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Claude Ambroise (Traducteur)Sabina Zanon Dal Bo (Traducteur)
EAN : 9782264030085
194 pages
Éditeur : 10-18 (04/05/2000)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 23 notes)
Résumé :
" Quoique né en 1921, Mario Rigoni Stern a consacré l'essentiel de son œuvre à la description critique de la guerre de 14.
Témoin indirect, mais non moins bien informé, il a recueilli les récits de son père, de sa famille, de son entourage pour construire un univers dominé par l'antimilitarisme.

Sa capacité de tenir au jour le jour la chronique des soldats enrôlés dans un drame inutile a fait de lui un romancier très singulier, placé à mi-che... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
petch
  01 septembre 2013
Il faut lire Rigoni Stern. Ses écrits nous plongent souvent avec douceur, mélancolie et raffinement dans le quotidien après-guerre (1ère ou seconde). On suit ici dans une chronique intimiste le retour progressif à la vie d'une famille après l'armistice de 1918 : déblaiement, reconstruction, labourage des champs pleins de résidus d'obus et autres engins de mort, complications administratives surréalistes. Rien n'est dit ou presque de la guerre mais elle est là en filigrane. Mario Rigoni Stern privilégie dans ce texte la vie à la mort. Malgré la terrible grippe espagnole qui s'abat sur les civils à la fin du conflit.
L'auteur nous décrit avec finesse la reprise de la vie après le déluge de feu qui s'est abattu sur une petite bourgade transalpine, quelque part près de la frontière autrichienne. L'histoire par le menu de la famille Schenal, vue sous l'angle du jeune Matteo, a tout pour être placée sous le signe de l'anecdote. En fait, il n'en est rien. Comme dans bon nombre de ses écrits (voir par exemple le sergent dans la neige ou le magnifique En attendant l'aube), le grand exploit de l'écrivain italien est de le rendre universel et intemporel en pulvérisant tous les codes de temps et d'espace.
Magnifique livre, à lire sans hésiter.
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isabellelemest
  18 février 2013
Ce roman, le deuxième de la "Trilogie du haut-plateau" constitue comme une suite de "L'histoire de Tönle", même sans en reprendre les personnages, car il raconte le devenir de cette région italienne, au sud des Dolomites, dévastée par la Grande guerre, lorsque ses habitants, mobilisés, prisonniers ou réfugiés, commencent à revenir dans leur terroir natal.
Le titre est une antiphrase, car après l'armistice de 1918 et la victoire de l'Italie sur l'Autriche-Hongrie, la guerre de positions et de tranchées qui a duré presque trois ans a tout ravagé.... Il ne reste que des ruines, des tranchées, des cratères de bombes, des arbres déchiquetés, des installations et du matériel militaires abandonnés, et partout des armes, obus non explosés, mortiers, chevaux de frise, barbelés, voire des squelettes en voie de décomposition.
Mais la famille de Matteo éprouve la nostalgie du pays et avec d'autres habitants du haut-plateau, ils retournent dans ce paysage de désolation, leur terre, où il faudra tout reconstruire et repartir de zéro. Bien sûr, le Génie vient avec ses détachements, ses baraques, les plans de reconstruction sont officiellement élaborés, et en attendant l'improbable remboursement des dommages de guerre, il faut beaucoup d'autorisations, de contrôles et de papier timbré, pour obtenir la permission de faire quoi que ce soit. Rendus impatients par ces lenteurs administratives, les rescapés comptent surtout sur eux-mêmes et récupèrent ce qui peut servir, en dépit des interdictions. La vie reprend peu à peu son cours, fondée sur la solidarité, avec pourtant en toile de fond les tensions politiques de l'après-guerre, entre socialistes tendance Gramsci et quelques "squadristi" fascistes. La première naissance, qui coïncide avec la période de Noël, sera le symbole de ce renouveau.
Une chronique plutôt qu'un roman, car les personnages manquent d'épaisseur, et la priorité est davantage donnée au message pacifiste collectif de la reconstruction d'une région meurtrie, dont l'auteur, né à Asiago en 1921, a été un témoin indirect, mais très marqué par cette ambiance de ses premières années.
Lu en V.O.
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mireille.lefustec
  19 juillet 2012
En mai 1916,tous les paysans doivent quitter leur hameau,dans la montagne où la guerre fait rage,vers la plaine.
Matteo a 12 ans.
Soudain:le silence. C'est la fin de la guerre,le retour officiel dans les maisons prévu au printemps 1919,après trente-quatre mois. Mais là-haut,tout est méconnaissable,saccagé: des maisons il ne reste qu'un tas de pierres. Les arbres sont cassés,le sol défiguré par les tranchées et les trous d'obus.,Stupeur et désolation. Puis,sur ces ruines et de désastre,les appels et le chant des mésanges et des merles.Promesse de vie.De ce fait,tous sont impatients de retrouver leur terre et de reconstruire.Et c'est le récit de la dure et lente reconstruction qui s'achève par une naissance:la première depuis 1916.
Dans ce récit,il ne s'agit pas de victoire sur l'armée ennemie,mais de celle de la vie sur la mort.
Rigoni Stern a écrit d'après les témoignages de son père de sa famille,de son entourage.
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mireille.lefustec
  19 juillet 2012
Lu en italien.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   07 septembre 2013
Il y avait aussi des entreprises qui s'étaient adjugé la récupération des soldats morts pendant les quarante mois de combats. Dès qu'il y avait un terrain plat ou susceptible d'être creusé on trouvait un cimetière petit ou grand : en bordure des villages, dans les hameaux, dans les alpages et là où on avait établi les hôpitaux de campagne. Mais, à côté de ces morts-là qui avaient un signe de reconnaissance, une pierre tombale, une croix ou une stèle, il y avait des milliers d'autres sépultures provisoires de morts isolés ou regroupés : où avait eu lieu un assaut, où avait frappé une rafale de mitrailleuse, où s'étaient abattus les coups de canon, où il y avait eu un poste de secours. En outre, à l'écart des voies de rocade ou loin des hameaux, encore beaucoup de soldats restaient sans sépulture. Les entreprises s'étaient entendues avec les autorités sur une somme de tant par corps. Les corps exhumés ou recueillis étaient déposés dans de simples caisses et transportés par camion dans les grands cimetières en construction à côté des villages, ou encore dans les endroits où avaient eu lieu des massacres. Dans ce travail ingrat et miséricordieux on n'observait pas toujours un minimum de charité et de respect : parfois des ossements se trouvaient mêlés à ceux du voisin et, pis encore, d'un corps on en faisait deux, pour augmenter le profit à la fin du compte.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   14 février 2014
Et puis la procédure de remboursement des dommages de guerre traînait en longueur, elle n'était pas claire car les autorités gouvernementales civiles et militaires semblaient en proie à des conflits de compétence: les bureaux se contredisaient entre eux, certains voulaient des formulaires et des imprimés d'un certain type, d'autres d'un autre; il suffisait d'un mot, d'une virgule dans une circulaire pour faire discuter les responsables.
p. 115
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isabellelemestisabellelemest   18 février 2013
Au milieu des ruines
Matteo et son père regardaient le cœur serré, sans parler : pour eux, ce n'étaient pas seulement des ruines, mais la fin d'un monde, d'un pays et d'une coutume qui avaient débuté quand nos ancêtres choisirent de vivre dans cette terre dont personne ne voulait, parce que trop isolée, difficile d'accès et sauvage, ou couverte de hautes forêts.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   14 février 2014
Tandis qu'on s'échinait à recommencer à vivre en paix dans la terre des anciens, l'épidémie partie d'Espagne en mai 1918 arriva aussi chez nous,sournoise et terrible. Elle avançait depuis l'ouest, de région en région, fournissant du travail aux médecins, aux prêtres et aux fossoyeurs.Très nombreux, plus encore que les morts des champs de bataille, étaient ceux qu'on portait dans des cercueils de sapin au cimetière, p. 39
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isabellelemestisabellelemest   18 février 2013
Après un discours patriotique
Quelles belles paroles, — dit le père de Matteo. — Notre terre, notre patrie, nos maisons, la victoire. La patrie qui pense à notre avenir. Mais notre patrie de là-haut à été détruite. Elle n'existe plus. Ils parlent comme ça, parce qu'ils ne savent pas et n'ont rien vu. Et pendant qu'ils prêchaient, notre petite fille est morte. Et nous n'avons plus rien : leur patrie nous a tout pris.
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Video de Mario Rigoni Stern (3) Voir plusAjouter une vidéo

Mario Rigoni Stern: Les saisons de giacomo
Depuis la vallée de la roya dans les alpes Maritime, Olivier BARROT lit un passage de" Les saisons de giacomo" pour présenter l'ouvrage de Mario RIGONI STERN.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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