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Michel Pernot (Éditeur scientifique)Marie-Thérèse Hipp (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070412914
1245 pages
Gallimard (22/05/2003)
3.77/5   33 notes
Résumé :
Autrefois, ce n'était pas comme maintenant ; les premiers ministres manqués faisaient de grands mémorialistes, et même de grands écrivains tout court : Retz, Saint-Simon, Chateaubriand. Retz a d'ailleurs été cardinal-archevêque de Paris, et l'un des principaux meneurs de la Fronde, l'anti Mazarin.

Ses Mémoires, qu'il rédige à plus de soixante ans, vers 1675-1676, à la demande de ses amis (dont Mme de Sévigné), sont l'autobiographie d'un homme politiqu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  04 janvier 2011
Né à Montmirail en 1613, Jean-François-Paul de Gondi eut pour précepteur Saint-Vincent de Paul. Son père, général des galères, décida, en dépit des frasques du jeune homme, "d'attacher à l'Eglise l'âme peut-être la moins ecclésiastique de l'univers", pour conserver dans la famille l'archevêché de Paris: en 1643, il fut sacré archevêque de Corinthe et nommé coadjuteur de son oncle Henri de Gondi, archevêque de Paris. Un récit de la Conjuration de Fiesque, qu'il avait composée à Rome, à dix-huit ans, d'après un modèle italien, avait arraché à Richelieu cette exclamation: "Voilà un dangereux esprit !" La Fronde lui fournit bientôt l'occasion de donner libre cours à son goût de l'intrigue et à ses talents de conspirateur. Ils lui valurent, en janvier 1652, le chapeau de Cardinal, mais aussi, en décembre, son emprisonnement au château de Vincennes, où il devait rester quinze mois avant d'être transféré au château de Nantes. Une évasion, au cours de laquelle il se cassa la clavicule, lui permit de gagner l'Espagne, puis Rome. Durant un exil de six années, qui ne prendra fin qu'à la mort de Mazarin (1661), il continuera d'intriguer et prétendra administrer de loin l'archidiocèse de Paris: il n'y renoncera qu'en 1662 en échange de l'abbaye de Saint-Denis. Retiré à Commercy, il écrit de 1662 à 1677 ses Mémoires, qui ne seront publiées qu'en 1717. le Cardinal mourra en 1679 dans son abbaye de Saint-Denis. Il y sera inhumé, mais Louis XIV interdira qu'on y dresse un monument - ce qui évitera la profanation de sa tombe en 1793, alors alors que les corps des rois seront tous jetés à la fosse commune par les révolutionnaires.
A lire et à relire. Les Mémoires sont une source de renseignements historiques et sociaux. Bien entendu, il faut garder à l'esprit que Le Cardinal de Retz reste subjectif.
Lien : http://livresetmanuscrits.e-..
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steka
  17 décembre 2012
Le sort réservé au Cardinal de Retz (Gondi pour les intimes) est assez étrange. Tout démontre en effet que Retz devrait avoir une place majeure dans notre littérature mais également dans notre histoire; un style et une langue admirables, un sens de l'observation des réalités de son temps hors du commun, une intelligence subtile, une grande culture (c'est lui par exemple qui fit traduire Gracian en français). A cela se rajoute le fait que l'on a affaire à un homme d'action, très engagé dans les troubles de son époque, qui grâce à sa position sociale avait ses entrées partout et était donc extrêmement bien informé. Par là-même, ses Mémoires sont un document de connaissance historique et sociologique d'une très grande valeur.
Retz est pourtant fort peu lu désormais et souvent mis à l'écart.
Cela tient, à mon avis, à son caractère plutôt inclassable et à sa personnalité improbable dans une perspective contemporaine.
Cardinal ne dissimulant guère son parfait athéisme, aristocrate tribun du peuple, joueur politique invétéré et agitateur passionné, Retz fit de sa vie un roman et une aventure et somme toute, tel était bien son ambition. Prêtez donc attention aux écrits de cet inclassable car il en vaut vraiment la peine.
Je ne peux résister à vous donner ici quelques réflexions de ce cher vieux Gondi:
"...Il fit si bien qu'il se trouva sur la tête de tout le monde dans le temps que tout le monde croyait l'avoir encore à ses côtés. "
"( le clergé ) qui donne toujours l'exemple de la servitude, la prêchait aux autres sous le titre d'obéissance. "
"Les monarchies les plus établies et les monarques les plus autorisés ne se soutiennent que par l'assemblage des armes et des lois ; et cet assemblage est si nécessaire que les unes ne se peuvent maintenir sans les autres. "
"Ce qui cause l'assoupissement (dans les états qui souffrent) est la durée du mal, qui saisit l'imagination des hommes, et qui leur fait croire qu'il ne finira jamais. Aussitôt qu'ils trouvent jour à en sortir, ce qui ne manque jamais lorsqu'il est venu jusqu'à un certain point ils sont si surpris, si aisés et si emportés, qu'ils passent tout d'un coup à l'autre extrémité et que bien loin de considérer les révolutions comme impossibles, ils les croient faciles ; et cette disposition toute seule est quelquefois capable de les faire."
"Si cette femme eût eu autant de sincérité que d'esprit, de beauté, de douceur, et de vertu, elle eût été une merveille accomplie."
"L'un des plus grands défauts des hommes est qu'ils cherchent presque toujours dans les malheurs qui leur arrivent par leurs fautes, des excuses devant que d'y chercher des remèdes."
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panurge
  14 mars 2019
JEAN-FRANCOIS PAUL DE GONDI, CARDINAL DE RETZ (1613-1679)
Partie 1 : 1613-1648 (pages 55-132) :
Gondi se rêve soldat (le Noir), se retrouve ecclésiastique (le Rouge), aime passionnément les femmes ("j'étais dans les premiers feux du plaisir qui, dans la jeunesse, se prennent aisément pour les premiers feux de l'amour"), complote s'alliant à Monsieur, frère du roi Louis XIII ("Il pensait tout, ne voulait rien ; et, quand par hasard, il voulait quelque chose, il fallait le pousser en même temps, ou plutôt le jeter, pour le lui faire exécuter") puis au Comte de Soisson, de la lignée des Bourbons, prince de Condé ("M. le comte avait toute la hardiesse du coeur que l'on appelle communément vaillance, au plus haut point qu'un homme la puisse avoir, et il n'avait pas, même dans le degré le plus commun, la hardiesse de l'esprit, qui est ce qu'on nomme résolution. La première est ordinaire et même vulgaire ; la seconde est même plus rare que l'on ne se le peut imaginer"), se fait taxer de lâche par le duc de Bouillon auquel il répond vertement (". de Bouillon s'en mit en colère, et me dit même d'un ton de raillerie : « Vous avez le sang bien froid pour un homme de votre âge ! » À quoi je lui répondis ces propres mots : « Tous les serviteurs de M. le comte vous sont si obligés, monsieur, qu'ils doivent tout souffrir de vous ; mais il n'y a que cette considération qui m'empêche de penser, à l'heure qu'il est, que vous pourrez bien n'être pas toujours entre vos bastions. » M. de Bouillon revint à lui ; il me fit toutes les honnêtetés imaginables, et telles qu'elles furent les commencemens de notre amitié.").
Dès le début, un plaisir gourmand donnant à un gourmet le goût sublime de raretés stylistiques sublimement apprêtées...
Gondi court, prêche, ment, prend parti, conquiert, se réjouit (la mort de Richelieu fût comme un énorme soulagement dans le Royaume chez les Nobles, les Bourgeois et les Cléricaux), se fait nommer coadjuteur, aspire à faire sa place, rencontre la Régente, Anne d'Autriche, et son cardinal-confident, Mazarin qu'il finit a détester...
1648...le Fisc Royal exige...L'Affrontement s'annonce inattendu..
A suivre...!
Le rideau se lève sur le théâtre du Monde ("Il me semble que je n'ai été jusqu'ici que dans le parterre, ou tout au plus dans l'orchestre, à jouer et à badiner avec les violons ; je vas monter sur le théâtre, où vous verrez des scènes, non pas dignes de vous, mais un peu moins indignes de votre attention").
Retz apparaît en Machiavel. La Fronde commence, ultime combat des Robins, des Bourgeois et des Grands contre l'absolutisme royal. Il faudra 1789, le Tiers-Etat pour faire chuter le Monarque, les Grands sans pour autant abolir le règne de l'Hydre, l'Etat absolutiste, son administration tentaculaire, son goût effréné pour la confiscation par le Fisc, ses débordements anti-démocratiques, ses débauches impériales son appétence pour le maintien des accessions aux charges au sein de la Caste ( "L'Ancien Régime et la Révolution" de Tocqueville explique très bien cette permanence du Régalien retrouvé constamment sous les formes les plus ondoyantes de l'exercice du Pouvoir en France).
N.B. : Les portraits comparés de Richelieu et de Mazarin, à la façon des Vies parallèles de Plutarque, éblouissent par leur verve, leurs couleurs, le ciselage voulu-pages 124-127 :
RICHELIEU
"Le cardinal de Richelieu avait de la naissance. Sa jeunesse jeta des étincelles de son mérite : il se distingua en Sorbonne ; on remarqua de fort bonne heure qu'il avait de la force et de la vivacité dans l'esprit. Il prenait d'ordinaire très bien son parti. Il était homme de parole, où un grand intérêt ne l'obligeait pas au contraire ; et en ce cas, il n'oubliait rien pour sauver les apparences de la bonne foi.".....
MAZARIN
Le cardinal Mazarin était d'un caractère tout contraire. Sa naissance était basse et son enfance honteuse. Au sortir du Colisée, il apprit à piper, ce qui lui attira des coups de bâtons d'un orfèvre de Rome appelé Moreto. Il fut capitaine d'infanterie en Valteline ; et Bagni, qui était son général, m'a dit qu'il ne passa dans sa guerre, qui ne fut que de trois mois, que pour un escroc. Il eut la nonciature extraordinaire en France, par la faveur du cardinal Antoine, qui ne s'acquérait pas, en ce temps-là, par de bons moyens. Il plut à Chavigny par ses contes libertins d'Italie, et par Chavigny à Richelieu, qui le fit cardinal, par le même esprit, à ce que l'on a cru, qui obligea Auguste à laisser à Tibère la succession de l'Empire. La pourpre ne l'empêcha pas de demeurer valet sous Richelieu. La Reine l'ayant choisi faute d'autre, ce qui est vrai quoi qu'on en dise, il parut d'abord l'original de Trivelino Principe. La fortune l'ayant ébloui et tous les autres, il s'érigea et l'on l'érigea en Richelieu ; mais il n'en eut que l'impudence de l'imitation. Il se fit de la honte de tout ce que l'autre s'était fait de l'honneur. Il se moqua de la religion. Il promit tout, parce qu'il ne voulut rien tenir. Il ne fut ni doux ni cruel, parce qu'il ne se ressouvenait ni des bienfaits ni des injures. Il s'aimait trop, ce qui est le naturel des âmes lâches ; il se craignait trop peu, ce qui est le caractère de ceux qui n'ont pas de soin de leur réputation. Il prévoyait assez bien le mal, parce qu'il avait souvent peur ; mais il n'y remédiait pas à proportion, parce qu'il n'avait pas tant de prudence que de peur. Il avait de l'esprit, de l'insinuation, de l'enjouement, des manières ; mais le vilain coeur paraissait toujours au travers, et au point que ces qualités eurent, dans l'adversité, tout l'air du ridicule, et ne perdirent pas, dans la plus grande prospérité, celui de fourberie. Il porta le filoutage dans le ministère, ce qui n'est jamais arrivé qu'à lui ; et ce filoutage faisait que le ministère, même heureux et absolu, ne lui seyait pas bien, et que le mépris s'y glissa, qui est la maladie la plus dangereuse d'un État, et dont la contagion se répand le plus aisément et le plus promptement du chef dans les membres).
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StCyr
  19 avril 2016
Ces mémoires pourraient être sous-titrée "De l'art de la conjuration". Elles sont l'oeuvre de Jean-François Paul de Gondi Cardinal de Retz ennemi juré du cardinal de Mazarin. Elles ont pour théâtre la Régence d'Anne d'Autriche, mère de Louis XIV et sont l'un des documents privilégiés de la Fronde qui opposa la Cour et Mazarin d'un côté, les Princes de Condé, de Gondi et le duc d'Orléans de l'autre. Malgré l'intérêt historique de cette évocation, non dénuée d'esprit et d'humour, de ces parjures, complots et trahisons, faite par un homme d'église dont on ne peut s'empêcher de mettre en doute la "bonne foi" des propos; le récit plonge vite le lecteur, quand il ne se perd pas dans la galerie des personnages et dans le style alambiqué du français classique, dans une indifférence qui ne le quittera plus tout le long de ce volumineux ouvrage.
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Kalliope
  13 décembre 2010
Un peu ardu mais à recommander pour les passionnés de cette époque.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
pierre31pierre31   17 mai 2022
Il [Mazarin] parut encore plus modéré, plus civil et plus ouvert le lendemain de l’action. L’accès était tout-à-fait libre, les audiences étaient aisées ; on dînait avec lui comme avec un particulier ; il relâcha même beaucoup de la morgue des cardinaux les plus ordinaires. Enfin il fit si bien qu’il se trouva sur la tête de tout le monde, dans le temps que tout le monde croyait l’avoir encore à ses côtés. Ce qui me surprend, c’est que les princes et les grands du royaume, qui pour leurs intérêts doivent être plus clairvoyants que le vulgaire, furent les plus aveugles. Monsieur se crut au dessus de l’exemple ; M. le prince, attaché à la cour par son avarice, voulut aussi s’y croire ; M. le duc était d’un âge à s’endormir aisément à l’ombre des lauriers ; M. de Longueville ouvrit les yeux, mais ce ne fut que pour les refermer ; M. de Vendôme était trop heureux de n’avoir été que chassé ; M. de Nemours n’était qu’un enfant ; M. de Guise, revenu tout nouvellement de Bruxelles, était gouverné par madame de Pons, et croyait gouverner toute la cour ; M. de Bouillon croyait qu’on lui rendrait Sedan de jour en jour ; M. de Turenne était plus que satisfait de commander les armées d’Allemagne ; M. d’Epernon était ravi d’être rentré dans son gouvernement et dans sa charge ; M. de Schomberg avait été toute sa vie inséparable de tout ce qui était bien à la cour ; M. de Gramont en était esclave ; et MM. de Retz, de Vitry et de Bassompierre se croyaient, au pied de la lettre, en faveur, parce qu’ils n’étaient plus ni prisonniers ni exilés. Le parlement, délivré du cardinal de Richelieu qui l’avait tenu fort bas, s’imaginait que le siècle d’or serait celui d’un ministre qui leur disait tous les jours que la Reine ne se voulait conduire que par leurs conseils. Le clergé, qui donne toujours l’exemple de la servitude, la prêchait aux autres sous le titre d’obéissance. Voilà comme tout le monde se trouva en un instant mazarin.
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pierre31pierre31   20 mai 2022
Le Roi sortit de Paris justement à ce moment, et je l’appris, à cinq heures du matin, par l’argentier de la Reine, qui me fit éveiller, et qui me donna une lettre écrite de sa main, par laquelle elle me commandait, en des termes fort honnêtes, de me rendre dans le jour à Saint-Germain. L’argentier ajouta de bouche que le Roi venait de monter en carrosse pour y aller, et que toute l’armée était commandée pour s’avancer. Je lui répondis simplement que je ne manquerais pas d’obéir. Vous me faites bien la justice d’être persuadée que je n’en eus pas la pensée. […]
... je jugeai à propos de chercher une couleur au peu de soumission que je témoignais à la Reine en n’allant pas à Saint-Germain. Je fis mettre mes chevaux au carrosse, je reçus les adieux de tout le monde, je rejetai avec une fermeté admirable toutes les instances que l’on me fit pour m’obliger à demeurer ; et, par un malheur signalé, je trouvai, au bout de la rue Notre-Dame, Du Buisson, marchand de bois, et qui avait beaucoup de crédit sur les ports. Il était absolument à moi ; mais il se mit ce jour-là de fort mauvaise humeur. Il battit mon postillon ; il menaça mon cocher. Le peuple accourut en foule, renversa mon carrosse ; et les femmes du Marché-Neuf firent d’un étau* une machine sur laquelle elles me rapportèrent, pleurantes et hurlantes, à mon logis. Vous ne doutez pas de la manière dont cet effort de mon obéissance fut reçu à Saint-Germain. J’écrivis à la Reine et à Monsieur le Prince, en leur témoignant la douleur que j’avais d’avoir si mal réussi dans ma tentative.

*étau : étal.
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pierre31pierre31   08 juin 2022
Je priai M. de Beaufort de demeurer à la porte du parquet des huissiers pour empêcher le peuple d’entrer et le Parlement de sortir. Je fis le tour par la buvette, et quand je fus dans la grande salle, je montai sur un banc de procureur, et ayant fait un signe de la main, tout le monde cria silence pour m’écouter. Je dis tout ce que je m’imaginai être le plus propre à calmer la sédition [...] Il me fallut jouer, en un quart d’heure, trente personnages différents. Je menaçai, je caressai, je commandai, je suppliai ; enfin, comme je crus me pouvoir assurer du moins de quelques instants, je revins dans la Grande Chambre, où je pris Monsieur le Premier Président que je mis devant moi en l’embrassant. M. de Beaufort en usa de la même manière avec M. le président de Mesmes, et nous sortîmes ainsi avec le Parlement en corps, les huissiers à la tête. Le peuple fit de grandes clameurs ; nous entendîmes mêmes quelques voix qui criaient : « République ! » Mais l’on n’attenta rien, et ainsi finit l’histoire.
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pierre31pierre31   19 mai 2022
Ma première fonction fut la visite des religieuses de la Conception, que la Reine me força de faire, parce que n'ignorant pas qu’il y avait dans ce monastère plus de quatre-vingts filles, dont il y en avait plusieurs de belles et quelques-unes de coquettes, j’avais peine à me résoudre à y exposer ma vertu. Il le fallut toutefois, et je la conservai avec l’édification du prochain, parce que je n’en vis jamais une seule au visage, et je ne leur parlai jamais qu’elles n’eussent le voile baissé ; et cette conduite, qui dura six semaines, donna un merveilleux lustre à ma chasteté. Je crois que les leçons que je recevais tous les soirs chez Mme de Pommereux la fortifiaient beaucoup pour le lendemain. Ce qui est admirable, est que ces leçons, qui n'étaient plus secrètes, ne me nuisaient point dans le monde.

[Les deux dernières phrases ont été censurées dans le manuscrit mais l'emploi de réactif en a permis la lecture.]
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PilingPiling   28 septembre 2008
incipit :
Madame, quelque répugnance que je puisse avoir à vous donner l'histoire de ma vie, qui a été agitée de tant d'aventures différentes, néanmoins, comme vous me l'avez commandé, je vous obéis, même aux dépens de ma réputation. Le caprice de la fortune m'a fait honneur de beaucoup de fautes ; et je doute qu'il soit judicieux de lever le voile qui en cache une partie. Je vas cependant vous instruire nuement et sans détour des plus petites particularités, depuis le moment que j'ai commencé à connaître mon état ; et je ne vous cèlerai aucunes des démarches que j'ai faites en tous les temps de ma vie.
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