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EAN : 9782818049426
Éditeur : P.O.L. (05/03/2020)
4.08/5   36 notes
Résumé :
À propos

« J'ai commencé à écrire Le chant du poulet sous vide comme un conte, de la même manière que le marketing crée des contes, jusqu'à nous faire croire que les animaux que nous mangeons sont d'adorables bêtes, saines et dévouées, avec lesquelles nous avons une relation. ». La mère est morte. Sa fille, Paule, revient à la ferme et à son élevage de poulets. Citadine, elle se retrouve à devoir s'occuper d'eux, les tuer et les vendre au marché. Quit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Cannetille
  01 septembre 2020
A la mort de sa mère, Paule revient à la ferme familiale, consacrée à l'élevage de poulets. Pour se déculpabiliser d'abattre ses volatiles avant de les vendre au marché, elle se met à leur rédiger de petites notices nécrologiques personnalisées, qui deviennent rapidement un véritable atout commercial. L'ampleur de son succès va toutefois la faire peu à peu s'éloigner de son objectif initial : le bien-être et le respect des animaux de boucherie.

Cette histoire que j'interprète au final comme une fable sur la déconnexion moderne, pratique pour nos bonnes consciences, entre la vie animale et la viande que nous consommons, qui nous fait accepter les élevages industriels hors-sol, les argumentations marketing fallacieuses, et la souffrance animale dénoncée dans certains abattoirs, a bien failli me perdre en cours de route : déjanté jusqu'à l'absurde, teinté d'une cruauté un tantinet perverse et dérangeante, habité par une héroïne dont on ne sait plus si elle est juste simplette ou carrément folle, le récit a eu d'autant plus de mal à m'emporter qu'aucune ironie ne vient alléger sa noirceur et que son écriture ne m'a semblé présenter aucune qualité distinctive.

Face à mon absence d'affinité à la fois pour son histoire, ses personnages et son style, sa vraie originalité n'a pas suffi à me rendre agréable cette plongée dans un cauchemar peuplé de poulets, à mes yeux presque sans queue ni tête.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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TheBookCarnival
  06 juillet 2020
Avec le chant du poulet sous vide, Lucie Rico nous sert non pas le poulet rôti du dimanche mais un court roman étonnant pour ne pas dire détonnant. J'ai beaucoup aimé.
Paule revient à la ferme suite au décès de sa mère. Entre le deuil et l'élevage des poulets à gérer, c'est la confusion dans son esprit. Paule se raccroche aux poulets comme à la dernière chose qui lui reste de sa mère. Elle s'y attache, les laisse entrer dans la maison, essaye d'améliorer leur qualité de vie et quand vient le moment où il faut se résoudre à les tuer pour les vendre au marché, elle leur écrit un hommage, une biographie pour qu'ils conservent ce petit supplément d'âme qui fait qu'ils sont bien plus que de simples poulets sous cellophane...
Voilà comment toute l'histoire commence, dans le village où Paule a grandi, sous l'oeil mauvais de ses habitants peu enchantés de la voir s'établir à la ferme. Paule, une jeune femme très touchante, complètement anéantie par la mort de sa mère et qui ne trouve du réconfort qu'en s'occupant de ses poulets. Son histoire de biographies de poulets présentées sur l'emballage va séduire Fernand, qui travaille dans le commerce, et il va lui proposer de s'associer à lui en montant un projet complètement fou, un projet qui va totalement dépasser Paule. À travers cette histoire, l'auteure présente une réflexion fine sur l'industrialisation des élevages et sur le bien-être animal. le récit verse dans l'absurde sur les premières pages mais plus les pages défilent plus il se gorge de cynisme et plus la plume devient acide, même corrosive. On s'attache à Paule, à ses poulets, on a envie de savoir comment va tourner sa surprenante entreprise. La fin laisse pantois, c'est tellement bien tourné et tellement fracassant. Mon seul regret avec cette lecture c'est la transition abrupte de l'histoire entre le rural et l'urbain, il y a des sujets qui pour moi sont malheureusement restés en suspend à la ferme.
Le chant du poulet sous vide est un roman qui sous des airs de conte absurde nous parle de notre société et plus particulièrement de notre société de consommation. Un roman très original et très intéressant.
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Borntobealivre
  26 mars 2020
À la mort de la mère, Paule revient dans la ferme où elle a grandi, après dix ans à la ville. La première chose qu'elle doit accomplir, c'est la dernière volonté de sa mère : tuer Théodore, le borgne, ce poulet qu'elle aimait tant. Elle va par la même hériter de son quotidien, perpétuer la tradition : l'élevage, l'abattage et la vente de ses poulets. Scénariste de métier, elle va apporter sa patte en décidant d'écrire la biographie de chaque poulet qu'elle aura tué – ou plutôt, leur nécrologie -, afin de leur rendre hommage et existence à travers la mort.
Ses poulets ne sont pas n'importe quels poulets : ils font partie de la haute-cour. Il y a ceux qui ont des noms d'ex-mannequins comme Carla "isolée, calme et pourtant vicieuse jusqu'au bout des griffes" , d'autres, ceux d'héroïnes de romans comme Lolita "qui [courait] plus vite que les hommes, plus vite que la tramontane" , ou Gervaise "grande fluette, hoquetant parfois comme une ivrogne, avec une jolie petite face ronde [dont l'] infirmité était presque une grâce". Il y a encore ceux qui portent des noms d'objets comme Lacet, ou des prénoms comme Charles qui "aimait la fraîcheur des bras humains" ou bien Harold, "l'incarnation du poulet médiocre".
Ses poulets sont comme des enfants qu'elle cajole, caresse, sollicite, avec qui elle dort, même. Elle les aime d'un amour égal. Et pourtant, quand les seize semaines sont passées, elle ne ressent aucun scrupule à leur rompre le cou à coup de serpette. C'est dans l'ordre des choses. Et même, elle ne peut supporter de ne pas être celle qui les tue.
Le quotidien de Paule s'écoule ainsi entre les moments privilégiés qu'elle passe avec eux, ses matinées au marché où elle intrigue et enchante tour à tour certains habitants du village avec ses biographies, en même temps qu'elle en irrite d'autres… Alors quand Fernand, directeur d'une grande surface, vient lui proposer de voir plus grand en participant à un projet d'exploitation révolutionnaire abritant dix mille poulets – cette idée de biographies est un concept qui relève du génie, il faut l'exporter à la ville et à plus grande échelle -, elle y voit pour ses petits l'occasion d'une nouvelle expérience, la découverte d'un terrain de jeu plus vaste. Elle veut ce qu'il y a de mieux pour eux.
Les Poulets de Paule vont devenir une marque, le soin qu'elle leur apporte et leurs biographies, des outils Marketing brillants. L'entreprise va rapidement prospérer, Paule et Fernand devront faire appel à des scénaristes pour rédiger de plus en plus de biographies. le nombre de poulets va rapidement enfler et les machines finiront par prendre sa place de Médée. Paule va alors perdre l'emprise qu'elle exerçait sur la vie et la mort de ses poulets et peu à peu, glisser vers une forme de folie, sous les yeux de Louis, son mari…
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Floortje
  01 août 2021
Quand j'ai découvert par hasard ce livre, avec le bandeau "Prix du roman d'écologie 2021" et après en avoir feuilleté quelques premières pages, je me suis dit : "Très bien, ça va me dégoûter à vie de manger de la viande".
Car voyez-vous, dans les années vingt de ce siècle, il est faut être écologiste, comme avant il fallait être au régime. Mais, moi, l'écologie, je voudrais bien, mais j'peux point ...
Revenons à nos moutons - euh ! plutôt à nos poulets. Car dans ce livre, de tous les personnages, ce sont eux les plus sains d'esprit.
Car l'héroïne, non seulement, elle est complètement pas bien dans sa tête, mais grave ; mais en plus elle est sadique et maltraitante (c'est un nouveau mot) envers les animaux. Justement, cela me fait penser à ces personnes qui maltraitent leurs animaux domestiques par amour en les faisant vivre dans des conditions inadaptées à leur espèces.
Et bien, ici, c'est ça. Plus la femme qui n'est vraiment pas bien dans sa tête. Plus le dégoût qu'inspire un autre personnage (je ne veux pas spoiler l'histoire) mais ce dégoût-là, il est plus affadi car on a tellement l'habitude de vivre dans un monde créé de toutes pièces par le marketing qu'à force, on se dit "à quoi bon ? qu'est-ce qu'on peut y faire ? c'est la vie ..."
Bref, le livre m'a semblé malsain et il ne m'a pas coupé l'envie de manger du poulet.
Un "hic" final : quand je lis : "Ils expliquent qu'avec les canards, c'est différent, ils les saisissent par la base de l'aile ou par le cou, mais jamais par les pattes dont les griffes coupent des lames de rasoir."
Euh ... comment vous dire ? Tous les canards que j'ai croisé dans ma vie avaient des pattes palmées ... et pas de griffes, mais bon, peut-être n'étaient-ce pas des canards parisiens ...
Pour en finir avec ce Prix du roman d'écologie, pour moi, le vrai geste écologiste aurait été de ne pas se donner la peine d'abattre des arbres pour l'imprimer.
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AuFildesPages76
  21 mai 2020
Ça ne se picore pas, ça se déguste ! le génial premier roman de Lucie Rico !
Tout débute avec Paule qui, pour respecter les dernières volontés de sa mère, doit tuer Théodore, le poulet borgne de l'élevage avicole dont elle a hérité. Et pour s'y résoudre, Paule écrit un hommage à la mémoire de Théodore. Début d'une longue série de biographies rédigées pour chaque poulet mis à mort et vendu - rejouant sans cesse, par là, le deuil de la mère - qui va mener Paule d'un stand sur le marché du village à un projet industriel et déshumanisé dans lequel elle va peu à peu se perdre, confrontée à ses paradoxes « ingérables ».
Derrière cette fable, d'une apparente innocence, pleine de candeur et de férocité, Lucie Rico interroge nos petits arrangements entre notre bonne conscience et notre soumission aux injonctions marketings, notre soif effrénée de consommation et notre déni face à leurs conséquences, l'ambivalence de notre rapport entre les animaux comestibles et domestiques, avec en creux une subtile réflexion sur l'utilisation des mots comme ultime trace d'une vie et détournement à des fins mercantiles, …
On est pris, tel Ulysse par le chant des sirènes, dans le chant de Lucie Rico, roman minutieusement composé autour de ces biographies, drôles, émouvantes, et emblématiques de notre époque, à l'écriture douce et fascinante, révélant avec un charmant suspens la contradiction entre la démarche littéraire et humaine de Paule et sa compromission dans son application commerciale.
Astucieux, ingénieux, inventif, saugrenu, fantaisiste, singulier, savoureux, c'est un premier roman et c'est tout simplement génial ! Bravo !!!
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critiques presse (1)
Bibliobs   16 avril 2021
Le Prix du roman d’écologie, dont « l’Obs » est partenaire, a récompensé un premier roman : « Le Chant du poulet sous vide ». Cette fable animalière explore la « dissonance cognitive » de tous ceux qui composent avec le système dont ils dépendent (oui, nous tous).
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
DaubamnusDaubamnus   03 mars 2020
La hache est pratique, mais elle doit être bien affûtée. Demain, c'est jour de marché et elle veut être prête. Elle se courbe sur son bureau, écrit des brouillons sur la vie de Sushi. Elle peine à trouver les mots. Sushi était le plus petit des poulets, celui qui faisait le plus de dégâts aussi. Son bec était acéré, son plumage rare en certains endroits. Mais "petit poulet au plumage rare" sonne mal. La réalité n'est pas très appétissante. Le dictionnaire n'est d'aucun secours, les synonymes sont à vomir : humble, chétif, infime, minuscule, réduit.
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armand7000armand7000   25 avril 2021
Théodore sous le bras, Paule revient à l’intérieur de la ferme. Si elle ne sait plus faire, la mort peut être lente et douloureuse. Elle doit préserver les yeux des autres. Sa main tremble. Théodore n’est pas effrayé. Quand elle le lâche sur le sol du salon, il reste près d’elle pour venir picorer ses chaussures avec tendresse. Il n’est pas coutumier de la violence. Elle aimerait l’implorer de se tenir tranquille, de ne pas être si doux. Elle se figure des scènes : la mère riant avec lui, l’embrassant, sur le bec peut-être, lui racontant une histoire sentimentale à voix basse, d’une voix tendre que Paule ne lui connaît pas, et lui qui s’endort, heureux, fermant son œil valide, s’abandonnant. Leurs repas partagés, peut-être. La mère courant à ses côtés dans le champ, ses vieilles jambes pleines d’arthrite tentant de suivre le rythme des pattes de l’animal.
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DaubamnusDaubamnus   03 mars 2020
Sac, si fragile et aventureux à la fois, la peau tendre. C’est ce qu’elle écrit sur l’étiquette avant de le porter au marché, emballé sous vide. Elle le vendra, même si c’est contre ses convictions de donner à manger un corps mort de mort naturelle. Ca porte la poisse.
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armand7000armand7000   25 avril 2021
Paule pense qu’elle va s’en prendre une. La mère tape souvent sans raison. Mais cette fois, la vieille ne s’approche pas. Le regard rivé sur sa fille, elle attrape un poulet par les pattes, comme au hasard, se baissant à peine pour le ramasser, et lui tord le cou. Paule entend le bruit implacable : « Tchouc ». C’est absurde, se dit-elle à cet instant, de tuer un poulet après un si bon repas, juste avant le café. Puis elle comprend : c’est Charles que la mère tient dans sa main, mort. Paule aime Charles.
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BorntobealivreBorntobealivre   19 mars 2020
Elle écrit pour s'entraîner. Et quand il y a assez de matière, elle tue.
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Videos de Lucie Rico (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucie Rico
LECTURES D'AUTRICES PAR LE COLLECTIF « LA LECTURE-ARTISTE » Avec Lucie Rico & Lison Noël, Zoé Philibert & Théo Hillion, Hélène Zimmer & Lola Eliakim
Une soirée en trois volets consacrés à trois autrices et à leurs lectures. Lucie Rico, Zoé Philibert et Hélène Zimmer nourrissent leurs écritures de lectures publicitaires pour la première ; de textes de rap pour la deuxième et de théories féministes et anarchistes pour la troisième. Toutes trois feront entendre ou transparaître ces lectures qui ont été les leurs lors de leur travail d'écriture.
Lola Eliakim lira un enchâssement d'extraits du roman Vairon d'Hélène Zimmer et de textes anarchistes et féministes qui ont nourri l'écriture de l'autrice.
Lucie Rico discutera avec Lison Noël des lectures publicitaires qui ont déclenché son roman le Chant du poulet sous vide et des autres lectures qui l'ont accompagnée.
Zoé Philibert et Théo Hillion proposeront une nouvelle version de leur performance Chaulapin, qui met en lecture des textes du recueil du même titre, fanzine de fanfictions autour de la scène rap francophone.
Le collectif La Lecture-artiste est composé de chercheurs, de chercheuses et d'artistes et étudie les usages de la lecture par les artistes, les manières dont les lectures nourrissent leurs créations. Fondé en 2018, il s'invite depuis dans des lieux d'art et de culture pour proposer des moments de lecture, de recherche et de création. En 2021, il est invité à poursuivre ses recherches à l'INHA (Institut National d'Histoire de l'Art).
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