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ISBN : 2742765328
Éditeur : Actes Sud (30/01/2007)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 30 notes)
Résumé :

Que reste-t-il de l'amour quand l'âme neuronale de l'être cher est inexorablement détruite par la maladie ? Tout à la fois journal, récit, document, ce texte bouleversant, écrit au quotidien des ultimes "années Lula" (Danièle Rezvani, 1931-2005), constitue un exceptionnel témoignage sur la maladie d'Alzheimer.

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  24 avril 2014
Ce texte, je l'ai débuté … je n'ose le dire…à sa parution, en 2003 !!
je l'ai abandonné, repris, ré-abandonné, et enfin achevé…ces derniers jours.
Non pas que le texte ne le mérite pas… bien au contraire, les mots bouleversants, d'amour, de révolte, de chagrin insensé de Serge Rezvani… nous prennent de plein fouet, dans une tourmente fulgurante….Depuis, j'ai lu un récit qui prolongeait ce témoignage inégalable, le temps qui a suivi la mort de son épouse adorée, vénérée (cf. « L'Ultime Amour »)
Un récit chavirant de l'artiste, écrivain-peintre-compositeur, Serge Rezvani, qui tente d'écrire l'indicible : l'accompagnement de sa femme adorée « Lula » plusieurs années durant, atteinte d'Alzheimer.
Il écrit pour se battre contre la mort, l'anéantissement, le découragement, les difficultés extrêmes au quotidien, pour soigner, aider sa femme à ne pas sombrer tout à fait.
Un texte unique en son genre qui va très loin, pour dire les désarrois de la malade et les détresses qui connaissent des paroxysmes pour le compagnon…qui « fait », se bat…pour l'être aimé…dans une solitude sans nom...
« Toujours peur pour l'autre…peur du n'importe quoi, justement, peur sans raison, peur pour rien et peur pour tout. Par moments j'ai l'impression que tout se rétrécit à ces-détails-, que la vie n'est plus que cela, qu'aucun projet, qu'aucun espoir n'est permis, qu'aucune distraction ni aucune désinvolture n'est à « notre » portée, que le cercle des -détails- s'est définitivement refermé sur « nous » (…)
Mais la vie sans sa présence, sans sa présence pourtant déjà si remplie d'absence, la vie sans les petits bruits d'elle dans la maison pendant que j'écris-comme en ce moment-, la vie sans tout ce qu'elle représente ne serait—ce que physiologique si vivante encore en elle, et aussi la vie sans cette continuelle peur pour elle, pour nous, cette peur d'un avenir…qui est encore quand même de l'avenir et non du rien, non de l'absence totale, non du manque terrible d'elle, d'un vide d'elle, d'un vide de ce qu'il me reste d'elle malgré –ça- !...Comment pourrais-je être vivant encore si elle n'est plus là ? (…)
Que même le peu qui lui reste encore de la sensation d'être elle, de me savoir moi près d'elle, tant qu'elle reconnaît ce qui l'entoure, tant que se prolonge la sensation d'être en vie, tout plutôt que de disparaître tout à fait !... Qu'il y ait vie ! Vie ! …(p.58-59)
Rezvani… décide fermement de cesser d'écrire ce journal…au moment critique où l'état de la « femme aimée » va se détériorer neurologiquement, plus brutalement encore… et sans espoir aucun …
Je salue le courage infini de cet homme qui puise de l'énergie dans l'écriture, pour avoir la force d'accompagner le plus longtemps possible « Lula-Danièle », l'Amour de toute une vie, en ayant toujours refusé vigoureusement de mettre sa femme dans une institution spécialisée …
« de l'écrire me fait mal… et à la fois du bien. Devrais-je me taire, ne plus revenir sur la femme tant mythifiée par mes poèmes, mes livres, mes chansons, mes tableaux ? Faire un définitif silence sur elle ? Non ! Qu'elle vive encore en moi, en mes écrits, qu'elle m'occupe même par la douleur. Tout plutôt que le silence d'une tombe où je l'aurais abandonné vive ! (p.102-103)
Un récit déchirant, qui continuera de me poursuivre longtemps après avoir l'avoir refermé . Sur cette maladie terrible…deux grands chocs de lectures, pétries d'une compassion et sensibilité extraordinaires ; Ces lignes de Rezvani et celles de l'écrivain, Arno Geiger, « le vieux roi en son exil »
[L'Eclipse, Actes sud, 2003]


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Malaura
  02 septembre 2011
Qui ne se souvient de cette si jolie chanson interprétée par Jeanne Moreau et qui disait « J'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus de rien… » ?
C'est Serge Rezvani, artiste touche-à-tout, figure emblématique de la Nouvelle-Vague, qui l'avait écrite cette chanson, comme une prévision inconsciente, une sorte de prescience de ce qui allait occasionner le plus grand chagrin de sa vie.
A moins que ce ne soit ce qu'on nomme l'ironie du sort, un pied de nez du destin ?
C'est le 11 Août 1999, le jour où l'éclipse solaire a assombri quelques instants la Terre, que Serge Rezvani a appris le nom du mal dont souffrait Lula, sa compagne de toute une vie.
Alzheimer avait pénétré "La Béate", leur maison du bonheur nichée au fond des bois.
Par une sorte de dérivation par la création, le peintre-écrivain décidait alors de coucher par écrit cette longue incarcération, ce lent anéantissement de l'être qu'Alzheimer impose aux malades et à ceux qui les accompagnent.
Un témoignage bouleversant et un ultime chant d'amour à Lula.
Mon Dieu quelle poignante beauté que ce texte !
Il n'a pas vocation à l'être et pourtant il L'Est, totalement.
Jamais témoignage sur Alzheimer n'a été si magistralement abordé, analysé, décrit, au point de transcender la maladie pour dire encore et encore l'Amour de deux êtres unis pendant cinquante ans.
Déchirant sans misérabilisme, lyrique sans emphase, dramatique oui, et profond, et dur…et malgré cela ou à cause de cela, tragiquement Beau.
C'est un superbe chant d'amour en même temps qu'un cri de désespoir et une volonté rebelle de hurler sa rage à la face de A. que nous donne à lire avec la magnificence de son écriture l'homme démuni, l'amant de toute une vie, le grand poète Serge Rezvani.
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soleil23
  26 mai 2013
Les livres servent à nous faire, mieux, apprécier ce qu'on a et "L'eclipse" est un de ces récits qui vous laissent un goût amer dans la bouche mais dont la profondeur nous fait chavirer au gré des mots. L'auteur nous fait partager son infinie douleur face à un mal plus terrible que la mort : perdre un être cher alors qu'il est toujours vivant.
Alzheimer, la chute dans le néant. Cette maladie, pas comme les autres, prend tout son temps à détruire un être humain et le réduire à un rien.
Peu à peu, la personne atteinte perd ses mots, ses gestes et ses souvenirs pour devenir une étrangère et ses proches des étrangers. le vide s'installe dans leurs vies.
Seuls les gens qui ont côtoyé des malades connaissent cet état de souffrance dans l'inconscient, le détachement que les patientes affichent et cette impuissance paralysante. Je pleure pour ceux et celles qui vivent dans le noir et qui partent le vide dans la tête et le silence dans le coeur. Aussi, je rends hommage à Monsieur Revzani pour le courage d'écrire et de raconter ce mal qui ronge la vie des uns et des autres.
J'ai différé la lecture de ce roman par peur de replonger dans l'abîme des souvenirs qui font mal. Elle était si belle, si forte et elle est partie, perdue, sans savoir, sans comprendre et sans reconnaître les siens. Mais sans souffrir aussi !
A chaque mot que je lis, j'ai mal et je m'arrête pour retrouver le calme dans ma tête et mon coeur. La lecture a été douloureuse !
Je ressens la détresse de l'auteur atteindre son paroxysme quand il écrit "... Elle souffre, elle souffre comme chaque matin sans pouvoir s'en expliquer ni à elle ni à moi. Elle ne sait ce qu'elle fait là, ni où elle se trouve, ni quel est le moment de la journée, ni qui je suis et pourquoi elle est avec celui là en bas qui écrit...qui l'écrit "
Face à Alzheimer, il faut de l'amour, beaucoup d'amour, de la patience et du courage.
Un beau témoignage de ce que la vie peut nous réserver.
En refermant ce petit livre, je repensé au très beau film "N'oublie jamais" !!!!!!
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Vianna
  17 octobre 2015
Merveilleux Serge Rezvani qui « chante » si bien l'amour. L'Eclipse est le dernier hommage qu'il rend à celle avec qui il a partagé quarante années de vie lumineuse, d'amour incandescent. Il va rester jusqu'au bout, durant les dix années de lent effacement de « l'âme neuronale » de Lula Danièle, dévorée de l'intérieur par le monstre Alzheimer. Un témoignage de toute beauté, pétri de sincérité.
Au-delà de la description des ravages de la maladie sur Lula et sur lui même, Serge Rezvani, reste fidèle à ces thèmes de prédilection : la beauté, l'amour, la création, la Vie.
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cathe
  21 septembre 2015
Le 11 août 1999, le jour de l'éclipse, le diagnostic tombe : maladie d'Alzheimer. Ce livre est le journal d'une année avec Lula alors que la maladie l'empêche déjà de lire, d'écrire, de communiquer, rend son comportement incohérent et sa compagnie épuisante.
Rezvani a toujours dit qu'il s'en occuperait jusqu'au bout et qu'elle resterait toujours dans leur maison, "La Béate", dans le Midi. C'est ce qu'il réussit à faire mais à quel prix !
Le désespoir est omniprésent dans ce récit où il essaie de reconnaître la femme qui'il a tant aimée dans cette malade hors du monde. Parfois quelques brefs accès de lucidité font prendre conscience à Lula de sa maladie, mais la plupart du temps elle ne reconnait pas son mari, tient des propos insensés et accomplit des actes irrationnels ou dangereux. On sent bien que Rezvani essaie d'exorciser son désespoir en décrivant jour après jour cette cohabitation et en répétant combien il a aimé Lula et combien il l'aime encore.
Il s'en occupera en effet jusqu'au bout puisqu'il fera construire une maison de gardien à "La Béate" pour héberger une aide médicale qui l'aidera dans les derniers mois. Lula décèdera en décembre 2004.
Fait assez étonnant, alors qu'il avait formé avec Lula un couple mythique (cinquante ans de vie commune sans se séparer une seule journée), il se remariera dès la fin 2005 avec Marie-José Nat ! Il faut croire qu'il ne pouvait pas vivre seul !!!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   09 avril 2014
Je suis pris d'effroi en pensant que mon amour pourrait tomber entre les pattes de ces terrifiants névrosés que sont -tous- les neuropsychiatres, neuropsychologues, neurogériatres, neurocapos !...oui, j'ai peur, très peur pour elle ! Et soudain la crainte de mourir en la laissant seule, sans moi, me hante à en mourir ! (p.60)
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fanfanouche24fanfanouche24   09 avril 2014
...je t'ai expliqué que "l'autre", celui qui assiste, est peut-être encore plus gravement atteint que le malade lui-même car il voit, il relativise, il subit les symptômes, il se désespère- seul-, oui-seul- ! il ne sait comment réagir, il ne sait comment agir, il souffre de la relative indifférence...et surtout de l'ignorance involontaire de l'être qu'il aime et avec lequel il ne peut partager à égalité...(p.31)
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ViannaVianna   15 octobre 2015
J'assume avoir été contaminé par le désir de douceur, de tendresse et d'amour que bien des femmes regrettent de ne pas obtenir des hommes. J'accepte et revendique même mon appartenance aux deux sexes qui nous fondent et, bien qu'exclusivement masculin par goût et par nature, je sais en moi la part de féminité qui rend "l'artiste" si curieux envers La Femme et l'infranchissable mystère qu'elle représente.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 avril 2014
Comment pourrais-je être vivant encore si elle n'est plus là? (...)
Que même le peu qui lui reste encore de la sensation d'être elle, de me savoir moi près d'elle, tant qu'elle reconnaît ce qui l'entoure, tant que se prolonge la sensation d'être en vie, tout plutôt que de disparaître tout à fait !...Qu'il y ait vie ! Vie !...Bien que me revienne obsessionnellement la phrase d'une violence insoutenable de la neurolo-psychiatre parisienne me prévenant qu'un jour mon amour serait "une morte sans cadavre"...(p.59)
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fanfanouche24fanfanouche24   22 avril 2014
J'avoue sans aucune gêne le mépris des "durs de durs", la condescendance de ces hommes qui prétendent laisser aux femmes l'amour souvent trop excessif à leur goût, et qui considèrent ces sortes d'attendrissements indignes de la "race de ceux qui pissent debout" (p.126)
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