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Michel Delon (Éditeur scientifique)Jean Varloot (Autre)
EAN : 9782070377398
416 pages
Gallimard (23/05/1986)
3.62/5   25 notes
Résumé :
Qui Rétif rencontre-t-il lorsqu'il se promène la nuit du côté des Tuileries, de la foire Saint-Laurent, du Jardin des plantes, au bal de l'Opéra ou dans les allées du nouveau Palais-Royal ? Une Vaporeuses une fille violentée, une fille perdue, une fille honteuse, une fille ensevelie vivante, un homme aux lapins, un homme qui ne dépense rien, un décolleur d'affiches, un homme échappé au supplice, un pendu puis rompu, des bouchers, deux abbés qui se battent en duel, u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
gill
  14 novembre 2012
Écrite entre 1786 et 1788, "Les nuits de Paris" est une oeuvre étonnamment moderne, sorte de fiction autobiographique agrémentée d'écrits divers, de critiques littéraires et théâtrales, où Rétif de la Bretonne place même des ébauches d'oeuvres abandonnées.
Il y fait le récit de 380 nuits où le monde nocturne lui ouvre, dans les rues de Paris les portes de l'étrange et du fantastique.
Se surnommant lui-même le "Hibou", l'auteur fait le récit de ses errances et de ses rencontres nocturnes dans les rues de la capitale à une femme mystérieuse et riche, qu'il nomme la "vaporeuse" afin de la soulager de son ennui et de ses "vapeurs".
Il conte alors des histoires aux titres évocateurs tels que "le trou au mur", "l'homme aux lapins", "les incongruités nocturnes", "l'homme dormant dans l'ordure", "les débris de cadavres", "l'aveugle éclairé" et "la morte vivante", sortes de récits étranges et pittoresques propres à nous étonner.
"Que de choses à voir lorsque tous les yeux sont fermés ! ... J'ai vu ce personne autre que moi n'a vu" écrit-il dans la première nuit
L'auteur y entrelace astucieusement la fiction, le récit, le témoignage par un procédé que reprendront plus tard Eugène Sue dans "Les mystères de Paris" et plus récemment Jacques Yonnet avec "Rue des maléfices - chronique secrète d'une ville".
En 1793, il ajoute à cette fresque un seizième volume qui porte le titre de la série et qui comporte "vingt nuits de Paris" au fil de ses chapitres...
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sweetie
  11 juin 2016
Le spectateur nocturne, c'est ainsi que se définit Nicolas Restif de la Bretonne, lui qui parcourt les rues de Paris la nuit et qui a tiré de ses observations des chroniques de 1786 à 1793. Témoin privilégié des prémices de la Révolution française jusqu'à ses effets dévastateurs dans la population, Restif de la Bretonne, par un langage coloré et vivant, nous restitue dans les moindres détails ces événements historiques. La première partie est constituée de ses déambulations visant à satisfaire sa curiosité à l'endroit de ses concitoyens; il nous livre ses pensées intimes et en profite pour régler littéralement le sort du monde en intervenant directement pour sauver la veuve et l'orphelin des brigands et des scélérats de toutes espèces. La deuxième partie est consacrée au récit des journées ayant présidé à la Révolution de 1789. Je craignais de lire une langue vieillotte mais au contraire, ça se lit très bien et de surcroît, se révèle hautement instructif.
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They
  08 novembre 2017
Un trésor qui mérite d'être découvert ! Personnage complexe, Rétif de la Bretonne nous livre, tel un journal, le récit de ses déambulations nocturnes dans le Paris des années 1770 et 1780.
C'est d'abord un document étonnant sur ce que pouvait être la vie, la population, les métiers, les rapports entre humains dans le Paris pré-révolutionnaire. On y croise des personnages surprenants et incongrus : l'homme qui ne dépensait rien, le ramasseur de papier, les premiers balayeurs publics...
C'est aussi le parcours d'un amoureux des femmes, qu'on voit charmé par de nombreuses figures féminines dont il se fait le défenseur face aux nombreuses agressions sexuelles (le harcèlement n'était pas rare à cette époque) . On croise ainsi par deux fois Le Marquis de Sade, personnage croisé parmi d'autres, ennemi idéologique de Rétif de la Bretonne.
On nous donne à voir en effet un personnage étonnant et paradoxal, complexe : proche des ouvriers et des paysans, Rétif de la Bretonne est cependant pour une autorité forte et ne souhaite pas que le pouvoir revienne au peuple ; opposé aux libertins, il apparaît cependant comme un coureur distingué ; et les exemples sont nombreux.
Ce qui frappe, c'est la figure de redresseur de torts qu'il incarne. Tel un justicier, il se précipite vers tout événement inhabituel, et se mêle toujours de ce qui ne le regarde pas au nom d'un sens aigu de la morale et de la charité. On aura du mal à démêler la part de la fiction et de la réalité, mais on pourra dire qu'on a un peu voyagé dans la vie nocturne du Paris de la fin du XVIIIè siècle, avant la révolution.
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Orryon
  02 décembre 2018
Un livre que je suis en train de lire, et qui surprend, au-delà du Paris nocturne foisonnant de vie souvent interlope, par la liberté et la modernité du ton - dans une langue délicieusement 18e. Par exemple, l'auteur, en moraliste, y exprime son respect pour les femmes, son refus philosophique de la peine de mort qu'il voit infligée en Place de Grève, sa crainte de l'urbanisation galopante... Nous nous y retrouvons souvent.
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critiques presse (1)
LesEchos   26 août 2011
Ses nuits parisiennes prennent ainsi une tout autre dimension que celle d'un simple recueil de faits divers. Commençant par le récit de menus délits, d'amours contrariées, de drames de la jalousie ou de la pauvreté, elles finissent dans les prémices de la Révolution.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
OrryonOrryon   08 décembre 2018
Un passage que j'approuve, car je ne pense pas non plus que l'homme soit naturellement bon :
Il n'est pas d'être dans la nature, qui ne soit méchant. Tout individu aime à faire du mal, à détruire son semblable et les autres êtres. Les herbivores même ne sont pas innocents ; ils frappent, ils mordent, ils écrasent. L'homme aime à détruire, pour détruire. Mille fois je me suis senti le cruel désir de tuer une belle grosse mouche à miel noire ou bourdon, qui venait sucer à ma fenêtre les fleurs des pyramidales, et j'avais besoin de la réflexion, pour m'en empêcher. Quelle est donc la cause de ce sentiment destructeur, qui est naturel à tous les êtres. Est-ce la conservation naturelle, aux dépens des autres existences? Est-ce une impulsion de la Nature, qui en même temps qu'elle vivifie tout, veut que tout cesse, et met autant de moyens de destruction, que de production? Il faut le croire. Qu'est-ce donc que la vertu, dans l'homme social? C'est l'effet d'un sentiment moral et factice, fondé sur la réciprocité, qui nous fait continuellement surmonter la nature, pour faire du bien aux autres. Est-ce uniquement le goût du plaisir, ou le désir de la propagation, qui fait que tant d'hommes cherchent à dégrader les filles, les femmes? Non: dans le régime social, c'est un sentiment d'ogre, un sentiment oppressif, qui porte des êtres cruels à plonger dans la prostitution dégradante, à perdre, pour la société, une jeune infortunée ; qui d'abord excita leur admiration, puis leurs désirs brutaux.
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Jnc75Jnc75   13 avril 2020
Quand on est dans le malheur, on a l'ame ouverte et sensible: on appuie sur les situations, on voudrait pouvoir les fixer? D'où vient cela? Est ce qu'on aime à souffrir? Non sans doute...Pendant que j etais privé de la vue de la Marquise et de la societé de Hameauneuf, j etais bien malheureux! Au lieu de chercher a me distraire, je fixais la douleur; je craignais d en avoir echapper l instant; je le gravais dans la pierre! Loin de suivre mes courses ordinaires, j etais accablé, sans energie: mes sorties se bornaient à l ile St Louis , dont je faisait le tour. Je me rappelai ce que m avait dit l homme de la 210e Nuit sur ses dates et je me sentis naturellement porté à faire comme lui. Toutes les fois que je m etais arretè sur le parapet, à reflechir une idée douloureuse, ma main traçait la date, et l idée qui venait de m affecter. Je m'éloignait ensuite, enveloppé dans l'obscurité de la nuit, dont le silence et la solitude avaient une horreur qui me plaisait.
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OlivOliv   10 janvier 2014
Lorsque je considère le produit des beaux-arts, je ne saurais m'empêcher de gémir sur la partialité que la nature a montrée ! Un peintre, un graveur peuvent faire deux ouvrages qui les enrichissent, ou du moins, qui les mettent dans l'aisance, et l'homme de lettres, dont les sublimes productions sont infiniment au-dessus des tableaux et des gravures, reste pauvre, même en réussissant !
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Jnc75Jnc75   13 avril 2020
Je revins par la Greve. Le silence et la sollitude regnaient dans le meme lieu, où peu d heures auparavant commandaient le trouble et la confusion. Je m arretai à reflechir: _ les bonnes gens proche des cimetièrez, ont peur des revenants. Ici, l on vient se rejouir dans le meme endroit, qui si souvent retenti du cri des malheureux, immoles a la sureté publique, où si souvent coulent les larmes de ceux qui vont perir d'une mort moins cruelle en apparence! C est là que naguere une infortunée, qui voulait sauver son honneur, a payé de sa vie une erreur de trouble, plutot qu un sentiment de cruauté envers son fruit! Cette loi est trop severe!...je reflechissais, lorsque j aperçus à l entrée de la rue du Mouton, un homme qui arrivait en robe de chambre. Je me tins coi. Il s'avance, cherche du pied le pavé qu on deplace pour le gibet, et s'agenouille:_ O ma pauvre Marie! Pardonne! Pardonne-moi! Voila trente ans que je viens à pareil jour, te prier de me pardonner! ... et je sens que je ne le suis pas encore _!Il pleura; il se leva: _Malheureuse jalousie -! Il s en alla sanglotant
Je le suivis.
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Jnc75Jnc75   13 avril 2020
Il faudrait encore empecher que la ville ne s etende immensément en posant des limites et en taxant toute maison isolée. On devrait surtout avoir la politique de ne point batir dans d'excellent potagers, fertilisés depuis longtemps et de ne pas trop reculer les cultures approvisionnantes. (...)
On devrait faire mille choses qu on ne fait pas. Les hommes ont une idée fausse, une idée destructice : c est que la vie est trop courte pour s occuper d y etre bien. Cette idéen influe pas sur toutes les actions des hommes mais elle est tres prejuduciable aux etablissements publics
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Video de Nicolas Edme Restif de La Bretonne (2) Voir plusAjouter une vidéo

Sara
Adaptation du roman autobiographique de RESTIF DE LA BRETONNE "monsieur nicolas, ou le coeur humain dévoilé" dont l'action se situe à Paris en 1780.L'écrivain, âgé de quarante cinq ans, mène une vie solitaire, mais riche en aventures galantes. Il surveille l'impression de ses livres, travaille avec les typographes, se dispute avec son éditeur, essaie de réunir quarante livres pour...
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