AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Gérald Stieg (Préfacier, etc.)Jean-Pierre Lefebvre (Traducteur)Maurice Regnaut (Traducteur)
ISBN : 2070327876
Éditeur : Gallimard (25/10/1994)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Qui donc nous a retournés
de la sorte pour que,
quoi que nous fassions,
nous ayons toujours l'attitude de
celui qui s'en va?

RAINER MARIA RILKE
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
zohar
  08 avril 2011
« Les Elégies de Duino » est sans conteste son oeuvre maîtresse.
Ce recueil souligne le désarroi de la créature humaine qui se sent étrangère dans un monde abandonné par la beauté et par le sacré.
Hantée par la fuite du temps et de la mort, elle se révèle impuissante à participer pleinement à la vie universelle.
Dans ces conditions, le rôle du poète s'impose : il doit s'efforcer de rendre compte de ce jaillissement de l'existence dont la saisie est seule capable de faire reculer l'angoisse.
Rilke prolonge cette réflexion dans les « Sonnets à Orphée » : où il magnifie la mort en célébrant le souvenir d'une jeune fille morte à l'âge de dix-neuf ans.
Cette réflexion sur la mort atténue ainsi l'angoisse et permet de libérer la liesse que l'on doit ressentir à être au monde.
Commenter  J’apprécie          252
aleatoire
  10 août 2011
Rilke... tout comme Mozart, parfois ennuyeux , et soudainement une flamboyance confine au sublime.
Commenter  J’apprécie          270
frandj
  31 janvier 2018
Rainer Maria Rilke (1875-1926) parait être un des plus célèbres poètes d'expression allemande. Ses "Elégies de Duino" écrites entre 1912 et 1922 constituent peut-être son chef d'oeuvre. Pour ma part, je viens juste de découvrir ce recueil de dix longues poésies, composées dans un style libre, empreintes d'un esprit lyrique prononcé, profondes et sérieuses. Pour autant que je puisse en juger, ces textes sont traduits en français d'une manière satisfaisante. Je discerne toute la veine poétique du texte allemand. Certains passages ne sont pas loin de m'enchanter: je vais en mettre au moins un, en citation sur Babelio. Mais je confesse avoir une connaissance trop superficielle du monde personnel de Rilke, de sa psychologie, de ses références esthétiques et éthiques. En lisant ces poèmes, j'apprécie la musique des mots. Pourtant leur sens profond m'échappe presque complètement. En particulier, les références fréquentes à "l'ange" me paraissent obscures. J'aurais envie d'aller plus loin que cette première lecture (trop rapide), mais je crains de rester velléitaire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          83
Ombel
  06 novembre 2015
Très belle édition.
Petit livre s'emmenant partout avec soi, pour pouvoir être transporté, quand l'envie nous en prend, par ces sublimes mots.
Commenter  J’apprécie          20
Lison67
  14 juillet 2014
Époustouflant...
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   10 août 2011
Certes, il est étrange de ne plus habiter la terre,
ne plus avoir à se servir de gestes à peine appris,
aux roses et à tant d'autres choses si pleines de promesses
ne plus accorder le sens d'un avenir humain ;
n'être plus ce qu'on a été entre des mains infiniment fragiles
et abandonner jusqu'à son nom comme un jouet cassé.
Etrange de ne plus désirer ses désirs. Etrange
de voir flotter sans lien dans l'espace
tout ce qui jadis fut lié.
Etre mort est laborieux
et plein de reprises jusqu'à ce que peu à peu on devine
un peu d'éternité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
NuitDeChineNuitDeChine   19 avril 2014
Huitième élégie de Duino.

De tous ses yeux la créature
voit l’Ouvert. Seuls nos yeux
sont comme retournés et posés autour d’elle
tels des pièges pour encercler sa libre issue.
Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons
que par les yeux de l’animal. Car dès l’enfance
on nous retourne et nous contraint à voir l’envers,
les apparences, non l’ouvert, qui dans la vue
de l’animal est si profond. Libre de mort.
Nous qui ne voyons qu’elle, alors que l’animal
libre est toujours au-delà de sa fin:
il va vers Dieu; et quand il marche,
c’est dans l’éternité, comme coule une source.
Mais nous autres, jamais nous n’avons un seul jour
le pur espace devant nous, où les fleurs s’ouvrent
à l’infini. Toujours le monde, jamais le
Nulle part sans le Non, la pureté
insurveillée que l’on respire,
que l’on sait infinie et jamais ne désire.
Il arrive qu’enfant l’on s’y perde en silence,
on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort
mais au-delà, avec le grand regard de l’animal,
peut-être. Les amants, n’était l’autre qui masque
la vue, en sont tout proches et s’étonnent…
Il se fait comme par mégarde, pour chacun,
une ouverture derrière l’autre… Mais l’autre,
on ne peut le franchir, et il redevient monde.
Toujours tournés vers le créé nous ne voyons
en lui que le reflet de cette liberté
par nous-même assombri. A moins qu’un animal,
muet, levant les yeux, calmement nous transperce.
Ce qu’on nomme destin, c’est cela: être en face,
rien d’autre que cela, et à jamais en face.
S’il y avait chez l’animal plein d’assurance
qui vient à nous dans l’autre sens une conscience
analogue à la nôtre — , il nous ferait alors
rebrousser chemin et le suivre. Mais son être
est pour lui infini, sans frein, sans un regard
sur son état, pur, aussi pur que sa vision.
Car là où nous voyons l’avenir, il voit tout
et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.

Et pourtant dans l’animal chaud et vigilant
sont le poids, le souci d’une immense tristesse.
Car en lui comme en nous reste gravé sans cesse
ce qui souvent nous écrase, — le souvenir,
comme si une fois déjà ce vers quoi nous tendons
avait été plus proche, plus fidèle et son abord
d’une infinie douceur. Ici tout est distance,
qui là-bas était souffle. Après cette première
patrie, l’autre lui semble équivoque et venteuse.

Oh! bienheureuse la petite créature
qui toujours reste dans le sein dont elle est née;
bonheur du moucheron qui au-dedans de lui,
même à ses noces, saute encore: car le sein
est tout. Et vois l’oiseau, dans sa demi-sécurité:
d’origine il sait presque l’une et l’autre chose,
comme s’il était l’âme d’un Etrusque
issue d’un mort qui fut reçu dans un espace,
mais avec le gisant en guise de couvercle.
Et comme il est troublé, celui qui, né d’un sein,
doit se mettre à voler!. Comme effrayé de soi,
il sillonne le ciel ainsi que la fêlure
à travers une tasse, ou la chauve-souris
qui de sa trace raie le soir en porcelaine.
Et nous: spectateurs, en tous temps, en tous lieux,
tournés vers tout cela, jamais vers le large!
Débordés. Nous mettons de l’ordre. Tout s’écroule.
Nous remettons de l’ordre et nous-mêmes croulons.
Qui nous a si bien retournés que de la sorte
nous soyons, quoi que nous fassions, dans l’attitude
du départ? Tel celui qui, s’en allant, fait halte
sur le dernier coteau d’où sa vallée entière
s’offre une fois encor, se retourne et s’attarde,
tels nous vivons en prenant congé sans cesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
aleatoirealeatoire   10 août 2011
Mais là-bas dans la vallée où habitent les plaintes,
une plainte plus ancienne s'adresse à l'adolescent :
nous fûmes, dit-elle une lignée importante, jadis.
Là-bas dans les hautes montagnes, nos pères
oeuvraient dans leurs mines ; tu trouveras parfois,
chez les hommes, une pierre taillée de la douleur primitive,
ou encore issue de quelque volcan ancien : des scories de colère pétrifiée.
Oui, tout cela vient de là-bas.
Jadis nous fûmes riches.
Et avec légèreté
elle le conduit à travers le vaste paysage des plaintes.
Elle lui montre les colonnes des temples et les ruines de ces châteaux forts où régnaient jadis les princes des plaintes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
aleatoirealeatoire   10 août 2011
Afin qu'un jour, au bout de l'entendement terrible,
je puisse chanter l'allégresse et la gloire
sous l'approbation des anges.
Qu'aucun des clairs marteaux de mon coeur
ne fasse défaut sur des cordes détendues, hésitantes ou prêtes à se rompre.
Que mon regard qui s'écoule, me fasse plus éclatant,
que fleurissent des chagrins à peine apparents.
Nous gaspillons les souffrances.
Comme nous les épions plus loin dans la durée !
Nous voulons savoir si vraiment elles y prennent fin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
PilingPiling   22 mars 2011
Dann kommt zausammen, was wir immerfort
entzwein, indem wir da sind. Dann enststeht
aus unsern Jahreszeiten erst der Umkreis
des ganzen Wandelns. Über und hinüber
spielt dann der Engel. Sieh, die Sterbenden,
sollten sie nicht vermuten, wie voll Vorwand
das alles ist, was wir hier leisten. Alles
ist nicht es selbst. O Stunden in der Kindheit,
da hinter den Figuren mehr als nur
Vergangnes war und vor uns nicht die Zukunft.
Wir wuchsen freilich und wir drängten manchmal,
bald groß zu werden, denen halb zulieb,
die andres nicht mehr hatten, als das Großsein.
Und waren doch, in unseren Alleingehn,
mit Dauerndem vergnügt und standen da
im Zwischenraume zwischen Welt und Spielzeug,
an einer Stelle, die seit Anbeginn
gegründet war für einen reinen Vorgang.


Alors viendra ensemble ce que jamais nous ne cessons
de diviser, en existant. Alors seulement
naîtra de nos saisons le cercle
de la mutation tout entière. Par-dessus nous alors
l'ange jouera. Regarde, les mourants
ne devraient-ils pas deviner combien tout cela est plein
de prétexte, ce qu'ici nous accomplissons. Tout
cela n'est pas cela. Ô, heures dans l'enfance,
où derrière les figures il y avait plus que du simple
passé et point de futur devant nous.
Certes nous grandissions, et parfois nous pressions
d'être bientôt des grands, moitié pour plaire à ceux
qui n'avaient plus rien d'autre que cela, d'être des grands.
Et pourtant nous étions dans notre marche solitaire
contentés de durable et nous nous tenions là
dans l'intervalle entre le monde et le jouet,
en un endroit, qui depuis l'origine
était fondé pour un événement pur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Rainer Maria Rilke (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rainer Maria Rilke
L'écrivain Colum McCann donne, à travers son livre "Lettres à un jeune auteur" une sorte de guide pour tout aspirant auteur et, plus généralement, pour tout lecteur intéressé par l?écriture : 52 conseils, encouragements ou mises en garde, s?inscrivant ouvertement ainsi dans la tradition des "Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke.
En savoir plus sur "Lettres à un jeune auteur" : https://bit.ly/2L0rMZW
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
764 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre