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EAN : 9782848051543
160 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (24/10/2013)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes)
Résumé :
POLAROÏDS. Polaroïds, donc : "se polariser" sur la texture même des choses. S'approcher, se pencher, donner sa place au minuscule. Mais, aussi, "polariser" les rapports que chaque chose entretient avec ses voisines : se déplacer, faire changer l'incidence de la lumière, donner sa place à l'intervalle. Dans l'économie - je veux dire le rythme de vie - de Marie Richeux, il s'agit, si j'ai bien compris, d'écrire chaque jour un récit en miniature, l'ekphrasis d'une seul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Crocodyll
  02 août 2013
Des belles histoires...
J'adore ça, les belles histoires. Et les moins belles aussi. Moins belles, mais très jolies. Sans queue ni tête. Sans mots et remplies d'images.
POLAROÏDS
Des clichés, seulement; des moments, uniques et pourtant je les connais par coeur.
Marie Richeux nous livre ses yeux dans ce livre.
À travers ces courts textes, elle ne dit rien. Ou plutôt, si, elle raconte des choses. Elle voit le monde, beau, triste, seul ou à plusieurs. Heureux, nu, mouillé, en sueur, défoncé, abattu.
C'est si agréable.
De lire l'Homme, comme ça, tranquille. Il ne savait pas qu'il allait être pris en photo, et pourtant aujourd'hui je l'ai vu.
Dans toute sa splendeur...
MERCI, JOLIE PLUME DE BIC.
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Charybde2
  29 avril 2014
D'intenses textes d'une page se développent aux yeux du lecteur en quelques mots poétiques choisis.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/04/29/note-de-lecture-polaroids-marie-richeux/
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culturezvous
  16 décembre 2013
Marie Richeux anime Pas la peine de crier sur France Culture. En milieu d'émission, elle consacre quelques minutes au Polaroïd : la lecture, associée à une musique, d'un court texte dont elle est l'auteure, créant ainsi une image sonore chez l'auditeur.
Ce livre regroupe une sélection d'une soixantaine de ces textes, à consommer sans aucune modération.
Pour moi, Marie Richeux est avant tout la magnifique voix qui, grâce aux podcasts, accompagne quelques-unes de mes déambulations dans Paris. Alors quand j'ai appris que certains de ses Polaroïds étaient publiés, je ne voulais pas passer à côté : les lire étant une façon de les voir sous une autre approche mais aussi de découvrir quelques histoires que j'avais pu louper.
Quand on me dit « Polaroïds », je pense à ces photos instantanées, aux couleurs légèrement délavées, qui se dévoilent petit à petit. Mais Polaroïd c'est aussi se polariser, c'est-à-dire s'intéresser à une chose en particulier ou, comme le dit le quatrième de couverture « s'approcher, se pencher, donner sa place au minuscule ».
Toutes ces petites histoires ont cet effet là : en deux pages elles nous dévoilent un morceau de vie, de la même façon qu'une photographie pourrait apparaître devant nos eux. Polaroïds nous plonge donc dans une expérience de lecture assez inédite puisqu'il s'agit de se polariser sur un moment, d'orienter toute sa concentration sur une histoire puis la laisser se dessiner dans notre esprit avant de passer à la suivante.
Il serait cependant dommage de s'arrêter à cette lecture. Marie Richeux écrit mais comme je vous le disais, c'est aussi (surtout ?!) une voix à écouter encore et encore. Alors si l'un de ces textes vous plaît, cherchez le podcast sur le site de France Inter, armez-vous de vos écouteurs, fermez les yeux et laissez l'image du Polaroïd se dévoiler dans votre esprit !
Lien : http://culturezvous.com/mari..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   29 avril 2014
Ce ne sont pas les cheveux qu’elle avait coupés court, cette frange si droite, son air d’amazone, son jean qu’elle avait taillé au-dessus des chevilles selon la même ligne que plus haut, sa coiffure. Ce ne sont pas non plus les mots d’illuminée qu’elle avait dans la bouche, car d’autres avant elle me firent cette impression, ni ce départ qu’elle répétait à l’envi, je vais monter en capitale, entendre ce qu’on a à m’y dire, et dire surtout ce que j’ai sur le coeur. D’autres nous promirent des choses bien similaires, et d’y aller à moto sans s’arrêter une fois, et de se planter devant le pouvoir et oublier toute lâcheté. Non. Ce qu’elle disait, je ne l’écoutais pas. Il pleuvait sur sa tête, j’étais bien à l’abri, je regardais dégouliner ses sourcils sur ses yeux. Rien ne rattraperait sa rage, mais la rage je m’en foutais royal. J’aimais l’air dur qu’elle prenait pour prononcer certains mots, et je savais qu’en d’autres temps, elle se serait bandé les yeux pour marcher plus droit. Elle m’attendrissait autant qu’elle agaçait les autres. Et je l’appelai Jeanne, juste pour voir, juste pour voir ce qu’elle dirait. Ce prénom avait été volé, mal dit, mal manifesté les premier mai, je l’appelai Jeanne, car sous la fine couche de rage, elle portait un habit d’amour et de soie."
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Charybde2Charybde2   29 avril 2014
Ce n’est pas de l’eau. Ce ne sont pas des vagues. Ce ne sont pas des escaliers mous, mais l’intérieur d’une piscine spéciale. Spécialement bleue. Repeinte en bleue, je veux dire, pour se souvenir de juillet, août, septembre. Ce ne sont pas non plus des ciels conjugués.
C’est tout à la fois l’étoile et son revers. C’est un bassin, que nul n’a prévu de remplir ou vider. Des bains turcs à la romaine à l’époque égyptienne et elle c’est la reine d’Angleterre. C’est Pépita. C’est Cléopâtre. C’est Joséphine. Osons.
Elle trempe un orteil dans le liquide étoilé, bientôt elle plonge, je ne te fais pas de dessin, elle est nue comme elle est belle. Et elle ne plonge jamais à moitié, pour ne jamais regretter d’avoir bu du bout des lèvres. Elle ne nage pas longtemps. Il y a dans les alentours des loups gentils mais peureux qui rongent leurs ongles sur les transats, attendent qu’elles boivent la tasse, et ne lui souhaitent pas que le meilleur.
Elle prend une respiration, fait une longueur sous-marine, imagine ce que le remous du corps répercute en surface, et allonge, bras, puis jambes, développement souple du genou, apprivoisement par les paumes, et déploiement des synapses.
Quand elle ressort elle est bleue et liquide et recouverte de paillettes brillantes. Lorsque tu la vois arriver, peut-être tu jongles avec tes mots pour l’accueillir comme tu peux, peut-être tu as un peu chaud sur les bords parce qu’une sirène ça peut toujours chanter. Et tu sais que dans ce cas, brave Ulysse, tu es condamné.
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michelekastnermichelekastner   14 septembre 2020
C'est comme retourner le sablier et piétiner d'impatience, regarder le sable passer de l'autre côté et considérer qu'il va lentement. C'est comme allumer une cigarette après avoir éteint l'autre, consumer tout trop vite et trouver que cela va lentement.
C'est un peu de soleil trop tôt dans les persiennes, c'est la hâte au coeur, l'heure de la piscine, l'heure de la patinoire, c'est comme le jour d'anniversaire. C'est comme avoir onze ans deux fois, c'est comme trouver le bon accord, la bonne note. C'est l'herbe dans la bouche.
C'est comme une danse impossible à réduire. C'est comme une transe impossible à tenir. Ce sont les trottoirs mouillés de la ville à poil, la voix aiguë de ce taxi, ces rêves en boucle par téléphone, c'est comme le nom qui s'affiche, c'est la voix mouillée par téléphone.
C'est comme le soleil venu trop tôt dans les persiennes. Avoir onze ans. C'est comme avoir mille fois onze ans. C'est comme tout débrancher en kickant la prise. C'est trouver l'énergie du tour de piste et agrandir la piste, encore. c'est comme retourner le sablier, l'autre sens, et trouver que le sable va lentement.
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Videos de Marie Richeux (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Richeux
Le peintre Gérard Fromanger revient sur l'origine de son art, en conversation constante avec le monde, tant du point de vue politique que du point de vue humain. Une Masterclasse animée par Marie Richeux, productrice sur France Culture.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/gerard-fromanger-le-reel-le-prend-le-mange-le-mord-le-tord-le-fabrique-le-fait-le-construit
Retrouvez toutes les émissions de France Culture avec Gérard Fromanger : https://www.franceculture.fr/personne/gerard-fromanger
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