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EAN : 9782848051666
122 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (28/08/2014)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 47 notes)
Résumé :
De la blessure que lui firent les fils de fer barbelés, alors qu’elle s’élançait, confiante, dans un champ où broutaient des vaches, la petite fille n’a gardé qu’une trace sur le bras. Elle qui ne voulait pas grandir a réussi un parcours sans faute. Son enfance terne, sa première histoire d’amour avec un jeune homme aussi rangé qu’elle, elle les a remisées bien loin. Marjorie, après de brillantes études, est devenue la « plume » d’un ministre. Caparaçonnée dans ses ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
nath45
  29 septembre 2014
Marjorie enfant unique d'une famille simple, modeste va poursuivre des études brillantes, intégrer un poste dans les hautes fonctions publiques, elle sera la plume d'un ministre. Elle a rompu avec sa famille depuis longtemps mais un soir son passé la rattrape suite à un appel téléphonique de sa mère lui annonçant la mort imminente de son père. Marjorie quitte Paris au volant de sa voiture, elle prend l'autoroute puis la quitte pour une départementale et là tout va basculer, elle heurte le grand cerf et recueille son dernier souffle. A partir de ce moment la vie de Marjorie vacille, chavire …
La lecture de ce roman initiatique sur la métamorphose de Marjorie est parfois décousue et donc pas facile à suivre, beaucoup de thèmes évoqués l'amour, la nature, le règne animal, la déshumanisation, l'Holocauste, la folie… Oui mais c'est un premier roman et l'auteur a déjà je trouve une belle écriture.
Commenter  J’apprécie          230
lafilledepassage
  17 janvier 2015
C'est l'histoire de Marjorie, une enfant dont l'innocence a été ébranlée par un récit trop lourd pour ses frêles épaules (« Oui, c'est ça, raconter, dire ça à la petite, à ses oreilles à peine formées, poursuivre fidèlement la chaîne, se passer la grenade de mère en fille jusqu'à ce qu'elle explose dans mes mains »). Une enfant qui en veut terriblement à ses parents de l'avoir exposé trop jeune à une histoire douloureuse du passé (« si je suis devenue celle que je suis, c'est que leur humanité ne devait pas être bien solide au fond d'eux-mêmes. »). Une enfant dont la confiance dans les adultes, dans ses parents, a été trahie («Au bout de la course, il y a des barbelés. Je m'arrête. Je ne comprends pas : ça n'existe plus. C'est terminé. Maman l'a dit»).Une enfant qui refuse de grandir (« Des peaux ont dû venir couvrir leur coeur comme pour l'oignon. Ils me font peur de grandir parfois. Je ne voudrais pas devenir comme eux. Est-ce qu'on doit devenir comme eux ? »), de quitter le monde de l'enfance dont elle a été extraite violemment (« la grenade a explosé deux fois ») et qu'elle regrette avec beaucoup de nostalgie (« J'ai vu des pensionnaires emmurés vifs se fendre pour toi de leur plus belle bouille, merveille d'une vie, écho lointain d'un poupon répondant de tout son être à l'accueil d'un adulte. Je les ai vus. »).
C'est l'histoire de cette enfant devenue femme. Une femme qui s'est construit une carapace, qui vit en automate (« Où étais-je alors ? Dans quel recoin de mon corps ou de mon esprit se cachait celle qui était moi ? Je ne me souviens que d'un grand vide ») dans une totale absence d'émotions et de sensation, obnubilée par le contrôle de sa vie et affamée de pouvoir (« Il ne sait pas que je suis qu'une tête au-dessus d'un serpent noir. Mon désir aussi est ambitieux. Je veux l'avoir et l'étouffer. Qu'il s'empoisonne au venin de ce corps qu'il croyait prendre »).
C'est l'histoire de cette femme, rattrapée par la vie au travers d'un banal accident. Cette femme qui se sent coupable d'avoir tué l'innocence (« Il couine et ronfle en voulant respirer, et à l'entendre mon coeur se fend ; la voix même d'un enfant ne suffirait pas pour dire son innocence de tout mal »). Cette femme qui reviendra à la vie (« Je ne sens rien que mon coeur mis au monde par la mort d'un autre ; douleur nouvelle, réveil atroce »), aux sensations, aux émotions (« Je détache un premier fruit fendu, laissant à l'attache une plaie laiteuse : fracas sur ma langue du sucre cuit. Monde onctueux sous la peau violacée »). Qui choisira d'avancer (« Il fallait partir, inventer nos chemins. Arrêter d'errer à genoux »), après avoir revécu le traumatisme de l'enfance (« La grenade a explosé deux fois. La deuxième fut la plus forte »).
C'est sublimement écrit. Un vrai régal pour les amateurs de mots précis, d'images puissantes et d'allusions qui font écho à nos rêves enfouis, à nos blessures refoulées, … Tantôt l'écriture est efficace, économe, âpre, râpeuse, percutante quand il s'agit d'évoquer la Marjorie d'avant l'accident. Et tantôt c'est une écriture chaude, généreuse, lyrique, presque sensuelle, quand Marjorie parle du temps de l'innocence ou du retour à la vie. Mais le style est toujours très poétique. le texte est écrit au présent et à la première personne sauf à certains moments (quand Marjorie quitte la vieille femme par exemple), ce qui rend le récit assez déroutant.
Néanmoins, j'ai trouvé le récit trop dense et trop brouillon. Il est très difficile de se frayer un chemin dans cette profusion d'événements truffés de symboles, d'allusions hermétiques (qui sont les actrices aux gènes de panda ?, les quatre anges du périphérique ?). Il n'y a pas vraiment de fil conducteur, et je me suis sentie plus d'une fois perdue, déroutée. Ainsi je suis restée avec de nombreuses questions : que signifie le titre ? pourquoi cette référence au Minotaure, ce monstre mi-homme mi-taureau qui représente nos pulsions animales ? qui est la petite vieille qui la recueille, seul personnage qui fait preuve d'humanité ? une fée ? qui attend-elle à la gare ? les enfants emmenés cinquante ans plus tôt ou son prince aux dents noires ? qui est Jonathan ?
Je considère ce livre comme une expérience, certes un moment de plaisir mais qui laisse un goût confus, étrange. Un livre qui ne se laisse pas appréhender facilement et qui poursuit sa maturation dans l'esprit du lecteur, une fois la dernière page tournée ….

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bdelhausse
  11 décembre 2018
Marjorie a réussi dans la vie. Elle roule en berline allemande, elle est désirable, s'achète des vêtements de luxe, assume pleinement sa sexualité. Mais il y a une fêlure, les ponts sont coupés avec ses parents. Tout commence à déraper quand sa mère prend son courage à deux mains et lui téléphone. le père va mourir. Alors Marjorie fonce, pleine de doutes et elle percute un cerf qui meurt dans ses bras. On devine le 10 cors, majestueux, impérial. En pleine confusion, Marjorie cherche du secours au village voisin.
Les choses avaient commencé à dérape, mais là, elles s'effondrent. Elle a perdu la foi dans son job. Les odeurs du cerf, le sang, la forêt, tout a perturbé ses sens. le ministre pour lequel elle travaille essaie la thérapie "coup de bite", mais elle l'assomme et s'enfuit. Elle finit à l'asile. Et son passé d'enfant de rescapée de la Shoah resurgit.
Tout cela en 120 pages. C'est ma principale critique à Marion Richez (Marjorie?) dont l'écriture m'a fortement déplu. On passe d'un sujet à l'autre sans réelle connexion, sans fil rouge, sans cohérence. Par exemple, au début on évoque la lubricité des adultes sur la plage par rapport à Marjorie en maillot. Cela n'est plus traité ensuite. La Shoah arrive en toute fin de livre, sans préparation, sans être traité à fond. Et d'autres points pareils.
J'ai eu le sentiment que cette épuration dans l'écriture était un style recherché. On part d'un texte et on coupe tout ce qui n'est pas strictement nécessaire. Strate par strate. Encore et encore. Jusqu'à arriver à l'os. Cela induit des ellipses. Beaucoup. le lecteur attentif recompose les vides et les événements entre les ellipses. Je suis dubitatif. Cela donne évidemment un caractère intriguant au résultat. Mais ce n'est pas parce qu'une lecture est difficile, manque de fluidité, fait naître des images dues aux ellipses, qu'elle signifie que le texte est meilleur qu'un autre. Personnellement, cela m'a gêné et, osons le dire, déplu.
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Crocodyll
  21 juin 2014
"Je me fais horreur et ne peux pourtant me quitter moi-même."
Petite, Marjorie s'est blessée avec du fil barbelé, après avoir entendu la lourde histoire de sa famille. Aujourd'hui, après une enfance enfermée en elle-même, elle occupe un poste important et réussit sa vie. Jusqu'au coup de téléphone de sa mère : son père est mourant. Sur la route, pressée, elle percute un cerf. Traumatisée, c'est à ce moment-là que ses émotions les plus profondes vont rejaillir.
L'histoire qui est écrite est celle de sa renaissance. La Marjorie qui s'était séquestrée a fini par tordre les barreaux sa prison… et à tout laisser sortir.
"Le sang qui en coulait, perlant sur la moquette blanche, ce sang volé, regagnait mes veines, d'où il avait été pris ; il me sembla que mes joues s'avivaient."
Ce texte est poignant. Je me suis surprise à ressentir diverses émotions en même temps que l'héroïne. Certains diront que c'est décousu, mais c'est Marjorie qui l'est. L'écriture colle tout à fait au personnage. C'en est presque effrayant.
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yv1
  28 décembre 2014
Un court roman en deux parties distinctes. D'abord celle consacrée à l'ascension de Marjorie. Elle réussit brillamment les examens, entre à l'ENA, se permet de quitter un jeune homme de très bonne famille -elle la jeune fille issue d'un milieu modeste- auquel elle était fiancée mais qui la fatigue et qu'elle finit par détester voire mépriser. On la retrouve alors dans le cabinet d'un ministre, froide, déterminée, ambitieuse, travailleuse. le texte est alors rapide, précis, sec, comme Marjorie. Efficacité avant tout ! Pas de place pour les sentiments, pas de place pour les faiblesses. "J'ai obtenu sans peine l'autorisation de m'absenter quelques jours. On a beau avoir des gros dossiers en cours, on reste humain, n'est-ce pas, du moins, c'est ce qu'on m'a dit d'un air crispé. Je n'ai pas réellement le sentiment que je manquerai. Un autre s'empressera de proposer ses services, jouant des coudes vers mes rangs imprudemment désertés. Cet autre a déjà un nom, un nom de femme, un bon soldat comme moi, qui affichait un sourire triomphal en me voyant quitter le ministère tout à l'heure. Je lui offre une occasion en or de faire ses preuves." (p.33/34)
Ensuite, celle qui vient après l'accident. Marjorie panique, la pression et le stress prennent le dessus. Burn-out ! Epuisement professionnel ! Cette partie est plus poétique, plus onirique, moins prosaïque, surtout sur la fin. Marjorie est perdue, nous aussi parfois dans le texte, mais pas pour longtemps, on se retrouve toujours très vite : de même que l'héroïne on ne passe pas d'une partie à l'autre brutalement, il y a une transition, une sorte de sas. Marjorie est le stéréotype de la femme moderne qui veut réussir, qui veut damer le pion aux hommes. Aucun jugement de ma part dans ce constat, la pression au travail est déjà terrible pour les hommes, elle doit être pire pour les femmes, surtout dans les mondes machistes et cyniques de la politique et du pouvoir. Un rien peut faire péter les plombs, l'épuisement professionnel est au bout. Marjorie n'est pas antipathique dans la première partie, on sent que son ambition, son envie -ou son besoin- de prouver ses qualités par des sacrifices qu'elle-même ne ressent pas lui jouera un tour à un moment ou un autre et qu'elle devra se poser des questions sur elle et sur sa vie, la seconde partie la rend plus humaine, mais elle paie le prix fort.
L'écriture colle parfaitement à l'état d'esprit et à la santé de Marjorie. C'est un roman ou un conte initiatique écrit avec des moyens minimum. Un roman qui va à l'essentiel, qui ne déborde pas sur des considérations oiseuses. Rien n'est à enlever, rien n'est à ajouter. J'aime ces courts romans dans lesquels en peu de mots, en peu de pages l'auteur(e) réussit à m'embarquer, quand j'en trouve un et que ça colle, je suis ravi. Marion Richez signe son premier roman franchement très prometteur, elle sait user d'une écriture variée pour coller aux différents états de son personnage. Un beau roman d'initiation dans lequel l'auteure ajoute adroitement des réflexions sur un thème d'actualité ces dernières années et sans doute encore les prochaines, l'épuisement professionnel.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
yv1yv1   28 décembre 2014
J'ai obtenu sans peine l'autorisation de m'absenter quelques jours. On a beau avoir des gros dossiers en cours, on reste humain, n'est-ce pas, du moins, c'est ce qu'on m'a dit d'un air crispé. Je n'ai pas réellement le sentiment que je manquerai. Un autre s'empressera de proposer ses services, jouant des coudes vers mes rangs imprudemment désertés. Cet autre a déjà un nom, un nom de femme, un bon soldat comme moi, qui affichait un sourire triomphal en me voyant quitter le ministère tout à l'heure. Je lui offre une occasion en or de faire ses preuves. (p.33/34)
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photomum01photomum01   23 octobre 2014
Mais elle n'est qu'une biche. Et plus je sens sa furie, plus mon cœur s'éveille, plus elle me tire de ma mort ; sa douleur agit sur moi comme un baume; si elle peut encore me briser, c'est que je suis vivante, que je peux faire partie de ce monde où le cerf m'a introduite, ce monde où tout est juste.
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itzamnaitzamna   07 décembre 2014
J'aurai humilié mes parents jusqu'au bout : quand j'ai commencé à gagner ma vie, je leur ai envoyé un chèque avec tout ce qu'ils avaient déboursé pour moi cette année-là ; comme on donne leurs gages à des employés diligents pour leur signifier qu'on n'a plus besoin d'eux. Et puisqu'ils n'encaissaient pas le chèque, j'ai fait un virement bancaire.
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itzamnaitzamna   07 décembre 2014
J'ai un mouvement de colère qui me fait dévier légèrement de la route. J'aurais voulu être comme les chats, qui se déprennent des tétines de leur mère et grandissent en parfait oubli. A quoi ça rime d'avoir un père et une mère quand on a trente ans ? Est-ce qu'on ne pourrait pas être comme des îles ?
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photomum01photomum01   23 octobre 2014
Un matin d'hiver, j'ai ôté machinalement la bague de fiançailles de mon annulaire et je l'ai déposée au bord du lavabo. Elle s'est noircie en quelques jours; je l'observais s'éteindre peu à peu. Puis il a suffi d'une main légère, elle a glissé dans le siphon.
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