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ISBN : 2711861511
Éditeur : Réunion des Musées Nationaux (10/09/2014)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Qu'elles soient Nanas, tout en courbes, éclatantes de couleurs et de vie, dansantes, délurées, expression d'une totale liberté, ou femmes-maisons, immenses sculptures habitables, quintessence de l'abri maternel; qu'elles soient Mères dévorantes, portant collier de perles, robe à fleurs et sac à main, ou qu'elles soient Déesses dont le corps composé d'un conglomérat d'objets hétéroclites semble avoir surgi d'un chaos primordial, les femmes tiennent une place prépondé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
paroles
  27 décembre 2014
Quel beau livre ! Je me suis fait plaisir, c'est vrai ! Après la visite de la remarquable exposition consacrée à Nicki de Saint Phalle (1930-2002), une expo très complète qui donne une idée de l'ensemble de ses oeuvres, je suis passée par la librairie du musée car je voulais (ou plutôt il le fallait) pouvoir retourner à ma guise vers ses oeuvres et les admirer à nouveau, même si je le confesse, en grandeur nature c'est beaucoup mieux.
Je feuillette ce bel objet et je retrouve mon parcours lors de l'expo. J'y admire ses premières oeuvres (celles qui l'ont fait connaître) au fusil. Excentrique, elle l'a sûrement été mais son art repose sur un travail sans relâche. Elle tirait sur des tableaux blancs sur lesquels étaient dissimulés différents objets, représentant une saynète et contenant des tubes de couleurs et ils éclataient sous les balles. C'était une façon à elle d'exprimer sa colère, sa peur, de tuer le père, ce père qui l'a tant fait souffrir étant enfant, et de juguler sa violence. Elle a été mannequin, comédienne dans des films qui dénonçaient encore ce père incestueux. Ses oeuvres témoignent de la revendication sur la condition féminine, le rôle de la femme, de la mère, de l'épouse, sur l'avortement. Elle fut certainement une féministe. Elle s'est exprimée sur la guerre, la religion, la politique...
Peu à peu, elle est passée de la peinture à la sculpture, des couleurs tristes aux folles couleurs, puis à la mosaïque. Elle a aussi réalisé des sculptures immenses comme le Jardin des Tarots en Toscane où elle a pu exprimer toutes ses influences (Gaudi, le Douanier Rousseau, le facteur Cheval par exemple), mais aussi tous ses rêves, toute sa démesure, et c'est là que l'on ressent vraiment la paix, qui à ce moment précis, l'a peut-être enfin gagnée.
Là, je suis heureuse, je peux piocher ce que je veux revoir dans ce livre et me ravir les yeux de toutes ces beautés. Je peux y lire aussi que cette grande artiste à la pointe de son art est une autodidacte, qu'elle a fait passer son oeuvre avant sa vie (ce qu'on a pu lui reprocher, mais on reproche toujours plus aux femmes qu'aux hommes, c'est bien connu), que la générosité est un trait de son caractère (elle a cédé nombre de ses oeuvres à des musées)... Il y a tant à dire sur Nicki de Saint Phalle que je ne peux que vous conseillez d'apprendre à la connaître, ce que fait admirablement cet ouvrage.
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clude_stas
  25 septembre 2014
Niki à Knokke, le sourire aux lèvres. Ce souvenir-là ressurgit en moi à chaque fois que je parle de Keith Haring à mes étudiants. Elle était là en séjour chez un peintre belge. Keith peignait sur un mur du Casino. Et je l'ai rencontrée ainsi assez fortuitement. Elle irradiait et m'a très vite magnétisé.
Pendant très longtemps, Niki de Saint-Phalle a interdit toute biographie à son propos. Elle tenta de garder le contrôle sur son passé douloureux. Puis, en 1994, elle publia « Mon Secret », une autobiographie calligraphiée d'une main enfantine. Elle y raconta avec des mots simples, très émouvants, l'inceste, l'indifférence de sa mère, l'hôpital psychiatrique, le traitement déshumanisant et la révélation de l'esthétique grâce à l'art thérapie. Niki est autodidacte. Mais avant d'être une artiste du Nouveau Réalisme, aux côtés de son second époux, Jean Tinguely, Niki a été mannequin.
Dans ce catalogue lié à l'exposition du Grand Palais (17 septembre 2014 – 2 février 2015), une véritable rétrospective de son oeuvre protéiforme nous offre toutes les facettes du diamant Saint-Phalle. Niki nous a quittés en 2002, emportée par un moment de suffocation. Aussi il était grand temps que près de 200 pièces (dont certaines de grande taille) viennent se rappeler à notre bon souvenir.
L'art a permis à Niki de résister et de survivre. Ayant très vite la conscience d'avoir un destin, elle fera de cette enfance volée le thème de ses oeuvres. Mais jamais, elle n'oublie que les enfants sont seulement « présumés innocents » (pour évoquer une exposition devenue sordidement célèbre). Les premières oeuvres présentent des accents d'art brut ; elle crée des autoportraits à partir d'objets hétéroclites, collectés puis assemblés. Elle se prend de passion pour des artistes tels que Jean Dubuffet, Jean Fautrier ou Pierre Alechinsky et les autres artistes de CoBrA. L'art l'aide à vivre. L'art lui permet de tenir à distance ces monstres tapis dans l'ombre de sa mémoire. L'art permet de les ridiculiser, de les apprivoiser, de les rendre gentils. Ou alors de les tuer, à coups de carabine. Avec détermination, avec violence, pour un réel soulagement. Mais la tension à peine disparue revient, et ce n'est que tir après tir qu'elle s'atténue. Un exorcisme, cela se fait toujours dans la douleur. Et par la même occasion, elle règle son compte à la peinture en l'exécutant, comme on fusille les traîtres. En public. du bout du canon de son arme, elle ridiculise le dripping de Jackson Pollock. Ce moment est libérateur, salvateur, thérapeutique, magique, chamanique. Et ce moment-là, en 1961, grâce à Pierre Restany, il deviendra l'élan de tout ce qui va suivre : une carrière artistique et un destin.
Un cortège chaotique de femmes grotesques, toujours inquiétantes, parfois littéralement monstrueuses apparaît. Qu'elles soient mariées ou parturientes, elles nous présentent la sexualité de la femme que comme mortifère, tant elle est conditionnée par les traditions sociétales. de tous ces objets en plastique coloré, des ustensiles de cuisine aux corps de poupées avec ou sans tête, il ressort une dichotomie, voire une dysmorphie entre le féminin et le masculin. Bientôt, ces femmes se libéreront, grâce à mai 68, et s'égayeront dans la nature, arborant les formes voluptueuses de la fertilité et les couleurs de la joie de vivre retrouvée. Et les collaborations avec le sculpteur suisse Jean Tinguely pour la Fontaine Stravinsky ou le Cyclop ne feront que la conforter dans son grand projet, le projet de toute une vie : le Jardin des Tarots, à Capalbio en Toscane. Elle veut, là, en cet endroit, réussir le mariage de constructions à la Facteur Cheval avec le vocabulaire décoratif d'Antoni Gaudi. Ce qui se fera. Ce qui sera son chant du cygne. Après avoir milité pendant des années pour la lutte contre le SIDA, elle part presque sur la pointe des pieds.
Aujourd'hui, elle revient en artiste éclatante, en rebelle flamboyante, en guerrière désarmante, en femme, tout simplement.
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ay_guadalquivir
  09 janvier 2015
Une nouvelle fois je mesure ici l'effet magique du livre.
Car avec ce magnifique ouvrage entre les mains, je suis entré dans un univers que je connais mal, que j'apprécie peu - par méconnaissance au moins autant que par goût - et que j'ai trouvé fascinant. le catalogue de l'exposition est sublime, il rend aux oeuvres de Niki de Saint-Phalle leur pleine dimension. Et puis, passionnant dans cet ouvrage, tout autant que les oeuvres achevées, c'est l'explication et la mise en images du processus qui a conduit l'artiste à ce travail si singulier.
La RMN ajoute au catalogue un accès à son site dédié, riche de vidéos tout à fait intéressantes. Bonus des temps modernes!
Je n'ai pas vu l'exposition, et sans doute j'irai.
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Torticolis
  30 novembre 2014
A l'heure où j'écris ses quelques lignes, il est encore temps de courir au Grand Palais admirer cette exposition exceptionnelle.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   25 février 2015
De même que l'art de la performance n'existait pas au début des années 1960, il n'y avait pas non plus de discours capable d'exprimer la frustration de Niki, une frustration qui allait au-delà d ce que les psychiatres et les électrochocs pouvaient manifestement "guérir". Le problème structurel récurrent - l'infériorité supposée des femmes - apparaît tel un symptôme irrépressible, dans les déclarations des contemporains de Niki, et même de ses amis les plus chers, qui rouvrent constamment la blessure. (P98)
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clude_stasclude_stas   24 septembre 2014
J'ai décidé très tôt d'être une héroïne. Qui serais-je ? George Sand ? Jeanne d'Arc ? Un Napoléon en jupons ? Qu'importe ce que je serais ! L'important était que ce fut difficile, grand, excitant !
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   16 décembre 2014
Le communisme et le capitalisme ont échoué. Je pense que le temps est venu d'une nouvelle société matriarcale. Vous croyez que les gens continueraient à mourir de faim si les femmes s'en mêlaient ? Ces femmes qui mettent au monde, ont cette fonction de donner la vie _ je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elles pourraient faire un monde dans lequel je serai heureuse de vivre.
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   16 décembre 2014
Enfant, je ne pouvais pas m'identifier à ma mère, à ma grand-mère, à mes tantes ou aux amies de ma mère. Un petit groupe plutôt malheureux. Notre maison était étouffante. Un espace renfermé avec peu de liberté, peu d'intimité. Je ne voulais pas devenir, comme elles, les gardiennes du foyer, je voulais le monde et le monde alors appartenait aux hommes.
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   16 décembre 2014
Je n'accepterais pas les limites que ma mère tentait d'imposer à ma vie parce que j'étais une femme. NON. Je franchirais ces limites pour atteindre le monde des hommes qui me semblait aventureux, mystérieux, excitant.
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