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ISBN : 282360796X
Éditeur : Editions de l'Olivier (07/01/2016)

Note moyenne : 3.13/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Prix Anaïs-Nin 2016 - Prix Marie-Claire du roman féminin 2016

« La première fois que je vois E. je le trouve quelconque sinon laid. Il a le teint gris et il fume, ce sont les seules choses que je remarque. » E. est adossé à la porte verte de son agence lorsqu'Emma l'aperçoit. Il doit lui faire visiter un studio. Cette scène, Emma ne cesse d'y revenir. Emportés par un amour auquel ils ne s'attendaient pas, ils se sont aimés, puis séparés. Pour la peau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Lutvic
  06 décembre 2018
Le barbelé qui entoure les lieux que vous avez fréquentés ensemble, devenus des zones "interdites".
Le barbelé qui enclot les endroits où vous avez fait des projets d'avenir, en vous serrant la main, en vous embrassant.
Le barbelé qui touche aux plats qui vous délectaient autrefois et qui ont perdu tout leur goût.
Le barbelé qui met à l'index les habits portés dans des occasions heureuses et lointaines, gorgés de souvenirs et d'intimité, d'une atmosphère qui n'était qu'à vous.
Le barbelé qui encercle les livres, les films, les références que vous aviez en commun, dont vous vous êtes nourris ensemble pendant ce temps-là.
Le barbelé qui ceinture vos photos communes, les images de vos sorties, et vos sourires maintenant factices.
Le barbelé qui isole le sujet délicat dans les conversations avec les proches.
Le barbelé qui bloque tout geste irréfléchi : l'appeler, lui écrire, lui envoyer un livre.
Le barbelé qui couvre les regrets remués dans tous les sens : ce que tu te reproches d'avoir fait et de ne pas avoir su et pu faire, en vrac.
Le barbelé qui a gangrené les images d'un avenir fantasmé autrefois, et rétréci d'un coup : racorni, rabougri, disparaissant comme un soleil en combustion et puis glacé, à la fin des temps.
Le barbelé qui gagne cette bizarre mémoire des dates scandant votre histoire : le premier rendez-vous ; le premier baiser ; le premier champagne bu ensemble ; le premier soir au théâtre. Etc... Tu le sais, et les livres sur les deuils de Joan Didion te l'ont confirmé : il faut dépasser le cap d'un an pour que le brouillard commence à flouer les souvenirs et que tu arrives à ne plus minuter le présent d'après les aiguilles rouillées du passé.
Le barbelé que tu imagines resserrer, étouffer, crucifier le songe d'une nuit passée, quand tu avais l'impression qu'il allait se coller à toi, te frôler la peau et te laisser te rendormir dans le bonheur.
Le barbelé qui te heurte et auquel tu t'accroches : te faisant saigner en espérant de voir la croûte, le début de la cicatrisation.
Le barbelé qui doit sangler la mémoire à but de survie.
Le barbelé qui entoure le barbelé.
Le barbelé : tout ce qui reste.
Le barbelé.
On peut mourir d'amour. Étranglé par ses propres barbelés.
Surtout quand on s'appelle Emma.
Mais au XXIème siècle, quand on s'appelle Emma et que l'on aime la littérature, on démontre qu'on a bien appris la leçon de Borges : on avale sa morve et l'on en fait un diamant. Tout finit dans un livre.
Le prouve le deuxième roman signé par Emmanuelle Richard, "Pour la peau", bouleversant dans sa simplicité viscérale.
Le seul procédé qui l'organise est le besoin de "sauver des images", comme la narratrice le dit, et de se sauver tout court d'un chagrin d'amour.
Au lieu du barbelé, Emmanuelle Richard nous offre les grains d'un rosaire condensant des souvenirs, à travers des gestes de dévotion, de piété et de grâce :
la dévotion érotique réveillée subitement chez une jeune femme fière et lucide, découvrant la béatitude de se dévêtir de ses propres limites, une par une ;
la piété sensuelle embrassant tous les détails retenus de l'autre, de la pâleur grisâtre de son teint jusqu'à une croûte au coude suivant à une chute ;
la grâce accordée à soi et à l'homme aimé en le ranimant à l'aide des mots et des images : encenser le passé éclairé par la douleur du présent, c'est exclure tout oubli possible.
Nulle défense. Juste l'exposition aveuglante, en pleine lumière, de toute la vulnérabilité qui accompagne cette "chute" dans l'amour.
Un livre superbe, à calligraphie épurée et à subjectivité organique, à rouvrir de temps en temps : non pas pour "guérir", mais pour accepter comme consubstantielle une blessure qui ne fera jamais croûte.
Car profondément inscrite en toi : "si tu savais tout ce que j'aurais donné - vingt ans de ma vie pour six mois avec toi - n'importe quoi pour espérer être avec toi, que tu me prennes dans ta vie et que tu me gardes".
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Bazart
  17 février 2016
J'en ai parlé hier matin dans mon live report sur le concert de Dominique A, le morceau " Pour la peau " est un titre sublime du chanteur nantais, avec un coté obsessionnel dans les accords répétitifs qui correspondent parfaitement au texte, cette description d'une passion charnelle incontrôlable.
Pour son second roman, la romancière Emmanuelle Richard reprend également ce titre certainement de façon consciente, tant l'esprit de l'auteur correspond bien à la tonalité du morceau de Dominique A: comme dans la chanson homonyme, Emmanuelle Richard fait le portrait au scalpel d'une obsession, d'une envie impérieuse et dévorante, mais plus vu ici du coté féminin.
Cette obsession c'est celle d'Emma, récemment séparée, pour E., un agent immobilier qui ne paie pas de mine au départ, qu'elle trouve même assez repoussant, et pour qui, très vite, elle perdra sens de la raison et développera une obsession totalement irrationnelle et qui finira irrémédiablement mal.
On sent le sentiment d'urgence et le degrès autobiographique avec lequel Emmanuelle Richard a écrit cette passion folle, et parvient à transcender un récit sentimental a priori banal et très souvent usité dans la littérature française.
Mais cette écriture à fleur de peau, pleine de vibration, nous plonge dans cette spirale infernale d'une passion forcément et férocement destructrice de ce roman paru aux éditions de l'Olivier qui vient de recevoir le Prix Anaïs Nin, un prix visant à promouvoir les oeuvres romanesques françaises à l'étranger.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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JIEMDE
  10 février 2016
« Can't live without passion » chantait Rod. « Les histoires d'amour finissent mal, en général » lui répondaient Catherine et Fred. Pendant toute ma lecture de Pour la peau, ces chansons ont alternativement résonné dans mon esprit.
Car Emmanuelle Richard ne nous raconte pas autre chose qu'une passion qui finit mal. Sortant d'une rupture, Emma rencontre E. qui en sort également. Ils vont se chercher, se trouver, se rater. Et pourtant, c'était quasi écrit dès le début, mais Emma a voulu y croire. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Enfin si, quand même.
Un ton et une écriture qui collent remarquablement au sujet. La plume d'Emmanuelle Richard est moderne, tonique, enlevée. Tour à tour poétique, chaleureuse, inquiète, sensuelle ou aimante puis d'un seul coup torturée, désespérée, crue et déstructurée. Cette alternance – remarquablement maîtrisée – de styles, comme autant d'états d'esprit ou d'humeurs, de certitudes et de questionnements, amènent une véritable fraîcheur à une histoire qui à défaut, en manquerait.
Rien que pour cela – mais aussi pour m'avoir enchanté de voir citer « Too much class for the neighbourhood » des Dogs au détour d'un paragraphe – Pour la peau mérite sans contestation aucune sa place de finaliste du Grand Prix RTL-Lire 2016.
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mumuboc
  24 janvier 2017
Bon, là je crois que je vais être dure mais vraiment je dois avouer que je suis allée au bout du roman uniquement parce qu'il m'a été donné pour un comité de lecture où l'on fait parfois de belles découvertes et parfois.............. un livre où de soi-même on aura jamais mis le nez.
Emma (l'auteure) retrace sa passion dévorante, épidermique, sensuelle pour un agent immobilier qu'elle a rencontré lors de la visite d'un studio après sa séparation d'avec son ex. Après avoir fréquenté les sites de rencontres extra conjugales sur internet et en ayant vite compris qu'elle n'y trouverait pas la relation quelle cherchait. Lui, terne, gris et sans intérêt de prime abord, vivant mal sa récente rupture et espérant renouer, plus âgé qu'elle, buvant, se droguant à l'occasion, vit leur relation au jour le jour.
On se doute que si elle retrace cette romance c'est que tout cela va mal se finir.
Alors que dire : malgré que ce moment est reçu deux prix (Marie Claire et Anaïs) il m'a fallu du "courage" pour aller au bout : quel intérêt ? J'ai trouvé l'écriture hachée, les phrases très longues et il m'a parfois fallu revenir en arrière pour retrouver le sens, le sujet etc....
Langage et situations crus, une énième histoire d'amour à sens unique, pour moi, où elle ressort terrassée. Pourquoi exposée sa vie personnelle dans tous ses détails sans pudeur. Je me suis ennuyée, j'étais même parfois en colère que l'on puisse décerner un prix à une telle littérature qui n'offre, à mon humble avis, que peu d'intérêt.

Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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claraetlesmots
  11 janvier 2016
Après une relation de six années qui s'est soldée par une rupture d'un commun accord, la narratrice cherche un nouvel appartement en province. C'est E. qui lui le fait visiter. Dégingandé, plus âgé qu'elle, le visage marqué de ceux qui ont vécu et il lui est presque antipathique En attendant de pouvoir gagner sa vie par l'écriture, elle a un travail alimentaire dans un magasin de jouets. Parce qu'elle ne veut plus d'affect, elle s'est inscrite sur un site de rencontres pour personnes mariées. Histoire de pas passer par la case des sentiments et des attaches. Des problèmes dans son nouvel appartement l'obligent à contacter E..
Ils vont donc se revoir. de textos à des rendez-vous pour boire un verre, elle en apprend plus sur lui : sa jeunesse à Londres, la drogue et sa copine qui l'a quitté. Sans jamais que l'idée ne l'effleure auparavant, elle s'éprend de lui, de sa façon d'être et de son corps. Ils avancent à tâtons, se découvrent. S'ensuivent quatre semaines d'amour en été où elle veut croire au bonheur présent et futur. Quitte à supporter les nombreuses fois où il boit trop, quitte à cracher sur ses résolutions (jamais je ne le ferai par amour ), à oublier les disputes et le risque d'avoir mal.
" (…) comment passe-t-on de l'indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir et enfin en sentiment amoureux ? À quel moment ai-je commencé à regarder E. ? À quel moment a-t-il commencé à me plaire ? À quel moment ai-je eu l'impression foudroyante de le voir, en entier, et d'en être bouleversée ? À quel moment a surgi le désir fou d'appartenir à cette homme à n'importe quel prix, comme jamais je n'avais désiré auparavant appartenir à quelqu'un, appartenir tout court, pour pouvoir me désintégrer et m'annuler à lui, oublier que j'existe et, simplement, essentiellement, veiller sur son corps, prendre soin de lui ? À quel moment suis-je tombée ?"
Si j'ai indiqué cet extrait, c'est parce qu'il résume (je trouve) parfaitement la trame principale de ce roman. Tout y est décrit : le désir, l'attente, la peur, le manque de l'autre, l'incandescence, le plaisir incendiaire et charnel, le bonheur entraperçu et imaginé, les utopies, la puissance et la violence des sentiments, ce qu'on refuse d'admettre, la volonté d'y croire encore car le coeur ne veut pas, les faiblesses et la chute.
Un roman immensément intense et sans tabou où l'écriture fait appel à tous les sens et où toutes les sensations sont décrites superbement avec réalisme et subtilité (j'ai relu des passages entiers). de longues phrases à justes quelques mots, l'écriture colle au récit comme une seconde peau. En y ajoutant également des réflexions que le recul apporte, elle nous ouvre la porte sur l'ensemble des ressentis. Car il lui fallait écrire pour mettre un point final, pour reléguer E. au passé et ce, définitivement.
Je n'ai pas lu mais ressenti viscéralement ce deuxième roman d'Emmanuelle Richard. Un livre devenu hérisson tant j'y ai inséré de marque-pages !
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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critiques presse (1)
Culturebox   08 janvier 2016
A quoi ressemble une passion, dans ces années 2010 où le sexe est à portée de clic ? A partir de ces petits riens qui virent à l'essentiel, Emmanuel Richard tisse un roman sensuel et solaire. Ce second roman est une des jolies surprises de la rentrée littéraire de janvier.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   14 juillet 2018
Je ne veux plus chercher à savoir pourquoi me tenaille la nécessité de fixer ce en quoi il me bouleversait, à son insu et souvent à l'encontre de ce que lui croyait, tout comme les lieux où se sont produites et révélées à moi, progressivement ou subitement, ces aspérités qui me laminaient d'émotion, de désir, me touchaient comme si il était un jumeau. (...)

Je me suis demandé si j'étais folle, si j'avais rêvé le temps commun passé, si j'avais rêvé les gestes, les mots, le trouble, l'émotion réciproques, l'empêchement maladroit, l'évidence, la tendresse des étreintes, la fragilité de certains moments suspendus, la joie, le bien que l'on semblait se faire ensemble, notre envie commune d'avenir, la vie que l'on s'est égarés à rêver et dont jamais nous ne prendront le chemin. (...)
Je ne sais pas si je pourrai un jour revenir habiter dans cette ville où je voulais vivre, d'abord sans toi, avec toi ensuite, ou si les amours nous font perdre des villes en même temps que nous-mêmes, en même temps qu'elles nous fondent, nous déconstruisent, nous précisent, nous accouchent, nous révèlent, nous brisent, nous changent et nous subliment.
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LutvicLutvic   13 juillet 2018
J'aimais jusqu'à ta façon de parler aux gosses et aux animaux comme à des êtres très importants, à notre visiteur du soir qu'était ce grand chat de gouttière sans collier. J'aimais jusqu'à ton strabisme divergent de l’œil gauche quand tu mangeais des huîtres. Je te trouvais très beau puis très détruit puis de nouveau très beau. Je tentais d'imaginer que je puisse me lasser de toi. Je n'y parvenais pas. Je te disais ce que je pensais de toi au début, que tu ne me plaisais pas, que je me méfiais, que j'étais sur mes gardes. Tu avais l'élégance, rigoureuse à un point que je n'avais jamais observé, de ne jamais regarder ni effleurer des yeux les autres femmes. Je ne cherchais plus de justification à la futilité de vivre, je trouvais un plaisir vif dans les choses les plus infimes, tourner mon visage vers le soleil, flâner, se faire un restaurant, essayer des vêtements dans les magasins, dès lors que c'était avec toi. Je respirais mieux. J'avais l'impression d'être enfin moi-même. Tous les moi-même je pouvais les vivre avec toi. Il me semblait que c'était vrai aussi dans l'autre sens. Tout devenait si facile et si gai. Tu étais un accident, une rencontre complètement improbable et encore plus à ce moment, tu étais un accident mais tellement heureux. Je me sentais bien. Je me sentais libre (p. 119).
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aleatoirealeatoire   12 juillet 2018
L'été éclatera bientôt. Et avec lui déjà le raccourcissement des jours, déjà la fin de la saison qui s'annonce, avant même d'avoir débuté. Ou si peu. J'ai toujours ce sentiment d'inachevé, d'inaccompli avec l'été. J'ai toujours ce sentiment que quelque chose n'est pas à la hauteur, quelque chose de latent et de grand, sur le point d'advenir sans doute, mais qui reste dans le fossé, sur le côté, et ne se révèle finalement pas. Je n'ai malheureusement jamais su quoi. L'hiver et l'automne me sont indifférents, car ils ne me déçoivent pas. Je les préfère.
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LutvicLutvic   01 juillet 2018
Car je n'ai aucune envie de parler au préalable. Ni de parler, ni de badiner. Je n'ai pas envie de parler tout court, ni de faire des efforts. Encore moins d'entrer dans un jeu de séduction dont je connais pas avance le tempo, le phrasé, les langueurs, les silences et les hésitations, après l'avoir trop souvent joué à la fac et dans mes petits boulots de caissière, de vendeuse, d'ouvreuse ou d'hôtesse - j'en venais parfois à me demander s'il était seulement possible de survivre en société en quittant cet état de flirt permanent - est-ce seulement possible ? Non pas de survivre, mais de se comporter autrement ? Y a-t-il la place pour ça ?, les hommes laissent-ils la place aux femmes pour ça ?, ou est-ce leur faute à elles ?, qui est responsable ?, tout ce petit théâtre mesquin, usé et prévisible, qui allait inévitablement me donner envie de me jeter par la fenêtre ou sur les rails du tramway - ce dernier avait provoqué la mort d'une vieille dame imprudente qui promenait son chien sur le gazon entre les voies, une seule victime, la ville était satisfaite de ce chiffre (p. 47).
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BazartBazart   17 février 2016
"Ecrivant ceci, je me pose cette question : comment passe-t-on de l'indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir, et enfin au sentiment amoureux ? A quel moment ai-je commencé à regarder E. ? A quel moment E. a-t-il commencé à me plaire ? A quel moment ai-je eu l'impression foudroyante de "le" voir en entier, et d'en être bouleversée ?"
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