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Citations sur Poésie (9)

Malaura
Malaura   01 avril 2012
La panthère

Son regard, à force d’user les barreaux
s’est tant épuisé qu’il ne retient plus rien.
Il lui semble que le monde est fait
de milliers de barreaux et au-delà rien.

La démarche feutrée aux pas souples et forts,
elle tourne en rond dans un cercle étroit,
c’est comme une danse de forces autour d’un centre
où se tient engourdie une volonté puissante.

Parfois se lève le rideau des pupilles
sans bruit. Une image y pénètre,
parcourt le silence tendu des membres
et arrivant au cœur, s’évanouit.
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SophiePatchouli
SophiePatchouli   02 septembre 2017
PARFOIS ELLE SENT...

Parfois elle sent : La vie est grande,
plus sauvage que des fleuves qui écument,
plus sauvage que la tempête dans les arbres.
Et doucement, lâchant les heures,
elle abandonne son âme aux songes.

Puis elle s'éveille. Une étoile brille
en silence au-dessus du calme paysage,
et la maison a des murs tout blancs.
Alors elle sait : La vie est inconnue et lointaine,
et elle joint ses mains qui vieillissent.

Chants de l'aube (1898-1901)
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coco4649
coco4649   12 septembre 2015
NOUVELLES POÉSIES (1905-1908)
ÉTUDE AU PIANO


L'été bourdonne. L'après-midi rend lasse ;
troublée, elle respira la fraîcheur de sa robe
et mis dans son étude raisonnable
son impatience d'une réalité

qui pourrait venir demain, ce soir,
qui peut-être était là, qu'on lui cachait encore.
Devant les hautes fenêtres, pleines de tout,
elle sentit soudain le parc choyé,

s'arrêta court, regarda au dehors.
Les mains croisées, elle eut envie d'un livre sans fin,
et, irritée, repoussa tout à coup le parfum du jasmin.
C'était, lui semblait-il, comme une offense.

p.190-191
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Henri-l-oiseleur
Henri-l-oiseleur   13 décembre 2015
C'est entre des marteaux que notre coeur
subsiste, comme est la langue
entre les dents, qui malgré tout demeure
et reste néanmoins
glorifiante.

(Neuvième élégie de Duino, p. 339)
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coco4649
coco4649   07 septembre 2015
LIVRE D'IMAGES 1899-1905)

FINALE


La mort est grande.
Nous lui appartenons,
bouche riante.
Lorsqu'au cœur de la vie nous nous croyons,
elle ose tout à coup
pleurer en nous.

p.112
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coco4649
coco4649   07 septembre 2015
PRESSENTIMENT


Je suis comme un drapeau que les lointains attirent.
Je sens venir les vents et dois les vivre,
tandis que des objets en bas, nul n'a bougé encore :
Sans bruit les portes ferment et la cheminée dort ;
point de vitre qui tremble, et lourde est la poussière.

Mais moi je sens déjà les vents, houleux comme la mer.
Je me déploie et me replie et me rejette,
et suis tout seul dans la grande tempête.

p.107
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coco4649
coco4649   07 septembre 2015
INQUIÉTUDE


Dans la forêt fanée est un appel d'oiseau,
inexplicablement, dans la forêt fanée.
Et pourtant ce rond cri d'oiseau
repose dans l'instant qui l'engendra,
grand comme un ciel sur la forêt fanée.
Tout vient docilement se ranger dans ce cri.
Tout le paysage y semble reposer.
Le vent lui-même semble s'y tapir
et la minute, pressée de fuir,
muette et blême, semble savoir des choses
qui nous feraient mourir,
échappées de ce cri.

p.95
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DLN
DLN   03 mars 2018
Et tout à coup elle est flamme tout à fait.

La danseuse espagnole
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SophiePatchouli
SophiePatchouli   02 septembre 2017
SENS, TRANQUILLE AMI...

Sens, tranquille ami de tant de larges,
combien ton haleine accroît encor l'espace.
Dans les poutres des clochers obscurs,
laisse-toi sonner. Ce qui t'épuise

devient fort par cette nourriture.
Va et viens dans la métamorphose.
Quelle est ta plus pénible expérience?
S'il te semble amer de boire, fais toi vin.

Sois dans cette nuit de démesure
la force magique au carrefour des sens,
et le sens de leur rencontre singulière.

Que si le destin terrestre un jour t'oublie,
à la calme terre, dis : je coule.
A l'eau vive, dis : je suis.
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