finit par s'habituer, mais je ne suis définitivement pas fan. Cela complique la lecture sans apporter grand-chose au final.
La seconde singularité, c'est que Calame voit et pense le monde en couleurs, il entend même ce qu'il appelle le chant des couleurs. Il distingue des espèces d'auras colorées autour des gens et des choses, et interprète les sentiments à coups d'orange désert, orange acide ou encore de bleu protection et vert vigilance. Encore une fois, c'est assez spécial, mais j'ai plutôt bien aimé cet aspect, qui illustre très bien les ressentis du loupiot.
Finalement, le roman fait mouche parce que les relations entre les personnages fonctionnent très bien. Ils sont vraiment touchants et on s'attache à eux presque sans s'en apercevoir. Seul bémol, qui ne relève pas de l'autrice mais de son éditeur, le nombre de coquilles qui restent dans le texte ! J'en ai rarement vu autant et c'est le genre de choses qui me rend dingue. Ce n'est vraiment pas sérieux et l'histoire de Karine Rennberg méritait mieux que cela.
Lien : http://etemporel.blogspot.co..
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DreamBookeuse
  22 avril 2022
Je n'attendais absolument rien de ce roman. Je n'étais d'ailleurs pas particulièrement convaincue par la couverture – pour une fois – et le résumé ne m'appelait pas. En fait, si j'y suis allée, c'est que le côté lycanthrope agit comme une madeleine de Proust pour moi. J'en ai tellement lus quand j'étais gamine, enfin quinze, seize ans quoi, à m'enfiler les Anita Blake, les Mercy Thompson et toutes ces autres séries mélangeant le sexe, les émotions à fleur de peau et des créatures magiques. Parfois je me replonge dedans pour me sortir de mes pannes de lecture. Une madeleine donc. Une madeleine à laquelle Karine Rennberg a su apporter son propre goût de la littérature, quelque chose de sombre et de surprenant.
Mon résumé
Val et Nath appartiennent aux Docks. Purs produits de la violence, de la mort et du sang, les deux hommes ont depuis longtemps noué une amitié franche et indéfectible, se vouant une loyauté sans faille, même quand l'un ne peut plus parler et l'autre se transforme en loup. Ensemble ils forment un duo dont toutes les railleries se mêlent, arguant une relation amoureuse qui n'existe pas.
En étant loup, Nath doit également obéissance à l'alpha local, Marc, idéaliste et sympathique, protecteur envers les siens, c'est le deal qu'ils ont passé. Seulement quand l'alpha ramène un jeune Loupiot brisé et apeuré, Nath s'en retrouve tout chamboulé.
Quel est ce lien qui l'unit à lui ? Comment faire pour seulement l'aider alors qu'il n'a jamais su réagir autrement qu'avec de la violence et de la colère ? Peut-il faire mieux que la meute qui le force à avaler des choses qu'il a en horreur ?
Entraînés malgré eux dans cette reconstruction douloureuse, Val, Nath et Calame devront s'apprivoiser, aussi sûrement et lentement que les couleurs d'un tableau qui n'étaient pas destinées à se rencontrer. le tout en jonglant avec les transformations d'un loup, les combats à mort dans l'Arène, et le démantèlement d'un laboratoire clandestin.
Mon avis
Livres Enchantés t'avait déjà vendu la mèche sur instagram, ce roman serait à la seconde personne du singulier, ça tombe bien, l'expérience Half Bad t'a convaincu que celle-ci te plaît, rentre dans tes entrailles presque plus facilement que le je, comme une prise à partie. Comme s'il fallait que tu fasses partie de cette histoire. Alors pour cette chronique tu empruntes le procédé, comme un avant-goût.
Quand tu ouvres ce livre, à peine quelques heures plus tôt, la nuit dernière, tu ne cherches qu'une chose : échapper aux pensées qui te hantent, cette mauvaise journée de travail où tu as foiré un rendez-vous et fait perdre une cliente à ton agence. Ça arrive, c'est humain, mais tu as besoin de cette dose d'évasion comme d'autres réclament leur dose de jeux vidéos ou de films. Alors tu te lances là dedans à corps perdu et tout commence dans la colère, celle de Nath qui transparaît par tous les pores de sa peau. Puis tout doucement on glisse vers la peur, celle de Loupiot qui voit son protecteur s'éloigner de lui.
D'emblée tu te dis que ce sera la véritable force de ce roman, au delà de l'histoire, au-delà des personnages, les émotions dans leur palette la plus sombre, la plus acide, la plus dure. Très vite, tu sais que cela tournera autour de ces trois personnages, Nath, Val et Calame, Loupiot au début du livre et tu ne sais pas trop si cela te convient d'entrée dans ce monde de violence alors que tu cherchais la paix, mais parce qu'il y a le « tu », tu n'arrives pas à arrêter. Tu t'impliques indubitablement, murmures de colère quand tu découvres Loupiot, imagines ce qu'il a subi, grognes imperceptiblement quand Nath s'énerve même si tu ne le comprends pas toujours, souris devant la belle relation fraternelle et amicale qui l'unit à Val. Il y a de belles images et de beaux moments alors qu'ils apprivoisent petit à petit le jeune loup.
Et puis tu aimes aussi toute cette diversité que Karine Rennberg insuffle dans son récit : ces hommes qui pleurent, qui s'aiment, ce langage des signes, cette nana cinglante et terrifiante, cette autre fille plus douce mais exigeante, tu aimes que Val soit absolument fan de son chat, et que Nath s'effondre de temps en temps. Tu aimes que cette belle humanité, profonde, parfois perdue, émerge d'un univers sombre et violent où s'affrontent chaque jour des hommes et des femmes dans une gerbe de sang.
Et puis, plus que tout, tu aimes que les couleurs prennent place, s'agitent sur les murs telles que Calame les voient autour de ceux qui s'adressent à lui, le violet apaisant, le rouge colère, l'ambre calme, le vert protecteur, le noir douleur, le blanc absence. Une poésie des pigments qui imprègnent tout le point de ce petit louveteau qui en a trop vu, trop subi, mais qui, lentement, avec un courage que tu n'imagines pas, se relève doucement, recule parfois, pour mieux avancer. Entre deux jeux de loups, les fenêtres qui s'ouvrent et les volutes de chocolat chaud.
Alors, quand tu refermes ce livre, ce matin, encore dans ta robe de nuit en laine, les cheveux en bataille, les pieds sous le plaid, tu souris doucement, étrangement apaisée par cette lecture riche en émotions, toutes pensées envolées, tu sais qu'elles reviendront te hanter et qu'il te suffira de penser à ce livre pour voir le monde en couleur.
En résumé
Meute de Karine Rennberg est un roman riche de couleurs, d'émotions et de violence. La mort rôde partout, des gerbes de sang éclaboussent le sol et pourtant il est d'une lumière éblouissante par sa forme, ce « tu » qui interpelle autant qu'il captive, ces personnages tour à tour tendres, durs, blessés, joyeux, et ce trio, loyal, attachant et touchant, parfois profondément meurtri. J'ai adoré ce roman, autant parce qu'il me replongeait dans la lycanthropie, ces relations de meute qui me fascinent depuis mon adolescence, que parce qu'il s'en éloignait indubitablement, invitant de la diversité, des larmes, et des palettes d'émotions intenses et profondes.
La liste des triggers se trouve en fin d'ouvrage, libre à celleux voulant les consulter de le faire. Vous pouvez les retrouver sur le site de l'autrice.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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JessieL
  09 mars 2022
Pépite de l'Imaginaire des éditions ActuSF, Meute est le second roman de Karine Rennberg. Après une poignée de nouvelles et un premier roman, Spirites, imprégné de magie, l'autrice change de registre en s'intéressant, cette fois-ci, au mythe du loup-garou.
Devenu lycanthrope par la force, Nathanaël est rappelé par son ancienne meute afin de garder un oeil sur un jeune loup pendant l'absence des autres membres. Touché par la grande détresse de ce loupiot, tout grand dur qu'il est, Nathanaël pourrait bien se laisser déstabiliser par la situation. Or, le moment est plutôt mal choisi avec la menace des chasseurs qui rôdent, d'autant que des loups-garous ont mystérieusement disparu. Heureusement pour lui, son ami Val veille. Mais est-ce que cela empêchera la situation de déraper ?
Glamorisé par la littérature et le cinéma de ces dernières années, la figure du loup-garou s'est éloignée du mythe originel. Or, avec Meute, Karine Rennberg casse l'image véhiculée par les séries littéraires comme Anita Blake de Laurell Kaye Hamilton ou Mercy Thompson de Patricia Briggs pour nous en brosser un portrait plus crédible. En effet, elle nous immerge ici au sein d'une meute et nous y explique son fonctionnement, les liens qui unissent ses membres les uns avec les autres, tout en s'intéressant à la relation intime que l'humain noue avec son loup intérieur. Un postulat qui confère au récit un ton volontairement intimiste, renforcé par la narration à la deuxième personne du singulier qui crée une vraie proximité avec le lecteur. Passé la surprise pour ce choix inhabituel, ce dernier s'attache d'emblée aux protagonistes de cette histoire en partageant notamment avec eux leurs émotions, leurs questionnements et leurs sentiments.
En outre, Meute prend cadre dans un univers post-apocalyptique même si Karine Rennberg s'attarde peu sur la question en se contentant de donner quelques éléments indicatifs comme la mention de la rareté et la cherté de certaines denrées ou encore la généralisation de panneaux solaires et le rationnement de l'énergie produite pour les castes les plus pauvres. Les héros de cette histoire évoluent dans un monde âpre les contraignant à vendre leurs services aux gangs locaux, voire à les intégrer pleinement. Sous la plume de Karine Rennberg, certains de ses personnages participent à des combats dans des arènes afin de tirer profit de leurs prestations, au risque d'en ressortir gravement blessés, voire morts.
De fait, Meute dégage une atmosphère pesante portée par le danger permanent qui tourne autour de ces derniers. Dans ce monde sans pitié, les destins s'écrivent dans le sang et la violence. Malmenés par la vie, que ce soit Nathanaël, Val ou Calame, tous ont un passé lourd et déchirant. Narrateurs de cette histoire, ces cabossés de la vie nous en font voir des vertes et des pas mûres. Néanmoins, sous des dehors de durs à cuir, au moins pour Val et Nath, se cachent des hommes de coeur car ils ont un certain code d'honneur et se tiennent à une ligne de conduite précise.
Bien que des menaces planent autour des personnages, à travers la disparition inquiétante de loups-garous, Meute n'est pas spécialement un récit où l'action est menée tambour battant. Au contraire, Karine Rennberg a resserré son intrigue autour de son trio de héros pour proposer un texte qui tire davantage vers l'affectif plutôt que vers le sensationnel. Meute relève donc plus de l'aventure intérieure explorant les sensations de ce que c'est que d'être un loup-garou. A travers cette filiation induite par la lycanthropie, elle questionne cette notion du relationnel presque charnel entre les membres d'une même meute.
Bouleversant et étonnant, Meute est le genre de roman inattendu qui fait son petit effet sur son lectorat en lui faisant emprunter un ascenseur émotionnel... suite sur Fantasy à la Carte.

Lien : https://fantasyalacarte.blog..
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LesMotsMagiques
  21 mars 2022
Bon, déjà je vais commencer par refuser de faire un résumé de ce roman. D'une part parce que je ne me sens pas capable de lui rendre justice, et d'autre part parce que ce n'est pas l'intrigue qui compte le plus ici : ce sont les personnages, leurs relations, et juste tout ce que le livre peut nous faire ressentir.

Du coup je vais procéder un peu différemment de d'habitude. Au lieu de vous partager mon ressenti, je vais plutôt vous dire ce que ce roman EST et ce qu'il n'EST PAS.

Meute n'est pas de la bit-lit. Pas de cliché du gros mâle libidineux qui n'a jamais entendu le mot consentement ici. le but du roman n'est clairement pas de promouvoir les relations toxiques, bien au contraire. Certains personnages ne sont absolument pas intéressés par la bagatelle, d'autres ont clairement d'autres soucis, bien plus importants, auxquels ils doivent faire face. D'ailleurs l'aspect romance est très très en retrait dans ce roman qui parle avant tout de famille, celle qu'on choisit.

Meute n'est pas un roman bourré d'action où tout le monde est hyper badass. Bon, on va pas se mentir, Val et Nath sont badass pour le coup mais on suit aussi des personnages plein de fêlures comme Calame, ou même Luka dans une moindre mesure. Il y a évidemment des scènes d'action par moment mais elles sont loin de prendre le pas sur le reste. Elles sont d'ailleurs toujours très courtes et on passe rapidement à autre chose, à ce qui compte vraiment, à savoir les personnages et leurs ressentis. Ça n'empêche pas cependant qu'il y ait beaucoup de violence dans le monde dépeint par l'autrice.

Meute n'est pas un roman qui mise tout sur le worldbuilding. Bien au contraire d'ailleurs puisqu'on en sait finalement assez peu sur l'univers. On comprend vite qu'il s'agit d'un univers post-apocalyptique dans lequel les gens survivent comme ils peuvent. Il n'y visiblement pas de gouvernement mais juste des gangs qui gèrent leur bout de territoire, on ne sait trop comment. J'imagine que ça peut-être gênant pour les gens qui donnent beaucoup d'importance à cet aspect, mais pour ma part je n'ai pas ressenti la moindre frustration à ce niveau. Comme pour l'action, ce n'est pas le but de ce roman.

Mais du coup c'est quoi, Meute ?

Meute, c'est avant tout un récit très psychologique centré sur ses personnages. On suit trois points de vue écrits à la seconde personne (qui perturbe pendant à peu près 4 pages, jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était le meilleur choix de narration possible). A travers ces trois personnages, on va parler de traumatisme, de reconstruction, de responsabilité, de pression… Pas forcément des sujets faciles mais qui sont traités avec beaucoup de justesse.

Certaines choses sont assez dures (il y a d'ailleurs une liste de TW à la fin du roman pour ceux que ça intéresse), même si la plupart des scènes difficiles sont évoquées plus qu'elles ne sont décrites. Malgré tout, la sensibilité et la poésie de la plume (malgré un langage un peu cru par moments) fait passer la pilule et permet de beaucoup plus se focaliser sur le beau que sur l'horreur humaine.

Meute, c'est une lecture riche en couleurs et en émotions, qui prend aux tripes sans jamais être tire-larmes malgré certaines thématiques. On en ressort marqué dans le bon sens du terme, en retrouvant presque foi dans l'être humain.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MariineJMariineJ   23 avril 2022
𝑳𝒂 𝒇𝒍𝒂𝒎𝒎𝒆 𝒂𝒖 𝒇𝒐𝒏𝒅 𝒅𝒆 𝒕𝒐𝒏 𝒆𝒔𝒑𝒓𝒊𝒕 𝒕'𝒆𝒏𝒕𝒐𝒖𝒓𝒆 𝒆𝒕 𝒍'𝒂𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒎𝒂𝒖𝒔𝒐𝒍𝒆́𝒆, 𝒂𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒆́𝒕𝒆𝒓𝒏𝒊𝒕𝒆́, 𝒂𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒂𝒎𝒖𝒍𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒔'𝒆́𝒓𝒊𝒈𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒂𝒖𝒕𝒐𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒕𝒐𝒊.
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CROCBOOKSCROCBOOKS   20 mars 2022
C'est le petit chat terre claire et bois sombre de celui qui ne parle pas, qui passe la tête entre les pots de peinture. Il est violet champ de lavande, violet joyeux, violet ciel de nuit pendant qu'il explore, recule avec un air dégoûté devant certaines odeurs pour mieux s'intéresser à d'autres. Il se redresse sur le bord des pots pour bien regarder à l'intérieur, se met de la couleur sur les pattes, laisse des petites traces sur le plastique par terre.
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JadeLoulouteJadeLouloute   15 avril 2022
Blotti au milieu de ceux qui sont ta meute, le monde ne te fait plus aussi peur.
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Marquise_de_MiaouchaMarquise_de_Miaoucha   20 mars 2022
Et l'inquiétude orange désert et la tristesse jaune agrume tout autour de lui pendant qu'il t'observe. Pourquoi n'a-t-il pas écouté tes couleurs ?
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Marquise_de_MiaouchaMarquise_de_Miaoucha   20 mars 2022
La flamme au fond de ton esprit t'entoure, et l'ambre mausolée, ambre éternité, ambre amulette s'érige tout autour de toi.
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