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Pierre Brunel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253096368
245 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.27/5 (sur 294 notes)
Résumé :
Après Une Saison en enfer et les Illuminations, déjà publiées dans la collection Arléa-Poche, voici le dernier volet de la production du poète : les oeuvres en vers. Rimbaud n'a jamais publié de recueil de poésies. Son oeuvre poétique se présente donc comme un tourbillon de feuilles volantes, dans lequel Remi Duhart a tenté de mettre un peu d'ordre. Sous le titre Poésies, on trouvera l'ensemble de l'oeuvre en vers du poète, du " Cahier de Douai " à l'" Album Zutique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Alexein
  06 septembre 2017
La vertu de ce genre d'oeuvre est de faire lâcher prise. Comment s'accrocher au texte pour tenter d'en comprendre le sens ? C'est un maelström, une tempête qui fait feu de tout, mélange, emporte. Il y a de la synesthésie, des associations de sens et d'idées inédites qui mettent l'esprit sens dessus dessous. La sensation est rafraîchissante. Ça ameublit le cerveau comme on bêche pour ameublir la terre. C'est nouveau, c'est baroque, c'est fulgurant.
Et probablement que l'on passe à côté de cette oeuvre si l'on essaie d'y comprendre quelque chose. Il me semble que c'est surtout pour son effet de sidération qu'elle charme. M'envoûte-t-elle ? Non. Mais elle produit assurément un effet de relâchement très puissant. Les figures, les images glissent de manière tantôt suave et tantôt piquante sur ce toboggan de mots.
J'entre dans un palais aux miroirs, prodigieux labyrinthe où la fantaisie apparaît plus utile que la raison. le texte semble me dire : « Laisse-toi emporter dans le vertige. » Était-ce un voyant ? Il garde encore aujourd'hui le bénéfice du doute. Il faut rappeler que cette rédaction suit un traumatisme (deux coups de revolver dans le bras). Qui sait dans quel état pareille épreuve pourrait jeter le plus cartésien des hommes, quelles affres il endurerait ? Faut-il être hypersensible pour percevoir et ressentir dans sa totalité l'émotion qui engendra ce texte ? Je l'ignore. Mais je crois que la distorsion extrême de cette oeuvre embrouille trop le canevas pour que je puisse y broder des motifs bien définis et y trouver ma propre résonance.
Ici se déverse le langage sibyllin d'un être dont la sensibilité est excitée à l'extrême : les mots sont à fleur de peau : il les goûte, il les respire, il les étreint. Seule une expérience extrême permet un tel vertige. Et le récit d'une expérience transcendante ne pouvait être qu'énigmatique, et probablement pas entièrement intelligible pour son auteur même. Car c'est son subconscient qui parle et la langue qu'il emploie peine à porter un tel message. C'est comme un rêve, un délire : incongru, bizarre, abscons et dérangeant car fortement condensé. Dans une expérience traumatique, pendant un dixième de seconde élastique on voit défiler un tas d'images, ce qu'on résume par l'expression « voir sa vie défiler ».
L'aspect décousu donne une liberté immense à l'interprétation. Un mot peut chatoyer ou piquer, apaiser ou exciter. On peut même se détacher des images pour sentir uniquement la musique des mots et le souffle qui les embrase. Dans ce tourbillon, ce flux de pensée frénétique, Rimbaud semble mêler sous la dictée d'une voix intérieure d'oracle des symboles (ou des morceaux de symboles) très personnels et en assembler une fresque composite, un patchwork qui serait une mosaïque dynamique et qui ne se laisserait pas fixer par une interprétation définitive.
C'est néanmoins un lâcher-prise qui fait du bien, une sorte de fonte et de refondation de la notion de sérieux, un grand remue-ménage. La grande contribution de Rimbaud, c'est peut-être cette part d'insouciance retrouvée. Cette lecture m'a fait perdre la notion du temps et l'espace lui-même a pris une autre dimension. C'est le puissant effet hypnotique dû aux ellipses. Tous les repèrent fondent, s'évanouissent puis à la fin se refaçonnent. C'est un drôle de voyage.
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Gwen21
  22 octobre 2015
"Une saison en enfer" est un long poème aux accents d'oraison funèbre, au mysticisme halluciné et aux saveurs soufrées. Rimbaud, le "poète maudit" de la Bohème, exprime ici une profonde désespérance en la société tout en renouvelant sa foi en la nature.
Si je reconnais la beauté de la langue et le souffle de l'inspiration qui ont fait naître dans mon esprit de terribles scènes de damnation, j'avoue plus de goût pour une poésie moins lugubre. Aussi n'ai-je pas complètement pénétré les délires opiacés du poète, sans doute parce que mon amour pour la vie m'empêche de pleinement me projeter dans les limbes de l'Enfer !
Je ne commenterai pas davantage ni ne développerai plus avant mon ressenti ; la poésie - même si elle est universelle comme c'est le cas ici - appelle une approche individuelle qui éveillera ou non de vibrants échos dans le coeur et l'âme de chaque lecteur.

Challenge 19ème siècle 2015
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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michfred
  17 avril 2015
Rimbaud raconte Arthur et Paul. Arthur revit la folle équipée de Rimbaud et Verlaine, de l'époux infernal et de la vierge folle.
Sauf que ce long poème en prose,qu'on pourrait voir comme un récit coupé en chapitres ou comme les scènes successives d'un drame, n'a rien d'une autobiographie, et tout d'une expérience , d'une quête menée farouchement jusqu'à son terme, sans concession, sans répit, sans apitoiement, sans fausse pudeur.
Et dans cette Saison en Enfer -qu'on a longtemps crue le "testament poétique" de Rimbaud, avant de comprendre que certaines des Illuminations avaient été écrites après cet adieu présumé à la poésie- le poète -voleur- de -feu cueille quelques étincelles magiques: la couleur des voyelles, le dévouement intégral du poète à son but, quoi qu'il puisse lui en coûter, en somme il trace la route non vers l'enfer mais vers des voies nouvelles que va, derrière ce jeune fou libertaire, emprunter toute la poésie moderne.
Fausse autobiographie poétique, donc, et vraie avancée dans la jungle des mots et des images.
L'époux infernal nous ouvre les "portes de corne et d'ivoire" que voulait déjà ouvrir Nerval, rejoint et dépasse Baudelaire "au fond de l'Inconnu pour trouver du Nouveau" et file loin devant...épuisant" tous les vertiges" , cultivant toutes les folies ....avant de partir en Abyssinie faire du trafic d'armes...Autre aventure.
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Cer45Rt
  23 mai 2019
"Une saison en enfer" m'a beaucoup déçu !... Et dire que j'étais persuadé que j'allais beaucoup aimé lire, adoré lire même, cette oeuvre de Rimbaud !... Et quelle surprise, quelle mauvaise surprise en l'occurrence que cette déception !...
Pourtant, j'aime bien Rimbaud, je n'ai rien contre la poésie en prose, de façon générale, du moins ; n'ai-je pas beaucoup aimé lire des recueils de poèmes en prose de Baudelaire ou de Saint-John Perse ?... Non !... Ici, cela concerne spécialement la poésie en prose de Rimbaud, ou du moins ce texte de Rimbaud, appartenant au genre de la poésie en prose. Je n'ai pas perçue, il faut bien l'admettre la moindre portée poétique à ce texte, ou plutôt, si, j'ai perçu une portée poétique, mais dans la thématique !... Dans la thématique, dans le sujet, dans le thème, oui, il y a de la poésie !... Oui, c'est poétique, ces thématiques !... Mais toutefois, cela ne suffit pas ; une thématique en elle-même n'est rien, rien si elle n'est pas heureusement développée. Et, hélas… le développement n'y est pas vraiment. le développement, c'est la manière de tourner l'idée, la manière de la compléter, bref… La manière de la développer, de faire de l'idée brute quelque chose de valable !...
Mais il y a pis encore : la langue, le style de Rimbaud, auquel je n'ai vraiment, vraiment pas accroché. Mais qu'est-ce que ce style, bon sang ?!… Que ce style banal, que ce tissu de phrases que rien, du point de vue du style littéraire, du moins, ne caractérise particulièrement ?... C'est d'une platitude, pire en matière de phrasé banal que Flaubert lorsqu'il écrit "Madame Bovary" ( et c'est beaucoup dire !... ) !... Comment appeler ce ramassis de phrases sans rythme, sans vocabulaire particulièrement truculent ou soutenu, sans verve, sans lyrisme, bref : sans rien !...
Bref, je ne m'attarde pas plus dessus, c'est là un bien mauvais texte à mes yeux, en tout cas.
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chartel
  11 juillet 2010
Est-ce osé de palabrer sur un grand homme de la littérature ? de donner un avis sur le poète devenu mythe, Arthur Rimbaud ?
Si je pose la question c'est qu'au fond de moi, je ressens un malaise à me lancer dans cette sorte de prétention. Mais n'est-ce pas justement parce que l'oeuvre de Rimbaud est universelle et éternellement ouverte et riche qu'elle peut être l'objet d'une glose infinie, même de la part du plus commun des lecteurs ?
En débutant par "Une saison en enfer" je me facilite peut-être un peu la tâche, car ces poèmes en prose nous entraînent sans précaution aucune dans un monde de liberté et d'espérance (il en a encore à ce moment là) proche de celui de Friedrich Nietzsche, cherchant à briser les liens de la morale et l'esthétique bourgeoise qui impose académiquement son sens clos et rassurant, comme l'a dit Roland Barthes. Un univers bourgeois de l'immanence, où tout phénomène a son propre terme en lui-même par un simple mécanisme de retour.
Il y a donc matière à discourir et à s'extasier devant tant de nouveauté, la poésie de Rimbaud ouvrant les portes d'un univers inexploré car impensable et impensé jusqu'alors. Comme le dit Jean-Luc Steinmetz dans sa brillante préface, j'ai vécu un étonnement devant cette « singularité absolue », cette poésie « aux accents de malédiction », touchant « ce qu'il y a d'enfoui dans les êtres ». « Singularité de Rimbaud qui étrangement fait qu'à s'éprouver le plus seul on se retrouve près de lui, dans le sursaut de la bête traquée. »
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 février 2015
J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps.
D'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilège ; — oh ! tous les vices, colère, luxure, — magnifique, la luxure ; — surtout mensonge et paresse.
J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. — Quel siècle à mains ! — Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honneur de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme les châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal.
Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. […]

MAUVAIS SANG.
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MorganeJollivetMorganeJollivet   04 juin 2012
Avec ses baisers et ses étreintes amies, c'était bien un ciel, un sombre ciel, où j'entrais, et où j'aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j'en prenais l'habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait : 'Comme ça te paraîtra drôle, quand je n'y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n'auras plu mes bras sous ton cou, ni mon cœur pour t'y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu'il faudra que je m'en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j'en aide d'autres : c'est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant..., chère âme...' Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l'ombre la plus affreuse : la mort. Je lui faisais promettre qu'il ne me lâcherait pas. Il l'a faite vingt fois, cette promesse d'amant. C'était aussi frivole que moi lui disant : "Je te comprends".
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michfredmichfred   17 avril 2015

L’ALCHIMIE DU VERBE
A moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais
dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie modernes.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques,
enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques
sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras
vieux, refrains niais, rythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques
sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races
et de continents : je croyais à tous les enchantements.
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michfredmichfred   17 avril 2015
J'inventai la couleur des voyelles ! -
A
noir,
E
blanc,
I
rouge,
0
bleu,
U
vert. - Je
réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je
me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je
réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable.
Je fixais des vertiges
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DerfuchsDerfuchs   20 juin 2020
Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère — Et je l’ai injuriée.
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Vidéo de Arthur Rimbaud
Arthur RIMBAUD – À travers les dessins de VERLAINE, NOUVE AU & DELAHAYE (DOCUMENTAIRE 2006) Un court documentaire dans lequel Yves Peyré, directeur de la Bibliothèque littéraire Jacques Peyré, présente un fond de dix-neuf dessins que les proches du poète s'échangèrent, entre 1873 et 1877, avant son départ pour l'Afrique. Un documentaire intitulé 'Prélude au grand départ', réalisé par Micheline Paintault, en 2006, pour SCÉRÉN-CNDP.
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