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EAN : 9782070701650
324 pages
Gallimard (24/04/1984)
3/5   5 notes
Résumé :
Amateur ! Collectionneur ! Maurice Rheims est en réalité le plus fieffé des curieux ; magicien amoureux fou de toutes les choses de l'art, il est captivé tout autant par le climat historique, anecdotique, scientifique, moral, intellectuel qui leur a permis d'arriver jusqu'à nous malgré l'opacité du temps.
Sa passion s'exprime ici en neuf chapitres aussi brillants que pleins d'humour, ou bien riches d'informations extraordinaires. Ils sont consacrés successive... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Mimimelie
  18 septembre 2018
J'ai lu quelque part que Maurice Rheims aurait confié que « séduire avait été le but de sa vie dès l'âge de 13 ans » … s'il n'était que ce livre, il a pleinement réussi, du moins en ce qui me concerne.
Sur neuf chapitres Maurice Rheims nous régale de son extra-ordinaire érudition artistique, historique : la guerre, la table, la maladie, la mort, l'argent, les patrimoines artistiques, le vrai, le faux … un expert !
« J'ai toujours eu un penchant pour la Beauté et la curiosité… » Non, cet homme-là n'a pas eu un simple penchant pour la curiosité et la beauté, mais une véritable passion, c'est un amoureux.
Un amoureux plein d'humour, facétieux et lucide, et fait significatif, c'est dans un des derniers chapitres, sur la mort, qu'il se déchaîne et semble s'être bien amusé…. Insouciant des gravités. « Je n'ai pas la foi. La mort par exemple – il me suffit de pénétrer dans un de ces salons de granit de certaines églises vénitiennes avec leurs milliers de défunts aux visages apaisés, pour que du même coup elle perde son pouvoir terroriste »
Mais en filigrane de toutes ces anecdotes, il m'a semblé que ce fieffé curieux nous entraîne bien au-delà de l'objet d'art… ; Que nous disent ces passions pour l'objet, que peut bien représenter cette passion, dans sa permanence au cours des siècles, sinon une possibilité éperdue de pouvoir enfin saisir un quelque chose qui nous échappe toujours, ou peut-être son illusion…de même que l'amour que jamais on ne possède. L'objet lui, substitut à ce que l'on ne peut posséder, s'en rit.
La beauté ? le Beau ? avec une majuscule s'il vous plaît ... Même quête ? Sans doute à l'instar de celle du divin. du bonheur ? Chacun en a sa vision.
Au final, il ne nous trompera pas, après une vie passée au service des objets, il est clair que ce sont les hommes qu'il préfère, bien vivants, pathétiques, face à leur faim, face à leur fin.
« L'Art ne peut-être qu'amour, lequel amour a volontiers un doigt sur les lèvres ; car ce qu'il vient de voir est si charmant, si secret, si gai, qu'il nous invite, par sa réserve, à venir jusqu'à lui et, le poussant des épaules, à regarder à notre tour, par le trou de la serrure. L'Art est curiosité ! »
Et pour finir… « A l'instant de « mettre fin » à ce chapitre, il faut que je vous conte la toute dernière ! » …. Allez-y voir, c'est page 315.
Pour ma part je crois que je vais aller relire « le cousin Pons »…
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   21 avril 2016
L’Art, autant que son demi-frère le Beau, aime que l’on prononce son nom. Mais tente-t-on de l’épeler que, dès la première lettre, il dresse l’oreille ; à la seconde, il affirme que la tête lui tourne ; articulez la troisième, il s’insurge arguant tel le saint mot d’Elohim qu’il ne doit être proféré par personne.
Trois lettres semblables à des initiales : la première pour Amour, la suivante pour Rêverie, la dernière pour Transcendance – qui, rassemblées, s’offrent alors à chacun de nous au gré de notre sensibilité, de notre goût, un peu comme des images pieuses, sinon qu’en place de nous promettre des béatitudes, ces choses belles, sans avoir pour autant le pouvoir de rendre nos vie moins éphémères, contribuent au moins à affûter notre sens du beau.
De la sorte, se jouant des temps, des chronologies, l’Art n’aurait alors d’autre but que de calmer les angoisses de ceux qui redoutent que tout finalement ne soit que chaos.
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MimimelieMimimelie   17 septembre 2018
Longtemps encore,… la friperie demeurera une des marchandises les plus estimées jusqu’à l’apparition des grands « métiers industriels » - il en coûtait plus de temps et d’argent pour tisser une simple tenture propre à séparer deux pièces que d’élever un mur en brique ; quant au velours et au brocart, ils étaient sans prix : ces robes hiératiques somptueuses dont sont vêtus les modèles royaux peints par Porbus ou par Antonio Moro représentaient, à l’époque, l’équivalent d’une ferme ; à ce point que, même dans les familles aristocratiques, il était fréquent de porter, une vie entière, le même vêtement.
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MimimelieMimimelie   17 septembre 2018
Sous la Restauration voilà que tout se met à changer…
Le goût romantique, une société nouvelle sans grâce qui a besoin d’un eu de beauté pour suppléer à ce que son extérieur trahit de massif, expliquent ce soudain intérêt ; ajoutez à cela l’enrichissement des écrivains. Fait absolument nouveau, des romanciers, des feuilletonistes voient leurs lignes payées à prix d’or ; forts de leurs droits d’auteur ils se laissent bercer par ce bruit délicieux des louis d’or qui grattent à la porte…
…. Dorénavant, marchant de long en large dans des salons au décor élégant et raffiné, fumant des « cigares enchantés », ils entendent démontrer que l’homme de lettres peut bien rivaliser avec ses modèles du tabellionnage, du haut commerce, de la banque.

N’est-il pas révélateur que Balzac, Flaubert, Mérimée, Hugo, Zola et même Baudelaire se prétendent férus d’objets ? Stendhal en perd sa grosse tête : « Que ne suis-je gourmand ou chasseur ! Que ne suis-je antiquaire ! mais j’aime le Beau et non le Rare….

Pour Balzac, c’est l’enthousiasme, il est déchaîné ; les innombrables lettres échangées avec sa mère, sa sœur, Eve Hanska et ses fournisseurs en disent long sur ce nouveau riche en proie au démon de la brocante …
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MimimelieMimimelie   17 septembre 2018
Est-ce parce qu’ils eurent bien du mal à vivre, aucun « impressionniste », aucun « pointilliste » ne tirera scène ou effet de la mort ; la lumière –leur raison d’être – n’aime caresser que des visages et des paysages emplis de vie. De même les cubistes, les expressionnistes ou, plus tard, les différents informalistes ne traiteront de semblables sujets sinon Picasso : en bon Malaguène, il a peur de la mort : tout de même, fasciné par elle, il peint des « vanités » : un crâne sur deux tibias, mais, histoire de tourner le tout en dérision, il remplace les os de la jambe par une paire de poireaux !
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MimimelieMimimelie   18 septembre 2018
… car on buvait sec à la Cour, au palais, dans les jardins ; on peut le voir sur les estampes du temps avec ces « collations préparées dans le jardin » ou bien sur les toiles de Jean-François de Troy avec son fameux « Déjeuner d’huîtres et de jambons ».
Louis XV, comme le sera si souvent Louis XVI, à l’instant de souper est déjà fin saoul, sinon que le premier avait décidé de ne s’enivrer que le jeudi et le samedi.

Un monde fort gourmand qui s’en allait volontiers aux cuisines prêter la main au chef – « gourmand » - un nom dont les origines sont assez mystérieuses, fruit de « l’anglomanie » qui sévissait à l’époque ; il viendrait de groom valet chargé de descendre plusieurs fois par jour à la cave, « grommes » qu’on trouve également au Moyen Age où du mot il a pu glisser à « groomet », puis à « groom » pour se retrouver « gourmet ».
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Video de Maurice Rheims (10) Voir plusAjouter une vidéo

Maurice Rheims
Jacques CHANCEL s'entretient avec Maurice RHEIMS, commissaire-priseur : son métier de commissaire-priseur qu'il a abandonné depuis six ans, préfère écrire. Ses origines, sa formation. Explique ce qu'est le beau, le goût et l'émotion qu'il engendre. le côté féminin des objets. le pouvoir corrupteur de l'argent. Fait le portrait du collectionneur ; les différentes sortes de collections et...
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