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EAN : 9782714310200
255 pages
José Corti (04/03/2010)
2.67/5   6 notes
Résumé :

La Glu (1881) est, avec Miarka, le roman de Richepin (auteur bien oublié aujourd'hui, malgré une réédition récente des Morts bizarres à L'arbre Vengeur), qui fut le plus populaire. Rebelle, bien que normalien, avec la volonté délibérée de sortir des sentiers battus, La chanson des Gueux lui vaudra la célébrité et un emprisonnement, mais rattrapé par les honneurs et les succès (il s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
gill
  28 décembre 2019
Le brave docteur Pierre Cézambre s'en revient de nuit du Croisic vers Guérande, à travers les salines sur son bidet Biju.
Il rumine son triste passé et son avenir monotone.
Sur le chemin, il rencontre la mère Marie-des-Anges courant la grève à la recherche de son jeune fils Marie-Pierre.
S'est-il donc perdu à la "mé" ?
S'est-il donc noyé comme son homme et ses autres "gâs" ?
"La glu" est un mélodrame vieillot et suranné.
"La glu" est un roman de Jean Richepin qui a été édité en 1881.
Il est ici question de passion, d'amour et tendresse maternelle inquiète.
Marie-Pierre a disparu !
Marie-Pierre est un jeune breton du Croisic.
Que n'auront-elles pas été bousculées de tous temps les frontières incertaines du vieux duché de Bretagne ?
Marie-Pierre est-il de ces fils qui laisse insulter son "ancienne" ?
Est-il un mateluche, un crabe des marais ou un coeur de morgate ?
Marie-Pierre a rencontré une jeune femme venue de Paris : la Glu.
Une femme ? Une kourigane ?
Qui s'y frotte s'y colle !
Elle attire les coeurs et les portefeuilles.
Jean Richepin fait de cette jeune femme un portrait peu flatteur, un portrait qui, à force d'être martelé, finit par mettre le lecteur un peu mal à l'aise.
D'ailleurs, le style de la plume de Richepin, d'habitude si poétique, a perdu ici les belles tournures qui font à l'ordinaire le charme de son mot.
Mais l'on y puise tout de même un petit trésor : le parler fleuri en abondances maritimes du vieux père Gillioury, que cinquante ans de navigation et une patte raccourcie à l'ouvrage ont fait surnommer "Bout-dehors".
Le récit est ponctué de quelques vieux refrains et, surtout, il est illustré de belle manière par Gustave Fraipont.
Ce qui fait du vieux "broché" de chez Flammarion un bel objet attirant.
Mais sa lecture s'étire, fait bailler, finit par être ennuyeuse et fastidieuse.
Le tragique épilogue, consommé en quelques lignes, survient trop tard.
Le lecteur a déjà la tête ailleurs, à la recherche d'un nouveau bon livre ...
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Denis_76
  26 février 2018
Un beau petit roman de 1881 sur ce qu'on n'appelait pas encore à l'époque une perverse narcissique : la Glu. Celle-ci ensorcelle, collectionne, s'amuse, joue la comédie et "colle" les hommes jusqu'à une réaction extrême.
Elle a piégé le docteur qui a réussi à fuir au lieu de la tuer ;
elle a ensorcelé Marie-Pierre, pêcheur du Croisic, jusqu'à le rendre fou, et Marie des Anges ne reconnaît plus son fils ;
elle a embobiné monsieur le comte, et même son petit-fils ;
mais quand elle se retrouve face à ses quatre amants en riant, que va t-il se passer ?
.
Vous savez que le problème, véritable problème des pervers narcissiques me tient à coeur. le docteur a fui devant la méchanceté de sa femme cynique, comme je l'ai fait moi-même, étayant l'ouvrage d'Henri Laborit : "Eloge de la fuite". La société n'a toujours pas trouvé de solution à la nuisance de ces nombreuses personnes qui pourrissent la vie des gens simples.
Ce roman est superbe, par la montée en puissance du drame, par la beauté de l'intrigue, par la belle façon de croquer les personnages, surtout Gillioury, dit "bout-dehors", le vieux marin, comparse de Marie des Anges, qui ne s'exprime qu'en allusions maritimes, décalage comique qui permet de relâcher la pression que met Fernande, la femme fatale dans ce roman.
Ce drame, qui me rappelle "Nana", d'Emile Zola, aurait été magnifiquement joué par Sarah Bernhardt.
Les illustrations de Laurent-Desrousseaux sont superbes.
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Alcapone
  10 juin 2013
La Glu fait partie de ces courtisanes qui ne souffre aucune mâle résistance. Telle une veuve noire, elle tend son piège fatal et attend sa proie. Ne signe t-elle pas à juste titre ses messages par "Qui s'y frotte, s'y colle" ? Elle n'est pourtant pas si terrible que ça cette Glu et Marie-des-Anges, la mère de Marie-Pierre la compare même à un pou des sables. Avec son corps maigrelet et sa silhouette fragile, elle n'a rien des poules au physique généreux et appétissant qu'on a l'habitude de s'imaginer. Quand bien même, lorsqu'elle le veut, tout homme devient son jouet. Pourront d'ailleurs en témoigner le comte Audren de Kernan des Ribiers, son petits-fils Adelphe, Marie-Pierre le paysan breton et d'autres encore. Lorsque cette sorcière a choisi sa victime, il n'y a pas d'échappatoire possible : ce sont les sens en émoi et brûlants de désir que ses esclaves recherchent éperdûment sa vénéneuse emprise...
Cette fois-ci, l'auteur des Morts bizarres s'attèle à un sujet léger où comme toujours, son sens du caricatural et de la farce ne sont pas en reste. On y retrouve le langage de la chanson des gueux. C'est coquin, presque grivois et par là-même fidèle au style de l'espiègle normalien qu'était Jean Richepin. Pour preuve de son esprit rebelle, on notera le langage volontairement cru, argotique et populaire utilisé par l'auteur pour choquer la bourgeoisie. Au passage, on s'intéressera aussi à l'épigraphe du roman qui rend compte avec pertinence de l'esprit anti-conformiste de Jean Richepin : "Car la gouine signait bravement ses lettres de ce véridique nom de guerre La Glu, et son cachet portait en exergue cette devise significative : "Qui s'y frotte, s'y colle." Les personnages sont caricaturaux, ils frisent le grotesque, tellement d'ailleurs que c'en est parfois énervant... Jusqu'à la fin inattendue et non dénuée d'ironie, où on retrouve le fabuleux talent de conteur de Jean Richepin. Pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur, je recommanderais plutôt de découvrir Les morts bizarres, recueil de nouvelles que j'ai particulièrement trouvé truculent.
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EmniaEmnia   11 avril 2015
Il était midi. Le soleil de mars, encore blanc, ardait. Blanc comme de la fonte chauffée à blanc. Soleil de printemps en rut, roide, brutal, qui brûle les bourgeons afin de les gercer. Soleil de fièvre pour les nerfs qui se tendent. Soleil de folie pour les tempes nues où le sang rajeuni vient battre la charge.
Le sable dormait en cendres roussies. La mer était d'huile, lourde, grasse, comme écrasée sous les étreintes accablantes du ciel. Le pli lent des vagues, à peine frangé d'écume, semblait la ride voluptueuse d'une peau caressée, d'une peau de bête qu'argente la mousse d'une sueur d'amour.
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EmniaEmnia   05 avril 2015
Richepin fut classé avec les Indépendants dans l'Enquête sur l'évolution littéraire de Jules Huret à qui il écrivit :
"Il me semble que c'est après coup, longtemps après, quand elle est terminée, qu'une évolution littéraire peut donner matière à une enquête sérieuse. On la juge alors, non sur les théories, qui passent, mais sur les œuvres qui restent, s'il en reste.
Pour le moment, votre enquête ne m'a pas appris grand chose. Elle m'a seulement évoqué le tableau d'un marécage pestilent, aux eaux de fiel, où se dressent quelques taureaux et où ruminent quelques bœufs, tandis qu'entre leurs pieds s'enflent des tas de grenouilles coassant à tue-tête : 'Moi, moi, moi !'"

Préface de l'éditeur
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EmniaEmnia   05 avril 2015
- Votre petit gas, reprit le docteur, est précisément comme les chiens dont vous parliez tantôt. Les hommes ont l'amour vers les dix-huit ans, ni plus ni moins que les chiens ont la maladie vers les six mois. Quant à la Parisienne, c'est une Parisienne en effet, et pas autre chose. Un laideron, possible ! Un chien coiffé, sans doute ! Qu'est-ce que ça fait, quand on a le premier poil sous le nez et que le sang vous travaille ? On les aime comme ça tout aussi bien.
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gillgill   28 décembre 2019
- Je vas te dire la chose qu'est la chose, reprit Gillioury.
Mais regarde-moi bien d'abord.
Prends ton point. C'est moi, harné !
C'est moi.
Nous allons causer en douceur, mon gâs.
Promets à ton vieux Bout-dehors de ne pas tout de suite virer lof pour lof.
Naviguons de conserve, veux-tu, pour nous entendre.
Et à la papa, avec du largue dans l'écoute ...
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gillgill   28 décembre 2019
Non qu'il fut très bavard, à moins qu'il n'eût bu un coup de trop et ne se sentît le vent en poupe.
Le reste du temps, autant il chantait long, autant il parlait court.
Un peu bien marin, parfois, et pas clair pour les terriens en son langage de bord ...
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Vidéo de Jean Richepin
Enregistrement d'un poème de Jean Richepin par Georges Brassens. La poésie traverse le temps et nous fait voyager d'un poète à l'autre.
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