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ISBN : 2253122467
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2008)

Note moyenne : 3.03/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Depuis que Louis XIV a fait construire une ménagerie non loin du château de Versailles, le marquis de Dunan ne dort plus. Et s'il fournissait au roi une bête féroce, aux côtés des pélicans et des autruches qu'admirent déjà les courtisans? Sa gloire et sa fortune seraient faites... Mais Dunan court en vain les foires du royaume; les spécimens intéressants sont rares. Il en faudrait plus pour décourager notre homme, qui se lance alors dans une folle aventure où les fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  11 février 2016
Le marquis de Dunan est prêt à tout pour entrer dans les grâces de Louis XIV, dont il fréquente le palais. c'est ainsi que lui vient une idée lumineuse: partir en Afrique et en rapporter, par voie maritime, de nouvelles espèces sauvages: lions, éléphanteaux, girafes, singes... Il embarque donc sur l'Aurore auprès du jeune Dubignan, dont le père était taxidermiste, et du père Bernard, chargé de veiller, grâce à ses messes, à la sécurité de l'équipage.
Après quelques semaines de voyage, ils débarquent sur l'île Saint-Louis et y découvrent sauvagerie et barbarie... mais pas celles qu'on imagine.
La Ménagerie de Versailles est un court roman d'aventures, historique mais surtout faussement léger et véritablement sarcastique. En peu de pages finalement, on fait l'aller-retour Paris-Saint-Louis en philosophant sur l'âme, la religion, la liberté.
J'ai beaucoup aimé la légèreté de ton, cette écriture précise, et cette courte plongée au XVIIème siècle.
Commenter  J’apprécie          280
RAPHIKI
  01 juillet 2017
Un roman express comme je me plaît à les appeler, du genre 150 pages à tout casser, un calibrage de caractère à la limite de l'acceptable.
Le type de lecture qui ne vous demande que quelques heures de concentration pour en finir, et surtout qui repose vos yeux meurtris et hébétés par le énième tome de je ne sais quelle saga de sept cent pages qui l'a précédé.
On entre dans l'intrigue avec délectation, pas de lourdeur avec des descriptions sans fin, Richaud pose le décor sans fioritures inutiles et excessives.
Rares sont les oeuvres où il ne faut pas moins de trois chapitres pour être enfin en osmose avec l'histoire, et y être scellé.
Frédéric est un fantasque, il joue des mots avec fluidité et simplicité, être compris est déjà le premier devoir d'un auteur vis à vis de son lecteur, mais en y regardant à deux fois et en étudiant la syntaxe avec minutie, on aperçoit une structure, un entremêlement sans pareil, plus subtils et raffinés qu'il n'y paraît au premier abord.
En  conteur qui se respecte, il tente de faire sonner son récit de manière acidulée et cotonneuse. 
Une légèreté pas si anodine que cela, nous percevons derrière tout le burlesque suintant de la plume de Richaud, que s'écoule une gravité et une noirceur sans pareille, une dénonciation générale de la condition humaine, des moeurs nobiliaires toujours donnée avec les commissures des lèvres retroussées.
Après tout n'est ce pas là le rôle d'une fable, de crier tout haut les aberrations d'une époque à travers quelques mises en scènes bien souvent animalières ?
En quoi une civilisations s'arroge-t-elle le droit d'établir les règles de construction de l'humanité.
Je passe ici la liste des arguments tous aussi pathétiques et vulgaires dressée à cette occasion, range les théories Lévi Straussiennes
Richaud à travers ce thème de l'esclavagisme, n'opère point tant à une dénonciation du phénomène en tant que tel, mais plutôt l'utilise pour servir les desseins d'une dérision de cet amas de gens bien nés s'appropriant les règles et critères de hiérarchisation, de classification même de la race humaine.
« Sans Foi, Ni Loi, Ni Roi ».
Certes on sent une grande amertume, mais le comique n'en est que plus relevé, la dérision devrais je même souligner.
Nous pourrions même nous tourmenter dès le début de l'ouvrage avec une question centrale, La Ménagerie est-elle bien celle que l'on croit ou que l'on doit, n'en cache-t-elle pas une plus sauvage qu'elle n'y paraît ?
A travers le personnage du Duc de Dunan, et de tant d'autres, Frédéric place d'ores et déjà les plus beaux clichés de cette ère faste et « ensoleillée ».
En passant par cette burlesque et quasi canine adulation pour Sa Majesté, homme prêt à se contorsionner dans les plus humiliantes courbettes, à se vautrer dans les plus sales bourbiers pour s'attirer les bonnes grâces, le spectacle rectal, du Roi Soleil.
Un espèce d'adoration sirupeuse qui tranche parfaitement avec un marquis bis composant charnellement avec ces dames comme d'un brigand du tiroir caisse ( un Arsène Lupin autrement dit). 
On passe d'un portrait d'homme pesant et inintéressant, à un véritable Don Juan à la filouterie frôlant l'intelligence suprême. Il nous sert une vision des femmes plus que pragmatique et matérialiste.
En bref, la Ménagerie de Versailles est un moment délectable ... Périple aux avant gouts désastreux et prévisibles dans la finalité non dans le déroulement ce qui est fort agréable.
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afriqueah
  01 juin 2019
Deux mondes et leur perversité : la cour de Louis XIV, avec ses rivalités, ses empoisonnements, sa description de l'étiquette (l'honneur de vider les excréments du Roi), la sauvagerie de ce dernier, son bon plaisir vénéneux et tout puissant , l'attention mise au plus minime de ses actes, pouvant aller jusqu'à la perdition et la mort( disgrâce de Molière après le Bourgeois gentilhomme, puis réhabilitation de ce dernier, et donc disgrâce de ses détracteurs ), et , de l'autre côté du monde , Saint Louis du Sénégal et le récit de l'esclavage à ses débuts.
le marquis de Dunan, courtisan et gigolo, car sa fortune a fondu à la proximité du Soleil, décide de regagner les bonnes grâces du Roi en lui apportant des animaux exotiques, et de l'abreuver de récits de chasse au lion. Il part donc à Saint Louis, à la recherche de girafes, lions et gorilles, malgré le danger, croise les bateaux portugais – les premiers à avoir caboté le long de la côte d'Afrique, et les premiers à avoir instauré le commerce des esclaves-, et contemple avec horreur , lui qui décrit Versailles non comme un endroit pernicieux dépendant de la toute puissance d'un seul homme, mais comme un jardin de délices, avec horreur donc, les châtiments corporels faits aux Noirs, leur passivité, leur acceptation de la mise en esclavage.
Ceci ne lui fait pas abandonner son désir des femmes (qu'il ne faut pas aimer, dit il ,
qu'il faut consommer comme des plats succulents ) , de toutes les femmes et parfois la mère et la fille, au début chacune son tour, puis les deux ensemble, c'est mieux.
Ton léger pour raconter des horreurs, Frédéric Richaud nous rappelle à l'aide d'une langue érudite, citant Leibnitz et Descartes, un moment de l'humanité où le commerce rentable des esclaves fut légiféré et donc justifié dans le Code Noir , commandité par Louis XIV . Ce ton léger n'est pas sans rappeler Voltaire, décrire sans avoir l'air de juger, alors que ce qui est dit est parfaitement sérieux.
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Commenter  J’apprécie          40
Joa
  25 juillet 2015
Ce cher Marquis désire se faire briller auprès de Louis XIV qui, depuis peu, s'intéresse à une petite ménagerie installée au chateau royal, aussi tente t-il tout d'abord d'abuser des services d'un empailleur, mais cette science n'est pas encore vraiment au point. Diantre, que faire ? Eh bien partir en Afrique, visage poudré et perruque sur le crane, et le voici montant une expédition en quête de gros animaux sauvages... Ce bouquin est un délice sans autre prétention que nous charmer de sa plume et du choc des cultures, sans oublier l'étendue de la vanité humaine et de la farce quotidienne de l'Etiquette qui entoure ce bon vieux Louis XIV.
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letitbe
  19 février 2011
J'ai trouvé l'histoire fort bien troussée et propice à une réflexion sur l'intemporalité des vanités humaines et ce désir de plaire aux puissants.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   05 février 2016
Le voyageur qui arrive de l'est ne voit d'abord de Brest que des dos de maisons qui font comme un grand rempart de pierres grises. cette ville n'est pas faite pour la terre qu'elle regarde à peine. Elle est faite pour la mer et le ciel qu'elle contemple sans cesse. La cité s'incline vers le port, vaste place encombrée d'hommes, de caisses, d'animaux, de cris. Il faut du temps pour apercevoir la mer, tellement sa surface est couverte de navires et de pontons, tellement l'horizon est rempli de mâts et de voilures.
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Myriam3Myriam3   11 février 2016
Peu à peu les sources se tarirent, l'herbe verte se raréfia. Ils ne longèrent bientôt plus que des terres assoiffées et des coteaux nus, traversèrent des forêts de petits arbres secs à l'ombre odorante mais pauvre. Parfois, un village se détendait dans l'air en tremblant; des silhouettes d'hommes ou d'animaux surgissaient au détour d'un champ.
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BowTieBowTie   06 décembre 2011
Une heure plus tard, il fallut se rendre à l'évidence : l'abbé était allé voir si les poissons avaient une âme.
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BowTieBowTie   06 décembre 2011
Ainsi qu'il s'en ouvrit plus tard au marquis, lui qui s'était mis en tête de vivre à l'imitation du Christ souffrait de ne pas souffrir.
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