AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782226136398
160 pages
Éditeur : Albin Michel (03/01/2003)

Note moyenne : 3.07/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Adam Haberberg est assis au Jardin des Plantes à ruminer sa vie devant l'enclos aux autruches. Il vient de voir son ophtalmo pour un œdème à l’œil dont il craint le pire (thrombose, glaucome, perte de la vue), son dernier roman est un fiasco, sa vie conjugale bat de l'aile. Il est donc au plus bas quand sort de la ménagerie Marie-Thérèse Lyoc, qu'il n'a pas vue depuis trente ans. Sa condisciple au lycée, le genre de fille dont on n'a aucun souvenir, ni désir d'en av... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Christw
  19 août 2013
Plusieurs similitudes lient ces deux romans de Yasmina Reza (Adam Haberberg et Une Désolation): leur narrateur est un homme qui rumine ses insatisfactions et se comporte en ronchon caustique ; le portrait qui se dégage est vif, quelques traits brossés au crayon très noir soutenu par un sens psychologique aigu ; l'absorption de chacun demandera le temps d'un long métrage, laps court parlant de lecture. Enfin, leur toile de fond est schopenhaueresque: l'existence étant faite de désirs insatisfaits et de tracas, les plaisirs ne sont perçus que par contraste avec l'état de souffrance.
Samuel Haberberg (2003) a toutes les raisons de regretter sa situation : ménage pas heureux, mauvaise réception de son premier livre, spleen profond. L'écrivain raté déambule devant les autruches du Jardin des Plantes et tombe sur une ancienne camarade de lycée. Rencontre navrante, il la trouve sans intérêt, accepte stupidement l'invitation à souper et le voilà piégé dans un consternant tête-à-tête. le pire est à venir avec des aveux sentimentaux dont il ne sait s'ils sont refroidis ou proposition. Contraste violent entre une Marie-Thérèse badine, esprit pratique et content, et un Adam misanthrope qui songe "Je ne peux pas croire que Dieu se soit rétracté pour laisser place à une humanité de ton espèce." Incises désabusées - impertinentes ? - sur l'écriture : "Le vrai écrivain ne réfléchit pas à la littérature. le vrai écrivain se fout de la littérature." Récit dépouillé, moments ternes et embarrassés que Reza rend avec tant d'authenticité que l'empathie gagne. La phrase est courte, trop diront certains. On objectera que faire simple reste le plus difficile et s'approche le mieux de l'idéal.
Une désolation (1999) est un monologue: Samuel, exécrable, négatif, mordant, exprime sa hargne envers un fils qui mène une vie sabbatique et auquel il reproche d'exister mollement heureux, au lieu de manifester une attitude pugnace. L'âge venant, Samuel se sent rétréci par le monde: "Est-ce que vieillir consiste à développer une parodie de soi ?" Ce tempérament combatif traduit les positions de Yasmina Reza : "La guerre est inhérente à l'homme, elle n'est pas à part. L'homme est immaîtrisable." Car elle privilégie les rapports riches et dangereux : "Le confort est la chose la plus rétrécissante du monde." Rien d'étonnant de découvrir chez elle ce personnage désabusé par son "véliplanchiste" de fils : "Écarter la souffrance vous tient lieu d'épopée", harangue-t-il.
Ce titre possède un potentiel plus riche que le premier évoqué et on imagine aisément un devenir littéraire aux personnages: une réponse du fils à son père ? Paradoxalement, sa nature excessive m'a moins séduit que le sobre et efficace Adam Haberberg, une création dont l'expression même constitue un rempart contre la désespérance qu'elle évoque.

Peu d'informations et critiques correctement fondées sur la Toile à propos des deux textes. Les meilleurs repères sont des entretiens pour L'Express Culture : l'un avec Catherine Argand, réalisé en 1999, l'autre avec François Busnel et Jérôme Serri en 2005. Les plus intéressés trouveront un portrait complet "La guerrière appliquée" dans Le Nouvel Observateur (papier) du 3 janvier 2013. Surtout célébrée pour ses oeuvres théâtrales (Art, le Dieu du carnage) beaucoup analysées et jouées dans le monde, les romans de cette dame talentueuse (occasionnellement actrice de théâtre et de cinéma, elle est aussi réalisatrice) attendent-ils une redécouverte méritée ?
On observe que la guerrière a quelque analogie avec l'ex-président Sarkozy: "sèche, «burnée», teigneuse, dure à tout par principe" est-elle malmenée par Libération dans une vive critique sur L'aube le soir ou la nuit, où elle raconte le futur élu qu'elle a suivi durant la campagne 2007. Grand succès de vente.

Même si la discrétion est maintenant de mise, la russo-irano-hongroise a une aura people qui pourrait la desservir en tant que femme de lettres. Les deux romans ont en outre des émanations existentialistes, décolorées aujourd'hui, et j'ai même lu le qualificatif assassin germanopratin[1] à propos de leur caractère intellectuel. Fi de tout cela, les textes vivent seuls. Et pour peu qu'on soit dans les dispositions philosophiques et mentales requises pour être la cible de la sagette Reza, nul doute que ces deux livres cinglants iront au coeur et à l'esprit.

[1] de Saint-Germain-des-Prés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
fureuretmystere
  29 août 2014
Il est des écrivains dont on pressent que jamais ils ne pourront vous décevoir. Yasmina Reza fait partie de ceux-là. Immense écrivain, elle parvient, en quelques mots, en quelques échanges entre ses personnages à installer la réflexion, l'humour, le pathétique et l'émouvant. Rare cohabitation de sentiments et d'émotions! Cet ouvrage ne déroge pas à la règle : Adam Haberberg est à la fois un pauvre type et un surdoué paumé et hypersensible, qui vit l'existence comme une meurtrissure....Cet ouvrage, c'est un peu le Spleen version XXIème siècle. Ébouriffant d'intelligence !
Commenter  J’apprécie          80
LIONELLE
  01 novembre 2015
Le spleen de l'existence dans toute sa splendeur.
J'ai failli tomber en dépression en lisant la rencontre de ce mal-aimé avec son ancienne camarade de lycée, dans une cuisine de Banlieue parisienne, autour d'une omelette aux pommes de terre.
Un bon moment de lecture, mais à lire dans une période de bonne humeur si l'on ne veut pas risquer de tomber à son tour dans un étouffant spleen existentiel.
Commenter  J’apprécie          50
Fx1
  22 avril 2014
De prime abord cela peut paraitre un peu bateau , type livre de prix littéraire . Et aufinal quelle bonne suprise !! Reza est fidéle à elle méme , l'histoire est prenante , on se laisse guider , et c'est un petit bonbon que l'on découvre . Certes ce n'est pas un chef d'oeuve , mais en l'état un trés bon livre d'un écrivain de grand talent !!
Commenter  J’apprécie          20
isabellelemest
  14 janvier 2013
Un livre qu'on n'oublie pas, très étrangement, et dont certaines scènes restent gravées dans la mémoire comme cette soirée dans une cité de banlieue entre ces anciens camarades de lycée, un homme et une femme et leur embarras de se retrouver.
Commenter  J’apprécie          10


critiques presse (1)
Telerama   30 septembre 2015
Deux livres brefs dans lesquels s'impose l'art de l'auteure pour exprimer la désillusion et poignarder les bons sentiments.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ChristwChristw   20 août 2013
Mon Dieu, pense-t-il, aidez-moi à convertir l'existence en littérature ! Convertir Marie-Thérèse, le sol en lino, les Tucs, la lumière triste, convertir Viry et les années en littérature. Je n'ai pas de plus grand souhait. Je forme un vœu, en avalant cette gorgée de Guignolet : donnez-moi le pouvoir d'exister en dépit et au-delà du réel.
Commenter  J’apprécie          140
line70line70   26 mars 2011
Un couple, avait dit Goncharki un jour d'inspiration, c'est comme une maison. Ça se construit pendant un temps, les fondations, les murs, les plafonds, tu consolides le toit, les ouvertures, et puis c'est fini, tu ne peux plus rien bouger. Tu peux refaire un peu les peintures, tu peux bricoler à droite, à gauche, mais le gros, tu ne peux plus le bouger.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Yasmina Reza (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasmina Reza
Anne-Marie la Beauté Yasmina Reza Éditions Flammarion Collection Littérature française Janvier 2020
À la mort de son amie Giselle, actrice comme elle, Anne-Marie Mille évoque leur vie : l'enfance à Saint-Sourd dans le Nord, la chambre de la rue des Rondeaux, le théâtre de Clichy, les personnages qu'elles ont incarnés ou encore la gloire et la banalité domestique. ©Electre 2020
https://www.laprocure.com/anne-marie-beaute-yasmina-reza/9782081480476.html
autres livres classés : tragi-comiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Concours Yasmina Reza : 3 lots de deux livres à gagner

Son roman "Heureux les heureux" a été publié en...

2011
2012
2013
2014

8 questions
158 lecteurs ont répondu
Thème : Yasmina RezaCréer un quiz sur ce livre