AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072733081
Éditeur : Gallimard (16/08/2018)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 340 notes)
Résumé :
« Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées.
Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie.
Un rire que je scrute à l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  09 septembre 2016
Une soirée entre amis, une "fête de printemps" dans un petit appartement de la banlieue parisienne…
Elizabeth, la narratrice, insiste pour qu'elle et Pierre, son mari, y invitent aussi leurs voisins du dessus, la soixantaine comme eux, mais qui ont un petit quelque chose de piquant, d'intéressant qui ne manquera pas de plaire à leurs amis de toujours : la femme, Lydie, rousse pythonisse habillée en gipsy, chante dans les bars jazzy quand elle ne dit pas l'avenir à quelques paumés dans son « cabinet » de voyante. Mais c'est l'homme surtout qui retient l'attention, la sollicitude et la tendresse d'Elizabeth, chercheuse en biologie de son état : Jean-Lino Manoscrivi est la gentillesse même, il tente à toute force de se faire aimer d'un épouvantable petit tyran, le petit-fils de sa femme , Lydie, mais pas le sien, et ce manège qui n'a pas échappé à sa curiosité, attendrit Elizabeth.
La soirée se passe plutôt bien, arrosée et rieuse : Jean-Lino se taille même un petit succès en moquant gentiment sa compagne, entichée de poulets bios élevés en plein air et « perchant » librement... Mais au milieu de la nuit, c'est le drame. Jean-Lino revient et réveille ses voisins et amis : dans un coup de folie, il a étranglé Lydie.
Tout le récit de Yasmina Reza oscille entre deux pôles : la satire sociale et le polar.
Babylone est d'abord le récit comique d'une soirée bobo où les propos se télescopent joyeusement, au rythme des bouteilles qui se vident, où les portraits esquissés des convives sont autant de caricatures enlevées et savoureuses. La phrase rapide, incisive, sautant allègrement du.. poulet-à-l'âne , excelle à rendre vivante une scène de fête avec ses préparatifs angoissés, son lâcher-prise aviné, et ses rangements fatigués.
Le deuxième pôle est donc celui du thriller -les nombreuses prolepses nous font vite comprendre que Lydie va être au centre du drame qui, si j'ose risquer cette métaphore gallinacée, couve. Mais étonnamment les causes de ce coup de folie aux conséquences dramatiques sont dérisoires : une envie de faire rire, un peu d'exagération, un mime maladroit mais pas malintentionné et tout part en vrille.
Après les mots pour rire, les mots qui blessent, et enfin les gestes qui tuent.
Le minime, le dérisoire, le banal débouche brutalement sur la tragédie, mais là encore Yasmina Reza surprend : Elizabeth et Jean-Lino errent entre palier, ascenseur et cage d'escalier, en pyjama et pantoufles, avec une très voyante valise rouge, sans se décider à rien, qu'à échanger sur leur mutuelle solitude.
Étrange roman, où les dialogues, même absorbés dans le récit, sont percutants et drôles comme autant de répliques théâtrales – bon sang ne peut mentir- et où le cocasse flirte avec le profond, l'absurde avec la philosophie…A quand la pièce tirée du roman, Madame Reza?
C'est donc un roman un peu hybride, ce qui n'est pas pour me déplaire, mais m'a parfois un peu déconnectée du récit, à force de changements de ton et de douches écossaises…
Le titre est tiré des Psaumes (Exil) :. "Aux rives des fleuves de Babylone nous nous sommes assis et nous avons pleuré, nous souvenant de Sion."
Car tout le récit parle d'exil et de la souffrance d'être éloigné de ce qui nous paraît une patrie originelle : exil des vieux- encore- jeunes, éloignés, sans espoir de retour, de leur jeunesse, exil dans le malheur où vous précipite un geste inconscient mais irréparable, exil de chaque être dans sa solitude, son envie d'être aimé et reconnu qui le rend incapable d'empathie ou d'aide- ou alors si brièvement, si extraordinairement, que le retour à la réalité, au comportement rationnel et « normal », c'est-à-dire à la vie routinière, machinale et égoïste, est un nouvel- et plus cruel- exil.
J'ai souvent senti cette gravité désenchantée derrière les persiflages, les traits d'esprit ou les caricatures, mais par peur de peser, d'alourdir, d'attrister Yasmina Reza ne fait que l'effleurer, au passage.
C'est peut-être mieux ainsi, mais je l'ai parfois regretté.
Ce plongeon –là bien peu sont capables de le faire avec élégance et détermination : Jean-Paul Dubois avec La Succession l'a magistralement osé. Yasmina Reza est restée sur le bord de la piscine, elle n'a fait que se tremper les pieds.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6914
Archie
  09 novembre 2016
Après avoir tué sa compagne lors d'une scène de ménage partie en vrille, un brave homme un peu paumé et une voisine compatissante – en l'occurrence la narratrice, une femme en plein blues de la soixantaine – échafaudent des tribulations de pieds nickelés pour dissimuler le meurtre.
Voilà une présentation sommaire, personnelle et – à mon sens – attractive de Babylone, le dernier roman de Yasmina Reza.
Car j'ai trouvé ennuyeuse et sinistre la trop longue première partie du récit – avant qu'il ait tué sa compagne ! –, cette partie dont, dans les cénacles, on semble vouloir parler le plus. Une fête tristounette, entre petits bourgeois vieillissants, étriqués et désenchantés. Des personnages qui seraient exilés de leurs rêves, à l'instar des Hébreux à Babylone ! Pas très convaincant... Lecture interminable, pas drôle, parfois glauque, dans laquelle je n'ai pas trouvé d'intérêt... bien qu'étant de la même génération. Je n'ai même pas prêté attention aux signes avant-coureurs du drame, très discrètement et finement instillés par l'auteure.
J'ai un moment hésité à continuer ma lecture... Et oui ! On n'est pas au théâtre, où l'on est astreint à rester patiemment assis quand la pièce est un peu longue à démarrer. Un livre que l'on trouve ennuyeux, quand il reste deux cents pages à absorber, il peut s'envisager de le refermer.
L'avouerai-je ? C'est dans les critiques de lecteurs que j'ai cherché un encouragement ... Et je l'ai trouvé ! Babylone est un polar, ai-je lu... En effet, à peine quelques pages après avoir repris ma lecture, coup de théâtre ! Mort violente, victime, meurtrier, police, enquête...
Babylone est-il un polar ? C'est plutôt ce qu'on appelle un roman noir, cette forme de littérature populaire, où un fait divers tragique se produit dans un univers de misère et de souffrance qui peut faire disjoncter des individus fragiles.
C'est bien ce qui arrive à Jean-Lino, un pauvre type en mal d'affection et de reconnaissance depuis son enfance. Il n'en a jamais trouvé, ni auprès de sa compagne, ni auprès de son petit-fils, un gamin de cinq ans, ni auprès de son chat. Car l'affection et la reconnaissance, le meilleur moyen de ne jamais en trouver, c'est de trop montrer qu'on en demande.
Et Elisabeth, la narratrice ! En quête d'émotions fortes, à l'automne d'une vie dont elle ne peut dire si elle a été heureuse ou pas ? Comment a-t-elle pu ainsi se fourvoyer auprès de l'inénarrable Jean-Lino, au risque de se perdre. Probablement d'ailleurs que dans un roman noir à l'américaine, l'auteur l'aurait laissé se perdre. En ce sens, la troisième et dernière partie du livre – face à la police et à la justice –, plutôt amusante à lire, m'a laissé sur ma faim sur la fin...
La meilleure partie du roman est la deuxième. Elle se déroule dans la chambre de la victime, puis dans le hall d'entrée de l'immeuble. Les scènes et les dialogues sont très cocasses. Au théâtre, ce serait certainement irrésistible de drôlerie.
Yasmina Reza a le sens de la dramaturgie de scène. le succès de ses pièces en témoigne. Je suis certain qu'au théâtre, la fête de la première partie, avec ses blagues à deux balles, ses ragots de pipelette et ses commentaires à la Deschiens, serait plus vivante, plus plaisante, plus distrayante, que dans les trop nombreuses pages qui lui sont consacrées dans le roman. Et le debriefing de fin de soirée entre mari et femme, après le départ des invités, n'est rien d'autre qu'une pure scène de théâtre.
Je ne suis pas dans la tête des jurés du Renaudot et je ne connais pas leurs critères. Je ne conteste pas le talent narratif et le style de Yasmina Reza. Babylone est un ouvrage de fiction finement construit. Mais il lui manque le petit je-ne-sais-quoi qui rend passionnant certains romans.
(A Michfred)

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          525
Krout
  03 janvier 2017
"Un rien peut me faire douter de la cohérence du monde. Les lois semblent indépendantes les unes des autres et se heurtent." p.41 Un peu plus loin j'ai trouvé le verbe "m'exaspère", écrit comme ça cela devient une ellipse. Un style que j'aime bien mais qui est à l'opposé de celui de Yasmina Reza. Son style est plutôt balzacien ou pancolien. Je ne m'étonne plus de rien ni d'assister à un vide grenier où finit par émerger un casse-noix dans une boîte à chaussure André ramollie. L'auteure, et ce "e" a ici toute sa raison d'être, par l'intermédiaire de la figure principale de son histoire va avouer qu'une autre l'aurait jetée sans regret.

La narratrice va même ouvrir un vieux magazine Americans et commencer à décrire les photos. Moi j'aime bien les photos, beaucoup moins un catalogue de descriptions. Dans ce grand cabas, il y a de tout, rangé pêle-mêle. C'est pratique pour entasser un maximum de choses. Il n'y a donc pas de table des matières, ni de chapitres. Après tout, recevons-nous un mode d'emploi à la naissance ? Non, tout nous vient en vrac, sorti du chaos. Pourquoi se questionner sur la soudaine apparition d'un bouquet avec sa ficelle ? S'il est beau.
J'avais une tante expatriée en Espagne qui dans les années septante écrivait des lettres de huit pages pour donner de ses nouvelles. Leur flot continu de détails quotidiens était souvent interrompu par des phrases telles que "Je te laisse cinq minutes, je dois surveiller ma soupe" ou "On a sonné, je reviens", pour reprendre ensuite dans une direction complètement différente. Ma mère adorait et voulait absolument nous les lire à haute voix. Souvent je résumais : "bref, tout va bien" ou "donc rien de neuf". Je n'aurais pas appelé cela de la littérature. Ma mère, elle se mettait à la relire tout bas, avec un grand sourire et déjà l'idée de lui répondre. Elles s'écrivaient donc et auraient pu préciser "avec cette facilité que nous avons nous les femmes d'épaissir la moindre anecdote [...], de conférer un poids à n'importe quel mot ou détail insignifiant." p.194
Il en va finalement aussi ainsi des conversations futiles dans les dîners où l'on étouffe parfois de banalités ou bien le dérapage peut avoir lieu juste après, en privé. Ici, il y a un cas désespéré "Sa femme était un genre de thérapeute new age après avoir géré un magasin de chaussure."p.14 Pfff... La vie est souvent le théâtre d'une cruelle ironie, tout de même.
En résumé : une femme qui chante des airs de jazz, va à une soirée et pompe l'air de tout le monde avec ces histoires de poulets qui seraient humains, son mari étouffe et remplace le canard par un poulet lors d'une danse improvisée. Tout le monde est sur l'air car la soirée est bien arrosée. A peine rentrés chez eux les rôles vont s'inverser^^.
Le mari essaye de se faire la malle mais n'a pas de valise assez grande. La voisine vient pour aider car c'est à cause de sa fête du printemps que tout cela est arrivé. Au final les poulets viennent les embarquer, la preuve qu'ils ne sont pas humains, et les foutre au panier. Je ne vais pas en faire une salade.^^
L'auteure en tire deux cent pages c'est léger et décousu mais cette femme moderne ne semble pas savoir repriser, enfin "... à sa façon elle avait escamoté le néant." p.199
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          472
Bazart
  16 septembre 2016
Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette dramaturge, qui semble intégrée depuis longtemps dans le paysage littéraire français n'avait jusqu'à cette rentrée littéraire de 2016 uniquement publié des pièces de théâtre ou des nouvelles si on met de coté le discutable« L'Aube le soir ou la nuit », un récit de 2007 dans lequel Yasmina Reza raconte à sa manière la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, ...
Très peu de politique en revanche dans "Babylone" ou alors juste au détour de quelques saillies « A un moment donné on a entendu Lambert dire, toutes les idées de gauche me désertent peu à peu. A quoi Jeanne a répliqué, avec une audace qui aurait été suicidaire il y a quelques années dans le même cénacle, moi elles ne m'ont jamais habitée !"- , ce roman qui fait forcément partie des événements de cette rentrée littéraire qu'on aime ou pas l'auteur.
A la place, on a affaire à un huis clos bien dans la tradition de ses oeuvres précédentes, notamment de ses pièces de théatre avec une peinture de la grande bourgeoisie lors d'une soirée où tout va déraper, un peu comme dans "Art", sa pièce la plus illustre- mais cette fois ci pour des raisons totalement différentes..

Comme dans la plupart de ses oeuvres précédentes, on s'incline devant le sens de la formule de Reza et cette façon à la fois ironique et amère de mettre le doigt sur les absurdité de nos existences finalement si ordinaire. Les relations de couple, de voisinage, les apparences que l'on montre aux autres, tout cela est passé au grill de la causticité de l'auteur qui s'en donne à coeur de joie de teindre un miroir un peu cynique et désenchanté des relations humaines.
"Dans un couple, a t-elle dit, chacun doit s'efforcer de faire honneur à l'autre. Ce que l'on donne à voir rejaillait sur ce que les autres vont penser de l'autre. A quoi bon la chemise jaune et les Roger Tin, si c'est pour avoir des bras de nains et caqueter?"
Cela dit, Reza tente et pour la première fois dans son oeuvre, une petite incursion plutôt audacieuse vers le roman policier avec cette soirée entre voisins a priori bien intentionnée va virer au tragique un meurtre commis dans un appartement de banlieue, après une fête printanière, un crime d'origine passionnel commis par le voisin de la narratrice, un homme pourtant irréprochable de prime abord..
On cerne facilement le parrallèle entre la narratrice et l'auteur d'après les pensées et les réflexions que cette dernière lui prête tant Elizabeth épingle, à la manière que Reza pourrait le faire facilement- si on connait un peu la personne d'après ses interventions médiatiques, les petites hypocrisies et autres faux semblants de la vie en société
Babylone se lit avec plaisir, grâce à la plume aiguisée et tranchante de l'auteur, mais il se lit hélas sans passion démesurée non plus. On a en effet au fur et à mesure de la lecture comme l''impression que le roman n'arrive jamais vraiment à dépasser le simple exercice de style et que Reza ne va jamais vraiment au delà de ce qu'elle sait-brillamment faire- et on clôture le livre en se disant que tout cela semble finalement un peu vain, malgré le tournant tragique pris par l'histoire.
Un beau roman, mais pas forcément une oeuvre incontournable de la rentrée, et pas sur que les prix littéraires de l'automne décident de le récompenser..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
RChris
  22 novembre 2016
Nous voilà plongés dans un univers BOurgeois BOhème où la vie se déroule entre les retours de voyages et le pain de poulet aux épices immangeable. La question se pose de savoir si le poulet avait eu une vie normale de poulet, bref s'il avait voleté et s'était perché dans les arbres.
Et puis c'est le drame...(pour le pitch, voir les autres critiques...).
Ce texte a l'allure d'un roman français (prix Renaudot itou).
On s'échappe parfois du drame par des digressions littéraires qui nous égarent quelque peu, puis on y revient au final, mais cet entre genres m'a laissé sur mon quant à soi.
Commenter  J’apprécie          276

critiques presse (8)
LeMonde   14 septembre 2018
Au milieu des catastrophes ordinaires, il faut que quelqu’un tienne, affronte cette nuit où la vie s’apprend. Tel est le bouleversant courage de Reza. Celui qui fait de ce roman policier une puissante enquête existentielle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   26 septembre 2016
Un polar décalé, dans une mise en scène burlesque. On retrouve dans "Babylone" son sens du croquis social, auquel s'ajoute cette fois une touche de mélancolie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   19 septembre 2016
Le nouveau roman de Yasmina Reza a réussi à nous arracher de nombreux sourires... même si la mort n’est jamais très loin.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   06 septembre 2016
"Babylone", le roman de Yasmina Reza, raconte un drôle de meurtre chez les voisins du dessus. Mais au-delà du prétexte du récit, l’écrivaine parle de notre errance humaine, de notre exil de nous-même.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   05 septembre 2016
En alternant désespoir existentiel et pépites légères, cocktail mondain et thriller sanglant, Reza échappe au syndrome du «théâtre écrit»
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   29 août 2016
Faux roman noir, piquante dramaturgie, Babylone se déguste ligne après ligne.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   26 août 2016
Yasmina Reza choisit le récit policier pour mener une enquête à la fois drôle et profonde sur nos existences ordinaires.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   17 août 2016
Une fête bourgeoise tourne au drame à cause d'un banal malentendu. Une variation sarcastique sur la solitude, le couple, l'abandon.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
justeunelignejusteuneligne   05 décembre 2018
Quand tu fais la gueule à vingt ans, c'est sexy, quand tu la fais à soixante, c'est chiant. on ne disait pas créer du lien quand j'étais jeune, je ne sais pas de quand date ce singulier.Ni ce qu'il veut dire; le lien réduit à son abstraction n'a aucune vertu en soi.Encore une de ces expressions creuses.
Commenter  J’apprécie          20
justeunelignejusteuneligne   04 décembre 2018
Je me suis souvenue des soixante ans de mon père.On avait mangé une choucroute à la République.C'était l'âge qu'avait les parents. Un âge immense et abstrait. Maintenant, c'est toi qui l'as. Commente est-ce possible? Une fille fait les quatre cents coups, se trimballe dans la vie juchée et peinturlurée et tout à coup se met à avoir soixante ans.
page 18
Commenter  J’apprécie          20
BazartBazart   16 septembre 2016
« Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l'infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j'entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l'irrémédiable""
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
michelekastnermichelekastner   04 juillet 2017
Mais le terrain que n'avait pas exploré Gilles Terneu, et que tous ont voulu me faire arpenter jusqu'à la nausée, a été celui de ma vie. Qu'est-ce qu'elle racontait cette Elisabeth Jauze, née Rainguez, à Puteaux ? Ça s'appelle la grande identité paraît-il dans le langage flic. Tout ce que vous avez soigneusement enterré il faut le ranimer. Tout ce que vous avez biffé, il faut le réécrire avec des caractères propres. Enfance, parents, jeunesse, études, bons et mauvais chemins. Ils se sont penchés sur ma vie avec un zèle ridicule. C'est l'impression que j'ai. Une application ridicule pour fabriquer une fausse matière. Un petit baluchon de sociologie qu'ils mettront dans le dossier et qui ne dira rien. La justice aura fait son travail. Moi ça m'a renvoyé des images. J'ignorais qu'elles étaient restées quelque part. Le café de Dieppe, la grosse machine endormie, décorée pour la fête, qu'on réveillait dans le brouillard, je ne savais pas que je les portais encore. On ne peut pas comprendre qui sont les gens hors du paysage. Le paysage est capital. La vraie filiation c'est le paysage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
KittiwakeKittiwake   18 août 2016
Ce ne sont pas les grandes trahisons, mais la répétition des pertes infimes qui est la cause de la mélancolie.
Commenter  J’apprécie          610
Videos de Yasmina Reza (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasmina Reza
« Pierre Arditi lit ce qu'il aime ». C?est le titre du spectacle que cet amoureux des mots donne actuellement au Théâtre du Rond-Point et jusqu?au 28 avril 2018. Une pièce dans laquelle le comédien aborde trois grands cycles de lectures consacrés à Jean-Michel Ribes, Yasmina Reza, Philippe Delerm et Michel Onfray, justement, à ses côtés.
autres livres classés : voisinageVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Concours Yasmina Reza : 3 lots de deux livres à gagner

Son roman "Heureux les heureux" a été publié en...

2011
2012
2013
2014

8 questions
153 lecteurs ont répondu
Thème : Yasmina RezaCréer un quiz sur ce livre
.. ..