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Hubert Juin (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070325326
Éditeur : Gallimard (03/03/1989)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Ce recueil réunit des Poèmes en prose datant de 1915, Quelques poèmes et la prose poétique de La Lucarne ovale de 1916, et des poèmes des Ardoises du toit de 1918 de Pierre Reverdy, cet immense poète qui a mis sa vie dans ses poèmes. Le poète est bien l'homme le plus englué de tous ceux qui peuvent être sur la terre, dans la pâte épaisse de la vie, disait-il. Souffrant de solitude, de crainte de vieillir, ce Narbonnais aspirant au soleil est hanté par le sentiment d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
paroles
  09 octobre 2013
Pierre Reverdy, une déclaration d'amour.
Il est l'un des inspirateurs du surréalisme et cotoie de nombreux artistes : Braque, Matisse, Appolinaire...
Ami de Picasso, admirateur de son travail mais non de son comportement, Reverdy fuit les mondanités parisiennes. Ne supportant pas l'alliance de l'argent et de l'art, il se réfugie, avec sa femme, près de l'abbaye de Solesmes où il vit dans un grand dénuement.
Il s'affranchit des codes de la poésie (rimes, alexandrins, sonnets) et ses poémes s'allègent de toutes les normes d'alors. Il veut que de sa poésie ne demeure que l'essentiel.
Et c'est vrai que sa poésie ne se donne pas au premier coup d'oeil. C'est grâce à une seconde lecture de cet ouvrage que j'ai pu savourer toute la magnificence de ses écrits. J'adore Prévert et sa simplicité, mais j'aime aussi qu'un auteur se laisse apprivoiser. Petit à petit, j'ai eu l'impression de toucher du doigt un bourgeon et lorsque ce contact avait lieu, un bouquet d'étincelles jaillissait.
Mélancolie, tristesse, noirceur parfois, ces écrits n'ont pas de thème réjouissant ou tapageur. Ils sont le reflet de la réalité. Réalité ? Apparence de la réalité ? Mais leur résonance vous happe, vous bouleverse parfois aux larmes, vous explore l'âme. Vous font vibrer tout simplement.
Et c'est pourquoi, je peux dire maintenant : Monsieur Reverdy, je vous aime...
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michfred
  28 janvier 2015
j'ai toujours adoré ce poète: sa simplicité et son sens des images me parlent.
J'aime ses vers aérés, pleins de blancs ouverts à mes rêves.
Son univers est souvent triste, comme abandonné des hommes mais d'une tristesse distinguée, délicate, un camaîeu de teintes claires et fondues, des gris, des beiges, des blancs. Pas de noirs.
Il se découvre comme un tableau de Tanguy, une étude de Cézanne, un pastel de Spilliaert. Structuré dans ses lignes et aérien dans ses mots, esquissé dans ses suggestions et ferme dans son propos.
Il a des antennes pour les choses les plus humbles, et le regard qu'il leur jette sait toujours surprendre leur mystère.
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vincentf
  11 janvier 2013
Toujours, quelque chose échappe. Il y a une fenêtre, un mur, des gens qui passent, un air de guitare, un toit, peut-être un rayon de soleil. Que se passe-t-il? Rien, et tout. le poète découpe les mots, les désassemble. Il les dispose, en vrac ou en supplément de sens, sur la page, pleine de prose ou presque vide. On lit ceci sans comprendre, effleuré par des bribes de réalité, quelques mots qui s'envolent, des formule magiques, toujours un entre-deux, le seuil d'une porte fermée, un chemin à côté d'une maison sans habitant, un rêve qui tente de se lever. A la fin, c'est comme si on n'avait pas lu. La vraie poésie ne dit rien, elle murmure.
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zohar
  24 mai 2011
Tout son recueil est comme constitué de « cristaux déposés après l'effervescent contact de l'esprit avec la réalité ».
En termes précis, le poète cherche à situer sa relation entre lui-même (ou l'homme, de façon plus générale) et le monde, le rêve et la réalité.
C'est dans cette quête essentielle que se situe, pour Reverdy, la poésie. Elle est absence, elle est « dans ce qui n'est pas », dans ce qui manque.
Le poète recherche, hors de toute rhétorique, un dépouillement extrême de sa poésie.
Sa poésie demande à l'image de préciser la justesse d'un rapport intellectuel.
Reverdy peut être appréhendé comme un poète statique. Mais son immobilité est sillonnée par de grands frémissements d'une sensibilité discrète et réservée.
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Wozniaksandy
  18 mai 2018
Chez Reverdy, le poème met toujours en scène le sujet dans une situation, qu'il interroge par le regard, quelquefois par l'ouïe aussi. le silence est à la fois explicitement nommé et rendu sensible par l'austérité et la désolation des images.
Dans Plupart du temps, Pierre Reverdy s'affranchit des codes de la poésie (rimes, alexandrins, sonnets) et ses poèmes s'allègent de toutes les normes. Il veut que sa poésie ne demeure que dans l'essentiel.
Il est vrai qu'elle ne se donne pas au premier coup d'oeil. Il faut souvent une seconde lecture pour apprécier toute la beauté de ses écrits.
Mélancolie, tristesse, noirceur parfois, sont des sujets particuliers mais ils sont le reflet de la réalité. Réalité, qui hante, bouleverse et font vibrer tout simplement.
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   27 mars 2016
ALLEGRESSE

L'air sent la mer
L'hiver à une pareille altitude m'effraie
On ne sait où naissent les vents
Ni quelle direction ils prennent
La maison tangue comme un bateau
Quelle main nous balance

Au cri poussé au dehors je sortis
Pour voir
Une femme se noyait
Une femme inconnue
Je lui tendis la main
Je la sauvai

Après lui avoir dit mon nom
Qu'elle ne connaissait pas
Je la mis à sécher à l'endroit le plus chaud
Je la vis revenir à la vie et embellir
Puis comme la chaleur augmentait
Elle disparut
Evaporée
Je me mis à pousser des cris et à pleurer
Puis j'éclatai de rire

J'avais un moment recueilli la renommée
Dans mon intimité
J'ouvris la porte et me mis à courir
A travers champs à chanter à tue-tête
Quand je rentrai le calme s'était fait chez moi
Et le feu qui s'était éteint fut rallumé

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patrick75patrick75   25 mars 2016
REALITE DES OMBRES

Dans cet étrange faubourg en pleine ville où le plus obscure travail s'exécute, personne n'est jamais venu voir. Seul dans la nuit, dans la boue où tremblent des lumières rouges ou vertes, un certain peuple vit. J'ai compris la fatigue de ces pieds attelés au gain, à l'existence.
Dans l'ombre un homme informe ou une femme sans âge cherche, et, sans qu'on puisse savoir de quoi, emplît sa hotte.
Mais une autre, en toilette et sur les talons hauts, préfère le halo des réverbères et se met en valeur.
En passant quelquefois ces deux êtres se frôlent, sans mépris, car c'est leur vie qu'ils cherchent tous les deux sur ce même trottoir.
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patrick75patrick75   30 mars 2016
VISITE

Les bateaux s'étageaient dans le tableau du fond

Où les hommes jouaient aux cartes

Les mots les plus légers montent jusqu'au plafond

Devant eux la fumée s'écarte

Les autres battent des ailes dans les plis des rideaux

L'ennui de la soirée pèse sur les cerveaux

Un livre a refermé ses portes

La prison des pensées où la mienne était morte

Toutes les bouches qui riront

Gagneront la fenêtre et l'air sur le balcon

Les vitres d'en face pâlissent

Dehors tout l'univers résonne

L'heure est venue

La cloche sonne
Et tous deux nous nous regardions
Perdus entre les murs de la même maison
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LiliGalipetteLiliGalipette   23 février 2011
Pour le moment

La vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s'est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une rampe allumée
Et la chambre où j'habite est enfin éclairée

Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson

Je chante faux
Ah que c'est drôle
Ma bouche est ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d'autres oreilles
Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l'escalier
Devant la porte grande ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la ligne verte
Et mes bras sont tendus vers vous

C'est aujourd'hui que je vous aime

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patrick75patrick75   28 mars 2016
SORTIE

Le
Vestiaire

Le
Portemanteau

La lumière
Au mur des têtes inclinées

Un rayon d'électricité
La voix qui chante

Un cœur qui s'est ouvert
Dans la salle éclatante

Un soir d'hiver
La foule que le feu déverse
Sur le trottoir et sous l'averse
Les diamants renvoyant les éclats
Dans la nuit le silence plane

Et c'est une voiture qui l'emporte
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Vidéo de Pierre Reverdy
Pierre Reverdy - Arc en ciel
texte © Pierre Reverdy, tous droits réservés musique, instruments et voix © Franklin Hamon, tous droits réservés
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