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Antoine Adam (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070104765
1224 pages
Éditeur : Gallimard (29/05/1972)

Note moyenne : 4.57/5 (sur 486 notes)
Résumé :
Faire d'une «œuvre petite et fermée comme un poing» (Pierre Michon dixit) quelque chose qui ressemble à un livre : délicate entreprise. Car il faut aussi que le livre ressemble à l'œuvre et ne tire pas sa forme de vieilles routines. Rimbaud a fait imprimer Une saison en enfer et à peu près rien d'autre. L'invention éditoriale est donc permise. Subdivisions, périodisations, classifications et déclassements ont parfois fait de l'éditeur un biographe déguisé ou un comm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Giraud_mm
  31 juillet 2019
Plus de mille pages d'oeuvres de Rimbaud ? En fait pas tout à fait, et même loin de là, d'où une petite déception... Même si les oeuvres de Rimbaud sont souvent présentées en plusieurs versions, elles n'occupent qu'un gros tiers du livre. le reste est consacré à sa vie, aux écrits de ses proches ou à l'explication de ses textes. Tout cela est certes utile, mais occupe peut-être trop de pages...
Ce recueil reste une référence, pour les oeuvres du poète, mais aussi pour le contexte de sa courte vie.
A conserver dans sa bibliothèque, évidemment !
Lien : http://michelgiraud.fr/2019/..
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CDemassieux
  06 février 2015
Il est devenu l'icône – le mot, en ce qui le concerne, n'est pas galvaudé –, du poète, éclipsant l'homme qu'on disait aux semelles de vent tellement il voulait voyager.
Il n'est peut-être pas le plus génial, mais il est génial, inventeur d'une révolution poétique qui prônait la modernité à l'âge où d'autres ont des préoccupations beaucoup plus triviales.
Il continue de séduire invariablement l'élite et le peuple, son visage reproduit sur les murs, associé à la liberté et l'éternelle jeunesse.
« le Dormeur du val », « le Bateau ivre », « Une saison en enfer », les « Illuminations », etc., autant de textes entrés dans le panthéon immatériel de la poésie française, certains si musicaux qu'ils furent naturellement chantés.
Rimbaud inspira même, après sa mort, un courant artistique majeur, le surréalisme, dont les membres considéraient les Lettres du « Voyant » comme un manifeste, notamment cette phrase prophétique : « le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »
Pourquoi lire Rimbaud ? Parce que c'est une poésie fluide qui fait effectivement appel aux sens. Une poésie qui s'est construite en se libérant des chaînes métriques, et en un temps record, puisque le poète n'écrira que quelques années, s'arrêtant définitivement à vingt ans pour s'en aller vers un autre destin, en Afrique, d'où il reviendra pour mourir à Marseille.
Les lettres contenues dans ce volume permettent d'ailleurs de découvrir l'autre Rimbaud : l'aventurier, au sens large du terme.
Rimbaud est ce qu'on pourrait appeler une comète : il est passé sans s'arrêter, nous abandonnant une traînée qui continuera de briller tant qu'il y aura des lecteurs pour lire ça…
« Les effarés
Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,
A genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le Boulanger faire
Le lourd pain blond.
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l'enfourne
Dans un trou clair.
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le Boulanger au gras sourire
Grogne un vieil air.
Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.
Quand pour quelque médianoche,
Façonné comme une brioche
On sort le pain,
Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,
Que ce trou chaud souffle la vie,
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,
Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres Jésus pleins de givre,
Qu'ils sont là tous,
Collant leurs petits museaux roses
Au treillage, grognant des choses
Entre les trous,
Tout bêtes, faisant leurs prières
Et repliés vers ces lumières
Du ciel rouvert,
Si fort qu'ils crèvent leur culotte
Et que leur chemise tremblote
Au vent d'hiver. »
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frandj
  08 juin 2016
C'est avec émotion que j'ai ouvert le livre des œuvres complètes de Rimbaud (dans la belle collection de la Pléiade) qui a appartenu à mon père. Je dis bien « ouvert », car il n'était pas question pour moi de les lire intégralement. Je ne suis pas vraiment passionné par la poésie, même si j'apprécie beaucoup certains poèmes de Baudelaire, de Verlaine, de Valéry ou d'Apollinaire par exemple.
Qu'est-ce qui me touche dans la poésie ? avant tout la musique des mots, le rythme, la fluidité des phrases, les images évoquées… Et pour moi, les sens suggérés par le poète sont en général attrayants, à la condition expresse qu'ils soient ni ésotériques, ni trop "empesés"; ils doivent conserver de la légèreté, de la simplicité. Et il me semble que chaque poème devrait être intelligible dès la première lecture, même si la signification des vers n'apparait pas aussitôt intégralement.
Dans le cas d'Arthur Rimbaud, avant même de commenter ses vers, il est difficile de passer sous silence la fascination qu'exerce ce personnage exceptionnel: il a écrit la quasi-totalité de son œuvre entre 16 et 20 ans ! Quelle que soit notre approche personnelle, nous restons pantois devant une telle audace, une telle maturité !
J'ai lu d'abord la première partie de ce volume, intitulé tout simplement "Poésies". Il m'est difficile de décider sans ambiguïté si ça m'a beaucoup plu, ou non. Certaines pièces sont de forme quasiment classique (par exemple "Le dormeur du val"), d'autres peuvent évoquer certaines poésies "scandaleuses" de Baudelaire (exemple: "Vénus anadyomène"), d'autres sont volontairement très provocatrices sur le plan social ou religieux (par exemple: "Le mal"), d'autres enfin me semblent trop obscures et/ou compliquées (exemple: "Le bateau ivre").
Pour illustrer mes difficultés, je peux considérer une pièce très célèbre comme "Voyelles". Je ne peux l'apprécier à sa juste valeur que par une explication de texte érudite, proposée par des spécialistes. Comment pourrais-je deviner que la correspondance imaginée entre les voyelles et les couleurs a certainement eu pour base, dans l'esprit de l'auteur, la forme de ces lettres ? par exemple, la graphie du O a rappelé à Rimbaud l'embouchure d'un clairon... De même, je serais incapable de sentir la subtilité poétique des vers, si on ne me suggérait pas explicitement des interprétations: « rois blancs » renvoie à des seins de femme, « golfes d'ombre » à la toison féminine, etc. Dans des œuvres aussi complexes, il est impossible de concilier la spontanéité poétique avec l'intelligence analytique.
Je trouve que Rimbaud a parfois une écriture heurtée et envahie par des mots surprenants qui sonnent plutôt mal. J'ai d'abord observé cette particularité un peu dans ses vers. J'ai été encore plus gêné par sa prose (ou sa poésie en prose), intitulée "Une saison en enfer". J’ai bien aimé le début: « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée »: ça, c'est vraiment de la poésie pour moi. Malheureusement, par la suite j’ai vite décroché: le style m'a semblé très pénible et, sur le fond, je n'ai à peu près rien compris…
J'ai sans doute une infirmité personnelle qui m'empêche d'apprécier cette œuvre en prose, qui est idolâtrée par d'autres lecteurs... Vous aurez compris que j'ai nettement préféré la plupart des poésies de Rimbaud que j'ai lues.
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Tatooa
  27 juin 2014
Rimbaud et Prévert, mes deux poètes préférés, sans doute parce que leur liberté s'exprime dans leurs poèmes, qui restent cependant accessibles à tous.
Je n'en lis plus beaucoup, c'était mes lectures d'adolescente et jeune adulte, tout cela, grâce à mon père qui possédait les oeuvres complètes de pas mal de ses auteurs préférés. Curieusement, j'aimais bien les poèmes de Victor Hugo, aussi...
De temps en temps, grâce à la magie d'internet, je me replonge dans ces vers et poésies, et c'est bien agréable, même si je n'en lis plus autant qu'avant.
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dedanso
  11 mai 2014
Je ne suis pas tellement amatrice de poésie.
J'avais été touchée au coeur par le Dormeur du Val (je le suis à chaque relecture). Je me suis donc laissée tenter par ses oeuvres complètes.
Il y a de vrais coups de coeur, comme les Effarés, Ce qui retient Nina, le Bal des pendus, Mes petites amoureuses... Il y a d'autres poèmes qui ne me parlent nullement (Le Bateau Ivre notamment, je ne comprends pas ce qu'on lui trouve....). Je trouve que ses poèmes en prose ne sont pas non plus ce qu'il a fait de mieux.
Raimbaud est cependant l'un des seuls poètes que je lis avec plaisir et que je n'ai pas peur de (re)découvrir. Je le trouve plus "poétique", avec beaucoup d'humour et de passion.
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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   11 octobre 2016
                     À Monsieur Théodore de Banville.

       CE QU’ON DIT AU POÈTE
        À PROPOS DE FLEURS
Charleville, Ardennes, 15 août 1871.


I
Ainsi, toujours, vers l’azur noir
Où tremble la mer des topazes,
Fonctionneront dans ton soir
Les Lys, ces clystères d’extases !

À notre époque de sagous,
Quand les Plantes sont travailleuses,
Le Lys boira les bleus dégoûts
Dans tes Proses religieuses !

— Le lys de monsieur de Kerdrel,
Le Sonnet de mil huit cent trente,
Le Lys qu’on donne au Ménestrel
Avec l’œillet et l’amarante !

Des lys ! Des lys ! On n’en voit pas !
Et dans ton Vers, tel que les manches
Des Pécheresses aux doux pas,
Toujours frissonnent ces fleurs blanches !

Toujours, Cher, quand tu prends un bain,
Ta Chemise aux aisselles blondes
Se gonfle aux brises du matin
Sur les myosotis immondes !

L’amour ne passe à tes octrois
Que les Lilas, — ô balançoires !
Et les Violettes du Bois,
Crachats sucrés des Nymphes noires !…

II
Ô Poètes, quand vous auriez
Les Roses, les Roses soufflées,
Rouges sur tiges de lauriers,
Et de mille octaves enflées !

Quand BANVILLE en ferait neiger,
Sanguinolentes, tournoyantes,
Pochant l’œil fou de l’étranger
Aux lectures mal bienveillantes !

De vos forêts et de vos prés,
Ô très paisibles photographes !
La Flore est diverse à peu près
Comme des bouchons de carafes !

Toujours les végétaux Français,
Hargneux, phtisiques, ridicules,
Où le ventre des chiens bassets
Navigue en paix, aux crépuscules ;

Toujours, après d’affreux desseins
De Lotos bleus ou d’Hélianthes,
Estampes roses, sujets saints
Pour de jeunes communiantes !

L’Ode Açoka cadre avec la
Strophe en fenêtre de lorette ;
Et de lourds papillons d’éclat
Fientent sur la Pâquerette.

Vieilles verdures, vieux galons !
Ô croquignoles végétales !
Fleurs fantasques des vieux Salons !
— Aux hannetons, pas aux crotales,

Ces poupards végétaux en pleurs
Que Grandville eût mis aux lisières,
Et qu’allaitèrent de couleurs
De méchants astres à visières !

Oui, vos bavures de pipeaux
Font de précieuses glucoses !
— Tas d’œufs frits dans de vieux chapeaux,
Lys, Açokas, Lilas et Roses !…

III
Ô blanc Chasseur, qui cours sans bas
À travers le Pâtis panique,
Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas
Connaître un peu ta botanique ?

Tu ferais succéder, je crains,
Aux Grillons roux les Cantharides,
L’or des Rios au bleu des Rhins, —
Bref, aux Norwèges les Florides :

Mais, Cher, l’Art n’est plus, maintenant,
— C’est la vérité, — de permettre
À l’Eucalyptus étonnant
Des constrictors d’un hexamètre ;

Là !… Comme si les Acajous
Ne servaient, même en nos Guyanes,
Qu’aux cascades des sapajous,
Au lourd délire des lianes !

— En somme, une Fleur, Romarin
Ou Lys, vive ou morte, vaut-elle
Un excrément d’oiseau marin ?
Vaut-elle un seul pleur de chandelle ?

— Et j’ai dit ce que je voulais !
Toi, même assis là-bas, dans une
Cabane de bambous, — volets
Clos, tentures de perse brune, —

Tu torcherais des floraisons
Dignes d’Oises extravagantes !…
— Poète ! ce sont des raisons
Non moins risibles qu’arrogantes !…

IV
Dis, non les pampas printaniers
Noirs d’épouvantables révoltes,
Mais les tabacs, les cotonniers !
Dis les exotiques récoltes !

Dis, front blanc que Phébus tanna,
De combien de dollars se rente
Pedro Velasquez, Habana ;
Incague la mer de Sorrente

Où vont les Cygnes par milliers ;
Que tes strophes soient des réclames
Pour l’abatis des mangliers
Fouillés des hydres et des lames !

Ton quatrain plonge aux bois sanglants
Et revient proposer aux Hommes
Divers sujets de sucres blancs,
De pectoraires et de gommes !

Sachons par Toi si les blondeurs
Des Pics neigeux, vers les Tropiques,
Sont ou des insectes pondeurs
Ou des lichens microscopiques !

Trouve, ô Chasseur, nous le voulons,
Quelques garances parfumées
Que la Nature en pantalons
Fasse éclore ! — pour nos Armées !

Trouve, aux abords du Bois qui dort,
Les fleurs, pareilles à des mufles,
D’où bavent des pommades d’or
Sur les cheveux sombres des Buffles !

Trouve, aux prés fous, où sur le Bleu
Tremble l’argent des pubescences,
Des calices pleins d’Œufs de feu
Qui cuisent parmi les essences !

Trouve des Chardons cotonneux
Dont dix ânes aux yeux de braises
Travaillent à filer les nœuds !
Trouve des Fleurs qui soient des chaises !

Oui, trouve au cœur des noirs filons
Des fleurs presque pierres, — fameuses ! —
Qui vers leurs durs ovaires blonds
Aient des amygdales gemmeuses !

Sers-nous, ô Farceur, tu le peux,
Sur un plat de vermeil splendide
Des ragoûts de Lys sirupeux
Mordant nos cuillers Alfénide !

V
Quelqu’un dira le grand Amour,
Voleur des sombres Indulgences :
Mais ni Renan, ni le chat Murr
N’ont vu les Bleus Thyrses immenses !

Toi, fais jouer dans nos torpeurs,
Par les parfums les hystéries ;
Exalte-nous vers les candeurs
Plus candides que les Maries…

Commerçant ! colon ! médium !
Ta Rime sourdra, rose ou blanche,
Comme un rayon de sodium,
Comme un caoutchouc qui s’épanche !

De tes noirs Poèmes, — Jongleur !
Blancs, verts, et rouges dioptriques,
Que s’évadent d’étranges fleurs
Et des papillons électriques !

Voilà ! c’est le Siècle d’enfer !
Et les poteaux télégraphiques
Vont orner, — lyre aux chants de fer,
Tes omoplates magnifiques !

Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre !
— Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère

Qu’on doive lire de Tréguier
À Paramaribo, rachète
Des Tomes de Monsieur Figuier,
— Illustrés ! — chez Monsieur Hachette !

                                Alcide Bava.
                                    A. R.
                               14 juillet 1871.

pp.55//60
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PiatkaPiatka   07 mai 2014
AUBE

J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte.
Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes ; et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand-ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.
L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

ILLUMINATIONS
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KarineBellocqKarineBellocq   31 mai 2010
Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.
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palamedepalamede   27 juin 2019
Les soirs d’été…

Les soirs d’été, sous l’œil ardent des devantures
Quand la sève frémit sous les grilles obscures
Irradiant au pied des grêles marronniers,
Hors de ces groupes noirs, joyeux ou casaniers,
Suceurs du brûle-gueule ou baiseurs du cigare,
Dans le Kiosque mi-pierre étroit où je m’égare,
– Tandis qu’en haut rougeoie une annonce d’Ibled, –
Je songe que l’hiver figera le Tibet
D’eau propre qui bruit, apaisant l’onde humaine,
– Et que l’âpre aquilon n’épargne aucune veine.


(Album Zutique)
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PiatkaPiatka   16 avril 2015
VOYELLES

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

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Videos de Arthur Rimbaud (172) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Rimbaud
Arthur RIMBAUD – À travers les dessins de VERLAINE, NOUVE AU & DELAHAYE (DOCUMENTAIRE 2006) Un court documentaire dans lequel Yves Peyré, directeur de la Bibliothèque littéraire Jacques Peyré, présente un fond de dix-neuf dessins que les proches du poète s'échangèrent, entre 1873 et 1877, avant son départ pour l'Afrique. Un documentaire intitulé 'Prélude au grand départ', réalisé par Micheline Paintault, en 2006, pour SCÉRÉN-CNDP.
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