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Claude Ambroise (Traducteur)Sabina Zanon Dal Bo (Traducteur)
EAN : 9782864325505
132 pages
Éditeur : Verdier (25/09/2008)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 48 notes)
Résumé :

Dans ce récit écrit sans artifices, Tönle, berger du plateau d'Asiago, à la frontière du royaume d'Italie et de l'Empire austro-hongrois, doit, pour survivre et nourrir sa famille, se faire contrebandier, soldat, mineur en Styrie, colporteur d'estampes jusqu'aux Carpates, jardinier à Prague, gardien de chevaux en Hongrie... Mais pour ce solitaire anarchisant, le monde finit avec la Première Guerre mondiale, quand le plat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
isabellelemest
  12 février 2013
Premier tome de la "Trilogie du haut-plateau", ce roman narre l'histoire d'un montagnard attaché à son terroir, et qui y reviendra sans cesse, même si son destin l'amène à devenir un fugitif et à courir tous les pays d'Europe centrale en quête de travail.
Né au milieu du XIXe siècle dans une région frontalière au sud des Dolomites, Tönle, le villageois, s'adonne à la contrebande, ce qui lui vaudra quatre ans de prison qu'il esquive en travaillant en Autriche-Hongrie, en Prusse ou ailleurs. Il y découvre les premiers idéaux socialistes des mineurs de fer ou de charbon. Mais comme son nom (Bintarn) signifie "hiverner" en dialecte cimbre, chaque hiver il revient sous son toit, jouant au chat et à la souris avec les douaniers et gendarmes. Puis vient l'amnistie et il peut poursuivre sa paisible vie pastorale et frugale et voir grandir ses enfants. C'est compter sans la Grande guerre qui éclate en 1915 entre l'Italie et l'Autriche et dont le front va détruire le haut-plateau. Têtu, obstiné, le vieil homme refuse d'abandonner sa maison, comme le reste de sa famille, ou de délaisser son troupeau, et va tenter de survivre en se faufilant entre les forces antagonistes. Fait prisonnier, il connaît l'internement en Autriche, avant une dernière tentative de rejoindre son village. Ce n'est qu'après avoir vu sa maison en ruines que le vieil homme se laissera mourir.
Dans ce roman s'opposent l'amour du terroir et de sa vie simple, bucolique et paisible, et l'horreur de la guerre qui oppose les pauvres et sème la destruction, de façon d'autant plus absurde que, pour ces frontaliers d'obédience tantôt autrichienne et tantôt italienne, qui parlent couramment plusieurs langues, le nationalisme n'a aucun sens. La nature épanouie et printanière sert de cadre au fracas des canonnades, dans un contraste saisissant. le caractère bien trempé du héros, montagnard taciturne et têtu, sert de fil rouge à cette page de l'histoire du haut-plateau d'Asiago, auquel l'auteur est viscéralement attaché, et dont il sait nous transmettre l'âpre poésie.
Lu en V.O.
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zabeth55
  21 mai 2020
Une histoire qui se termine à la fin de la seconde guerre mondiale.
C'est celle du berger Tönle et ça se passe sur le plateau d'Asiago, à la frontière de l'Italie et de l'empire austro-hongrois.
Tönle a mené une vie de contrebandier, revenant régulièrement auprès de sa femme et de ses enfants.
Une vie rude et harassante, au milieu des conflits entre pays.
Dépaysement total dans les rudes montagnes, sur fond de guerre et de débrouille.
Même s'il ne fut pas tout rose, ce fut un beau voyage dans le passé en compagnie de Tönle.
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brigittelascombe
  01 décembre 2011
"Halte là! On ne bouge plus!"
Tönle Bintarn, contrebandier en 1866 dans un petit hameau de la frontière italienne, suite à son coup de baton intempestif sur le crane obstiné d'un vilain gendarme, se voit obligé de fuir pour éviter la prison.
Débrouillard,il passe la frontière et exerce divers petits boulots de colporteur à marchand d'images,de paysan dans un champ de patates autrichien à jardinier dans un château praguois.
Chaque automne,pris de nostalgie,il s'en retourne chez lui en cachette et découvre ému un petit dernier conçu l'année d'avant.
Socialisme, idées nouvelles bouillonnent dans les caboches des villageois.
Le voilà amnistié et de retour définitivement.
Bonheur des paysages, vie paisible d'un simple berger-poète qui tire sur sa pipe en admirant de loin le cerisier sauvage "colifichet dans les cheveux d'une jeune fille" s'épanouir au printemps sur le chaume.
C'est compter sans la guerre de 14 et l'absurdité des hommes, les détonnations qui tuent,l'exode,les saccages,les incendies, les cadavres qui jonchent le sol, les camps,l'emprisonnement,la faim...
Dépit,colère,révolte,entêtement à rentrer chez lui malgré tout, malgré les frontières et les murs d'incompréhension érigés.
Un roman, fort, engagé qui évoque un destin, celui d'un homme simple et pacifiste qui philosophe sur le pourquoi du comment pour que le bonheur revienne un jour dans le coeur des hommes, car un berger italien ressemble à s'y méprendre à un berger autrichien enrôlé de force.
Mario Rigoni Stern, dont j'ai lu Lointains hivers (l'histoire d'un vieux chasseur alpin qui associe chaque moment fort de sa vie à une coupe de bois particulière) sait créer une atmosphère, happer l'attention du lecteur et relancer l'action dans un flot d'émotions et de rebondissements, est l'un des auteurs italiens les plus populaires.
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pchion
  02 février 2018
Après avoir lu un certain nombre de livres de cet auteur, je crois que "l'histoire de Tönle" est mon préféré ; le plus "abouti" peut-être aussi parce qu'il s'agit d'un roman alors que la majorité des écrits de Rigoni Stern sont de courtes nouvelles. J'ai trouvé particulièrement émouvant ce récit de la vie d'un berger de l'altipiano, à la frontière entre l'Italie et l'Autriche. L'histoire se déroule à la charnière entre le XIXème et le XXème siècle. Comme beaucoup de jeunes de son village, le héros de l'histoire devient contrebandier. A ses yeux, les frontières ne sont que des lignes artificielles tracées par les puissants au gré de leurs caprices. le jeu de la contrebande ne dure qu'un temps : surpris par les douaniers il se défend et blesse malencontreusement l'un d'eux. Cet incident est lourd de conséquences pour sa vie d'adulte : il ne peut se cacher bien longtemps et, s'il se rend aux autorités, c'est la prison assurée pour un nombre d'années conséquent. Il choisit donc l'exil et va mener une vie plutôt rocambolesque, ne revenant visiter les siens que lorsque la neige garantit une relative sécurité aux proscrits. La mort d'un roi, un parmi d'autres, lui vaudra amnistie. Il rentre au village et s'installe comme berger. Manque de chance, la tourmente de la guerre mondiale se profile à l'horizon. le village est trop proche de la ligne de front entre Italiens et Autrichiens. 1915 : le son du canon remplace les cloches des enfants qui se rassemblent pour appeler le printemps.
Tönle se retrouve à nouveau chassé de son pays natal...
Je vous laisse découvrir la suite ; je vous en ai déjà assez dit. Sachez que cette histoire est belle mais qu'elle est tragiquement réaliste sans jamais basculer dans le pathos. Sachez aussi que l'écriture de Mario Rigoni Stern, magnifiquement préservée par la traduction, coule comme une cuillerée de miel dans la gorge !
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Beatrice64
  25 février 2011
Tönle, c'est un berger du plateau d'Asiago, à la frontière du royaume d'Italie et de l'Empire austro-hongrois. Frontière qu'il franchit allégrement, en ces années précédant la Première Guerre Mondiale, parce que le berger est également contrebandier. Un jour il blesse un garde-frontière, et il est contraint à l'exil, parcourant une partie de l'Europe, franchissant à nouveau les frontières, mais revenant chaque hiver à sa maison, une chaumière sur le toit de laquelle pousse un cerisier.
La montagne, la beauté de la nature, la rigueur des hivers, la liberté, l'esprit d'indépendance, l'amour, les rapports des hommes entre eux, l'absurdité de la guerre, il y a tout cela dans les livres de Mario Rigoni Stern (d'inspiration autobiographique), déposé délicatement, dans une langue simple, précise, poétique, touchante.
« Lire Mario Rigoni Stern, c'est s'abreuver à la beauté » a dit une critique. Voilà, c'est ça.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
IsalireIsalire   10 mai 2020
Un jour, le petit-fils de Tönle, au retour de l'école, courut au bois de Hano pour raconter à son grand-père que le poète Gabriele d'Annunzio, devenu "le commandant", comme avait expliqué Mr Müller, le directeur, avait volé avec les mêmes avions jusqu'au dessus de la ville de Trente, et là, il avait jeté au dessus des immeubles un message et le drapeau italien. A l'écoute de ce récit, Tönle secouait la tête et tirait très fort sur sa pipe : il avait vu ces gros oiseaux voler bruyamment au dessus de l'Ass, c'était la première fois, et chez lui à l'étonnement se mêlait le dépit : ça restait des trouvailles diaboliques pour faire la guerre et qui sait combien de lires ça coutait et combien de kilos de polenta on aurait pu acheter pour que les gens aient de quoi manger ; ou encore combien de brebis. Et comme "pour eux" il y avait des frontières à quoi servaient-elles si avec les avions ils pouvaient passer par dessus ? Et s'il n'y avait pas de frontières dans l'air, pourquoi est-ce qu'il devait y en avoir sur terre ? Et par ce "pour eux" il entendait tous ceux qui estimaient que les frontières étaient quelque chose de concret ou de sacré ; mais pour lui et les gens comme lui - ils n'étaient pas si peu que ça, comme on pourrait le croire, mais bien la majorité des hommes - les frontières n'avaient jamais existé si ce n'est sous la forme d'un douanier à soudoyer ou de gendarmes à éviter. En somme, si l'air était libre, si l'eau était libre, la terre aussi devait l'être.
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pchionpchion   02 février 2018
... Ce matin-là, au point du jour, Tönle ne vit pas les cheminées fumer, ni les gens qui vaquaient à leurs occupations dans les jardins ou sur les routes menant au bois. Au début, il n'y prêta pas attention, mais après avoir entendu les coups de canon, il comprit pourquoi. Pour la troisième fois, avec tristesse, il ralluma sa pipe ; il éprouvait de l'amertume, de la colère même, au point qu'il se sentait presque méchant lui aussi, à cause de la cruauté des gouvernements et des poètes (*) qui voulaient la guerre. Pour les généraux, pensait-il, faire la guerre c'est leur métier, même si faire tuer des gens c'est le plus sale des métiers ; et peut-être qu'à vingt ans être soldat, que ce soit pour un gouvernement ou un autre, pour un Etat ou pour un autre, c'est comme un jeu, comme une aventure, une occasion pour rencontrer d'autres gens comme toi ou même un prétexte pour faire voir ta force [...] Voilà pour toutes ces raisons-là, on pouvait être ou ne pas être soldat, mais pas pour se battre et s'entretuer entre pauvres gens. Et pour qui en fin de compte ? C'est ce que pensait Tönle en regardant ses moutons, en tirant sur sa pipe et en écoutant le canon de l'autre côté de l'Ass.
(*) Allusion au poète Gabriele d'Annunzio, auteur de vibrants pamphlets nationalistes et va-t-en guerre.
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isabellelemestisabellelemest   12 février 2013
Cette montre, il l'avait achetée il y avait tant d'années en passant à Ulm, et ces mots gravés étaient les devises des ouvriers socialistes, qui venaient juste de commencer leur lutte pour la réduction des heures de travail. Les inscriptions incisées disaient en allemand : "Nous voulons huit heures de travail - huit heures pour étudier - huit heures pour nous reposer" ; et encore : "Pour la concorde sociale, la fraternité et l'unité". Tout en soupesant la montre dans sa paume, il pensait :"Dans les mines, on en faisait seize, des heures, ou même plus, et maintenant, en fait de fraternité, il y a la guerre, et les pauvres s'entretuent..."
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isabellelemestisabellelemest   12 février 2013
Pour les généraux, pensait-il, faire la guerre est leur métier, même si faire tuer les gens est le métier le plus moche.
Mais Tita Haus, après deux ans de bataillon disciplinaire, le major Von Fabini dût le renvoyer chez lui pour tempérament récalcitrant : cette fois-là, il l'avait fait fouetter devant tout le bataillon en rang, et lui, ensuite, tout calmement, s'était relevé du chevalet en remontant son pantalon. Le major déclara : — Soldat, vous en avez assez ? Rappelez-vous que j'ai un cœur de fer. — Et Tita Haus, après s'être reboutonné, lui cracha sur les bottes en lui répondant : — Si vous avez un cœur de fer, moi j'ai un cul de bronze. — Et comme ils avaient tout essayé, ils le renvoyèrent chez lui.
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isabellelemestisabellelemest   09 février 2013
Avant la 1ère guerre mondiale

Pendant qu'il vaguait avec son troupeau, il lui arriva de nombreuses fois de rencontrer le Dr Paul, E. Von Paul, un savant autrichien qui s'intéressait à la botanique, la géologie, la linguistique et l'histoire, et qui depuis quelques étés allait habiter dans un hôtel du centre, où logeaient aussi des employés du gouvernement et des officiers de l'armée royale (italienne).
....
Au bout d'un certain temps, dans le bourg, circula la rumeur que le cordial et sympathique Dr Paul n'était autre qu'un officier de l'artillerie impériale et que dans son sac de montagne apparemment si innocent, il avait des croquis et des photographies de fortifications, de montagnes, de routes et de sources.
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Depuis la vallée de la roya dans les alpes Maritime, Olivier BARROT lit un passage de" Les saisons de giacomo" pour présenter l'ouvrage de Mario RIGONI STERN.
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