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ISBN : 2226328688
Éditeur : Albin Michel (29/03/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Dans l’Europe tourmentée des années 30, Alice Clifford travaille pour le New York Herald Tribune. Elle est correspondante à Rome, où triomphe Mussolini, avant de couvrir la Guerre d’Espagne au risque de sa vie. Libre, indépendante, moderne, opposée aux dictatures, elle ne peut se garder de passions troubles avec des hommes proches du pouvoir fasciste et nazi.

Jusqu’où ira-t-elle pour ne pas trahir ses idéaux ?
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
07 avril 2017
Un métier dangereux et exaltant.
Correspondante de guerre. C'est ce qu'a choisi Alice Clifford pour le Herald Tribune.
1936-1945. Préserver ses sources est une règle de prudence élémentaire pour les reporters. Ils ont besoin de contacts avec des personnes capables de décrire les faits mais aussi « d'en démêler les fils psychologiques, les motivations intimes, sectaires et dogmatiques ». Dans beaucoup de cas, ils ne prennent pas de notes et développent des moyens mnémotechniques pour retenir les éléments importants d'une conversation, pour les codifier ensuite et les transmettre à leur journal. Toujours dans l'urgence. Même concurrents, ils échangent volontiers leurs informations avec leurs collègues, hommes et femmes, soumis aux mêmes dangers et aux mêmes risques d'être arrêtés, interrogés et tués.
Au printemps 1936, Alice Clifford, profil à la Cate Blanchett, couvre la défaite des Ethiopiens face à l'armée implacable du fasciste, Benito Mussolini. Interviews des blessés et de civils épuisés et affamés. Constat de la destruction et du pillage du palais d'Haïlé Sélassié. Quelques mois plus tard, elle est envoyée à Madrid que cherchent à bombarder les nationalistes du général Franco. Elle y retrouve ses compatriotes, Martha Gellhorn et Ernest Hemingway dont la ferveur à défendre la cause républicaine lamine son entourage. Elle y est grièvement blessée.
En convalescence à Alexandrie, ville cosmopolite, où elle a vécu toute son adolescence, Alice Clifford assiste au pas de deux entre l'Angleterre et l'Egypte qui attend patiemment son indépendance, couvre l'accession au trône du jeune roi Farouk, rencontre des juifs allemands qui ont dû abandonner tous leurs biens pour pouvoir quitter l'Allemagne où les milices nazies se déchaînent. Retour en Europe, elle rédige, horrifiée, des articles sur la nuit de Cristal au cours de laquelle la férocité des foules témoigne d'une hystérie minutieusement alimentée par le régime. A Berlin, comme dans tout le pays, le meurtre d'un employé de l'ambassade d'Allemagne à Paris stigmatise les représailles ; les synagogues sont incendiées, les commerces juifs sont saccagés et pillés, les assassinats et les déportations se comptent par centaines, prémices de la Shoah.
En mars 1939, Alice Clifford relate l'intronisation du pape Pie XII. Diplomate avéré et défenseur de la paix, son rôle durant la Seconde Guerre mondiale a été contesté en raison de sa tiédeur à condamner les actes de violence extrêmes contre les Juifs. Des pages bien documentées apportent un éclairage a posteriori à son attitude. En 1943, à Rome, les manigances de Galeazzo Ciano, gendre du Duce, conduisent à la reddition de Mussolini, relâché plus tard par les Allemands. Pour montrer qui est le chef, il signe la condamnation de Ciano, exécuté d'une balle dans le dos, délicatesse accordée aux traîtres.
Les totalitarismes atteignent leur paroxysme. Les dictateurs se repaissent d'intimidation et de terreur.
L'Italie est affamée, les populations grondent face à l'occupation des Allemands. La confiance dans le Duce s'effrite alors qu'avec le Führer, il s'accorde sur une offensive en Afrique septentrionale que les Alliés vaincront en moins d'un an. L'Italie est mise au ban des nations pour s'être alliée avec le diable.
Il est aussi question de revirement, de prise de conscience, de militants déçus et sceptiques, qui entrent dans la Résistance, de haut gradé qui veut réparer une conduite discutable par son départ sur le front de l'Est, d'un diplomate italien proche du pouvoir, arrêté et torturé pour l'exemple.
Roman passionnant, documenté et synthétisé avec maestria, mêlant intrigues amoureuses et faits historiques, maniant avec doigté les idéologies et les propos mondains, laissant croître la tension jusqu'à la dernière ligne, écrit d'une plume vigoureuse, alerte, imagée, colorée (les mots me manquent) selon les lieux et les événements.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Albin Michel qui, par l'envoi des épreuves de ce livre brillant, m'ont permis de découvrir Theresa Révay dont je vais explorer la bibliographie.

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nadejda
13 avril 2017
Voilà un roman qui permet de se faire une idée claire sur la succession de compromissions, les connivences, l'aveuglement et la lâcheté qui ont pu mener à la confusion et au chaos, offrant un terrain favorable au développement de guerres larvées, à la montée en puissance de dictateurs tels Hitler et Mussolini et au renforcement de leur emprise ; mise en place graduelle qui a mené à la seconde guerre mondiale et n'est pas sans ressemblance avec notre situation présente.
De l'Éthiopie de 1936 où le négus est contraint à l'abdication et tout un peuple de combattants courageux mis à genoux et humilié par l'utilisation de gaz moutarde
"Comment pouvions-nous lutter contre "la pluie qui brûle" ?" p14
(...) "Cette bruine étrange venue du ciel, dont l'ennemi avait arrosé non seulement les combattants mais aussi les villages, les plaines fertiles, les champs de blé et d'orge, ou les rives du lac Ashangi, tuant le bétail et empoisonnant la terre, avait terrifié la population. On aurait dit qu'une plaie biblique s'était abattue sur le plus ancien pays chrétien du monde. p 15
... à la Campagne d'Italie de 1944 où les alliés gagnent progressivement du terrain, c'est toute l'escalade et le déploiement des événements qui auront conduit à la seconde guerre mondiale que nous fait traverser Theresa Revay à travers le témoignage et la vie d'Alice Clifford, correspondante de guerre pour le New York Herald Tribune.
L'auteur rend un bel hommage à toutes les femmes correspondantes de guerre dont Alice Clifford croisera la route. Même si leur travail se fait sur le terrain de manière indépendante et sans communiquer leurs sources, elles se retrouvent avec leurs homologues masculins dans des lieux réservés à la presse comme à Madrid, durant le siège des troupes franquistes, en avril 1937, dans le corridor de l'hôtel Florida, (où l'on pouvait croiser aussi "des aventuriers de passage, des réfugiés communistes allemands, des ambulanciers américains, des pilotes russes, des idéalistes et des voyous"), Virginia Cowles, puis Martha Gellhorn maîtresse d'Hemingway, également Saint-Exupéry correspondant de Paris-Soir....
"Hemingway tenait à être le maître étalon et l'écrivain suprême de cette guerre, ne tolérant aucune entorse à sa domination tant physique qu'intellectuelle. Il se prêtait à des duels d'ivrognes, jouissait des anecdotes les plus barbares, faisait le coup de feu contre les nationalistes avec la même insouciance que s'il tirait le canard. Alice s'irritait de ce rapport de force qu'il imposait aux autres. Un abus de pouvoir qui lui semblait contraire aux valeurs mêmes pour lesquelles combattaient les troupes républicaines. Incommodée par les relents des assiettes sales ..... elle ressentit le besoin impérieux de changer d'air
(...) Il lui fallait fuir cette ambiance d'espionnite, de vengeance, de délectation morbide, et retrouver les jeunes soldats espagnols, souvent des gamins illettrés, souriants, généreux, pleins d'humour. Elle admirait leur élan, leur pureté d'intention, restait saisie par leur soif d'apprendre, leur application pendant les cours d'alphabétisation qu'ils suivaient pour devenir officiers. À voir leurs visages creusés par la faim, leur fierté insouciante, elle maudissait certains des scribouillards qui se servaient d'eux pour leur propre gloire, tout autant que les commissaires soviétiques pour qui ces innocents n'étaient, au fond, que des pions p 157
Alice Clifford est un condensé de ces femmes exceptionnelles libres et passionnées par leur métier qui ont témoigné, en les traversant, de tous les dangers et de l'horreur des guerres en Europe telles, à Berlin, Sigrid Schultz ou Dorothy Thompson expulsée de l'hôtel Adlon par les nazis.
Les premières, elles ont rendu compte de la persécution des allemands réfractaires au nazisme et des juifs, de la création des camps et des conditions d'internement, de la nuit de cristal sans oublier leurs interviews de personnalités fascistes mais aussi de belles rencontres avec des gens du peuple et des soldats dont elle rapporte les souffrances.
Les amours d'Alice m'ont moins retenue que la découverte vivante du travail risqué et nécessaire des correspondants de guerre et la vision historique sans aucun manichéisme que l'auteur nous permet d'acquérir sur cette période qui a vu tant de bouleversements.
Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour m'avoir offert cette lecture
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Mimeko
19 avril 2017
La vie ne danse qu'un instant relate la vie d'Alice Clifford, jeune américaine ayant vécu son enfance à Alexandrie et correspondante de guerre du Herald Tribune, qui se trouve à Addis-Abeba quand le gouvernement éthiopien tombe entre les mains des troupes du Duce, en 1936. de retour à Rome elle fréquente ses collègues ainsi que les politiques et les grandes familles romaines dont Umberto Ludovici, qui travaille pour le gendre de Mussolini, alors en charge du Ministère des Affaires Etrangères. Envoyée par la suite à Madrid, c'est l'avancée de Franco soutenue par l'Allemagne à laquelle elle assiste, puis la montée des nazis à Berlin pour enfin assister à la reddition de l'Allemagne vaincue.
C'est donc à un voyage à la fois dans l'espace et dans le temps que nous invite Theresa Révay, en mélangeant habilement petite et Grande histoire, rendant accessible et vivante cette fresque historique ; on y croise Hemingway, sa femme Martha Gellhorn également journaliste ainsi que des personnages de fiction, tous bien analysés prenant une part active ou non dans les évènements qui couvrent l'histoire mouvementée entre 1936 et 1945.
J'ai un avis mitigé après la lecture de ce roman, le point positif est indéniablement pour moi, l'aspect historique, particulièrement fouillé et intéressant puisqu'il permet de balayer, grâce à l'héroïne, dix années d'une histoire mouvementée qui voit monter les nationalismes, de l'Ethiopie colonisée par une Italie fasciste, en passant par l'Egypte sous surveillance britannique, la guerre civile espagnole et l'Allemagne nazie triomphante puis vaincue. le fait d'avoir choisi comme héroïne une correspondante de guerre permet d'avoir un personnage légitime au coeur de l'action, et sur tous les théâtres politiques, quelquefois même dans l'entourage proches des personnages historiques tel quel Ciano Galeazzo, gendre de Mussolini.
Le bémol, a été pour moi, l'aspect un peu trop romance du livre, la jeune Alice connaît différentes histoires ou liaisons amoureuses et elle a la particularité de planter, sans les informer, ses chevaliers servants, qui chose étonnante, ne lui en tiennent pas rigueur, allant même jusqu'à l'aider dès qu'elle se rappelle à leurs bons souvenirs, ces derniers ne lui en tenant jamais rigueur et faisant même preuve d'une abnégation à toute épreuve...Heureusement les tous derniers chapitres renversent un peu la tendance "romance" et j'ai apprécié ce changement de d'ambiance.
Malgré ce petit bémol, j'ai apprécié la plume efficace de
Theresa Révay , sa grande culture et un rythme toujours soutenu qui évacue tout ennui lors de la lecture...
La vie ne danse qu'un instant est un roman autant d'aventure qu'historique, avec de la romance, une recette équilibrée qui m'a offert un bon moment de lecture
Je remercie Babelio et l'opération masse critique spéciale, ainsi que les éditions Albin Michel pour ce plaisir de lecture.
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Floyd2408
19 avril 2017
La vie ne danse qu'un instant livre, des éditions Albin Michel reçu lors d'une masse critique de Babelio est une fresque de 500 pages au coeur changeant dans un cadre historique macabre de la folie humaine, la montée du nazisme, du fasciste, du bolchévique, de l'antisémite puis l'épuration ethnique, la guerre s'empare de l'Europe entière pour une course à l'horreur.
Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour ce roman grandiose écrit de main de maitre par Theresa Revay, cette auteure a su par cette intrigue, nous plonger dans une page de l'histoire importante de l'Europe, celle de la deuxième guerre mondiale sous le regard sans Machiavélisme d'une jeune journaliste américaine où Alexandrie fût le berceau de son enfance de l'Éthiopie à l'Espagne, de l'Italie à l'Allemagne, cette jeune américaine bercera nos coeurs des pérégrinations journalistiques et amoureuses en rencontrant dans ses périples la guerre d'Espagne avec Franco et le déchirement de ce peuple, la haine sans borne des espagnols entre les nationalistes et républicains. Puis la montée du fasciste avec Mussolini et son complice de fortune politique le führer Hitler catalyseur de l'instabilité de l'Europe est le paysage de ce roman romanesque, car le trame principale de ce roman reste le filigrane historique de cette époque à travers l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie.
Theresa Révay entremêle à merveille le roman historique et la romance, me perdre dans les évènements de cette époque à travers l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne pour découvrir avec plaisir ces moments perdus d'un passé côtoyant celui historique de la France.
Lorsque Theresa Révay, dans la guerre civile Espagnole, nous fait découvrir avec cette américaine la réalité sanglante de cet affrontement, je me remémore Georges Bernanos et de son roman Les Grands Cimetières sous la lune, comme une résonance Saint Saint-Exupéry et Ernest Hemingway seront des rencontres fortuites à cette guerre d'Espagne.
Un personnage secondaire fût pour moi un second rôle important de ce cri de la violence nazi, ce jeune pianiste virtuose Victor Weissmann, originaire de Berlin, juif exprime avec violence et force la persécution de son peuple, disant -
« Je suis un Juif, un sous-homme à leurs yeux »
« Ils m'ont pris ma dignité et ma raison de vivre. »
Ces termes sont un écho à d'autres écrits sur le sort des Juifs comme Si j'étais un homme de Primo Lévy narrant la désolation des prisonniers dans un camp de concentration.
La plupart de l'intrigue se déroule dans la ville antique de Rome berceau de l'Europe conquérante avec son architecture que Theresa Révay évoque beaucoup dans son écriture, les paysages architecturaux sont l'essence de la culture du pays visités par notre héroïne, les toiles, les sculptures, les bâtiments y sont peint avec justesse comme une traversée historique cultuelle.
Rome, coeur central du livre, lieu de résidence de notre américaine, abrite les enjeux de la montée en puissance du Duce, où se tisse les liens avec Franco, Hitler et aussi en filigrane le pape Pie XII. Nous découvrons sous un regard différent celui de l'Italie et de l'Allemagne, les relations diplomatiques amenant à la crise de la guerre mondiale. de plus l'amant de notre journaliste issu de la bourgeoisie Italienne et diplomate de son pays au service de Mussolini ouvre une place au Vatican pour pouvoir exprimer la position ambigüe de la chrétienté dans ce conflit et le génocide des Juifs.
Même si ce roman est une pure fiction, nous vivons des événements, des accords, des relations diplomatiques changeantes historiques comme l'enveloppe charnel de ce roman au squelette de l'intrigue de notre héroïne journaliste.
Outre l'historique, ce roman cristallise le rôle des femmes dans cette période. L'héroïne journaliste à la plume acerbe oeuvrant pour un journal américain est l'égale des journalistes masculins. Elle est indépendante, libre de ses choix, se libérant de sa charge de mère pour avorter, puis maitresse d'un homme sans être soumise mais au contraire se libérant dans une autre aventure physique avec un journaliste allemand, son alter égo sombre, cette attraction animale, relevant son côté obscure. Puis la femme du diplomate italien de sang noble s'engageant dans la croix rouge pour aller sur le front. L'amie d'enfance de notre héroïne, comédienne aux moeurs lesbiennes, et ses autres femmes distillant l'intrigue constelle la condition féminine.
Notre héroïne reste un personnage assez complexe, pouvant être dans l'absence, cloitré dans le noir pour se ressourcer au contraire partir au front, pour suivre des combats comme en Éthiopie, puis la guerre d'Espagne, et être en Allemagne lors de la nuit de cristal, rester en Italie malgré les relations diplomatiques discordantes …..Notre héroïne trace sa voie à travers les événements qui croisent sa destiné, Alexandrie enjeu économique entre l'Allemagne les britanniques et les italiens restent son lieu de pèlerinage, sa bouffée d'oxygène, sa ville au souvenir d'enfance, sera le lieu des coeurs brulants, des amours passionnels.
Ce roman est une chevauchée fantastique historique, une traversé en apnée de la montée folle des esprits diplomatiques pour une soif d'espace au prix d'une guerre de sang et d'horreur, bercé par la mélodie dissonante de cette aventurière journalistique toujours au coeur même des conflits, savourant avec passion la chair faible de ses amours opposés. Cette femme pourrait être une héroïne de Françoise Sagan, celle aussi d'une Marguerite Duras. Venez-vous perdre dans cette histoire explosive, l'amour et la guerre seront des partenaires d'infortunes mais complice.
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Aline1102
10 avril 2017
Waouh ! Je suis enfin venue à bout de ce pavé. J'avoue honnêtement que les 30 jours limites qui nous sont offerts pour découvrir et chroniquer une Masse critique me semblaient peu quand j'ai découvert l'ampleur du récit. Mais c'était sans compter sur la jolie plume de Theresa Révay et, surtout, avant de faire connaissance avec ses personnages. En effet, on est très vite emporté dans le tourbillon - historique - de ces années 1930, au côté de diverses personnalités, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Au passage, je précise d'emblée que ma "rencontre" préférée dans ce roman est celle d'Ernest Hemingway, présent à Madrid en même temps que l'héroïne du roman, Alice Clifford.
L'histoire que nous raconte Theresa Révay est passionnante pour de multiples raisons, mais surtout parce qu'elle permet de comprendre l'enchaînement des événements ayant mené à la Seconde Guerre mondiale. Tout au long du roman, on sent la tension qui s'accumule et certains personnages visionnaires (dont Alice Clifford) se rendent compte qu'un nouveau conflit mondial semble inévitable.
Le récit est parfaitement documenté et, à plus d'une reprise, l'auteure semble se confondre avec son personnage principal, tant le style journalistique devient flagrant. A certains moments, j'ai eu l'impression de lire un article d'époque, car Theresa Révay écrit sans fioritures inutiles.
Alice Clifford, le personnage principal, n'est absolument pas attachante. Mais c'est une femme que j'ai apprécié découvrir. C'est un personnage fort, malgré ses nombreuses failles. Elle est aussi extrêmement intelligente, qui comprend la politique et la diplomatie de son époque et qui n'hésite pas à évoquer avant tout le monde le fait que l'histoire se répète et que le conflit de 1914-1918 risque de se reproduire... Alice n'est d'ailleurs pas la seule femme forte : ses collègues reporters sont tout aussi amusantes à découvrir.
On ne peut pas dire que je sois sortie de ma zone de confort avec ce roman, puisque j'aime découvrir des récits (de tous genres) qui nous parlent des deux Guerres mondiales. Mais je suis très satisfaite d'avoir découvert un récit aussi intense et prenant !
Un grand merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.
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Les critiques presse (1)
LeFigaro14 avril 2017
Un roman écrit avec précision et élégance.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda12 avril 2017
C'était des mots qui l'avaient décidé (à rejoindre la poignée d'hommes décidés à trahir et tenter de renverser Hitler), de simples mots qui avaient résonné en lui plus fortement encore que le goût de la vengeance, des mots prononcés pendant la guerre civile espagnole, un jour d'octobre 1936, par le recteur de l'université de Salamanque. Karlheinz voyait encore la frêle silhouette de Miguel de Unamuno se dresser dans l'amphithéâtre bondé de nationalistes vociférant leur amour de la mort en conspuant cet esprit libre. "Je viens d'entendre le cri nécrophile "Viva la muerte !" qui sonne à mes oreilles comme "À mort la vie !" s'était écrié le philosophe, avant d'ajouter : "Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat." Ses adversaires, fous de rage, avaient hurlé : "À mort l'intelligence !" À ce moment précis, Karlheinz avait choisi son camp. Comment peut-on insulter l'intelligence et rester vivant ? Il avait donc fait le choix de la vie, mais aussi de la raison et du droit, deux valeurs qu'il avait longtemps délaissées, tout entier consumé par sa haine du communisme et son mépris pour les démocraties corrompues. Des valeurs qui avait été celles de son père et qu'il lui avait fallu retrouver pour ne pas perdre son âme. p 372
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ClaireGClaireG07 avril 2017
Les fascistes vouaient un véritable culte à l’uniforme. Plus ces hommes étaient petits, obèses ou contrefaits, plus ils tenaient à un uniforme galonné pour se donner une stature. Le plus caricatural d’entre eux était sans aucun doute Göring dont les nombreuses médailles tintinnabulant sur sa poitrine annonçaient son passage aussi peu discrètement que les crotales des marchands ambulants sur la Corniche.

pp. 281-82
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nadejdanadejda30 mars 2017
L'inattendu. C'était l'une des choses qui l'avait tant séduite à Alexandrie. Le fracas de ces existences qui arrivaient de partout, souvent voilées de malheur, mais animées par l'espérance d'une vie meilleure à l'abri de la pauvreté ou des persécutions. Les juifs allemands, les Grecs de Smyrne, les Arméniens aux prunelles assombries où brillait encore l'effroi des routes de la mort, les Syriens descendus de leurs villages en costumes du pays dont les enfants parleraient français et refuseraient de se vêtir autrement qu'à la pointe de la mode occidentale. En remontant les siècles, on pouvait même discerner les aspirations des Romains, des Hellènes ou des Phéniciens. Sans oublier les rêves de ceux que leur sang oriental et leurs peaux cuivrées teintaient de légende à ses yeux d'Occidentale. Elle avait d'emblée perçu que cette terre archaïque aux senteurs d'épices méconnues, celle de la Bible et des prophètes, portait la mémoire du monde et la promesse d'engouement tant spirituels que charnels. Elle s'y était arrimée comme après un naufrage. p 222
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ClaireGClaireG10 avril 2017
Aux yeux d’Alice, le suicide n’était ni entaché de lâcheté ni d’un quelconque péché envers un Dieu omniscient. La vie n’était pas nécessairement une chose admirable. Dans certains cas, il y avait même une certaine grandeur à y renoncer.

P. 307
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MimekoMimeko08 avril 2017
Il fallait se méfier des allusions au Duce comme au fascisme en général. Une critique, une moquerie ou un parfum de défaitisme pouvaient vous conduire en exil à l'autre bout du pays ou vous infliger une sévère colique, les propriétés laxatives de l'huile de ricin administrée de force aux opposants demeurant encore une distraction prisée par les gros bras du régime.
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