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ISBN : 282360796X
Éditeur : Editions de l'Olivier (07/01/2016)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Prix Anaïs-Nin 2016 - Prix Marie-Claire du roman féminin 2016

« La première fois que je vois E. je le trouve quelconque sinon laid. Il a le teint gris et il fume, ce sont les seules choses que je remarque. » E. est adossé à la porte verte de son agence lorsqu'Emma l'aperçoit. Il doit lui faire visiter un studio. Cette scène, Emma ne cesse d'y revenir. Emportés par un amour auquel ils ne s'attendaient pas, ils se sont aimés, puis séparés. Pour la peau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  17 février 2016
J'en ai parlé hier matin dans mon live report sur le concert de Dominique A, le morceau " Pour la peau " est un titre sublime du chanteur nantais, avec un coté obsessionnel dans les accords répétitifs qui correspondent parfaitement au texte, cette description d'une passion charnelle incontrôlable.
Pour son second roman, la romancière Emmanuelle Richard reprend également ce titre certainement de façon consciente, tant l'esprit de l'auteur correspond bien à la tonalité du morceau de Dominique A: comme dans la chanson homonyme, Emmanuelle Richard fait le portrait au scalpel d'une obsession, d'une envie impérieuse et dévorante, mais plus vu ici du coté féminin.
Cette obsession c'est celle d'Emma, récemment séparée, pour E., un agent immobilier qui ne paie pas de mine au départ, qu'elle trouve même assez repoussant, et pour qui, très vite, elle perdra sens de la raison et développera une obsession totalement irrationnelle et qui finira irrémédiablement mal.
On sent le sentiment d'urgence et le degrès autobiographique avec lequel Emmanuelle Richard a écrit cette passion folle, et parvient à transcender un récit sentimental a priori banal et très souvent usité dans la littérature française.
Mais cette écriture à fleur de peau, pleine de vibration, nous plonge dans cette spirale infernale d'une passion forcément et férocement destructrice de ce roman paru aux éditions de l'Olivier qui vient de recevoir le Prix Anaïs Nin, un prix visant à promouvoir les oeuvres romanesques françaises à l'étranger.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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JIMEDE
  10 février 2016
« Can't live without passion » chantait Rod. « Les histoires d'amour finissent mal, en général » lui répondaient Catherine et Fred. Pendant toute ma lecture de Pour la peau, ces chansons ont alternativement résonné dans mon esprit.
Car Emmanuelle Richard ne nous raconte pas autre chose qu'une passion qui finit mal. Sortant d'une rupture, Emma rencontre E. qui en sort également. Ils vont se chercher, se trouver, se rater. Et pourtant, c'était quasi écrit dès le début, mais Emma a voulu y croire. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Enfin si, quand même.
Un ton et une écriture qui collent remarquablement au sujet. La plume d'Emmanuelle Richard est moderne, tonique, enlevée. Tour à tour poétique, chaleureuse, inquiète, sensuelle ou aimante puis d'un seul coup torturée, désespérée, crue et déstructurée. Cette alternance – remarquablement maîtrisée – de styles, comme autant d'états d'esprit ou d'humeurs, de certitudes et de questionnements, amènent une véritable fraîcheur à une histoire qui à défaut, en manquerait.
Rien que pour cela – mais aussi pour m'avoir enchanté de voir citer « Too much class for the neighbourhood » des Dogs au détour d'un paragraphe – Pour la peau mérite sans contestation aucune sa place de finaliste du Grand Prix RTL-Lire 2016.
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mumuboc
  24 janvier 2017
Bon, là je crois que je vais être dure mais vraiment je dois avouer que je suis allée au bout du roman uniquement parce qu'il m'a été donné pour un comité de lecture où l'on fait parfois de belles découvertes et parfois.............. un livre où de soi-même on aura jamais mis le nez.
Emma (l'auteure) retrace sa passion dévorante, épidermique, sensuelle pour un agent immobilier qu'elle a rencontré lors de la visite d'un studio après sa séparation d'avec son ex. Après avoir fréquenté les sites de rencontres extra conjugales sur internet et en ayant vite compris qu'elle n'y trouverait pas la relation quelle cherchait. Lui, terne, gris et sans intérêt de prime abord, vivant mal sa récente rupture et espérant renouer, plus âgé qu'elle, buvant, se droguant à l'occasion, vit leur relation au jour le jour.
On se doute que si elle retrace cette romance c'est que tout cela va mal se finir.
Alors que dire : malgré que ce moment est reçu deux prix (Marie Claire et Anaïs) il m'a fallu du "courage" pour aller au bout : quel intérêt ? J'ai trouvé l'écriture hachée, les phrases très longues et il m'a parfois fallu revenir en arrière pour retrouver le sens, le sujet etc....
Langage et situations crus, une énième histoire d'amour à sens unique, pour moi, où elle ressort terrassée. Pourquoi exposée sa vie personnelle dans tous ses détails sans pudeur. Je me suis ennuyée, j'étais même parfois en colère que l'on puisse décerner un prix à une telle littérature qui n'offre, à mon humble avis, que peu d'intérêt.

Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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claraetlesmots
  11 janvier 2016
Après une relation de six années qui s'est soldée par une rupture d'un commun accord, la narratrice cherche un nouvel appartement en province. C'est E. qui lui le fait visiter. Dégingandé, plus âgé qu'elle, le visage marqué de ceux qui ont vécu et il lui est presque antipathique En attendant de pouvoir gagner sa vie par l'écriture, elle a un travail alimentaire dans un magasin de jouets. Parce qu'elle ne veut plus d'affect, elle s'est inscrite sur un site de rencontres pour personnes mariées. Histoire de pas passer par la case des sentiments et des attaches. Des problèmes dans son nouvel appartement l'obligent à contacter E..
Ils vont donc se revoir. de textos à des rendez-vous pour boire un verre, elle en apprend plus sur lui : sa jeunesse à Londres, la drogue et sa copine qui l'a quitté. Sans jamais que l'idée ne l'effleure auparavant, elle s'éprend de lui, de sa façon d'être et de son corps. Ils avancent à tâtons, se découvrent. S'ensuivent quatre semaines d'amour en été où elle veut croire au bonheur présent et futur. Quitte à supporter les nombreuses fois où il boit trop, quitte à cracher sur ses résolutions (jamais je ne le ferai par amour ), à oublier les disputes et le risque d'avoir mal.
" (…) comment passe-t-on de l'indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir et enfin en sentiment amoureux ? À quel moment ai-je commencé à regarder E. ? À quel moment a-t-il commencé à me plaire ? À quel moment ai-je eu l'impression foudroyante de le voir, en entier, et d'en être bouleversée ? À quel moment a surgi le désir fou d'appartenir à cette homme à n'importe quel prix, comme jamais je n'avais désiré auparavant appartenir à quelqu'un, appartenir tout court, pour pouvoir me désintégrer et m'annuler à lui, oublier que j'existe et, simplement, essentiellement, veiller sur son corps, prendre soin de lui ? À quel moment suis-je tombée ?"
Si j'ai indiqué cet extrait, c'est parce qu'il résume (je trouve) parfaitement la trame principale de ce roman. Tout y est décrit : le désir, l'attente, la peur, le manque de l'autre, l'incandescence, le plaisir incendiaire et charnel, le bonheur entraperçu et imaginé, les utopies, la puissance et la violence des sentiments, ce qu'on refuse d'admettre, la volonté d'y croire encore car le coeur ne veut pas, les faiblesses et la chute.
Un roman immensément intense et sans tabou où l'écriture fait appel à tous les sens et où toutes les sensations sont décrites superbement avec réalisme et subtilité (j'ai relu des passages entiers). de longues phrases à justes quelques mots, l'écriture colle au récit comme une seconde peau. En y ajoutant également des réflexions que le recul apporte, elle nous ouvre la porte sur l'ensemble des ressentis. Car il lui fallait écrire pour mettre un point final, pour reléguer E. au passé et ce, définitivement.
Je n'ai pas lu mais ressenti viscéralement ce deuxième roman d'Emmanuelle Richard. Un livre devenu hérisson tant j'y ai inséré de marque-pages !
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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motspourmots
  04 mai 2016
"Parfois je ne sais plus rien, hormis cette chose : si tout peut s'oublier comme le début quand j'aurai fini d'écrire je ne me rappellerai plus rien. Si tout s'oublie comme la chronologie, alors, quand j'aurai fini d'écrire, je ne souffrirai plus".
Ou l'écriture pour tenter d'exorciser la souffrance qui ne laisse pas Emma en paix depuis la fin de son histoire avec E.. Sous sa plume, des images, des réminiscences d'instants lumineux ou plus noirs, qu'elle tente d'ordonner, peut-être pour trouver un sens à cette histoire. Pourtant, à la lire on a envie de parodier Pascal : la peau a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Car il est surtout question des sens, c'est par eux qu'arrivent les souvenirs, par la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et bien sûr le toucher. Ce sont eux qui ont guidé le cheminement d'Emma vers cet homme qui, au début, n'avait absolument rien pour lui plaire. Seule dans une nouvelle ville, sortant d'une relation de couple de plusieurs années, une envie de relations faciles et sans implications chevillée au corps. Peu à peu ses sens la poussent vers E. lui-même en cours de digestion d'une rupture... mais beaucoup plus compliquée. Emma ignore tous les signaux d'alerte, se persuade qu'elle maîtrise la situation et plonge dans cette relation à corps perdu.
Le récit de cette passion violente et finalement dévastatrice est terriblement convaincant, servi par une expression crue, explicite et sincère sans aucun essai d'enjoliver ou de dramatiser. On est dans la vérité des sentiments et des sensations, une vérité qui n'exclue pas les mensonges que l'on se fait à soi-même. Emmanuelle Richard pose un regard très courageux et très lucide sur ce qui conduit à la passion, ne niant pas la part du fantasme ou l'influence de failles psychologiques plus anciennes.
Ce n'est pas évident d'arriver à décortiquer ainsi la complexité du phénomène de l'attirance entre deux êtres, dans toute sa beauté mais aussi toute sa perversité. Emmanuelle Richard y parvient avec brio, provoquant presque un sentiment de malaise chez son lecteur qui pourrait reconnaître certains symptômes pour les avoir vécus. Aucune femme notamment ne pourra rester insensible face à cette démonstration implacable.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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critiques presse (1)
Culturebox   08 janvier 2016
A quoi ressemble une passion, dans ces années 2010 où le sexe est à portée de clic ? A partir de ces petits riens qui virent à l'essentiel, Emmanuel Richard tisse un roman sensuel et solaire. Ce second roman est une des jolies surprises de la rentrée littéraire de janvier.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
sahratrarisahratrari   21 septembre 2018
J'étais tout à fait présentable. C'est ce que je voyais dans les yeux des autres. Cela tenait, évidemment, à l'unique condition que je me regarde pas trop longtemps dans un miroir car alors, je finissais toujours par penser que j'avais une tête affreuse. Ces efforts me coutaient pourtant. Comme tout un chacun, je voudrais idéalement être aimée pour moi et non pour mon image, qui est une construction ; ce qui est absurde et n'existe pas.
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sahratrarisahratrari   21 septembre 2018
Et pourtant on ne sait jamais pourquoi on aime ni vraiment ce qu'on aime quand on aime.
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aleatoirealeatoire   14 juillet 2018
Je ne veux plus chercher à savoir pourquoi me tenaille la nécessité de fixer ce en quoi il me bouleversait, à son insu et souvent à l'encontre de ce que lui croyait, tout comme les lieux où se sont produites et révélées à moi, progressivement ou subitement, ces aspérités qui me laminaient d'émotion, de désir, me touchaient comme si il était un jumeau. (...)

Je me suis demandé si j'étais folle, si j'avais rêvé le temps commun passé, si j'avais rêvé les gestes, les mots, le trouble, l'émotion réciproques, l'empêchement maladroit, l'évidence, la tendresse des étreintes, la fragilité de certains moments suspendus, la joie, le bien que l'on semblait se faire ensemble, notre envie commune d'avenir, la vie que l'on s'est égarés à rêver et dont jamais nous ne prendront le chemin. (...)
Je ne sais pas si je pourrai un jour revenir habiter dans cette ville où je voulais vivre, d'abord sans toi, avec toi ensuite, ou si les amours nous font perdre des villes en même temps que nous-mêmes, en même temps qu'elles nous fondent, nous déconstruisent, nous précisent, nous accouchent, nous révèlent, nous brisent, nous changent et nous subliment.
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LutvicLutvic   13 juillet 2018
J'aimais jusqu'à ta façon de parler aux gosses et aux animaux comme à des êtres très importants, à notre visiteur du soir qu'était ce grand chat de gouttière sans collier. J'aimais jusqu'à ton strabisme divergent de l’œil gauche quand tu mangeais des huîtres. Je te trouvais très beau puis très détruit puis de nouveau très beau. Je tentais d'imaginer que je puisse me lasser de toi. Je n'y parvenais pas. Je te disais ce que je pensais de toi au début, que tu ne me plaisais pas, que je me méfiais, que j'étais sur mes gardes. Tu avais l'élégance, rigoureuse à un point que je n'avais jamais observé, de ne jamais regarder ni effleurer des yeux les autres femmes. Je ne cherchais plus de justification à la futilité de vivre, je trouvais un plaisir vif dans les choses les plus infimes, tourner mon visage vers le soleil, flâner, se faire un restaurant, essayer des vêtements dans les magasins, dès lors que c'était avec toi. Je respirais mieux. J'avais l'impression d'être enfin moi-même. Tous les moi-même je pouvais les vivre avec toi. Il me semblait que c'était vrai aussi dans l'autre sens. Tout devenait si facile et si gai. Tu étais un accident, une rencontre complètement improbable et encore plus à ce moment, tu étais un accident mais tellement heureux. Je me sentais bien. Je me sentais libre (p. 119).
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aleatoirealeatoire   12 juillet 2018
L'été éclatera bientôt. Et avec lui déjà le raccourcissement des jours, déjà la fin de la saison qui s'annonce, avant même d'avoir débuté. Ou si peu. J'ai toujours ce sentiment d'inachevé, d'inaccompli avec l'été. J'ai toujours ce sentiment que quelque chose n'est pas à la hauteur, quelque chose de latent et de grand, sur le point d'advenir sans doute, mais qui reste dans le fossé, sur le côté, et ne se révèle finalement pas. Je n'ai malheureusement jamais su quoi. L'hiver et l'automne me sont indifférents, car ils ne me déçoivent pas. Je les préfère.
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