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ISBN : 2081364824
Éditeur : Flammarion (19/08/2015)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 294 notes)
Résumé :
Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s'en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes à Detroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c'est arrivé. C'est dans cette ville menacée de faillite qu'Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C'est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  13 novembre 2015
Eugène est un optimiste.
Il faut l'être un minimum quand on est parachuté par son entreprise européenne à Detroit (USA) à la veille de la crise financière de 2008. La ville est en faillite, exsangue, vide, dangereuse, livrée aux pillages.
Ici, le rêve américain a la gueule de bois...
Cette lecture fut un peu la quatrième dimension. J'en ai aimé l'atmosphère d'apocalypse. Quand on cherche quelques photos de cette ville "fantôme" sur le net, c'est vraiment cette idée que l'on se fait de Detroit, une ville à l'agonie de son industrie automobile et de la crise des subprimes. Une ville dépeuplée qui est l'atout fort du livre, tel une approche de science-fiction qui n'en est malheureusement pas une.
Thomas B.Reverdy construit un livre multiple, roman de société, docu-fiction économique offrant une vision du monde de l'entreprise, enquête policière.
Tout le récit baigne dans une atmosphère plombée de solitude. L'auteur a parfaitement su nous immerger dans cette sinistrose. Ca frise le surréalisme dans la description des friches industrielles et des maisons individuelles écroulées ou brûlées. La ville est déjà laide au départ mais sa décrépitude lui donne des allures violentes de film de Mad Max (d'ailleurs un des chapitres du livre). On voit aussi en flash de possibles peintures de Hopper dans l'immobilité des êtres dans les bars. En dépit du contexte, la lecture est aisée et rapide par des chapitres courts et énergiques.
Donc, conquise par l'originalité de la fiction, la plume très agréable, fluide et généreuse, et la faculté d'imagination de Reverdy, invitant ses lecteurs dans des univers hors des sentiers battus.
(C'est plutôt la mondialisation qui donne la gueule de bois...)
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Annette55
  18 janvier 2016
Nous sommes à Détroit en 2008, ancienne capitale de l'automobile, une ville sombre, vide.
En fait, Detroit ne ressemble plus à rien ou plutôt à un décor de science fiction, une vision apocalyptique. Les rues et les quartiers sont comme pétrifiés, les maisons sont abandonnées. le paysage dévasté où des bâtiments ont été défoncés , pillés, dépouillés se met à ressembler à ceux des villes dévastées du couloir des tempêtes. Les rues sont singulierment vides. le parfum de la catastrophe est dans l'air juste aprés la crise des subprimes. Les fenêtres des immeubles sont murées par des briques ou des planches en bois. Les écoles ferment et les enseignes ne clignotent plus. Certaines maisons encore habitées laissent apercevoir des canapés à moitié défoncés ou des placards arrachés....
Les friches industrielles envahies par les ronces ou la végétation rebelle s'étendent: des écoles fantômes et des squelettes d'immeubles au bord de l'éffondrement .....On ressent la misère, l'abandon, la ruine, la débrouille,les trafics, les incendies suspects....
Eugène, jeune ingénieur français , naïf et optimiste vient d'arriver. il doit superviser un projet automobile mais l'entreprise n'est plus qu'un écran d'ordinateur ....viendra bientôt la faillite....
Heureusement Candice, la serveuse "au rire brillant et rouge" le retiendra avec son sourire .
Dans ce désert subsistent des enfants comme Charlie et sa bande de copains manipulés par un dealer dans " la Zone ". Il disparaît, se volatilise dans les friches, sa grand- Mére, Georgia, aimante et déterminée remuera ciel et terre pour le retrouver.
On y rencontre aussi le lieutenant Brown , flic sur le retour, en charge des disparitions d'enfants. Une blague circule dans la ville: "que le dernier qui parte éteigne la lumière" aprés la " Catastrophe".
Ce livre mélancolique, pudique et poétique invite quelque peu à contempler les ruines de notre propre civilisation et les effets néfastes, ô combien,de la mondialisation," un monde à l'envers oú flottent malgré tout les étoiles."
Un roman crépusculaire oú l'angoisse du vide nous étreint , pétri d'émotions contradictoires, l'incongruité des images de la désolation nous fascine.....Detroit ressemble à un film catastrophe. La toute fin malgré tout donne une petite lueur d'espoir .....dans ce monde dévasté tout est à refaire.....
On sort de cette lecture un peu éreinté....c'est tout le talent de l'auteur....que je ne connais pas.
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isabelleisapure
  28 septembre 2015
Détroit, capitale florissante de l'industrie automobile, subit de plein fouet la crise des Subprimes durant l'année 2008.
La ville s'est pour ainsi dire vidée de sa substance, faillite des banques, licenciements, maisons abandonnées.
Malgré cela, certains tentent de résister et de survivre dans ce milieu hostile, tout comme Eugène qui vient d'y être parachuté par son entreprise afin de superviser un projet automobile.
Charlie, comme tous les enfant tentent de se glisser dans les interstices du désastre et rêvent d'une vie meilleure en refaisant le monde au milieu des terrains vagues.
La ville de Détroit est « le personnage central » de ce roman attachant.
L'écriture juste et sensible de Thomas Reverdy nous donne à voir la lente agonie d'une ville américaine, parabole glaçante de notre civilisation au bord du gouffre.
Une lecture agréable même si ce roman n'a pas à mon sens le même attrait que « les évaporés ».
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kuroineko
  10 mai 2018
Il était une ville... Voici un titre qui résonne comme un conte de fée. Sauf qu'ici, il s'agirait plutôt de fées maléfiques qui ont pour nom Récession, Crise, Délinquance, etc.
La ville, c'est Detroit, Michigan. Fleuron de l'industrie automobile américaine pendant des décennies. Longtemps symbole de paradis accessible pour les travailleurs sans emploi des différents États. Et puis vinrent les premières difficultés. Puis les grandes émeutes de la fin des années 1960 (lire l'excellent Eux de Joyce Carol Oates à ce sujet). Puis les chocs pétroliers, la récession, les délocalisations, la révolution des petites autos japonaises économiques face aux gouffres sur roues des grands noms de l'Amérique automobile. Enfin, en ouverture du roman de Thomas B. Reverdy, la Catastrophe. le big bang des places financières de 2008 qui vient achever Detroit agonisant dans les affres de la déprise économique et des malversations à la tête de la municipalité. Banqueroute, faillite, disparition d'un monde déjà branlant.
L'auteur met en scène quelques personnages afin de peindre la chute des multinationales comme de la ville. Eugène, ingénieur français envoyé par l'Entreprise en vue d'un projet prometteur... sur le papier.
Candice, barmaid au rire irrésistible qui cache la fatigue et l'inquiétude devant la désertification galopante du quartier.
Charlie, petit malin de douze ans élevé par sa grand-mère et qui se retrouve embringué dans quelque chose de trop grand pour son petit gabarit.
Et Brown vieux flic à l'ancienne, usé mais opiniâtre qui cherche où peuvent être tous ces mômes disparus. Des mômes dont, pour la plupart, tout le monde se contrefiche. A commencer par des collègues qui y voient des problèmes de délinquance en moins pour l'avenir.
L'avenir, parlons-en! Est-ce qu'il existe seulement dans ce monde en totale déliquescence? Mieux vaut avoir le moral bien accroché en débutant ce roman. le propos n'est pas plus gai que la situation effective.
Les descriptions de Detroit sont remplies de ces trous dans le tissu centre-urbain, de ces maisons abandonnées faute de pouvoir rembourser l'emprunt, de ces friches industrielles où tout ce qui pouvait avoir de la valeur a été arraché. En lisant, j'ai repensé aux déambulations nocturnes du couple de vampires désabusés du beau film Only lovers left alive de Jim Jarmusch dans cette ville qui a toutes les allures d'une civilisation post-apocalyptique. Des mots de Thomas B. Reverdy émane la même sensation que les plans de caméra.
En leitmotiv reviennent les allusions au joueur de flûte de Hamerlin. Il était une ville est bien un conte, finalement. Pas de deux villes mais d'une seule qui perd son âme.
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AudreyT
  10 novembre 2015
Détroit, c'est bien d'elle dont il est question dans ce roman. de cette ville fantôme et qui se meurt doucement et douloureusement... Mais on y rencontre encore quelques attachants personnages, comme Charlie, jeune garçon qui quitte la maison de sa grand mère par un beau matin froid à la suite de sa petite bande d'amis. Candice, une serveuse de bar désabusée et dont le sourire illumine les soirées des hommes sans but ni avenir. Eugène, jeune ingénieur qui revient de Chine pour l'Entreprise, échoué là par hasard. Brown, flic passionné et opiniâtre, qui met tout en oeuvre pour apporter des réponses...
Le dernier roman de Thomas B. Reverdy est un roman à part. Il se lit facilement, l'écriture est agréable, les personnages, malgré leur nombre, sont attachants. Ils sont les spectateurs impuissants de la Catastrophe, de leur ville et de leur vie qui partent en miettes... Un roman sombre mais qui, à l'image du sourire de Candice, comporte quelques rayons de soleil...
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critiques presse (5)
Liberation   23 novembre 2015
Vous voilà très subtilement conduit vers la crise des subprimes, (...) vers les inquiétantes mutations du capitalisme. Tout cela avec la délicatesse d’une main invisible qui est celle de l’artiste.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   01 octobre 2015
Un portrait magnifié de la capitale du Michigan tombée en ruine.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   14 septembre 2015
Reverdy s'attarde avec délicatesse et doigté sur les plaies d'un Occident aux prises avec la mondialisation.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeJournaldeQuebec   07 septembre 2015
Un an après que Detroit eut fait faillite, l’écrivain français Thomas B. Reverdy nous offre un très touchant portrait de la ville.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   02 septembre 2015
Un roman éblouissant d'émotions, portées par une prose charnelle, infiniment pudique et sensible.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
SylviegeoSylviegeo   03 janvier 2017
La théorie, c'est que si vous savez faire quelque chose mieux que votre voisin, et qu'il sait faire autre chose mieux que vous, vous avez intérêt à échanger, à faire du commerce. Mais la réalité, c'est que si votre voisin a des salaires quatre ou six ou vingt fois inférieurs aux vôtres, même ce que vous savez faire de mieux vous avez intérêt à le produire chez lui. La main invisible qui équilibrait les marchés a glissé dans la flaque d'huile de la mondialisation. voilà ce qui s'est produit.
+ Lire la suite
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hcdahlemhcdahlem   31 décembre 2015
Gros Bill avait repéré une maison, un peu plus au sud, vide. Elle avait déjà été pillée. Les radiateurs, la robinetterie, les tuyaux de cuivre, il ne restait rien, on pouvait le voir par l’ouverture de la porte défoncée, les murs étaient creusés en bas, Si ça se trouve ils ont même emporté les fils électriques, disait Gros.
Les fenêtres en aluminium avaient été arrachées. Ça s’abîme vite une maison quand il pleut à l’intérieur pendant des mois. La toiture commençait à pencher dangereusement, elle menaçait de glisser vers la rue et, du côté opposé, plusieurs poutres de la charpente s’échappaient de la structure, balèvres inversées vers l’extérieur, se délabrant sous les intempéries comme des os sortant pleins d’esquilles d’une fracture ouverte.
Toute la maison, dans sa physionomie, donnait l’impression de devenir molle, d’onduler vers un point de déséquilibre où elle ne pourrait plus s’empêcher de s’effondrer, mais selon une chute incroyablement lente, imperceptible. C’était effrayant et contre nature.
Elle ne tenait plus que par la résistance interne des poutres et des briques empilées qui refusaient de céder, soumises à des pressions, des tensions et des torsions incalculables qui s’exerçaient selon des axes imprévus. Elle tombait en se ratatinant inexorablement. (p. 27-28)
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kathelkathel   06 septembre 2015
On voyait la tour, de l’autre côté des bâtiments industriels, où le Treizième Bureau était presque le seul étage éclairé. Ils étaient parvenus au bord de la Zone. Les rails se perdaient ensuite dans les broussailles et ils s’arrêtèrent.
Devant eux, soudain, il n’y avait plus rien. Une prairie dont on ne voyait pas le bout, plantée d’arbres et de quelques haies qui tenaient bon, autour de bâtiments effondrés. Le corridor de Packard débouchait dans une zone de friches tellement abandonnée qu’on aurait dit qu’elle n’était plus en ville. Personne ne devait jamais venir ici. Il n’y avait rien.
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rabannerabanne   11 mai 2017
Il y en avait qui étaient des vendeuses la journée, pour qui le strip était un deuxième job. Il y en avait qui élevaient des enfants. C'était presque banal, imaginez : trois cents bordels, rien que sur Eight Miles, à la frontière entre Detroit qui fournissait les filles et la banlieue où vivaient les clients aux poches pleines. Un marché à flux tendus. Un boulevard du sexe et du désespoir.
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domisylzendomisylzen   14 mars 2017
C'était une de ces lumières sublimes, inquiétantes et belles à la fois, qui révèlent et font surgir, irréel, de son propre relief, un paysage où chaque chose, comme détaché de lui, brille soudain d'une existence solitaire et nue.
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Vidéo de Thomas B. Reverdy
Rencontre avec Thomas B. Reverdy à la librairie La Galerne du Havre, pour la parution de "L'hiver du mécontentement".
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