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EAN : 9782379311369
Éditeur : humenSciences (18/09/2019)
4.46/5   14 notes
Résumé :
Non, les chasseurs ne sont pas, comme ils le proclament, les « premiers écologistes de France ». Non, la chasse ne protège pas la nature.
Grâce à une approche scientifique, documentée, implacable, ce livre démontre à quel point la chasse est un désastre écologique.
L’élimination des animaux dits « nuisibles » qui ne le sont en fait pas, les « régulations » censées garantir un équilibre écologique qui ciblent certaines espèces en voie de disparition, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PerleDulac
  20 novembre 2019
Lorsque je ferai le classement par préférence des livres que j'ai lus cette année, celui ci figurera assurément dans le top 5 et même très certainement sur la plus haute place du podium.
Bien sûr, étant déjà convaincue du peu d'intérêt de la chasse et plaçant le respect de toute vie au sommet de toutes les vertus, je ne pouvais qu'être en phase avec les propos de Pierre Rigaux.
Il n'empêche que ses arguments sont implacables et irréfutables. Basé sur des éléments scientifiques dont toutes les sources sont citées en fin d'ouvrage et sur son expertise de biologiste et naturaliste, ce livre est un plaidoyer fort contre la chasse, activité pratiquée par une infime partie de la population et subie par une majorité hostile mais encore trop silencieuse.
Un grand merci à M. Rigaux pour avoir écrit tout haut et en termes clairs et précis ce que beaucoup n'arrivent pas à exprimer et à argumenter.
Une lecture à conseiller vivement.
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poparaile
  28 septembre 2020
Un jour, Nicolas Hulot a démissionné de son poste de ministre car un représentant du lobby de la chasse lui avait été imposé à la dernière minute lors d'une réunion à l'Elysée. Ce n'était jamais que la goutte d'eau de trop qui ponctuait une longue humiliation mais l'anecdote en dit suffisamment sur le poids politique des chasseurs en France.
Plus tard, l'ex-ministre préfacera (certes, de manière diplomate) cet ouvrage subversif de Pierre Rigaux.
Pour ce dernier, il n'y a pas de bons ou de mauvais chasseurs, il n'y a que la chasse, une activité qui doit être proscrite sous toutes ses formes. Au-delà de l'indignation morale initiale devant la souffrance issue d'une cruauté inutile, il y a dans ce livre un argumentaire froid et cinglant, présenté systématiquement, qui récuse toutes les justifications habituelles des chasseurs et de leurs partisans.
Or le plus souvent, l'auteur ne fait que décrire la réalité de la chasse actuelle, une pratique bien éloignée des images d'Epinal qu'un esprit indifférent en aurait, et cela suffit pour qu'on en reste abasourdi : les élevages massifs, la souffrance de millions d'animaux morts, blessés, empoisonnés, mutilés, malades. En plus de la nuisance environnementale évidente, en terme de pollution et de perte absurde en biodiversité, c'est aussi et surtout l'ampleur chiffrées des massacres qui surprend et qui peut emporter l'adhésion des plus prudents.
Les chasseurs structurent nos campagnes, ils y font littéralement la loi et intimident ceux qui s'opposent à eux. En dépit de leur impopularité croissante, grâce à plus d'un million de permis octroyés, leur organisation est tellement influente que l'abolition de la chasse ne se fera qu'au prix d'une mobilisation et d'une organisation équivalente des milieux naturalistes. On est loin du compte.
Mais puisque tout ce qui est humain est d'abord une histoire de mots, évitons au moins la langue de bois qui recouvre d'un voile une pratique qui ne peut perdurer que si elle est cachée : "art de vivre", "régulation", "prélèvement" etc. C'est bien de massacres qu'il s'agit. Et d'arrogance sociale, et de sadisme, et d'ignorance crasse. Qu'on ne vienne plus nous parler de la NRA aux Etats-Unis!
Petite réserve cependant, avec un argument non mentionné qui pourrait sans doute être la seule "justification" à la chasse : il y a une barbarie bien plus grande encore que celle de la chasse actuelle, c'est celle des abattoirs et de l'industrie alimentaire. Nous sommes des animaux et par définition, nous avons besoin de détruire de la matière organique pour vivre, c'est un fait. La question spirituelle, philosophique posée à l'être humain n'est plus posée depuis longtemps, sauf de manière larmoyante et superficielle.
Le chasseur qui ramène le lapin qu'il a tué lui-même, pour le manger le dimanche en famille ou entre amis, ou alors le rituel formalisé d'une chasse respectueuse de l'animal, peuvent être éventuellement défendus comme une mise en exergue du "tuer pour vivre" que notre monde veut occulter à tout prix. Mais là aussi, on est loin du compte.
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keisha
  21 janvier 2021
Voici un livre qui annonce bien la couleur dès le titre! Emprunté dans une médiathèque sise au coeur de la Sologne (ses propriétés situées à une distance idéale de Paris, souvent engrillagées, ses jolis villages reliés par des routes où la prudence demande de tenir compte des panneaux indiquant le passage potentiel de gibiers, ses sangliers considérant qu'ils sont prioritaires dans la traversée, et visibles en tout cas quand ils 'refont' le bord des routes ou les pelouses ... Et comme ils adorent le maïs, culture destinée principalement non aux humains mais aux animaux, autant dire qu'ils ont des ennemis.)
Autour de chez moi on peut assez aisément apercevoir des chevreuils broutant tranquillement (sauf un, vigilant), traversant le canal, ou se réfugiant sur la rive, affolé, en période de chasse. Et dans la mémoire, un cousin tué accidentellement par le fusil de son grand père à la chasse. Et une jolie promenade bucolique troublée par des tirs et un volatile abattu tombant dans les fourrés juste à côté.
Bref, avec les chasseurs, on se croise, on se salue, sans plus.
Au fil de cette lecture (nécessaire) j'ai dû souvent ouvrir grand les yeux et ressenti de plus en plus de l'écoeurement. Animaux élevés dans des conditions déplorables pour être relâchés et tirés, ou attirer leurs congénères, plombs dans la nature, animaux protégés mais chassés, les soi-disant nuisibles, la souffrance des animaux touchés et agonisant, chiffres flous, la fameuse 'régulation', le lobby des chasseurs, n'en jetez plus!
Alors je suis allée fouiner :
Sur le site de l'ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage)(depuis le 1er janvier regroupé avec l'agence française pour la biodiversité au sein de l'OFB, office français de la biodiversité)(donc si j'ai bien compris, l'OFB s'occupe de la chasse)
"Puis-je faire usage d'appeaux et d'appelants pour la chasse à l'alouette des champs ?
L'emploi des appeaux et des appelants artificiels est autorisé dans certaines conditions, sur le territoire métropolitain, pour la chasse des oiseaux de passage et du gibier d'eau.
Toutefois, pour la chasse à tir de l'alouette des champs, « seul » (AM du 4 novembre 2003 modifié) est autorisé l'emploi du « miroir à alouette » dépourvu de facettes réfléchissantes. Les autres moyens sont donc interdits. Enfin, l'emploi d'appelants vivants non aveuglés et non mutilés*, de l'espèce alouette des champs uniquement est autorisé sur le territoire des départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques."
*c'est moi qui souligne : ça voudrait dire qu'à une époque (révolue bien sûr) certains appelants étaient aveuglés mutilés, ou c'est moi qui fait du mauvais esprit?
Un article sur le loup! Franchement une vraie mine.
Ceci étant, je comprends parfaitement les réactions des éleveurs et des agriculteurs face à l'animal sauvage. Des solutions où chacun, humain et animal, s'en tirera?
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Radwan74
  02 mai 2021
Pierre Rigaux nous expose dans cet ouvrage toutes les incohérences, toutes les contradictions et surtout toutes les absurdités de la chasse.
Un livre qui répond point par point à tous l'argumentaire des chasseurs en faveur de cette pratique. le discours est claire, argumenté, chiffré…
On ne peut être que choqué par l'attitude des chasseurs, fédération extrêmement puissante et pourtant représentant si peu de gens, qui colportent de fausses informations sur la santé de la nature en France et qui se disent « écologistes » !
On découvre avec ce livre que les institutions françaises sont de connivence avec les chasseurs, que la réglementation est tout à leur intérêt / que les les techniques de chasse sont cruelles et non sélectives / que les chiffres sont largement biaisés pour continuer à tuer toujours autant (ou plus si possible) / et que même les associations de protection de l'environnement se font phagocyter par les chasseurs.
J'ai été effaré de découvrir que des lieux censés être des sanctuaires pour la nature sont lieu de chasse ; que des espèces dont la population décline sont encore chassé pour réguler leur population ; que des oiseaux protéger sont tués dues à des techniques non sélectives ; que des millions d'animaux sont élevés dans les pires conditions (et autorisé car ne relevant d'animaux élevés pour la nourriture) pour servir de tableau de chasse à des chasseurs en manque de cibles ; que l'on peut chasser à 14 et demi et à 16 ans seul et que le permis de chasse n'oblige pas à savoir… viser… et j'en passe et des meilleurs.
Bref, on pourrait prendre cet ouvrage comme un livre à charge contre la chasse, c'est vrai, mais en même temps qu'est-ce qu'il y a à sauver dans ce « loisir » qui ne justifie aucun argument défendant sa pratique.
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RShaka
  12 janvier 2020
Excellent livre, qui démonte et démontre tous les arguments des chasseurs, de façon claire, complète et très documentée. de quoi compléter tout argumentaire contre la chasse, une bible pour les anti-chasse, avec de nombreux exemples.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PerleDulacPerleDulac   17 novembre 2019
Peut on encore parler d'un rôle régulateur de la chasse? L'espèce abattue dans les plus grandes quantités en France est le Pigeon ramier, une espèce sauvage qui n'a pas besoin d'être "régulée". En deuxième place sur le sinistre podium, les faisans communs issus d'élevage. Troisièmes sur le tableau de chasse national, les lapins de garenne partiellement issus d'élevage et dont les effectifs sauvages sont en déclin. En quatrième, les grives musiciennes dont aucun scientifique n'aurait l'idée saugrenue de prôner la "régulation". Cinquièmes, les perdrix rouges essentiellement nées en élevage. Sixièmes, les canards colverts pour la plupart issus d'élevages. Septièmes, les perdrix grises nées pour beaucoup en élevage. Huitièmes, les bécasses des bois qu'il n'y a strictement aucune nécessité à "réguler". Les sangliers n'arrivent qu'en neuvième position.
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Sophie_93077Sophie_93077   30 septembre 2019
Ne traitons pas les cerfs, les oies, les grives et les lièvres comme un stock dans lequel on puise, comme la pêche maritime traite les poissons. Ne traitons pas les renards et les martres comme des ennemis. Les animaux libres ont beaucoup à nous apprendre. Le regard d'un chevreuil en lisière de forêt, c'est notre lien aux sous-bois. L'oeil d'une bécasse mimétique, invisible sur le tapis de feuilles mortes, c'est la forêt qui nous voit venir. L'envol d'une sarcelle quand nous approchons de l'étang nous rappelle combien le monde est fragile, combien les animaux ont peur de nous. Ils nous fuient. Vivons avec eux, à juste distance. Ne les poursuivons pas. Croisons leur regard. Ils nous verront autrement.
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PerleDulacPerleDulac   17 novembre 2019
Les petits carnivores sont aussi accusés de s'en prendre au "petit gibier". Il est vrai qu'une fouine, quand elle ne se gave pas de rats, peut croquer un lapin à l'occasion. Cette notion de défense du "gibier" est récurrente dans l'argumentaire cynégétique : s'il y a trop de gibier, les chasseurs sont là pour le réguler ; si des prédateurs mangent le gibier, les prédateurs doivent être éliminés. L'intérêt écologique d'une telle démarche ne saute pas aux yeux.
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Radwan74Radwan74   02 mai 2021
L’examen du permis de chasse n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à réussir. Preuve en est le taux de réussite moyen de 80%, à comparer avec celui de 50-60% pour le permis de conduire.
[…]
Le candidat doit appliquer quelques consignes de sécurité de base en maniant son arme et ne pas tirer sur une cible interdite. On ne vérifie pas s’il sait viser. C’est un peu comme si l’examen pratique du permis de conduire se limitait à boucler sa ceinture et à rouler au pas sur un circuit de course désert, en disant bien haut que si un piéton se présentait devant, on n’accélèrerait pas, promis.
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Radwan74Radwan74   02 mai 2021
Dans le Sud-Ouest, les chasseurs élèvent en toute légalité des alouettes des champs. Le principe est le même que pour les vanneaux, avec un degré de plus dans les sévices. Attachées par une ficelle juste assez longue pour qu’elles puissent prendre leur envol, les alouettes se débattent et retombent. Caché en coulisse à distance, le chasseur amplifie le mauvais traitement en activant un mécanisme qui secoue l’oiseau. Le but de tout ce processus est que l’alouette s’agite pour être vue de loin par les oiseaux passant en vol.
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