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EAN : 9782919483457
90 pages
Éditeur : L'échappée belle (01/01/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Luc-André Rey ou l’anonyme heureux


« Quand je n’écris pas, j’écris… »

Luc-André Rey n’aimait pas parler de lui, ni se donner de biographie ou d’identité professionnelle… « J’aurais voulu être poète », a-t-il seulement avoué, en guise de titre d’un long et bouleversant poème – et j’ai la joie d’avoir publié ce texte dans Francopolis juste un mois avant sa disparition, pour lui dire rétroactivement : Tu l’as été, pleinement… En fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  05 juin 2017
Palimpsestes de Luc-André Rey est presque un requiem, un chant comme un adieu, adieu aux mots ou aux êtres qui se sont attachés à sa voix. Un recueil de poèmes où le coeur semble seul parler, à fleur de peau, celle qui frémit à l'approche d'une âme soeur, "parle moi de toi, parle moi, mais ne me parle pas de là où tu n'es pas" p 26.

" Laisse toi mon coeur un regard laisse-moi tes mains entre les miennes", Luc-André Rey n'est pas un solitaire, il est celui qui parle, écoute et vit et se nourrit d'autrui, la main qui l'a éduqué, son grand père est sans cesse dans ses pensées, présence charnelle de mots vivants, de "ces mots murmurés qu'on n'ose à peine les lèvres" p 38.

Le poète est aussi celui qui marche au bord du monde, "le temps d'y disperser quelques peines dont on sait que si elles me suivent je me noie". C'est aujourd'hui le grand voyage dit il encore, quand les mouvements de son corps bientôt ne le porteront plus. Luc-André Rey se pense en sursis, d'un après, qui sera plus grand, plus beau, plus fraternel surtout, plus humain à "l'autre bout du monde mon visage prêt du tien, l'extrême bord.."p 67

La mort est là sans doute palpable, il marchera vers son ultime voyage , (le 24 juillet2015) que quelques semaines après avoir mis les derniers mots à son recueil, "le corps de ce corps on n'en sait pas le nom le notre n'était lui qu'un habit et on le sait, un proche matin ne sera que le corps de dans le corps de" mail du 18 mai 2015,

Dans le dernier texte il revient sur la marche, comme "marcher au flanc de ce vertige qui nous invente chair" p 85. A la juste vitesse on ne connait plus rien des choses du quotidien, marcher, pour s'abrutir, s'assourdir, s'aveugler, à chaque pas risquer le gouffre, il nous invite clairement à le suivre dans la quête de liberté.

"Perdre coeur se taire et là nous vient le monde entier,"  ses derniers vers "que chante sous nos pieds ce corps", ouvrent le requiem de Luc-André Rey son chant d'adieu.

Ces textes intimistes et au rebord d'une sensualité en souffrance, réinventent un monde onirique et charnel, un monde ou les mots sont l'alpha et l'oméga de sa vie, ils le relient au monde des vivants, vers des souvenirs heureux, ses blessures, laissées au bord du chemin "c'est de marcher que le bonheur revient".
Un monde fragile comme le verre, sensible jusqu'à la pointe des jours.
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pictura
  26 juin 2017
Une poésie déroutante. L'auteur s'affranchit des codes littéraires, de la sémantique, parfois même de la grammaire. Je me dis « pourquoi pas ». Hélas, le rendu, si déroutant, parait vraiment trop abstrait et par conséquent tout finit par n'être presque qu'incompréhensible. Certes, c'est à vocation poétique mais la poésie ne m'a pas du tout apparue. Je me demande les raisons d'une telle oeuvre. A trop vouloir s'affranchir des codes, il n'y a plus rien à comprendre. Faut-il y voir une forme de prétention ? d'audace ? ou d'inculture de ma part, moi un simple lecteur ? Désolé, je ne dénigre pas le livre, j'apprécie cette part d'audace, cette tentative de moyen d'expression toute autre mais le fait que je n'ai pas trouvé de message, ou le moyen de traduire ce que voulait dire l'auteur ou de ressentir des émotions me dit que le livre n'est pas pour moi. Faire de la poésie sans aucun code est une forme de poésie mais vouée à être solitaire.
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Kaaliope
  02 novembre 2019
Je suis en retard, je suis en retard pour publier ma critique, mais c'est qu'il m'a fallu un peu de temps pour m'approprier l'univers et les mots de Luc-André Rey.
Comme toujours, les opérations Masse Critique sont une formidable occasion de sortir de sa zone de confort et de se confronter à des oeuvres inhabituelles. La poésie en elle-même est déjà une sortie de zone de confort me concernant, même si je m'y suis plongée à plusieurs reprises avec délectations, tout particulièrement grâce à cette belle maison d'édition qu'est Echappée belle, que je remercie pour ce nouvel envoi.
Palimpsestes est un recueil de poésies d'un "poète de rue", décrit comme en marge du monde. Cette oeuvre est absolument déroutante, particulière et hors codes et par conséquent, elle est difficile d'accès pour un novice.
J'ai eu du mal à comprendre certains textes, à les déchiffrer. Cela m'a poussée à plusieurs reprises à reposer le livre, mais jamais très loin parce que l'envie de percer le mystère, de trouver une clef de compréhension et de déchiffrage était présente.
Les mots de Luc-André Rey résonnent, raisonnent, plante une graine dans l'esprit qui cogite pour percevoir le sens.
C'est une lecture marquante par son originalité.
Merci Babelio et merci l'Echappée Belle (tout aussi audacieuse que l'auteur!).
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Seraphita
  12 octobre 2019
« Palimpseste » : d'après le centre national de ressources textuelles et lexicales, ce peut être un manuscrit sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d'un second texte. Par analogie, ce peut être un support sur lequel on écrit, susceptible d'être effacé après usage. Au figuré, on peut y voir une oeuvre dont l'état présent peut laisser supposer et apparaître des traces de versions antérieures. Mais « Palimpsestes », c'est aussi un recueil de poésies de Luc-André Rey, son oeuvre ultime qu'il avait finalisée quelques semaines tout juste avant sa mort, le 24 juillet 2015.
C'est un ouvrage bouleversant – qui demande à être lu et relu, tant les mots qu'il porte en lui a pu trouver en moi l'écho d'un appel. J'ai pu le découvrir grâce à une opération de Masse Critique orchestrée par Babelio.
Une très belle préface de Dana Shishmanian, poète, situe la place de « Palimpsestes » dans l'oeuvre de Luc-André Rey. Trois parties rythment le recueil : « Epars », « Mes petites légèretés quotidiennes » puis un « Epilogue ».
Chaque poème est un petit fragment d'abstraction, les mots se tenant côte à côte, hors scansion d'une ponctuation, les vers collés ou bien séparés par l'espace d'un blanc. Et pourtant, réunis par un titre ou non, un sens émerge, une mélodie et, avec eux, un cortège d'émotions. Dans ces mots épars, sans début ni fin a priori, on ne sait ni où ni quand interrompre la lecture, tant et si bien que le recueil peut se lire en une longue goulée – en apnée – dans un monde kaléidoscopique.
Quelques thématiques se font jour, mots-clés lancés comme points d'ancrage des déambulations de ce poète de rue : entre le dedans et le dehors, au bord de la vie ou sur ses bords, le corps et la pensée se nouent, s'attirent et se repoussent, tandis que plane l'ombre d'un amour. L'ultime poème, « Marcher », condense tout le talent de l'auteur dont on comprend qu'il aimait ciseler au plus près la forme des mots qu'il gravait dans le marbre de la page, effaçant et réécrivant ses vers pour les ajuster au plus proche de ses désirs, en une exigence infinie.
Je tiens à remercier vivement Babelio et les éditions L'échappée belle pour ce voyage poignant en un puissant univers poétique où l'on peut tout à la fois se perdre et se trouver.
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Odile17
  28 octobre 2019
Encore une belle découverte comme chaque fois avec les opérations Masse Critique. J'avais écrit un long avis qu'une fausse manipulation informatique m'a fait perdre... Hélas ce n'est pas la première fois mais je prends cela comme un signe, au choix, m'invitant à me montrer plus concise (difficile...) ou, peut-être, et je retiens cette deuxième hypothèse, m'offrant le luxe de prolonger ce temps en compagnie de ce recueil de poèmes... Si l'auteur m'était préalablement inconnu, j'ai d'abord ressenti une émotion particulière en lisant la préface, très utile, déjà émouvante, en découvrant que l'auteur était mort jeune peu de temps après avoir achevé ce recueil. Ce contexte m'a plongée dans un état de lecture assez singulier. J'étais émue à priori, je dirais. Pourtant, les débuts n'ont pas été faciles : peu habituée à la poésie, j'ai été d'abord déstabilisée par la forme, la ponctuation... Puis, un certain agacement (dé)passé, je me suis surprise à apprécier, à être happée par un mot, une image, une idée. L'émotion m'a saisie plus d'une fois, notamment au cours de poèmes où l'auteur aborde avec brio, à mon sens, l'amour, avec un mélange de simplicité, de profondeur et de délicatesse qui m'ont touchée en plein coeur. J'ai aimé un peu de la page 14 "ce qui naît ne connaît jamais de fin", page 23 "un seul temple", j'ai souri devant "je m'adapte" page 36, "quelque chose" puis "la caresse" pages 54-55 puis 56 m'ont envoûtée. Et "le poète" page 59 a achevé de m'émouvoir. Je suis loin d'avoir tout trouvé à mon goût mais qu'importe, quelle importance, et même tant mieux ! Il suffit d'un mot, quelques émotions suscitées et qui font s'arrêter un instant, ressentir, se questionner, et pour moi le but est atteint, si tant est qu'il faille en trouver un. C'est la vie, tout simplement. Merci 1'auteur, où qu'il se trouve, à commencer, immortel, dans les poèmes qu'il nous laisse. Et merci à Babelio et à l'Echappée Belle Édition pour cette découverte qui m'a offert des émotions inattendues.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   04 juin 2017
J'ai vécu en hiver
depuis les premiers temps
l'enfance aux yeux d'acier
l'enfance aux yeux de neige
j'ai vécu en hiver
entre de faux printemps
Y a t-il un visage qui me reste de l'enfance
celui de mon grand-père
lorsqu'il m'était enfant.
p 38
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fissacfissac   07 avril 2017
Un après-midi

I
si tu chopes la queue du cochon,
la manège s’arrête
garde-la précieusement,
tu sauras,
pas longtemps
comment faire cette queue tourner toutes les têtes
conseil à un petit garçon
ou une petite fille
c’est selon
jupon, ou tire-bouchons

II
les couleurs
disparues
les yeux le monde,
nus
s’agenouillent où l’enfance
se couvre
quelques enfants
bonnets et gants de laine
boules de neige et frissons
le ciel
entre les mains

III
lorsque
lorsque lorsque
la tendresse
se recourbe
quelques traits sur la page
quelques traits
le visage

peut-être
peut-être peut-être
peut-être
entre ces traits
quelque chose
de l’aimer
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blaisejoinlambertblaisejoinlambert   11 février 2017
le corps de
mille détours s’y accorder
et un jour
désarticulé
ne reste corps
que le corps de
on aura beau mille tenter
détours ne sont que dépassés
le corps de
celui qui nous garde de la mort
disloqué n’est plus que le corps
assis au bord de ce qui est
on est là ce qui est sans fin
nos corps un à un disparaissent
ne reste plus
que le corps de
ce corps on n’en sait pas le nom
le nôtre n’était lui qu’un habit
l’entendre le dire ne sert plus
se redresser
même pour rien
et on le sait, un proche matin
ne sera là que le corps de
dans le corps de
+ Lire la suite
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FleitourFleitour   04 juin 2017
alors on marche
on marche encore
on se creuse corps
comme un navire
un grand navire de silence.
p 47
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FleitourFleitour   04 juin 2017
Il a entre les doigts tout l'or de nos silences.
p 79
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