AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9781142939717
362 pages
Nabu Press (11/01/2010)
3.88/5   16 notes
Résumé :
Après la sortie du recueil "la chanson des gueux", Jean Richepin fut condamné par la justice pour outrage aux bonnes moeurs. Au poète qui parle des "gueux", de leurs misères, de leurs souffrances, on reproche surtout de faire l'apologie de la crapule, de la paresse, de l'ivrognerie, et du proxénétisme, et de faire de la bien mauvaise littérature.
Lorsqu'il le publie de nouveau en 1881, il indique qu'il a enlevé les textes incriminés qui sont finalement peu n... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Coeur2livres
  11 février 2017
« Je suis du pays dont vous êtes:
Le poète est le Roi des Gueux. » p. 19
Jean Richepin (1849-1926), élu à l'Académie française, est à (re)découvrir !
J'ai eu grand plaisir à parcourir ce recueil, composé en grande partie en alexandrins, qui offre aussi de beaux passages en argot. Jean Richepin n'y met pas seulement les hommes en scène mais également la nature surtout dans la première partie.
Il chante la liberté quel que soit l'être vivant, animal, végétal ou humain et même une statue, image de l'homme oublié.
Il chante les bienfaits du soleil, de la pluie…des éléments naturels. Tous ont leur utilité à un moment ou un autre. La neige peut être triste ou belle.
Il oppose souvent le bourgeois, sédentaire, aux gueux qui ne font que passer. Il en dépeint toute l'humanité et la richesse de coeur. Beaucoup de tendresse et de compassion émanent de ses vers. Il évoque des situations difficiles, tragiques puis des scènes de fêtes : la vie en somme.
J'ai eu la surprise de retrouver un texte appris à l'école (La Ballade de Noël, p. 108).
Les alexandrins n'alourdissent en rien le style, au contraire, il en ressort une véritable musique. C'est un bonheur de les lire, les entendre ; ils s'enchainent si facilement pour former une histoire !
J'ai été agréablement surprise de l'aisance que j'ai eu à lire ce recueil, ce n'est pas toujours le cas en poésie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
5Arabella
  26 avril 2020
Jean Richepin a été un auteur prolifique, auteur de romans, pièces de théâtre et de poésie. C'est justement la poésie, et plus précisément le recueil La chanson des Gueux, publié en 1876 qui fit connaître l'auteur à un large public. le livre a connu un succès de scandale : il a attiré les foudres de la justice et a été jugé contraires aux bonnes moeurs. Jean Richepin est condamné à un mois de prison, qu'il va effectuer à Sainte-Pélagie. Certains poèmes sont retirés du recueil, qui connaît le succès, il est réédité, une version non expurgé paraît en Belgique, et les amateurs peuvent dont se la procurer.
Le livre se compose de trois parties : Les gueux des champs, Gueux de Paris et enfin Nous autres gueux, plutôt réservé aux misères des artistes. Les poèmes sont souvent assez narratifs, présentent des situations, des personnages. Avec quelques échappées : les plantes et les bêtes dans la partie champêtre, les décors citadins dans la partie parisienne, et quelques conceptions de l'art dans la troisième partie. Richepin se place, et place l'artiste du côté des pauvres, ceux qui n'ont rien, les réprouvés. La beauté de la nature rend le pauvre parfois un peu moins malheureux, mais à peine, car la nature, l'hiver ont aussi leur férocité. Mais une poésie et une trêve peuvent plus s'y nicher que dans le décor urbain, la dureté de la nature n'était jamais aussi forte que celle des riches, ceux qui jugent et dénient le droit à la dignité du pauvre, qui le rejettent dans une autre espèce pour ainsi dire. L'artiste est un cas à part, sa misère est en partie choisie, même si elle peut être douloureuse, elle en quelque sorte la condition nécessaire pour créer.
C'est à découvrir incontestablement, il y a des poèmes très remarquables. Jean Richepin joue beaucoup sur une langue particulière, attribuée aux misérables, une langue à l'ancienne, imagée et savoureuse, qui rappelle un peu la langue du XVeme - XVIeme siècle, un peu celle de Rabelais et de Villon, auquel Richepin fait référence, y compris dans une ballade qui lui est dédiée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
coco4649
  31 janvier 2014
Les oiseaux de passage, poème assez long de Jean Richepin, tiré du recueil "La chanson des gueux" a été mis en musique et interprété par Brassens. Ce dernier a "coupé" dans le poème pour l'adapter au format d'une chanson à ... écouter et ou entendre de nouveau.
1. Les oiseaux de passage - Georges Brassens - YouTube
► 3:15► 3:15
www.youtube.com/watch?v=wRdXZRZ5lkE‎
Commenter  J’apprécie          261
Laureneb
  06 juin 2021
Si Gavroche avait grandi et croisé Jules Vallès, tout en étant ami avec Rimbaud...
De Gavroche, la gouaille, le grand éclat de rire porté sur le monde, le jeu sur le langage. Rien de vulgaire, non, un peu grivois parfois, un peu potache, un peu argotique - deux poèmes sont écrits complètement en argot ; alors, certes, il y a un glossaire à la fin rédigé par le poète lui-même, mais je me suis laisser portée par le pouvoir d'évocation, de surgissement des images, la force des sons, même si je ne comprenais pas tout. de Gavroche aussi, cette proximité avec le petit peuple de Paris, ses marginaux.
De Jules Vallès, l'esprit de révolte, la volonté de marcher sur le monde, non pour le dominer, mais pour le renverser, pour mettre fin à l'influence des bourgeois. Les bourgeois, ce sont ceux qui ont le ventre plein, qui ont de la lumière chez eux la nuit, qui dorment dans un lit douillet et qui ont chaud l'hiver, tandis que les gueux se couchent dans le noir et le froid, le ventre creux. Quelques poèmes assez durs d'ailleurs sur le travail des enfants ou la misère infantile. Moins militant et "insurgé" que Vallès, mais on sent l'influence de "la sociale" - sans aller jusqu'au socialisme, ce n'est pas un appel à la révolution. de Vallès aussi, l'érudition classique, la maîtrise savante du langage, utilisée cependant parfois par dérision, par retournement - peu de sonnets, peu d'alexandrins même : le poète maîtrise l'écriture classique de la poésie, mais il l'utilise peu.
Et de Rimbaud, l'esprit de bohème, ce portrait du poète comme un "homme aux semelles de vent" - qu'il est question de marche, d'errance, de souliers percés, de pieds fatigués... ! La figure du poète selon Richepin ouvre et clôt ainsi le recueil : c'est lui le roi des gueux, dans sa mansarde sans feu et sans pain, avec ses amis doués mais non reconnus, avec son goût pour l'ivresse qui inspire et réchauffe parfois, mais aussi procure de faux rêves et de fausses gloires. Peu de femmes, peu d'amour, elles ne sont là que pour satisfaire brièvement les désirs. Au contraire, les amitiés humaines sont plus fortes, par-delà la mort même puisque Richepin rend hommage à certains de ses amis, dans des "lettres à un jeune poète" avant l'heure fortes et poignantes. Autres amis fidèles célébrés, les chiens du poète, de façon assez émouvante.
Une très belle découverte, certains poèmes que je relierai avec plaisir, pour leur originalité musicale et la force de leurs thématiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Tandarica
  09 février 2015
Ce livre (1876) valut au poète une condamnation à un mois de prison pour attentat aux moeurs. Il fut finalement reçu à l'Académie française, de même que son ami Ponchon et devint membre de l'académie Goncourt. À noter la présentation par Marcel Paquet : « l'oeuvre de Jean Richepin est aujourd'hui très oubliée et cela est triste », car « il y a chez ce libertaire une formidable indignation morale ». Il importe aussi de confirmer la justesse de ses choix : « il nous a semblé intéressant à plus d'un titre de republier le “coup de gueule”, ironique, mais révolté, de Richepin, qu'il avait donné en préface à l'édition expurgée (et augmentée) de “La Chanson des gueux”. La remise à leur place de la Justice, de la Morale, et de tout ce qui se permet de juger et surtout de condamner un créateur et son oeuvre demeure d'une très réelle actualité. »
Commenter  J’apprécie          130

Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   31 janvier 2014
Les oiseaux de passage

C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.

Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.

Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

*Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
*Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
*Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
*Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.

*Ce dindon a toujours béni sa destinée.
*Et quand vient le moment de mourir il faut voir
*Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
*Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "

*Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
*Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
*Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
*L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.

*Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
*Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
*Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
*Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.

Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

*N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
*Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
*Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
*Un coucou régulier et garanti dix ans !

*Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
*Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
*En forme de triangle arrive, plane et passe.
*Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

*Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
*Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
*Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
*L'air qu'ils boivent feraient éclater vos poumons.

*Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
*Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
*Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
*Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

*Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
*Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
*Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
*Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
À l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.

*Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
*Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
*Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
*Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.


*Seuls les vers précédés de l'astérisque ont été retenus et mis en musique par Brassens.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
PiatkaPiatka   12 mai 2016
LA FLÛTE

Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m'arracha du marais,
De mon coeur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s'élance ;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air ;
On dirait le babil d'une source au flot clair ;
Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le coeur de l'homme et de la bête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
NuitDeChineNuitDeChine   20 avril 2014
Tristesse des bêtes.

Le soleil est tombé derrière la forêt.
Dans le ciel, qu’un couchant rose et vert décorait,
Brille encore un grenat au faîte d’une branche.
La lune, à l’opposé, montre sa corne blanche.
Vers les puits, dont l’eau coule aux rigoles de bois,
C’est l’heure où les barbets avec de grands abois
Font, devant le berger lourd sous sa gibecière,
Se hâter les brebis dans des flots de poussière.
Les bêtes, les oiseaux des champs, sont au repos.
Seuls, le long du chemin, compagnons des troupeaux,
Sautant de motte en motte après la mouche bleue,
On entend pépier les brusques hoche-queue.
Puis ils s’en vont aussi. La nuit de plus en plus
Monte, noyant dans l’ombre épaisse le talus
Les grillons plaintifs chantent leur bucolique
En couplets alternés d’un ton mélancolique.
Sous la brise du soir les herbes, les buissons,
Palpitent, secoués de douloureux frissons,
Et semblent chuchoter de noires confidences.
A ce ronron lugubre accordant ses cadences,
Le vieux berger, qui souffle en ses pipeaux faussés,
Fait pâmer les crapauds râlant dans les fossés.
Or, le bélier pensif baisse plus bas ses cornes ;
Les brebis, se serrant, ouvrent de grands yeux mornes ;
Et les chiens en hurlant s’arrêtent pour s’asseoir.

Oh ! vous avez raison d’être tristes, le soir !
Elle a raison, berger, ta chanson monotone
Qui pleure. Il a raison, l’animal qui s’étonne
De l’ombre épouvantable et de la nuit sans fond.
Hélas ! l’ombre et la nuit, sait-on ce qu’elles font ?
Sait-on quel oeil vous guette et quel bras vous menace
Dans cette chose noire ? Ah ! la nuit ! C’est la nasse
Que la Mort tous les soirs tend par où nous passons,
Et qui tous les matins est pleine de poissons.

Vive le bon soleil ! Sa lumière est sacrée.
Vive le clair soleil ! Car c’est lui seul qui crée.
C’est lui qui verse l’or au calice des fleurs,
Et fait les diamants de la rosée en pleurs ;
C’est lui qui donne à mars ses bourgeons d’émeraude,
A mai son frais parfum qui par les brises rôde,
A juin son souffle ardent qui chante dans les blés,
A l’automne jauni ses cieux roux et troublés ;
C’est lui qui pour chauffer nos corps froids en décembre
Unit au bois flambant les vins de pourpre et d’ambre ;
C’est lui l’ami magique au sourire enchanté
Qui rend la joie à ceux qui pleurent, la santé
Aux malades ; c’est lui, vainqueur des défaillances,
Qui nourrit les espoirs, ranime les vaillances ;
C’est lui qui met du sang dans nos veines ; c’est lui
Qui dans les yeux charmants des femmes dort et luit ;
C’est lui qui de ses feux par l’amour nous enivre ;
Et quand il n’est pas là, j’ai peur de ne plus vivre.

Vous comprenez cela, vous, bêtes, n’est-ce pas ?
Puisque, le soir venu, ralentissant le pas,
Dans votre âme, par l’homme oublieux abolie,
Vous sentez je ne sais quelle mélancolie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
coco4649coco4649   01 septembre 2016
À Raoul PONCHON


Tu sens le vin, ô pâte exquise sans levain.
Salut Ponchon ! Salut, trogne, crinière, ventre !
Ta bouche, dans le foin de ta barbe, est un antre
Où gloussent les chansons de la bière et du vin.

Aux roses de ton nez jamais l'hiver ne vint.
Tu bouffes comme un ogre et pintes comme un chantre.
Tous les péchés gourmands ont ton nombril pour centre.
Dans Paris, ce grand bois, tu vis tel qu'un sylvain,

Sachant tous les sentiers, mais fuyant les fontaines,
Flairant les carrefours, les ruelles lointaines,
Où les bons mastroquets versent le bleu pivois.

Et j'aime ton plastron d'habit bardé de taches,
Ton pif rond, tes petits yeux ronds, ta chaude voix,
Et l'odeur de boisson qui fume à tes moustaches.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
5Arabella5Arabella   22 avril 2020
La flûte

Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m'arracha du marais,
De mon coeur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s'élance ;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air ;
On dirait le babil d'une source au flot clair ;
Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le coeur de l'homme et de la bête.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122

Videos de Jean Richepin (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Richepin
Enregistrement d'un poème de Jean Richepin par Georges Brassens. La poésie traverse le temps et nous fait voyager d'un poète à l'autre.
autres livres classés : poésieVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1034 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre