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ISBN : 2321007001
Éditeur : Le Robert (08/10/2015)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Jouer avec les mots pour qu'ils ne se jouent pas de nous. Éclairer les obscurités, lever les couvercles qui font de nos expressions favorites des trésors cachés.

Voilà ce qu'une équipe d'amoureux du langage, animée par Alain Rey, a imaginé pour nous permettre d'"en connaître un rayon" et faire que nous cessions de "ne pas être dans notre assiette". Quand on se lève "dès potron-minet", on peut reconnaître le minet, mais certes pas le potron. Si les ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
gill
  14 octobre 2015
Indéniablement "Le Robert" a de l'humour ! Beaucoup, qui l'ignoraient, l'ont connu "Petit" sur les bancs de l'école primaire où on le disait plus moderne que sa grande soeur "la semeuse".
Que ceux qui alors n'y ont jamais cherché un mot "interdit" me vouent aux gémonies !
Comment ... Quoi ... Que voulez-vous dire ? Quelle drôle d'expression !
Allez vite me chercher Alain Rey pour nous expliquer tout ça ...
Bisque, bisque, rage !
Il est introuvable mais il a laissé derrière lui un sympathique petit ouvrage blanc :
"200 drôles d'expressions que l'on utilise tous les jours sans vraiment les connaître".
Voilà qui devrait défrayer la chronique ... semer la zizanie dans les académies !
L'auteur y a de plus convoqué le ban et et l'arrière ban des humoristes de la place.
C'est à dire Stéphane de Groodt.
Voilà qui devrait suffire à amuser la galerie ...
Mais attention derrière toute cette malice se cache un véritable travail d'érudition.
Alain Rey se livre à un vrai travail de linguiste.
La connaissance des mots est son affaire, elle est accrochée à ses basques !
L'ouvrage fait mouche.
Il est instructif et agréable.
Il éclaire le sens et l'origine de l'expression.
Il mérite sa place, dans la bibliothèque familiale, entre les encyclopédies et les dictionnaires.
Cependant, un peu de couleur, quelques illustrations n'auraient pas gâché le tout.
Le livre, dans sa forme, est un peu sec, un peu "premier prix", un peu trop uniforme.
De plus, l'humoriste de métier y est très discret.
Il fait, dans l'ouvrage, quelques petites blagues, quelques petits tours et puis s'en va.
Voilà pourtant qui me convient car je n'apprécie pas outre-mesure les exercices de style dont nous gratifie habituellement Stéphane de Groodt.
Il faut, dans le genre auquel il s'essaie, beaucoup de talent pour ne pas échouer sur les récifs de la longueur.
Ordinairement assez bien fait, parfois jouant de facilité, son exercice, habituellement, traîne, s'étire ... et le compte, trop souvent, n'y est pas pour brillamment le réussir !
"200 drôles d'expressions que l'on utilise tous les jours sans vraiment les connaître" est au final une agréable et instructive lecture dans laquelle on peut piocher au gré de sa volonté et de ses envies ...
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SZRAMOWO
  10 octobre 2015
Dans son costume de chasse, Jean-René Trinquetier, trempé comme une soupe, était à la fois à l’affût et aux abois, son coeur battait la chamade, et de son havresac il ne restait qu’une peau de chagrin.
Pour le moment, il faisait le pied de grue devant une mare. A moins d’avoir la berlue, il avait vu une poule d’eau décoller en cinq sec devant lui. Elle lui avait donné du fil à retordre et il en connaissait un rayon à ce sujet. Il était tombé des nues en la voyant se dandiner à nouveau à portée de fusil, l’air de lui caqueter « bisque bisque rage ! «Il parlait à la cantonade aux arbres gris qui ne répondaient pas, et s’exclama «dans un quart d’heure, dernier carat, je tire !»
Il rejoignit son abri de chasse où la fête battait son plein et les invités étaient en liesse. Il plaça son discours de bienvenue sous l’égide de son hospitalité légendaire, mit en exergue la rude amitié des chasseurs, et à bon escient jugea important de conclure par un «carpe diem» inattendu. La formule allait faire florès.
Il aurait pu prendre la poudre d'escampette, en catimini, mais c’était une personne de bon aloi, et par acquit de conscience, sans aller jusqu’à faire amende honorable, il tenait à payer son écot et à s’assurer qu’aucun des associés ne le payait en monnaie de singe.
Jean-René était du genre à se casser la nénette, mais pas une saint-nitouche non plus, ni un type collet monté d’ailleurs, il n’avait jamais connu de joyeux drilles de cet acabit, des faux jetons qui menaient une vie de patachon, buvaient à tire-larigot et étaient dans le coaltar la moitié du temps, sachant que l’autre moitié il la passait à faire la nouba, à courir le cotillon pour certains ou le guilledou pour d’autres.
Les us et coutumes, ils s’en tamponnaient le coquillard et réclamaient à cor et à cri toujours plus de vin en bouffant comme des chancres. Ils étaient sans cesse pendus à ses basques.
Et c’est là que le bât blesse. Anémone l’avait prévenu :
- Jean-René, pendre la crémaillère de ton nouvel abri de chasse en invitant des inconnus avec lesquels tu n’as aucun atomes crochus, tu es à côté de la plaque, tu vas payer les agapes rubis sur l’ongle et ces gens ne vont te donner que de la roupie de sansonnet en échange. Mets la pédale douce de temps en temps.
Il fut un peu gêné aux entournures et ne sut quoi répondre. En son for intérieur il savait qu’elle avait raison et ne pouvait l’envoyer aux pelotes ni lui monter le bourrichon.
T’es bouché à l'émeri ! mon pauvre Jean-René reprit Anémone.
Il ne répondit rien et lui promit de se lever dès potron-minet pour préparer la fête, de trier les invités sur le volet, en évitant d’inviter le ban et l’arrière ban, tout cela en veillant à ne pas semer la zizanie parmi ses collègues.
C’est peu ou prou le quadrature du cercle ton histoire dit sa femme à brûle pourpoint encore que Jean-René pensa qu’elle l’avait dit au débotté, question de timing selon lui.
Lâche-moi la grappe, rétorqua-t-il, je ne vais pas faire tout un pataquès d’une simple sauterie, il y a belle lurette que je ne suis plus sous ta houlette comme tu veux bien le faire croire et pour ta gouverne, tu n’as pas voix au chapitre
T’es fier comme un pou ! reprit Anémone, t’as toujours eu besoin de jeter de la poudre aux yeux, même si t’es loin d’être plein aux as ! Tu n’as plus un sou vaillant en poche ! Tu pourrais les recevoir à la bonne franquette tes «amis» et pas leur sortir tout le saint-frusquin ! Tu vas faire un four !
Ce huis clos pesait à Jean-René. Il se faisait du mouron assez facilement.
Anémone lui reprochait sans arrêt de s’endormir sur ses lauriers, de passer sous les fourches caudines de son patron, d’être taillable et corvéable à merci, de ronger son frein et finalement d’amuser la galerie à ses dépens.
Notre mariage pensa-t-il soudain, est en train de tomber en quenouille et part à vau-l’eau, alors que durant leurs premières années de vie commune, il les emmenait par monts et par vaux.
Depuis, il avait l’impression d’être l’unique cheville ouvrière de son couple et il en avait sa claque. Anémone elle, se portait comme un charme, elle faisait bonne chère, et lui rabaissait le caquet à la moindre occasion, elle marchait sur les brisées de sa mère Odette...
Pourtant, il n’était pas disposé à battre sa coulpe. Il se réfugiait dans une nostalgie rassurante et se remémorait à l’envi leur histoire d’amour.
A l’époque, alors qu’il était déjà fondé de pouvoir à la Providentielle, sorti frais émoulu de l’école supérieur de commerce de Lille, Anémone Pillet-Jacquemard était stagiaire de fin d’études et à croquer.
Anémone cherchait un homme tous azimuts, les candidats étaient légion et se pressaient à la queue leu leu devant la porte de son bureau, elle faisait un tabac et misait sur tous les tableaux.
Jean-René décida d’entrer en lice et de jouer son va-tout en lui contant fleurette - l’usage de cette expression montre à quel point il était vieux-jeu - il coiffa au poteau Maurice Blanchard du contentieux. Ce dernier était au trente-sixième dessous et poussait des cris d'orfraie après sa défaite.
Le succès de Jean-René coupa le sifflet à nombre d’agités du bocal dans la maison et plus personne ne lui cherchait des noises.
Pour lui, l’affaire se présentait sous les meilleurs auspices, il ne comptait pas renvoyer aux calendes grecques sa demande en mariage.
Par la force des choses, jeux de main jeux de vilain, ils s’étaient retrouvés à prendre leur pied dans le plus simple appareil, et peu de temps après, ils convolèrent en justes noces et se marièrent en grande pompe. Ils ne voulaient pas rater le coche et atteindre l’âge canonique où le célibat pèse.
Depuis tout avait changé. Au grand dam de Jean-René, Anémone portait au pinacle son frère Valéry. Lorsque le frère et la soeur partaient en goguette, ils lui taillaient des croupières et le vouaient aux gémonies. Il avait déclaré forfait depuis longtemps, ce n’était pas un foudre de guerre, du moins n’avait-il pas la science infuse comme son beau-frère Valéry.
Il voulait profiter de cette journée de chasse, car demain il serait sur la sellette face aux inspecteurs fiscaux qui ne manqueraient pas de tirer à boulets rouges après le coup de semonce qu’ils avaient tiré en lançant une accusation de fraude,
Ils avaient la Providentielle dans le collimateur, et ne se priveraient pas de faire un carton. Il était sur le qui vive et s’attendait à être cloué au pilori à la place des responsable qui l’avaient laissé en rade.
En s’entendant répondre à leurs questions « cela semble frappé au coin du bon sens », Jean-René comprit qu’il n’était pas dans son assiette, à l’aune de son expérience passée des contrôles fiscaux cela n’était pas de bon augure. Comble de tout, il était à la bourre ce matin.
En temps normal il aurait pu donner le change, tailler une bavette avec les deux inspecteurs, discuter avec eux à bâtons rompus, mais là, il était tombé sur un bec.
Joseph Colignon de Verdier, l’inspecteur en chef, descendant d’une famille de grands commis de l’Etat depuis Colbert, en profita pour mettre Jean-René sous sa coupe et celui-ci ne put éviter de tomber dans le panneau :
«J’ai noté sur mes tablettes, lors du dernier contrôle, que vous aviez, à juste titre, fait une coupe sombre dans les dépenses de bouche...»
Sortons des sentiers battus, reprit l’autre inspecteur, un syndicaliste formé sur le tas, pas vraiment un boute en train, Roger Beresinsky. Il était sans arrêt en bisbille avec ses collègues qu’il jugeait mous :
«Il y a péril en la demeure Mr Trinquetier ! Si vous ne bougez pas, cette affaire va défrayer la chronique, et vous ne ferez pas long feu, c’est moi qui vous le dit ! »
Joseph Colignon de Verdière ajouta avec un sourire carnassier :
«L’opinion va crier haro sur le baudet et vous serez mis à l’index ! »
les arguments des inspecteurs semblaient faire mouche, mais Jean-René, s’en tenait à sa devise : motus et bouche cousue.
« Nous allons croire que vous êtes de mèche avec votre patron, lui non plus n’est pas en odeur de sainteté, cela fait des lustres que nous le traquons, et nous le ferons tomber sans coup férir...croyez-moi, il va se retrouver à faire la manche !»
jean-René était sur la brèche, mais il n’avait qu’une envie : regagner ses pénates. Il était au bout du rouleau.
Il aurait mieux fait de sonner le branle-bas de combat dès le réveil, de s’équiper de pied en cap, de prendre ses cliques et ses claques, en un mot de faire l’école buissonnière. Il était vraiment dans la panade, Jean-René, il l’avait bel et bien dans le baba.
« D’ores et déjà notre conviction est faite. Nous vous laissons quartier libre jusqu’à demain matin, à vous de nous mettre sur la voie, vous avez les coudées franches, mais attention, pas d’entourloupe ! »
Jean-René rentra chez lui. Anémone l’attendait.
« Je te trouve bien mal luné ! » fit-elle.
Il la mit au courant en deux mots :
«J’ai maille à partir avec les services fiscaux, et les dés sont pipés ! Mais je leur ai posé un miroir aux alouettes et lorsqu’ils penseront avoir fait une touche, nous serons déjà loin.»
Avant qu’elle n’ait pu réagir, il poursuivit :
«Je pense que cette affaire est du pipeau, et comme dit ton frère, l’occasion fait le larron. Je n’ai jamais eu pignon sur rue, tu me l’a souvent reproché. Il est temps pour nous de passer la rampe et de profiter tout notre soûl de ce que nous avons bien ou mal acquis. Je ne voudrais pas que cela tombe dans l’escarcelle d’un suppôt de Satan désireux de nous placer sous sa férule.»
Merci aux éditions Christine Asin et Emmanuelle Pellé, aux dictionnaires Le Robert, et à Babelio de m’avoir attribué 200 drôles d’expressions dans le cadre d’une masse critique.
Sous la plume d’Alain Rey et avec l’apport facétieux de Stéphane de Groodt, ce livre est une référence indispensable aux amoureux des mots et de la langue française.
C’est au pied du mur que l’on voit le maçon, me répétait mon père. Confronté à l’écriture d’une critique pas évidente à rédiger, j’ai pris le parti de considérer l’ouvrage d’Alain Rey comme un mécano et, avec mes vis et mes boulons, j’ai assemblé les 200 expressions dans cette histoire que vous venez de lire. C’est un exercice que je vous recommande.
Livre indispensable, à placer dans votre bibliothèque, ou dans toute autre pièce de la maison, il enchantera votre famille et vos invités en leur procurant d’agréables instants de lecture, et favorisera les débats lors des soirées d’hiver ou les dîners familiaux.
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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Epictete
  08 novembre 2015
Il y a déjà quelques années que je m'intéresse à la langue française, à l'origine des mots et des expressions. Autant dire que Henriette Walter, Jean-Louis Beaucarnot et bien sûr Alain Rey sont bien présents dans ma bibliothèque. Et je m'aperçois que plus je m'y intéresse, plus j'apprends et plus il m'en reste à découvrir. Alors ce bel ouvrage des éditions « Le Robert » est un joli cadeau.
Certains lecteurs ont réalisé des commentaires en intégrant de nombreuses expressions du livre dans leur texte. L'idée est bonne, mais je ne me risquerai pas sur ce terrain. (Je ne suis pas du tout sûr de faire mieux)
Il n'est pas vraiment simple de faire une critique d'un livre de chroniques tel que celui-ci.
Le charme de ce document, en dehors de l'intérêt de son sujet, réside dans l'écriture d'Alain Rey. C'est un homme érudit et plein d'humour, et cela transparaît dans chacun de ses textes.
En revanche, j'ai nettement moins apprécié les petites interventions de Stéphane de Groodt. Celui-ci peut être excellent à l'oral, mais ses textes supportent moins bien l'écrit. Je pense qu'il n'apporte rien à l'ouvrage, mais ce n'est que mon avis. Peut-être l'ouvrage semblait-il un peu austère sans ces petites insertions.
Cela n'enlève rien en tout cas à l'intérêt de ce livre passionnant qui devient chez moi un livre de chevet supplémentaire, à picorer au fil des envies. On peut relire tous ces articles, il y a toujours de nouvelles découvertes à faire.
Merci Alain Rey de nous faire partager votre savoir.
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lecassin
  09 novembre 2015
J’ai découvert sans le savoir Alain Rey aux alentours de 1968 quand j’ai découvert le « Petit Robert » ; à cette époque, un dictionnaire qui « dépoussiérait » le Larousse… Plus tard, j’ai eu (comme tant d’autres) l’occasion de l’apprécier sur France Inter, puis sur Antenne 2 quand il nous présentait au cours d’une brève chronique, aussi bien l’étymologie que les sens anciens ou cachés des mots et expressions de la langue française que l’usage nous fait employer sans trop penser à leur origine.
Aussi, ce fut un bonheur de constater que j’allais recevoir (Merci aux éditions Le Robert et à Babélio) son dernier ouvrage : « 200 drôles d’expressions que l'on utilise tous les jours sans vraiment les connaître » ; Un ouvrage agrémenté de saillies de l’humoriste Stéphane de Groodt… 200 expressions, pensez donc, décortiquées par le « Maître des mots »… en fait de 200, il y en aurait plutôt 400…
Finalement, un opus bien dans la ligne des travaux d’Alain Rey depuis des années, et bien agréable à lire même s’il nous manque la superbe voix de radio de l’auteur et sa diction si particulière. On peut malgré tout se dispenser des interventions de Stéphane de Groodt, un peu faibles par rapport au corps de texte.
Un livre de chevet dans lequel on aimera se replonger au hasard … ou pour élucider des questions devossiennes du genre : quand je ne suis pas dans mon assiette, mon chien est-il dans sa gamelle ?
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Herve-Lionel
  13 octobre 2015
N°970– Octobre 2015
200 DROLES D'EXPRESSIONS que l'on utilise tous les jours sans vraiment les connaître – Alain Rey – Stéphane de Groot – Le Robert.
La langue française est riche et j'ai toujours plaisir à la lire sous la plume de bons auteurs parce qu'ils la servent correctement et font chanter les mots pour le plaisir du lecteur. Elle est certes la langue de la culture et à ce titre emprunte au passé sous forme de mots latins et grecs notamment mais aussi au présent, c'est à dire aux langues étrangères. C'est ainsi qu'une langue évolue, qu'elle est simplement vivante. Pour autant, celle que nous employons au quotidien s'inspire d'expressions que nous connaissons mais pour lesquelles nous aurions du mal, nous Français, à trouver une explication.
Dans cet ouvrage, Alain Rey, linguiste reconnu et un des principaux créateurs du dictionnaire « Le Robert » nous apporte ses lumières [sans oublier celles de ses collaborateurs] et Stéphane de Groot, comédien mais aussi magicien des mots y met son facétieux « grain de sel » c'est à dire sa note d'humour, encore que ses remarques m'ont semblé discrètes, et même si elles se veulent humoristiques, elles m'ont paru assez éloignées de ce que j'ai pu voir sur Canal+. J'ai même carrément mieux aimé le ton d'Alain Rey que celui de son acolyte. Autant dire que cette édition est placée sous le signe d'une certaine forme d'amusement à laquelle elle nous invite ; le propos, pour être tenu sur un mode badin n'en est pas moins sérieux et documenté et explore les sinuosités de la langue. C'est vrai que la présentation qui en est faite est ludique, pédagogique même. Toutes ces expressions qui font partie de notre langage quotidien ont bien sûr une signification précise que nous connaissons mais nous en ignorons bien souvent l'origine et l'évolution des mots qui la composent. En apprendre le sens en s'amusant n'est pas le moindre intérêt de ce volume qui explore pour chacune d'elles ses origines souvent latines mais encore bien plus souvent populaires. C'est rejoindre un peu Malherbe qui souhaitait que le langage des gens de lettres s'inspire de celui « des crocheteurs du Port au foin », c'est à dire un usage courant de notre langue. En revisitant nombre des expressions qui sont employées en français, cet ouvrage s'inscrit dans cette même volonté. L'auteur explique le sens de chaque formule, la remet dans le contexte souvent historique ou technique, note l'étymologie d'un mot, et sa déclinaison, son évolution qui avec le temps peut devenir parfois absconse, remarque son adaptation dans le vocabulaire courant et actuel, l'opposant parfois à l'usage qu'en font nos cousins québécois, en corrige éventuellement l'orthographe fautive, rectifie à l'occasion un sens erroné, montre tout ce que le langage moderne doit aux siècles passés, aux savants arabes comme aux parlers européens médiévaux, voire à l'ancien français, aux langues régionales, au vocabulaire cynégétique, rural, militaire ou maritime, avec même des précisons techniques souvent surprenantes et l'évolution parfois facétieuse ou carrément fausse que l'usage populaire en a fait. On n'oublie pas non plus de citer les auteurs [la liste en est impressionnante] qui se les sont approprié ou la définition plus classique qu'en donne le dictionnaire, le « Robert », évidemment ! Ce sont ainsi 400 pages de précisions qui enrichiront notre vocabulaire et nos connaissances ou expliqueront des phrases que nous employons chaque jour sans forcément en connaître le sens. Pour être un ouvrage ludique, il n'en est pas moins sérieux et savant puisque la bibliographie de référence est impressionnante tout comme les dictionnaires, celui de l 'Académie, mais pas seulement, qui ont permis son élaboration. Et puis, faire coïncider la sortie d'un tel livre qui ressemble à un dictionnaire (il en a au moins le classement alphabétique) avec la rentrée littéraire est plutôt une bonne idée.
Je ne sais pas ce qui a motivé ma sélection de la part de Babelio que je remercie pour ce choix dans le cadre de « Masse critique »[ainsi que les éditions Le Robert qui m'ont fait parvenir ce livre]. Ai-je été « trié sur le volet » selon la formule ? J'en doute. En tout cas, cela tombe plutôt bien et ce volume qui pour moi est riche d'enseignement, voisinera dans ma bibliothèque avec les nombreux dictionnaires et sera souvent consulté. Cet ouvrage a mérité de ma part une lecture attentive et tellement plaisante que je me permettrai, respectueusement bien sûr, de demander une suite à l'auteur, tant je pense qu'il fera « un tabac ».
Hervé GAUTIER – Octobre 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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critiques presse (3)
Culturebox   30 novembre 2015
Un lexique dans lequel les deux amoureux des mots décortiquent l'histoire des expressions employées dans le langage courant et dont on a oublié l'origine. Intelligent, utile et drôle.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint   25 novembre 2015
Le linguiste déshabille les formules et bons mots de la langue française dans un ouvrage ludique et passionnant.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   06 octobre 2015
Alain Rey et Stéphane De Groodt décortiquent le français avec sérieux et humour.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
michel.carlier15michel.carlier15   05 novembre 2015
Faire la manche .
(...) L'expression a des origines fort nobles , chevaleresques même . Au temps de l'amour courtois , lorsqu'une dame choisissait le champion qui aurait l'honneur de jouter pour elle au tournoi , elle lui offrait parfois une manche de sa robe que le preux paladin attachait à son heaume . Dans Perceval ou le Conte du Graal , Chrétien deTroyes relate l'histoire de la Pucelle aux Petites Manches qui , pour s'opposer à Mélain de Lis , le champion de sa méchante soeur , choisit le chevalier Gauvain à qui elle remit "une manche longue et large" , taillée dans "une pièce de soie vermeille" . C'est ce qu'on appelait "défendre les couleurs" de sa dame .
c'est ainsi que manche prit le sens de "gratification , cadeau" . A la Renaissance, époque d'échanges intenses entre la France et l'Italie , le mot franchit les Alpes sous la forme "mancia" , pouboire , aumône , qu'on doit prononcer mantcha . Il fut réintroduit en français , avec sa forme d'origine , à la fin du 17ème siècle . La formule faire la manche appartenait alors à l'argot des saltimbanques et des mendiants , avant de se généraliser .
+ Lire la suite
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lecassinlecassin   07 octobre 2015
L’académie, qui ne goûte guère les mots empruntés à l’anglais, recommande l’expression « goudron de houille », bien moins synthétique que « coaltar ». Dirions-nous certains matins difficiles que nous sommes « dans le goudron de houille » ?
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gillgill   10 octobre 2015
Commettre un acte ou tenir des propos au fort retentissement, défrayer la chronique, c'est faire grand bruit, que ce ce soit dans la presse, sur Internet ou dans les conversations.
De quoi faire fonctionner le bouche à oreille et enfler la rumeur ...
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lecassinlecassin   15 mars 2016
Quand des gens s'assemblent, leur réunion peu prendre vite des allures de poulailler : chacun donne de la voix pour faire l'intéressant. Rien de tel pour lui rabattre le caquet que de lui clouer le bec.
Commenter  J’apprécie          160
SZRAMOWOSZRAMOWO   11 octobre 2015
Bouché à l'émeri :
Je suis peut-être bouché à l'émeri, mais je ne puis comprendre qu'un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil !
Lettre des Editions Ollendorf à Marcel Proust dans Proust et Gide, Autour de la recherche.
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