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ISBN : 2204107824
Éditeur : Le Cerf (13/11/2015)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Dieu ou César. C'est-à-dire en Occident, au Moyen Âge, le pape ou l'empereur. L'Europe que nous connaissons est née de cette tension entre les deux Cités, la céleste et la terrestre.
Ce livre qui fait référence en relate, comme jamais, l'histoire. Triomphante avec l'édit de Constantin, l'Église des martyrs va connaître les joies et les affres du pouvoir. Elle accompagnera les princes et les rois barbares sur le trône. Elle fondera un nouvel ordre à l'échelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sarindar
  01 juillet 2019
Un projet ambitieux que celui de Pierre Riché de faire l'inventaire des Grandeurs et faiblesses de l'Église au Moyen Âge sur près de douze siècles, de la Conversion de Constantin au IVe siècle après J-C à l'affichage des propositions de Luther sur la porte de l'église de Wittemberg au XVIe siècle.
Les grandeurs, on les trouve aussi bien dans la floraison d'édifices religieux (églises, cathédrale, monastères, palais épiscopaux ; fièvre bâtisseuse qui suscite une véritable émulation chez les architectes et les ouvriers et qui se double d'orgueil affiché par les commanditaires et les mécènes) que dans la multiplication d'institutions religieuses (contemplatives ou apostoliques), et aussi bien dans les mouvements collectifs d'affirmation de la foi au travers des pèlerinages et des gestes simples de dévotion populaire que dans le foisonnement artistique lié à la représentation des scènes bibliques et évangélique ou dans la définition de plus en plus affinée (mais aussi de plus en plus contrôlée) du dogme chrétien par des théologiens dont les oeuvres écrites firent la célébrité, de Roger Bacon à Nicolas de Cues, en passant par Thomas d'Aquin.
Mais c'est ici aussi que se font sentir les limites et les faiblesses de cette Église qui affirmait être le véhicule de la Vérité révélée, hors de laquelle il ne pouvait exister qu'hérésies, déviances, erreurs, mensonges, impostures, sorcellerie et/ou satanisme. On ne craignait pas de menacer, voire de frapper d'excommunication tel ou tel que l'Église regardait de travers, de jeter l'interdit sur toute une principauté ou sur tout un royaume, de livrer au bras séculier et d'approuver le recours à la "question", à la torture, quand l'on voulait humilier un individu ou un groupe d'invidus et faire avouer les fautes que les "coupables" ne voulaient pas reconnaître spontanément, et de laisser flamber sur le bûcher bien des êtres qui semblaient représenter une menace pour les hiérarques de l'Église et les défenseurs de la doctrine catholique.
Heureusement, il y eut de belles figures de saints comme François d'Assise, ou de femmes exemplaires comme Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne ou Jeanne d'Arc (tour à tour rejetée, annihilée puis réhabilitée).
Et de grands hommes comme Grégoire le Grand, Gerbert d'Aurillac (le pape Sylvestre), Bernard de Clairvaux (entre ombre et lumière) et tant d'autres.
Convaincre par l'exemple, comme certains ont su faire, ne fut pas un don partagé par tous, et il y eut aussi la bien vilaine pratique de la conversion par la force d'individus ou de groupes entiers, les chevaleresques et bien problématiques entreprises de Croisade en Terre Sainte puis en pays considérés comme païens (prétexte utilisé ar les Teutoniques pour lancer leur poussée vers l'Est, vers la Baltique), et les nombreuses expéditions bénies par l'Église pour éradiquer le Catharisme ou les échecs de celles qui furent dirigées contre les Hussites.
Alors, au bout du bout, l'Église, qui a longtemps dominé les esprits dans l'Occident chrétien, a-t-elle réussi son entreprise ? Non si l'on considère que le modèle n'a pas résisté aux poussées contestataires de la Réforme, des Lumières, des Révolutions, de la laïcisation du pouvoir.
De César ou du Christ, qui l'a emporté ? Si les successeurs De Saint Pierre ont cru imposer le primat du spirituel sur le temporel tout au long du Moyen Âge, il est honnête de dire que le pouvoir temporel a su s'émanciper avec le temps et mettre chaque autorité à sa place. N'y a-t-il plus aucune confusion ? Et est-on bien sûr de pouvoir dire aujourd'hui comme il y a un siècle que l'Église est "une secte qui a réussi" ?
Il ne faut sans doute pas tomber dans les jugements hâtifs à son propos, mais il convient de se rappeler que toute action humaine peut virer au mal ou frôler le pire tout comme elle peut entraîner vers les sommets de la sainteté. Qui fait la bête peut aussi redevenir l'ange. Alors ne jetons pas la pierre.
C'est ce que se garde de faire aussi Pierre Riché, qui dresse un bilan historique de la question sans essayer de la trancher. C'est le travail d'un honnête homme.
François Sarindar
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