AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Pierre Brunel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253096369
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.23/5 (sur 256 notes)
Résumé :
Après Une Saison en enfer et les Illuminations, déjà publiées dans la collection Arléa-Poche, voici le dernier volet de la production du poète : les oeuvres en vers. Rimbaud n'a jamais publié de recueil de poésies. Son oeuvre poétique se présente donc comme un tourbillon de feuilles volantes, dans lequel Remi Duhart a tenté de mettre un peu d'ordre. Sous le titre Poésies, on trouvera l'ensemble de l'oeuvre en vers du poète, du " Cahier de Douai " à l'" Album Zutique... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Alexein
  06 septembre 2017
La vertu de ce genre d'oeuvre est de faire lâcher prise. Comment s'accrocher au texte pour tenter d'en comprendre le sens ? C'est un maelström, une tempête qui fait feu de tout, mélange, emporte. Il y a de la synesthésie, des associations de sens et d'idées inédites qui mettent l'esprit sens dessus dessous. La sensation est rafraîchissante. Ça ameublit le cerveau comme on bêche pour ameublir la terre. C'est nouveau, c'est baroque, c'est fulgurant.
Et probablement que l'on passe à côté de cette oeuvre si l'on essaie d'y comprendre quelque chose. Il me semble que c'est surtout pour son effet de sidération qu'elle charme. M'envoûte-t-elle ? Non. Mais elle produit assurément un effet de relâchement très puissant. Les figures, les images glissent de manière tantôt suave et tantôt piquante sur ce toboggan de mots.
J'entre dans un palais aux miroirs, prodigieux labyrinthe où la fantaisie apparaît plus utile que la raison. le texte semble me dire : « Laisse-toi emporter dans le vertige. » Était-ce un voyant ? Il garde encore aujourd'hui le bénéfice du doute. Il faut rappeler que cette rédaction suit un traumatisme (deux coups de revolver dans le bras). Qui sait dans quel état pareille épreuve pourrait jeter le plus cartésien des hommes, quelles affres il endurerait ? Faut-il être hypersensible pour percevoir et ressentir dans sa totalité l'émotion qui engendra ce texte ? Je l'ignore. Mais je crois que la distorsion extrême de cette oeuvre embrouille trop le canevas pour que je puisse y broder des motifs bien définis et y trouver ma propre résonance.
Ici se déverse le langage sibyllin d'un être dont la sensibilité est excitée à l'extrême : les mots sont à fleur de peau : il les goûte, il les respire, il les étreint. Seule une expérience extrême permet un tel vertige. Et le récit d'une expérience transcendante ne pouvait être qu'énigmatique, et probablement pas entièrement intelligible pour son auteur même. Car c'est son subconscient qui parle et la langue qu'il emploie peine à porter un tel message. C'est comme un rêve, un délire : incongru, bizarre, abscons et dérangeant car fortement condensé. Dans une expérience traumatique, pendant un dixième de seconde élastique on voit défiler un tas d'images, ce qu'on résume par l'expression « voir sa vie défiler ».
L'aspect décousu donne une liberté immense à l'interprétation. Un mot peut chatoyer ou piquer, apaiser ou exciter. On peut même se détacher des images pour sentir uniquement la musique des mots et le souffle qui les embrase. Dans ce tourbillon, ce flux de pensée frénétique, Rimbaud semble mêler sous la dictée d'une voix intérieure d'oracle des symboles (ou des morceaux de symboles) très personnels et en assembler une fresque composite, un patchwork qui serait une mosaïque dynamique et qui ne se laisserait pas fixer par une interprétation définitive.
C'est néanmoins un lâcher-prise qui fait du bien, une sorte de fonte et de refondation de la notion de sérieux, un grand remue-ménage. La grande contribution de Rimbaud, c'est peut-être cette part d'insouciance retrouvée. Cette lecture m'a fait perdre la notion du temps et l'espace lui-même a pris une autre dimension. C'est le puissant effet hypnotique dû aux ellipses. Tous les repèrent fondent, s'évanouissent puis à la fin se refaçonnent. C'est un drôle de voyage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          424
Gwen21
  22 octobre 2015
"Une saison en enfer" est un long poème aux accents d'oraison funèbre, au mysticisme halluciné et aux saveurs soufrées. Rimbaud, le "poète maudit" de la Bohème, exprime ici une profonde désespérance en la société tout en renouvelant sa foi en la nature.
Si je reconnais la beauté de la langue et le souffle de l'inspiration qui ont fait naître dans mon esprit de terribles scènes de damnation, j'avoue plus de goût pour une poésie moins lugubre. Aussi n'ai-je pas complètement pénétré les délires opiacés du poète, sans doute parce que mon amour pour la vie m'empêche de pleinement me projeter dans les limbes de l'Enfer !
Je ne commenterai pas davantage ni ne développerai plus avant mon ressenti ; la poésie - même si elle est universelle comme c'est le cas ici - appelle une approche individuelle qui éveillera ou non de vibrants échos dans le coeur et l'âme de chaque lecteur.

Challenge 19ème siècle 2015
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
Commenter  J’apprécie          320
michfred
  17 avril 2015
Rimbaud raconte Arthur et Paul. Arthur revit la folle équipée de Rimbaud et Verlaine, de l'époux infernal et de la vierge folle.
Sauf que ce long poème en prose,qu'on pourrait voir comme un récit coupé en chapitres ou comme les scènes successives d'un drame, n'a rien d'une autobiographie, et tout d'une expérience , d'une quête menée farouchement jusqu'à son terme, sans concession, sans répit, sans apitoiement, sans fausse pudeur.
Et dans cette Saison en Enfer -qu'on a longtemps crue le "testament poétique" de Rimbaud, avant de comprendre que certaines des Illuminations avaient été écrites après cet adieu présumé à la poésie- le poète -voleur- de -feu cueille quelques étincelles magiques: la couleur des voyelles, le dévouement intégral du poète à son but, quoi qu'il puisse lui en coûter, en somme il trace la route non vers l'enfer mais vers des voies nouvelles que va, derrière ce jeune fou libertaire, emprunter toute la poésie moderne.
Fausse autobiographie poétique, donc, et vraie avancée dans la jungle des mots et des images.
L'époux infernal nous ouvre les "portes de corne et d'ivoire" que voulait déjà ouvrir Nerval, rejoint et dépasse Baudelaire "au fond de l'Inconnu pour trouver du Nouveau" et file loin devant...épuisant" tous les vertiges" , cultivant toutes les folies ....avant de partir en Abyssinie faire du trafic d'armes...Autre aventure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
chartel
  11 juillet 2010
Est-ce osé de palabrer sur un grand homme de la littérature ? de donner un avis sur le poète devenu mythe, Arthur Rimbaud ?
Si je pose la question c'est qu'au fond de moi, je ressens un malaise à me lancer dans cette sorte de prétention. Mais n'est-ce pas justement parce que l'oeuvre de Rimbaud est universelle et éternellement ouverte et riche qu'elle peut être l'objet d'une glose infinie, même de la part du plus commun des lecteurs ?
En débutant par "Une saison en enfer" je me facilite peut-être un peu la tâche, car ces poèmes en prose nous entraînent sans précaution aucune dans un monde de liberté et d'espérance (il en a encore à ce moment là) proche de celui de Friedrich Nietzsche, cherchant à briser les liens de la morale et l'esthétique bourgeoise qui impose académiquement son sens clos et rassurant, comme l'a dit Roland Barthes. Un univers bourgeois de l'immanence, où tout phénomène a son propre terme en lui-même par un simple mécanisme de retour.
Il y a donc matière à discourir et à s'extasier devant tant de nouveauté, la poésie de Rimbaud ouvrant les portes d'un univers inexploré car impensable et impensé jusqu'alors. Comme le dit Jean-Luc Steinmetz dans sa brillante préface, j'ai vécu un étonnement devant cette « singularité absolue », cette poésie « aux accents de malédiction », touchant « ce qu'il y a d'enfoui dans les êtres ». « Singularité de Rimbaud qui étrangement fait qu'à s'éprouver le plus seul on se retrouve près de lui, dans le sursaut de la bête traquée. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
brigittelascombe
  26 avril 2012
"Je suis caché et je ne le suis pas"
Ce vers d'Arthur Rimbaud (poète surdoué du XIX° siècle) montre à lui seul son ambivalence entre chute dans le désespoir, remise en cause de la foi et élans,désirs de vérité,de liberté; alors qu'il s'extrait avec peine (et s'embourbe tour à tour dans..) de sa douloureuse (et dangereuse puisqu'il est blessé d'un coup de révolver) liaison avec Verlaine.
C'est dans ce contexte de violence, qui le brûle, enflamme ses vers et endiable son rythme, qu'il écrit Une saison en enfer : autographes, poèmes modernes (Vers nouveaux: une expérience d'écriture. ex: "Oisive jeunesse/ A tout asservie/Par délicatesse/ J'ai perdu ma vie") aux alexandrins "démembrés" parfois non rimés où la révolte émerge de l'inconscient, le regret sourd; prose poétique des Déserts de l'amour au monde hallucinatoire triste et d' Une saison en enfer (délire, combat spirituel, autodérision) et Correspondance (autographes).
Cette tentative de reconstruction du "moi" brisé, cette inspiration destructrice (d'un damné)menée de main de maître a engendré une écriture étincelante!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 février 2015
J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps.
D'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilège ; — oh ! tous les vices, colère, luxure, — magnifique, la luxure ; — surtout mensonge et paresse.
J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. — Quel siècle à mains ! — Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honneur de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme les châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal.
Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. […]

MAUVAIS SANG.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
MorganeJollivetMorganeJollivet   04 juin 2012
Avec ses baisers et ses étreintes amies, c'était bien un ciel, un sombre ciel, où j'entrais, et où j'aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j'en prenais l'habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait : 'Comme ça te paraîtra drôle, quand je n'y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n'auras plu mes bras sous ton cou, ni mon cœur pour t'y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu'il faudra que je m'en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j'en aide d'autres : c'est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant..., chère âme...' Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l'ombre la plus affreuse : la mort. Je lui faisais promettre qu'il ne me lâcherait pas. Il l'a faite vingt fois, cette promesse d'amant. C'était aussi frivole que moi lui disant : "Je te comprends".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
michfredmichfred   17 avril 2015
J'inventai la couleur des voyelles ! -
A
noir,
E
blanc,
I
rouge,
0
bleu,
U
vert. - Je
réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je
me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je
réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable.
Je fixais des vertiges
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
michfredmichfred   17 avril 2015

L’ALCHIMIE DU VERBE
A moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais
dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie modernes.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques,
enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques
sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras
vieux, refrains niais, rythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques
sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races
et de continents : je croyais à tous les enchantements.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
AlexeinAlexein   29 août 2017
La vie est la farce à mener par tous.
Ah ! Voici la punition. — En marche !
Commenter  J’apprécie          338
Videos de Arthur Rimbaud (153) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Rimbaud
Valérie Garcia est professeur de lettres modernes au collège La Vanoise à Modane. Avec sa classe de 3e, elle a utilisé l'application de lecture numérique Glose (https://glose.com) pour proposer la lecture de quatre recueils de poésies sur le thème "Visions poétiques du monde". Les élèves devaient lire et étudier, un corpus de poèmes sur le thème du voyage poétique, qui comprenait par exemple "Le Bateau ivre" de Rimbaud, "Zone" d'Apollinaire ou "La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" de Cendrars, avec en contre-point des poésies plus contemplatives de Jaccottet. Hormis ces points d'étape imposés, les élèves étaient libres de dégager leur propre parcours de lecture personnel dans chacun des recueils. On part de la lecture subjective et collaborative des élèves pour construire une lecture littéraire des poèmes.
Voici les avantages de Glose sur cette séquence de travail : * Glose favorise la continuité entre le travail à la maison et le travail en classe. * La lecture collaborative est facilitée par le dialogue dans les marges du livre. La démarche d'analyse s'appuie sur les réceptions individuelles des poèmes. * Les matériaux de lecture recueillis par les élèves au fil de leurs lectures ont débouché sur des écritures individuelles et collaboratives, de réflexion et de création, pour une appropriation plus personnelle des textes. * La lecture sur Glose offre une vue privilégiée sur la lecture réelle des élèves et facilite un suivi différencié. C'est aussi un retour sur sa propre activité enseignante pour vérifier les acquisitions et prévoir les ajustements didactiques nécessaires.
Vous enseignez ? Vous cherchez un outil pour vous aider à transmettre le goût de la lecture à vos élèves ? Glose est fait pour vous :) Dans notre librairie en ligne, vous trouverez plus d'un million de livres en français et en anglais : fiction, essais, éducation, sciences humaines, philosophie, etc. Des dizaines de grands classiques gratuits au programme des collèges et lycées sont disponibles. N'hésitez pas à nous contacter, nous pouvons vous accompagner dans la mise en place de l'outil au sein de votre classe ou de votre établissement. Pour nous écrire, c'est par ici : hello@glose.com Vous pouvez nous suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/GloseFrance Et sur Twitter : https://twitter.com/Glose_France
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Rimbaud

Quel est son prénom ?

Charles
Arthur
Paul
Alphonse

10 questions
305 lecteurs ont répondu
Thème : Arthur RimbaudCréer un quiz sur ce livre