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ISBN : 2919483455
Éditeur : Echappee Belle (01/01/2017)

Note moyenne : 2.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Luc-André Rey ou l’anonyme heureux


« Quand je n’écris pas, j’écris… »

Luc-André Rey n’aimait pas parler de lui, ni se donner de biographie ou d’identité professionnelle… « J’aurais voulu être poète », a-t-il seulement avoué, en guise de titre d’un long et bouleversant poème – et j’ai la joie d’avoir publié ce texte dans Francopolis juste un mois avant sa disparition, pour lui dire rétroactivement : Tu l’as été, pleinement… En fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Fleitour
  05 juin 2017
Palimpsestes de Luc-André Rey est presque un requiem, un chant comme un adieu, adieu aux mots ou aux êtres qui se sont attachés à sa voix. Un recueil de poèmes où le coeur semble seul parler, à fleur de peau, celle qui frémit à l'approche d'une âme soeur, "parle moi de toi, parle moi, mais ne me parle pas de là où tu n'es pas" p 26.

" Laisse toi mon coeur un regard laisse-moi tes mains entre les miennes", Luc-André Rey n'est pas un solitaire, il est celui qui parle, écoute et vit et se nourrit d'autrui, la main qui l'a éduqué, son grand père est sans cesse dans ses pensées, présence charnelle de mots vivants, de "ces mots murmurés qu'on n'ose à peine les lèvres" p 38.

Le poète est aussi celui qui marche au bord du monde, "le temps d'y disperser quelques peines dont on sait que si elles me suivent je me noie". C'est aujourd'hui le grand voyage dit il encore, quand les mouvements de son corps bientôt ne le porteront plus. Luc-André Rey se pense en sursis, d'un après, qui sera plus grand, plus beau, plus fraternel surtout, plus humain à "l'autre bout du monde mon visage prêt du tien, l'extrême bord.."p 67

La mort est là sans doute palpable, il marchera vers son ultime voyage , (le 24 juillet2015) que quelques semaines après avoir mis les derniers mots à son recueil, "le corps de ce corps on n'en sait pas le nom le notre n'était lui qu'un habit et on le sait, un proche matin ne sera que le corps de dans le corps de" mail du 18 mai 2015,

Dans le dernier texte il revient sur la marche, comme "marcher au flanc de ce vertige qui nous invente chair" p 85. A la juste vitesse on ne connait plus rien des choses du quotidien, marcher, pour s'abrutir, s'assourdir, s'aveugler, à chaque pas risquer le gouffre, il nous invite clairement à le suivre dans la quête de liberté.

"Perdre coeur se taire et là nous vient le monde entier,"  ses derniers vers "que chante sous nos pieds ce corps", ouvrent le requiem de Luc-André Rey son chant d'adieu.

Ces textes intimistes et au rebord d'une sensualité en souffrance, réinventent un monde onirique et charnel, un monde ou les mots sont l'alpha et l'oméga de sa vie, ils le relient au monde des vivants, vers des souvenirs heureux, ses blessures, laissées au bord du chemin "c'est de marcher que le bonheur revient".
Un monde fragile comme le verre, sensible jusqu'à la pointe des jours.
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pictura
  26 juin 2017
Une poésie déroutante. L'auteur s'affranchit des codes littéraires, de la sémantique, parfois même de la grammaire. Je me dis « pourquoi pas ». Hélas, le rendu, si déroutant, parait vraiment trop abstrait et par conséquent tout finit par n'être presque qu'incompréhensible. Certes, c'est à vocation poétique mais la poésie ne m'a pas du tout apparue. Je me demande les raisons d'une telle oeuvre. A trop vouloir s'affranchir des codes, il n'y a plus rien à comprendre. Faut-il y voir une forme de prétention ? d'audace ? ou d'inculture de ma part, moi un simple lecteur ? Désolé, je ne dénigre pas le livre, j'apprécie cette part d'audace, cette tentative de moyen d'expression toute autre mais le fait que je n'ai pas trouvé de message, ou le moyen de traduire ce que voulait dire l'auteur ou de ressentir des émotions me dit que le livre n'est pas pour moi. Faire de la poésie sans aucun code est une forme de poésie mais vouée à être solitaire.
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michelangelo
  19 juin 2017
Reçu grâce au site Babelio et les éditions L'Echappée belle, ce petit recueil de poésies concerne un auteur suisse malheureusement décédé en 2016. Aussitôt celui-ci arrivé par la poste, je l'ai déballé et ai commencé la lecture sans attendre, souhaitant trouver dans ce genre un peu désuet pour moi, matière à compléter mon goût pour la lecture des beaux mots.
Luc-André Rey est défini comme un poète de rue, un passeur à travers le monde, dedans-dehors soi-même, indiscernable, anonyme qui aurait aimé publié ses textes sans les signer… Il confesse volontiers avoir voulu être poète. Il n'aime pas parler de lui ni se donner de biographie. Il parle de lui comme d'un autre, allant jusqu'à l'effacement de sa propre personne. Cette personnalité tourmentée explique une poésie dans laquelle il est présent sans l'être, fantôme ou mirage, pile et face d'une même pièce, mais quelle pièce ? Et pour qui, et par qui ?
Ses poèmes en deviennent déroutants à force d'obscurité voilée et indicible. Les mots arrivent, se cognent et s'entrechoquent parfois sans logique signifiante reconnaissable et sans logique sémantique et grammaticale. Tout est affaire de sensations, d'éphémère et de beaucoup de désespoir. Les lueurs de beauté émergent brièvement de l'ensemble pour retomber dans l'anonymat de l'ensemble.
Le choix du titre n'est d'ailleurs pas innocent. Les palimpsestes sont ces feuilles de parchemin qui, au Moyen-âge, étaient utilisées plusieurs fois, en couches successives. Retrouver ce qui apparaît presque en filigrane derrière le texte le plus récent a permis de révéler des trésors cachés. Mais la plupart du temps, les bribes visibles ne laissent imaginer qu'un advenu échoué et parcellaire. Ce recueil de poésie est ainsi. Des mots apparaissent et forment ou pas un sens, une magie qui porte à l'émotion, ou à la plus complète expectative.
Autant le dire, ses poèmes m'apparaissent de fait souvent absconds et incompréhensibles. Il y a parfois du Villon dans la mesure où la langue moyenâgeuse nous échappe parfois mais peut nous émouvoir par son rythme et sa force… Mais Rey utilise un vocabulaire bien actuel et même élémentaire compréhensible par tous.
Faut-il être initié pour ressentir la force de ces mots ? J'en doute car malgré tout, certains mots sont de pure grâce (mais bien trop rares). Son long poème hommage à son grand-père est poignant, c'est celui que je retiendrai. Quant au reste, il me fait penser à l'Art dit Moderne, complètement décomplexé, mais qui nécessite plusieurs pages d'exégèse pour enfin comprendre le sens de l'oeuvre au risque de faire passer le public pour un troupeau de pauvres ânes incompétents !
Michelangelo 2017

Lien : http://jaimelireetecrire.ove..
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blaisejoinlambert
  11 février 2017
Ce livre publié à titre posthume mais avec l'accord et sous le contrôle de l'auteur, rassemble une sélection de ses derniers poèmes. La cohésion n'obéit, consciemment du moins, qu'à une seule règle d'unité : celle de la période où les différentes pièces du recueil furent écrites.
Qu'y trouvons-nous ? – une voix.
Ces poésies nous disent inlassablement une relation singulière : ce qui unit l'énonciateur au monde. Luc-André Rey explore la continuité du sujet avec ses alter ego humains, les êtres, les choses, le vide, la mort, ce qui finit et ce qui naît. Cette fascination pour les rebords et les marges, les points d'accès au-dessus du gouffre et des anfractuosités de la vie, donne à sa voix sa qualité propre, d'une indéniable oralité… avec sa rythmique, son souffle, son débit, ses phrases suspendues à mi-chemin, comme devant un précipice.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FleitourFleitour   04 juin 2017
J'ai vécu en hiver
depuis les premiers temps
l'enfance aux yeux d'acier
l'enfance aux yeux de neige
j'ai vécu en hiver
entre de faux printemps
Y a t-il un visage qui me reste de l'enfance
celui de mon grand-père
lorsqu'il m'était enfant.
p 38
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fissacfissac   07 avril 2017
Un après-midi

I
si tu chopes la queue du cochon,
la manège s’arrête
garde-la précieusement,
tu sauras,
pas longtemps
comment faire cette queue tourner toutes les têtes
conseil à un petit garçon
ou une petite fille
c’est selon
jupon, ou tire-bouchons

II
les couleurs
disparues
les yeux le monde,
nus
s’agenouillent où l’enfance
se couvre
quelques enfants
bonnets et gants de laine
boules de neige et frissons
le ciel
entre les mains

III
lorsque
lorsque lorsque
la tendresse
se recourbe
quelques traits sur la page
quelques traits
le visage

peut-être
peut-être peut-être
peut-être
entre ces traits
quelque chose
de l’aimer
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blaisejoinlambertblaisejoinlambert   11 février 2017
le corps de
mille détours s’y accorder
et un jour
désarticulé
ne reste corps
que le corps de
on aura beau mille tenter
détours ne sont que dépassés
le corps de
celui qui nous garde de la mort
disloqué n’est plus que le corps
assis au bord de ce qui est
on est là ce qui est sans fin
nos corps un à un disparaissent
ne reste plus
que le corps de
ce corps on n’en sait pas le nom
le nôtre n’était lui qu’un habit
l’entendre le dire ne sert plus
se redresser
même pour rien
et on le sait, un proche matin
ne sera là que le corps de
dans le corps de
+ Lire la suite
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FleitourFleitour   04 juin 2017
alors on marche
on marche encore
on se creuse corps
comme un navire
un grand navire de silence.
p 47
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FleitourFleitour   04 juin 2017
Il a entre les doigts tout l'or de nos silences.
p 79
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