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EAN : 9782207117682
112 pages
Éditeur : Denoël (09/10/2014)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 180 notes)
Résumé :
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d'un puits de terre, au milieu d'une forêt. Ils tentent de s'échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. A leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d'y toucher. Jour après jour, le Petit s'affaiblit. S'il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il ? Le Grand survivra-t-il ? Comm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
CasusBelli
  23 mars 2020
Pour commencer je remercie David pour m'avoir incité à cette lecture qui a été une expérience intéressante.
Deux frères, deux enfants au fond d'un puits, seuls et livrés à eux mêmes, l'histoire ne le dit pas mais ils peuvent avoir 6 et 14 ans. Dès le début, le sordide s'installe, car s'ils ont un sac de provisions avec eux, il n'est pourtant pas question d'y toucher devraient-ils mourir de faim...
C'est un récit fascinant et dérangeant selon mes critères, fascinant car la survie des enfants s'organise et elle est compliquée et cruelle par bien des aspects, les privations et tout ce qu'ils vont devoir subir en terme d'inconfort (euphémisme).
Un récit dérangeant pour ce qui me concerne car j'ai peu d'affinité avec ce qui touche à la souffrance en général et celle des enfants en particulier.
Il y a des non-dits, pourquoi sont-ils au fond de ce puits luttant pour survivre ? Voire des fausses pistes, là je ne vous livrerai pas les déductions erronées qui m'étaient venues à l'esprit...
C'est un conte cruel, moderne et intemporel qui vous emmènera inexorablement au dernier chapitre pour justifier tout ce qui aura précédé.
Une histoire d'une belle profondeur, qui résonne tel un écho une fois la dernière page tournée, un livre idéal pour échanger des ressentis, mais seulement avec ceux qui l'auraient lu, car en dire plus et donc trop serait dommageable à cette expérience de lecture.
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Sando
  09 mars 2015
En plein coeur de la forêt se trouve un puits de sept mètres de haut et de trois grands pas de large, à l'intérieur duquel sont tombés deux enfants, deux frères : le Grand et le Petit. Ils n'ont avec eux qu'un sac de provisions destiné à leur mère, qu'ils s'interdisent de toucher malgré la faim qui les tenaille au fur et à mesure que les jours passent sans espoir de secours…

Pourtant, la nuit, une ombre, qui n'est pas celle des loups affamés, vient les observer puis s'enfuit dans l'obscurité. Qui est-ce ? Pourquoi les laisse-t-on là ? Plus les jours défilent et plus les questions sont nombreuses. La faim et la soif s'intensifient en même temps que croissent la folie et le désespoir. Mais alors que le Petit semble lâcher prise, le Grand s'acharne à conserver chaque jour le même rituel pour entretenir sa force et fait montre d'une détermination à toute épreuve… Que cache donc cette surprenante fureur de vivre ?

Intriguée par un résumé alléchant, il me tardait de découvrir ce court roman d'Ivan Repila. Une heure suffit pour venir à bout du calvaire et de l'horreur vécus par ces deux frères et c'est déjà plus qu'il n'en faut à tout lecteur un tant soit peu sensible ! Une heure durant laquelle on a l'impression de toucher le fond, de suffoquer dans ce puits profond et oppressant où l'on ne se nourrit que d'insectes et d'eau croupie. En seulement une heure, l'auteur repousse la nature humaine dans ses derniers retranchements, menaçant de céder au pire à tout moment. Une heure de plongée au coeur d'une torture innommable et incompréhensible dont on ressort meurtri et chamboulé.

Avec ces personnages sans nom et sans âge, son puits perdu au beau milieu d'une forêt et cette notion de l'interdit liée au sac, Ivan Repila utilise tous les éléments du conte et nous livre une interprétation cruelle et sombre bien éloignée des contes de fées à la sauce Disney et bien plus proche des versions de Charles Perrault ou des frères Grimm… L'écriture est concise et entraînante et les chapitres sont découpés en fonction du nombre de jours d'emprisonnement, instaurant ainsi une tension à mesure que les jours défilent…

« le Puits » est une parabole qui prend la forme d'un huis-clos étouffant, faisant ressortir la nature profonde de l'homme et le poussant au-delà de ses capacités pour survivre. Une fable terrible et amère sur l'amour fraternel, la haine, la vengeance, mais aussi l'espoir et la persévérance. Une lecture prenante qui ne peut pas laisser indifférent…

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blandine5674
  04 septembre 2019
Perturbant ce Puits ! Petit de par les Pages, mais Puissant. Pratiquement toute l'action se passe au fond d'un puits dans la forêt où se trouve deux frères le Grand et le Petit. Pas de prénoms ? Comment survivre ? Qui les a poussé là-dedans ? Un conte d'aujourd'hui aux références des classiques sur l'abandon, l'enfermement, la solitude, la rage, l'amour et la haine entre frères, le besoin de protection, la faim et la soif de la vie, la vengeance. Pas évident de décrypter le message. Tout en le lisant, il m'est souvent venu à l'esprit le passage de Louis Sachar, je ne sais pas pourquoi. Des enfants aussi, mais eux creusaient des trous. J'aimerai tellement en dire plus sur ce puits. Difficile de mettre les mots sur ce qui se bouscule dans ma tête.
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DavidG75
  15 mars 2020

Au fond du puits, deux frères s'interrogent... Qui ? Comment ? Pourquoi sont-ils là ?
Au fond du puits, c'est dans ce huis clos que tout se jouera, avec pour seul horizon cette paroi de terre se dressant autour d'eux, infranchissable mur vers le monde extérieur.
Au fond du puits, c'est aussi l'apprentissage de la résilience, au rythme du soleil et des étoiles, qui se succéderont inlassablement nuit et jour comme seule fenêtre d'espoir.
Au fond du puits, c'est encore un combat quotidien où il faudra survivre à la peur, à la colère et à la solitude et où leur lien fraternel sera mis à rude épreuve.
Au fond du puits, comment endurer l'isolement et la souffrance sans tomber dans la folie, comment conserver sa dignité quand la dégradation mentale et physique vous guette ?
Au fond du puits, matrice utérine ou cocon d'amour, c'est une descente dans les profondeurs de l'inhumanité qui attend ces deux frères. Leur renaissance sera-t-elle à ce prix ?

. . .
En un peu plus d'une centaine de pages et avec une plume simple mais efficace, Ivàn Repila parvient à instaurer dans son roman un climat oppressant et étouffant, où les parois de ce puits semblent se rétrécir sur nous au fil des pages. Il nous entraîne au plus intime vers cette dégradation humaine, dans cet espace clos et humide où il faut pouvoir survivre et où le basculement vers la folie ne tient qu'à un fil. Il y a du Stefan Zweig (Le joueur d'échecs) dans ce livre !
Une bien belle histoire d'amour fraternel, mais aussi un symbole d'insurrection qui démontre qu'il est possible de faire tomber les murs à force de sacrifices.
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Christels
  24 mai 2020
Petit roman déroutant à l'impact très fort.
Deux frères, le Grand et le Petit, sont au fond d'un puits. On ne sait ni pourquoi ni comment ils se sont retrouvés dans cette situation. Ils vont y rester très longtemps, s'appliquant à survivre pour pouvoir sortir de ce trou.
L'histoire est sombre et déconcertante :
Sombre car le sort insupportable de ces deux enfants est constitué de souffrances et de peurs. La faim les creuse, la soif les assèche, les intempéries les assaillent, le désespoir les envahit, la folie les guette …
La mort les imprègne, lente et douloureuse, qui les affaiblit progressivement jusqu'à ne plus leur laisser qu'un corps étique habité d'un espoir infime pour lequel le Grand se bat jusqu'à son dernier souffle de vie.

Déconcertante car le récit est énigmatique et ambigu. Par différents aspects, il s'apparente à un conte. Non située dans le temps, l'action concerne des enfants «perdus», isolés au coeur d'une forêt peuplée de loups, observés par un « ogre », cette même « créature néfaste » qui est à l'origine de leur calvaire.
Les épreuves renforcent et délitent tour à tour l'attachement que se portent les deux frères. L'auteur décrit leurs sentiments, leurs réactions, et leurs natures si différentes l'une de l'autre.
L'amour, le rejet, l'admiration, l'agacement, l'incompréhension, la pudeur, la colère... alternent.
Les attitudes protectrices ou agressives, les révoltes et les alliances... se succèdent.
Chacun possède son propre univers.
Le Grand est fort, il s'attache à la réalité, dont il va extraire tout ce qui peut l'être. Et cette réalité se réduit concrètement à trois choses : lui-même, son frère et le puits (qui est quasiment présenté comme un organisme vivant).
Le Petit est faible, il se réfugie dans un imaginaire peuplé de rêves et de cauchemars, de poésie et de folie. Il introduit cependant dans le puits un peu de lumière et de rire.
L'issue est d'une grande cohérence.
Les symboles et analogies utilisées par l'auteur provoquent néanmoins chez le lecteur un grand nombre d'interrogations.
La fratrie représente-t-elle ici l'humanité? En intégrant les différences de chacun dans une large fraternité, les humains parviendraient-ils à sortir du trou dans lequel ils sont embourbés, à renaître plus libres? Qu'est-ce donc qui fait l'homme et qu'il faut absolument effacer car c'est cela qui le précipite au fond du puits ?
Ce conte cruel et onirique garde une part de son mystère, dont les réponses sont encore au fond du puits.
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critiques presse (1)
Chro   16 décembre 2014
[...] il manque à ce récit appliqué, par ailleurs recommandable, la distance et la magie qui lui donneraient sa vraie dimension, ainsi qu’un biais pour empêcher la répétitivité inhérente au scénario (difficile de ne pas tourner en rond quand tout se passe dans cinq mètres carrés sous terre). Un coup d’essai qui vaut qu’on y jette un œil, malgré tout.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
DavidG75DavidG75   15 mars 2020
- Enferme un homme, n’importe qui, dans une cage, dit le Petit.

Donne-lui une couverture, un coussin en plumes, un miroir et une photographie de ceux qu’il aime. Trouve le moyen de lui donner à manger, puis oublie-le là pendant quelques années. Dans ces conditions et dans la majorité des cas, le résultat sera le suivant : un individu apeuré, réduit à la culpabilité, moulé dans la forme même de la cage.

De manière très exceptionnelle, poursuit-il, le sujet en question mourra par atrophie des organes vitaux, deviendra fou en se regardant dans le miroir ou sera condamné à un état végétatif sans appel.

Par ailleurs, chez les êtres sujets à la rébellion, incapables de dominer leur esprit critique, la détention prolongée est impossible : enferme l’insurgé dans une cage pendant plusieurs années et il réussira à s’échapper, à se suicider méticuleusement avec le moindre objet, ou mourra en taillant son propre corps en pièces pour passer à travers les barreaux. Le véritable problème reste cependant celui de la nature fertile de ces insoumis : lorsque l’un d’entre eux meurt, deux autres le remplacent.

Tiens bien compte à présent de ce qui a été dit, et imagine des cages pendues aux toits des cafés, des librairies, des églises, des hôpitaux et surtout de toutes les écoles ; qu’il y ait au moins dans l’une d’entre elles un de ces perturbateurs, un de ces sujets déviants et anticonformistes.

Imagine les discours qu’engendreraient du haut de leurs autels ces corps tordus et concaves, excités par une foule coupable. Que de perverses manifestations de lucidité s’abattraient sur le monde durant leur règne ! Imagine-toi le détenu d’un hôpital : témoin des maladies et des décès, droit et beau comme un canon à souvenirs bleu. Ou le captif d’une église : presque aveugle, forcé au silence lugubre des prières et des cérémonies. Imagine cet homme, sage comme une fleur fanée, recroquevillé dans la position typique du prisonnier et qui, tous les hivers au premier vent d’ouest, essais de s’envoler.

Imagine...

Imagine que je puisse fabriquer la clé de toutes ces cellules. Pendant des années et des années, nous attendrions que le monde se soit définitivement habitué à cacher les hommes derrière des barreaux, que la tradition et l’empathie aient contraint ces êtres perdus, aliénés, cloisonnés, à devenir le produit d’un modèle social de stockage collectif, une génération d’animaux domestiques, une race de meubles et de momies... Alors à cet instant, et à cet instant seulement, nous les libérerions.
Qu’ils soient comme le feu, l’été invincible de tous les hivers.

- Et le monde serait à nous, mon frère, conclut-il.
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MoglugMoglug   03 juillet 2016
[incipit]
– Impossible de sortir on dirait, dit-il. Puis il ajoute : Mais on sortira.
Au nord, entourée de lacs grands comme des océans, la forêt s’étend jusqu’au pied d’une chaîne de montagnes. Au milieu de la forêt, il y a un puits. Le puits fait environ sept mètres de profondeur et ses parois irrégulières forment une muraille de terre humide et de racines, son embouchure est étroite et sa base plus large, comme une pyramide vide et émoussée. De veines lointaines en galeries affluentes de la rivière, une eau sombre s’écoule au fond du lit, le tapissant d’un dépôt terreux et d’une boue piquée de bulles qui, en éclatant, restituent à l’atmosphère son parfum d’eucalyptus. Peut-être à cause du mouvement des plaques tectoniques, ou de la continuelle brise tourbillonnante, les petites racines s’agitent, se retournent et paradent en une danse lente et angoissante qui évoque les entrailles des forêts dirigeant lentement le monde.
Le frère aîné est grand. Il gratte la terre pour former des marches, mais lorsqu’il y pose le pied, tout son corps s’affaisse et le mur s’éboule.
Le frère cadet est petit. Assis par terre, les bras autour des jambes, il souffle sur la blessure fraîche qu’il a au genou. En se disant que le premier sang coule toujours dans le camp des plus faibles, il observe son frère tomber, une, deux, trois fois.
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rkhettaouirkhettaoui   22 octobre 2014
Pour des personnes comme toi et moi, le plus important, c’est la rage. Sans rage, nous serions incapables de trouver la force pour ôter la vie. Certains sont différents : ils obéissent à d’autres instincts ou ont grandi dans une violence inouïe ; ces gens-là te regardent depuis des cavernes inconnues. Pour eux, la vie c’est le puits. Tu ne peux pas les tuer et ils t’achèveraient si tu t’élevais contre eux. Nous, nous ne sommes pas comme ça, nous avons besoin d’elle, de cette rage effrénée qui ne laisse aucun répit. Tes muscles s’agitent, toute ta peau papillonne, tu noircis de l’intérieur tandis qu’à l’extérieur ton corps rougeoie : elle fera de toi un homme meurtri à la quête désespérée de sa place dans le monde. Tu devras alors te chercher tous les motifs de haine, mépriser ce qui t’entoure et, plus important encore, te convaincre que cette rage est nécessaire
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DavidG75DavidG75   15 mars 2020
Si seulement tu étais capable de voir ce que je vois. L’obscurité du jour. Mais aussi cette chaleur inexplicable, si proche de l’amour... Tu ne la vois pas ? Tu ne sens pas ce liquide qui nous enveloppe comme des fœtus ?

Ces parois sont des membranes entre lesquelles nous flottons et nous nous retournons dans l’attente de notre tardive mise au monde.

Ce puits est un utérus. Nous allons bientôt naître, toi et moi. Nos cris sont la douleur du monde qui accouche
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DavidG75DavidG75   15 mars 2020
Certaines nuits, le Grand ne peut pas dormir : soit parce qu’il fait des cauchemars infestés de douloureux souvenirs, soit à cause de ses vives angoisses, exacerbées par les bruits de la forêt et l’air dense de l’obscurité.

Après cinq semaines dans le puits, l’insomnie n’est plus qu’une routine comme les autres dans leur ridicule petit périmètre vital.

Tous les hommes, se dit-il, perdent le sommeil lorsque leur monde est obstrué. Voilà pourquoi les révolutions des peuples meurtris et les pires fléaux ont lieu la nuit.
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