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EAN : 9782366298185
688 pages
Éditeur : Editions ActuSF (01/04/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Dans un futur lointain, l’humanité a essaimé dans toute la galaxie, nouant des liens avec les espèces extraterrestres qu’elle a rencontrées, au gré de guerres et d’alliances commerciales.
Sur Peponi, malgré la richesse de la faune et de la flore, l’installation des colons aboutit à un désastre.
Sur Karimon, les émissaires humains doivent, eux, composer avec un roi local qui entend bien tirer profit de leur venue.
Et sur Faligor, un idéal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Igguk
  23 mars 2016
L'infernale comédie est la réédition d'une trilogie de Mike Resnick parue à la base chez Denoël à partir de 1995. Cette intégrale sortant à la fin du mois chez ActuSF regroupe Paradis, Purgatoire et Enfer qui sont trois romans parlant de colonisation de planètes inexplorées… à moins que ça parle d'autre chose ? Je ne sais plus, je suis confusionné…
Dès les premières pages, l'auteur annonce sur un ton ironique que ce qui va suivre est de la fiction-mais-pas-trop. En effet il attaque sur une fable Africaine et nous précise « Elle n'a évidemment rien à voir avec ce roman, qui parle d'une planète imaginaire, Peponi, et non d'un pays bien réel, le Kenya », introduction qui sera répétée pour chacun des trois récits. On comprend vite où veut en venir le facétieux écrivain, le premier roman de cette intégrale nous présente l'histoire de la décolonisation du Kenya re-skinnée en planète-opéra.
Paradis nous raconte les recherches de Matthew Breen, un écrivain qui compte pondre la biographie d'un habitant emblématique de la planète Peponi. de fil en aiguille, nous allons suivre Breen à travers ses interviews qui vont nous faire traverser toutes les époques de l'histoire coloniale du Ken… Euh, pardon, de Peponi : Les débuts sauvages pleins de richesse et d'opportunités, le mépris des populations locales considérées comme inférieures, la destruction de l'écosystème par l'homme, la rébellion puis l'indépendance. A la fin de cette lecture, par curiosité, j'ai cherché l'histoire du Kenya sur « Gogole », et effectivement ça ressemble étrangement à ce que je venais de lire. le même procédé est utilisé dans Purgatoire et Enfer pour évoquer respectivement l'histoire du Zimbabwe et de l'Ouganda.
La technique est simple, racontez l'histoire d'un pays Africain et remplacez le nom du pays par celui d'une planète, transformez rhinocéros, girafe et gazelle par cuirassé, broutecime et dos-argenté, modifiez les noms des tribus et paf ! Vous avez de la science-fiction. Maintenant, la question est : Est-ce que ça fonctionne ? Non, mais oui quand même. Et comme ça veut rien dire je vais expliquer. La transposition en SF est tellement superficielle qu'en lisant le livre on n'est pas dupe, on s'imagine clairement le pays modèle et les rares allusions à l'espace n'ont pas suffit à me faire avaler l'aspect conquête spatiale du livre. C'est très certainement fait exprès, dans ma tête je lisais une histoire qui se passait en Afrique, point. C'est à se demander pourquoi s'embêter à transposer le machin dans l'espace, peut-être pour effacer nos préjugés raciaux mais c'est un peu gros.
Le second roman, Purgatoire, est un peu différent. le peuple de Karimon est plus sauvage et guerrier, et c'est par la tromperie que les colons humains vont prendre possession des ressources de la planète. L'avantage de cette seconde histoire est que ce n'est plus un récit rapporté, on le vit avec les personnages. On découvre comment les relations des Tulabétés avec les ambassadeurs de la République ont évoluées, on assiste aux négociations, manipulations, trahisons, etc… On est dans la politique, les guerres tribales et l'armement de telle ou telle faction par la république pour faire pression sur les tribus d'en face, tous ces procédés joyeusement subtils que nos pays « civilisés » ont utilisées pour arriver à leurs fins, jusqu'à la guerre ouverte.
Enfer présente encore un autre exemple : Après tous les échecs et les massacres des colonisations passées, Arthur Cartright voulait faire de Faligor un exemple d'intégration réussie. Pas d'asservissement, une collaboration d'égal à égal, le respect et l'accompagnement des populations locales vers le progrès. Même si c'est encore très arrogant, le processus fonctionne, pendant des années les deux peuples travaillent ensemble, développent l'agriculture, le commerce, les écoles et les hôpitaux. Tout va bien. Mais la folie va bientôt rattraper ce joli tableau pour le transformer en bain de sang incontrôlable. Bien sûr, les habitants de la planète ne sont pas tous des saints, ce sont des chefs de guerre manipulateurs qui essayent de profiter de la situation pour écraser leurs rivaux.
Mike Resnick essaye toujours de ne pas tomber dans la facilité « les méchants contre les gentils », les pourris sont des deux côtés, c'est ce qui donne un équilibre réaliste à l'ensemble. Les trois épisodes prennent une saveur de roman historique, mais le côté neutre de la narration rend le tout assez froid, on a parfois l'impression d'assister à un cours. On est loin du souffle épique que peut donner un Conn Iggulden à l'Histoire, on ne s'attache pas à un héros ballotté par des évènements, on n'a pas de grande aventure, on découvre le destin de ces peuples en prenant plusieurs points de vue à la manière d'un documentaire. Pourtant la lecture est prenante ! On dévore le livre, l'injustice que vivaient tous ces peuples colonisés prend aux tripes, révolte, et émeut. le dédain avec lequel notre civilisation a traité, et traite toujours d'ailleurs, une grande partie des autres pays du monde est une honte.
Le point commun des trois histoires, finalement, c'est l'arrogance de l'homme qui pense que son modèle de société est supérieur, que tous les autres peuples ne peuvent qu'y gagner en faisant comme eux. Mais on voit qu'imposer notre système économique à des gens qui vivent très bien sans notion d'argent est une catastrophe (ce système est déjà une catastrophe pour nous, mais au moins on a eu des siècles pour l'intégrer à peu près…), leur imposer la pratique de l'agriculture détruit leur écosystème aussi sûrement que nous avons détruit le notre. Nous balayons leur culture, leurs valeurs et leurs croyances pour n'y laisser que du vide, et c'est là que vient la course au pouvoir et aux richesses, le tout exacerbé par les rivalités tribales déjà présentes.
Je dois avouer que la lecture de L'infernale comédie avait tendance à me mettre un peu sur les nerfs. J'ai toujours été ébahi par la suffisance dont fait preuve notre civilisation envers les peuples jugés « sous-développés », et par la manière dont on a détruit toutes les cultures tribales et les écosystèmes étrangers sous prétexte de leur apporter le « progrès » (et surtout piller leurs ressources). Mais pour moi qui suit assez ignorant sur la chose, lire de manière si détaillée avec quel dédain on a profité de ces peuples, on a imposé notre mode de vie à des hommes (ou des aliens, mais bon, on a compris) qui s'en sortaient très bien sans nous, ça a un côté très éprouvant que le ton objectif du texte accentue. Pas vraiment un « feel-good bouquin » quoi, mais c'est pas le but.
C'est aussi passionnant que révoltant de découvrir l'histoire coloniale africaine à travers ces récits, qui du coup se rapprochent du roman historique si on fait abstraction des aliens, des vaisseaux et des pistolets soniques. Les pays modèles étaient des colonies anglaises mais en tant que français, on en a tout autant dans nos bagages, et quand on entend encore aujourd'hui des gens nous dire que l'occident apporte « la civilisation » à certains pays, on se dit que c'est pas gagné.
Lien : http://ours-inculte.fr/linfe..
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jmb33320
  10 juin 2019
A rebours de Dante dans sa Divine Comédie, Mike Resnick commence cette trilogie de SF, réunie en un seul volume dans la présente édition, par le Paradis, continue avec le Purgatoire et termine par l'Enfer.
A travers la destinée tragique des planètes Peponi, Karimon et Faligor, colonisées ou découvertes par la République (une alliance de plusieurs milliers de planètes initiée par les humains) pour finalement quelques décades plus tard sombrer dans les guerres civiles, les massacres et l'émergence de dictateurs interchangeables, Mike Resnick évoque de manière indirecte l'histoire du Kenya, du Zimbabwe et de l'Ouganda.
Ecrits entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 ces trois romans forment un tout, même si chacun d'entre eux est absolument indépendant.
Mike Resnick est un romancier très habile, un conteur né. Je craignais de me lasser de lire à la suite trois romans qui avaient beaucoup en commun, à commencer par une Afrique transposée SF politique : il n'en a rien été.
L'arrière-plan planet-opera est extrêmement bien dessiné, les autochtones de ces mondes bien caractérisés et très différents. Et malgré la vision très sombre d'une humanité qui échoue à faire le bien qu'elle voulait apporter et incapable d'éviter le mal dont elle a été la cause, j'ai été passionné par ce fort volume.
Impossible de ne pas réfléchir ensuite aux ravages de la colonisation puis de la décolonisation sur notre bonne vieille terre…
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Z0skia
  24 juillet 2016
Aujourd'hui, je n'ai pas le coeur à une intro sans fin et maladroite qui nous amènera au sujet du jour.
Non, je n'en ai vraiment pas le courage, et c'est la faute à "L'Infernale Comédie" de Mike Resnick.
Avec ce livre (une trilogie en vérité, qui regroupe ici "Paradis", "Enfer" et "Purgatoire"), l'auteur nous fait une promesse. La promesse de voyager et d'embarquer pour un grand planète-opéra de presque 700 pages dans une édition monstrueusement volumineuse.
Une fois lancé, les pages défilent, le rythme de croisière est bon et tout se passe bien. Seul bémol, comme pour tous les retours de voyages, il est difficile de revenir à la réalité sans être un brin morose, d'où mon manque d'entrain.
La destination ? L'Afrique, enfin… Peponia… non… le Kenya, et puis le Zimbabwe, pour finir sur l'Ouganda. Hé oui Mr Resnick, votre petite tentative masquée de nous faire part de votre passion pour l'Afrique et son histoire n'a pas pris sur moi.
Vous n'y comprenez rien ? Je vous explique.
Sous couvert de science-fiction, l'auteur en profite pour nous faire un petit cours d'Histoire concernant différentes périodes de l'Afrique, son continent de prédilection, auquel il voue un amour sans faille.
Cette tentative déguisée de nous vendre un voyage spatial alors qu'il s'agit en vérité d'un safari pourra prendre sur le lecteur...ou pas.
Les ficelles sont grosses, les noms d'animaux à peine déguisés mais en même temps, l'auteur prévient à chaque début de tome avec une fable qui n'a : "rien à voir avec le roman, qui parle d'une planète imaginaire, et non d'un pays bien réel", t'abuse Mike, on te voit venir à cinquante kilomètres.
Au final, tant pis pour le trip intersidéral prévu, Mike Resnick s'impose comme un fabuleux chroniqueur historique et c'est d'une traite que s'avalent ces trois volumes de "L'infernale Comédie".
Comme un safari à la carte, ce sont différents thèmes qui nous sont proposés.
Qu'ils soient sociologiques, politiques ou écologiques, Resnick expose les faits et nous conte avec passion les difficultés de ces trois pays, bien que dans une large mesure ce soient les périodes coloniales et post coloniales qui intéressent l'auteur.
Pour les trois volumes qui constituent cette "Infernale Comédie", rien ne diffère vraiment d'un point de vue strictement littéraire et c'est pour ça que je préfère ne pas parler de ces livres individuellement, bien que quelques changements fassent leurs apparitions, comme par exemple la narration qui varie sensiblement d'un livre à l'autre sans pour autant dénaturer le tout.
Le point important est que l'auteur ne se permet à aucun moment de juger. Non. Resnick rapporte des faits historiques et les consigne dans cette trilogie. Ce qui s'est passé là-bas est fait et rien ni personne n'y changera rien. L'Histoire est écrite et l'auteur pose simplement les choses sans qu'à aucun moment le lecteur soit confronté à un choix moral (bien qu'inconsciemment il prenne partie selon son caractère et sa vision des choses). Chaque colonisation a vu ses avantages et ses inconvénients quelque part. Les deux points de vue sont en général traités pour amener le pour et le contre, bien que souvent le contre l'emporte, enfin pour ma part.
Vous voilà prévenu, "L'infernale Comédie" est un bouquin passionnant, MAIS…
Si un sous-titre pouvait accompagner le titre de ce livre il serait sans doute : "L'Infernale Comédie, où comment te faire bouffer de l'Histoire déguisée en science-fiction", même s'il faut avouer que le côté SF a du mal à prendre.
Tout au long de la lecture c'est l'image de l'Afrique, de sa faune et de sa flore qui reste, et c'est donc une excellente chronique/saga que Resnick nous propose.
En revanche, il est difficile de juger le côté SF de l'oeuvre puisque l'auteur n'a fait que transposer des faits, des décors et des coutumes déjà existantes. C'est pourquoi je n'émettrais pas d'avis à proprement parlé.
En tout cas, c'est avec une oeuvre puissante que j'ai pu faire la connaissance de Mike Resnick, l'homme passionné et chroniqueur hors-pair capable de faire aimer L Histoire à un primate comme moi, et ça croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire.
Zoskia

Lien : http://www.acheron-webzine.c..
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arcade_d
  06 septembre 2017
C'est par la trilogie Paradis, Purgatoire, Enfer que j'ai amené des personnes à lire de la science-fiction, alors que ce n'était aps leur tasse de thé. Ces romans de Mike Resnick qui illustrent la colonisation de certain pays d'Afrique noire (Kenya, Zimbabwe et l'Ouganda).
Ces personnes ont alors compris en quoi un « sous-genre » littéraire apporté un éclairage sur notre propre humanité. Ma lecture date de plus de 20 ans, mais je continue à penser avec tristesse à ces planètes meurtries.
Depuis j'ai lu Sapiens : Une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari et je suis en train de lire Tout peut changer de Naomi Klein !
Trump en ces jours joue avec le Coréen à celui qui fera pipi le plus loin ! Macron détruit le travail des progressistes humanitaires de 1945 !
La science-fiction n'est pas un sous genre !
Lire provoque un esprit critique !
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micetmac
  14 juin 2018
Un autre moyen de découvrir un moment clé de l'histoire africaine, la décolonisation par le prisme de la Science Fiction.
Un sujet inépuisable, que Resnik développe à travers 3 planètes qui relatent le Kenya, le Zimbabwe et l'Ouganda.
C'est sûr que Resnick n'est pas un grand styliste, une chaise est une chaise point barre. Il se rapproche d'un Asimov dans ce style plat et neutre. Mais l'histoire est belle et désespérée. Les chasseurs qui viennent traquer les grands Cuirassés (les n'éléphants locaux), les grandes plantations où l'on fait trimer l'indigène qui n'en est pas plus reconnaissant que cela...
Mais point de manichéisme sommaire chez Resnick. Il connaît bien l'Afrique. L'Afrique c'est son chemin de Damas à lui. Jusque là il écrivait du space opéra sympa et divertissant. Rien de transcendantal non plus , on est loin d'un Iain banks, mais l'Afrique l' a changé. C'est lui qui le dit en tout cas. Ce qui est sûr c'est qu'elle a transformé son oeuvre.
Il y a puisé une profondeur... Et il montre à merveille dans sa trilogie L'INFERNALE COMÉDIE, les travers de la décolonisation, les bonnes intentions qui pavent, bétonnent et goudronnent l'enfer annoncé.
Et les terriens colonisateurs ne sont pas forcément que les méchants de l'histoire et les aliens envahis des anges purs Rousseauistes.
En fait, Resnick pose LA question, la seule qui compte vraiment.
Les indigènes ne maîtrisent pas le concept de la roue ? ET ALORS ??
Resnick se montrent plutôt indulgents avec les chasseurs, sûrement parce que lui même est un gros con de tueur d'éléphants. Par contre, il est impitoyables envers les colons bien pensants et paternalistes. Ces colons qui ont voulu plier un nouveau monde pour qu'il ressemble au leur tout en gardant les jolies couleurs locales.
La réflexion que fait un libérateur a un autre est plus dérangeante : "surtout ne renvoyez pas les humains, vous aurez besoin d'eux pour réussir la transition". Les africains avaient besoin des compétences des blancs pour réussir le post colonialisme, leur monde était déjà plié. Cette tirade renvoie à Mugabe tyran du Zimbabwe qui a exilé tous les blancs et a plongé son pays dans la misère, pas sa tirelire perso en revanche.
Très bons livres que ces trois tomes, efficaces et plaisants.
Et reste, une fois les dernières pages tournées, une saveur douce amère marquante.
Lien : https://micmacbibliotheque.b..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   07 février 2019
Un scorpion cherchait à franchir une rivière. Soudain, il aperçoit un crocodile en train de nager non loin de la berge. Il l'appelle et lui demande s'il peut le prendre sur son dos pour le faire traverser.

"Oh non, rétorque le crocodile. Je te connais. Quand nous serons au milieu de la rivière, tu me piqueras, et je mourrai.

- Pourquoi ferai-je une telle chose ? répond le scorpion. Si je te pique et que tu meures, je me noierai."

Le crocodile réfléchit un moment à la réponse du scorpion, puis accepte de le faire traverser. Arrivé au milieu de la rivière, le scorpion le pique.

Mortellement atteint, tout juste capable de respirer, le crocodile proteste : "Pourquoi as-tu fait ça ?"

Le scorpion réfléchit quelques instants, puis juste avant de se noyer, répond : "Parce que c'est l'Afrique."
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Videos de Mike Resnick (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mike Resnick
Extrait du grand entretien avec Mike Resnick.
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