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ISBN : 2213701903
Éditeur : Fayard (11/01/2017)

Note moyenne : 3.11/5 (sur 19 notes)
Résumé :
« Qu’est-ce qu’une vie réussie ? » Au bic, Jeanine recopie la question sur un post-it, puis, comme chaque jour, part marcher. Croisant, au cours de ses dérives, divers visages : un architecte syrien fuyant son pays, un danseur étoile moscovite, une mythomane espagnole…
Ne sous-estime-t-on pas, d’ordinaire, l’amplitude des voyages intérieurs suscités par ces rencontres fortuites ?
Sans doute fallait-il, pour en prendre la mesure, le regard d’un proche.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
02 mars 2017
Un portrait de femme, une réflexion sur le rôle de la littérature, un plaidoyer pour davantage de fraternité et d'ouverture vers les autres : les différents niveaux de lecture du premier roman de Blandine Rinkel en font sa force et sa richesse.
Au soir de sa vie, Jeanine n'a rien de l'aventurière, n'est pas victime ou coupable d'un quelconque crime et n'a pas davantage vécu un épisode hors du commun. Une femme ordinaire à la vie banale qui a choisi cette vie rangée, avec «un penchant pour la liberté qu'offre l'abandon des prétentions
Un mari dont elle va finir par divorcer, une famille, un poste d'enseignante qui voit défiler des volées d'élèves jusqu'à la retraite, un pavillon à Rezé dans la banlieue de Nantes : fini l'adrénaline de l'ambition ! On pourrait résumer ainsi son existence, en y ajoutant une pratique que la narratrice – sa fille – appelle le «rosissement d'argent» et qui consiste «à faire disparaître ses fonds propres pour financer les causes les plus bizarres». Mais elle ne donne pas seulement son argent, mais aussi son temps et son logement, de préférence à des marginaux de tout poil.
C'est ainsi que sa route va croiser des réfugiés, des repris de justice, des immigrés ou plus simplement des compatriotes qui suscitent son intérêt. Attardons-nous sur deux d'entre eux, à commencer par Moussa qui a quitté la Syrie via la Tunisie pour débarquer en France. Accueilli et aidé par Jeanine, il va brusquement disparaître. Alors qu'il semble évident qu'il s'est radicalisé et a rejoint l'armée islamique, Jeanine pense que «c'est une allégeance dans laquelle il a dû se laisser entraîner» car «c'était un gentil garçon.» Ce que l'on peut appeler de la naïveté est bien davantage une philosophie de vie, une «sorte de pouvoir magique vous permettant, en dépit d'un réel ou d'un virtuel décevant, de régénérer votre innocence à l'infini.»
Toutefois, et sans manichéisme, on va découvrir que cet optimisme n'est qu'ne façade. Les nuits de Jeanine, ponctuées de crises de somnambulisme, révèlent l'empreinte profonde laissée par ces expériences. «C'est comme si toutes les angoisses qui ne la visitaient pas le jour, face aux repris de justice, aux femmes battues et autres soldats de Daech, se déchargeaient en elle pendant la nuit.»
Autre rencontre, autre exemple. Barnabé s'amuse à récolter des photos d'identité déchirées ou encore des lettres ou petits mots tombés des poches. Ce collectionneur, «sorte d'Amélie Poulain viril de la Bretagne», répond à sa manière à la question que pose la romancière sur son rôle et sur celui du roman qu'elle écrit. Elle a la «conviction que chaque vie, même et surtout la plus anodine en apparence, vaut d'être écrite et pensée; chacun de ceux qui ont honnêtement traversé ce monde est digne qu'on lui construise, à tout le moins rétrospectivement, une destinée, et non seulement car celle-ci confère du poids aux gestes, mais aussi parce qu'elle renseigne sur la manière dont chacun, mis en confiance, peut être aimé. Il nous faudrait écrire un livre sur chacun de nos proches, pour apprendre, au gré des pages, combien, comment, nous les aimons. »
Avec beaucoup de délicatesse et au-delà des destins qui un jour croisent la route de Jeanine, ceux de Brenda l'Américaine, de Vincent le Péruvien, de Bernard, d'Adarsh, de Kareski, d'Hortense et de tous les autres, Blandine Rinkel nous montre ce que pourrait – ce que devrait – être une mise en pratique au quotidien de la devise qui figure sur tous les frontons de nos mairies. Voilà comment un portrait de femme ordinaire devient un programme politique. Sans doute aussi déstabilisant que salutaire !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Tlivrestarts
06 janvier 2017
Je me rends compte que je prends goût aux 1ers romans... d'autant qu'il s'agit du dernier crû, de celui de 2017 qui n'est même pas encore sorti en librairie, l'aventure a quelque chose de grisant je l'avoue. Un grand merci aux Editions Fayard et à Netgalley !
Jeanine est retraitée de l'enseignement, elle est séparée de son mari. Elle fait partie de ces femmes actives, toujours en route, en train de faire quelque chose, et qui passe sa vie à aider, soutenir, accueillir, réchauffer les autres. Elle vit seule dans une grande maison, dans un lotissement de Rezé, une bourgade de Loire Atlantique. C'est dans sa cuisine aux teintes fuchsia qu'elle partage régulièrement des crêpes et un verre de cidre avec des personnes isolées, fragiles, exclues, invisibles... Quand elle était en activité, elle profitait de ses vacances pour parcourir le monde. Depuis qu'elle est à la retraite, ce sont les autres qui la font voyager.
Ce roman est un magnifique portrait brossé par une fille de sa mère, portrait empreint de tendresse et d'amour. Adulte, la narratrice a choisi de laisser une trace de l'action de cette mère attentionnée qui croit profondément en l'humain et qui se nourrit des différences des autres.
"Or nulle autre raison, derrière ces explorations linguistiques, que la volonté de rencontrer des êtres toujours plus différents, toujours plus lointains, nulle autre envie que celle de se confronter à l'hétéroclite en vue d'élargir le spectre des possibles existentiels."
Jeanine a bien compris ce que peuvent lui apporter Moussa, Hortense et les autres. Bien sûr, les parcours sont chahutés, les relations souvent éphémères, les prises de risques importantes surtout quand Jeanine offre son toit. Des aventures, elle en a vécu, au risque de se froisser avec ses voisins qui ne voient pas d'un très bon oeil arriver ces migrants et autres marginaux dans leur quartier résidentiel. Mais chaque fois, Jeanine sait prendre les choses en main et s'en sortir sans dommage. "
Mais plus que ça, Jeanine a soif d'utilité, comme peut-être de nombreux bénévoles aujourd'hui qui trouvent dans leurs activités associatives un moyen de vérifier qu'ils ont encore un rôle à jouer dans la société.
"A présent persuadée de sa vanité fondamentale, Jeanine aime qu'on lui redonne, pour un temps, un sentiment d'utilité."
Et quand vient la fin de la journée, que Jeanine se retrouve seule et qu'elle mesure le chemin parcouru, elle ressent un sentiment de complétude :
"[...] mais ce soir-là elle se sentira pleine, remplie de vies et de mémoires, d'histoires, de sentiments, et marchant près de sa grande maison vide, enivrée de tous ces visages croisés, elle pensera à demain [...], et son attente croît, brille, et comme tous les jours la nuit tombe, et comme tous les jours il y aura un ciel."
Jeanine se fait du bien, c'est indéniable. Mais elle fait du bien aux autres aussi. Grâce à ce climat de confiance qu'elle instaure, grâce à cette reconnaissance qu'elle accorde, Jeanine permet aux êtres humains qu'elle croise sur son chemin de prendre toute leur place.
"L'indifférence, quand elle se fait sport d'endurance, peut devenir une véritable arme de destitution des prétentions."
Un petit clin d'oeil au titre du roman !
Parlons de l'écriture de Blandine RINKEL justement. Je l'ai beaucoup aimé. Je me suis laissée porter par sa prose. Et quand elle joue avec les mots, alors là, je craque !
"Car il s'agit de la glycémie de l'amour et bien qu'elle n'y ait elle même que très peu goûté, faute d'opportunités, cette friandise l'attire, réveillant en elle quelque gourmandise secrète dont elle vous montre rapidement, au détour d'un sourire ou d'une intonation rose, la cachette d'espérance, avant d'aussitôt la refermer."
Ce roman, c'est un peu comme un bonbon qu'on laisse fondre tendrement...
Jeanine nous offre une réponse à la question qui figure sur un post-it collé sur son frigo : "Qu'est ce qu'une vie réussie ?"
Et vous, quelle est la vôtre ?
Sortie en librairie le 11 janvier 2017
Lien : http://k6.re/9rRGC
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Tastevin
06 mai 2017
Blandine Rinkel est une jeune auteure au visage avenant, disposant de surcroît d'une allure de danseuse étoile. le lecteur habitué aux dégaines insipides des femmes de lettre façon Yourcenar ou Françoise Sagan a du mal de se convaincre que, derrière ce physique séduisant, se cache un authentique écrivain. La lecture du livre « l'abandon des prétentions » devrait lui ôter toute incertitude.
L'éditeur Fayard propose cet ouvrage sous le genre roman. Les 240 pages qui le composent sont divisées en 65 chapitres qui sont autant de courts récits lesquels pourraient s'apparenter à des nouvelles comme on peut en trouver dans « les vies minuscules » de Pierre Michon. En fait, un lien unit ces récits. Il s'agit de la propre mère de l'auteure décrite le plus souvent avec bienveillance mais quelque fois avec une ironie un peu rosse (« ma bovidé de mère »). Jeannine, car tel est son prénom, est une sexagénaire un peu fantasque, qui rencontre, se lie et accueille sous son toit des personnes aux caractères divers : Alvirah l'Algérienne, Moussa le Syrien, Kareski venu d'Europe de l'est, Brenda la canadienne, les jeunes Sébastien et Romaric présumés amants, Vincent le Péruvien et bien d'autres encore. Blandine Rinkel utilise son personnage de mère pour insérer des réflexions sur la famille, les différences de moeurs des générations, sur la politique. Elle consacre quelques chapitres à des descriptions comme celui concernant les stations balnéaires l'hiver.
L'auteure dispose d'un style original et d'un vocabulaire riche. Mais, défaut de jeunesse, elle a tendance comme ces jeunes cinéastes qui abusent des techniques de prises de vue, à friser la préciosité. Ne trouve-t-on pas « l'astre jaune » pour le soleil ? de quoi alimenter les moqueries de Molière. Simenon disait fuir les synonymes trop recherchés et les métaphores vaseuses. « Quand c'est bleu je dis bleu et je ne vais pas chercher des fleurs ou des pierres de cette couleur » déclarait-il à un entretien journalistique. Chez Blandine Rinkel on trouvera « jaspé » pour bigarré, « anamnèse » pour histoire, « nuits coruscantes » pour on ne sait trop quoi (coruscant voulant dire qui brille d'un vif éclat) et parfois même des incohérences comme « hertz » quand il semble plutôt s'agir de décibels.
Accumulation de récits et de réflexions manquant de profondeur (la pensée se plie à l'air du temps), l'ouvrage n'arrive pas à retenir l'attention comme le « je me souviens de tous vos rêves » de René Frégni. Il manque une unité dans la composition et une variété dans le ton pour susciter un autre enthousiasme que celui de découvrir une jeune auteure pleine de talent. Saura-t-elle tenir la distance ? le rédacteur de ces lignes le souhaite mais, pour cela, il conviendra à Blandine de s'affranchir des poncifs à la mode et de se forger une pensée originale et indépendante.

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pilyen
01 février 2017

Derrière ce titre d'essai politique, se cache un premier roman ( mais est-ce vraiment un roman? ) qui, pour moi, fait l'effet d'une bombe. En peignant le portrait de sa mère, Jeannine, 65 ans, prof d'anglais à la retraite et vivant à Rezé (Loire Atlantique), rien d'explosif apparemment. Et pourtant, au fil des pages, naît une écrivaine, une vraie et, j'en prend le pari, une future grande !
Le sujet, labouré mille fois par tant d'autres et avec talent ou pas, n'a rien de bien attrayant au départ. Jeannine est une mère lambda, pas une tyrannique, pas une toxique, pas une foldingue ni une figure maternelle nimbée d'amour pour sa progéniture, ni une pauvre femme humiliée qui souffre en silence. Jeannine ne possède aucun de ces éléments qui donnent un relief touchant à un récit. Elle est, comme beaucoup de mère, attachée à sa fille unique tout autant qu'à sa liberté, prévisible dans ses points de vue, trop parfois, agaçant normalement son entourage de ses histoires trop ressassées et de ses petites habitudes qui peuvent devenir insupportables. C'est sur ce terreau aux apparences bien anodines, que Blandine Rinkel va poser son regard et nous faire rencontrer une femme, qui comme tout humain de par le monde possède une histoire, une vie qui mérite d'être racontée. Oui Jeannine fait ses courses chez Lidl, vit seule dans une grande maison, promène un chihuahua et adore manger des crêpes avec une bolée de cidre, réflexe atavique breton. Derrière cette apparente banalité, se cache aussi une femme libre. de ses courses dans ce hard discount, elle en ramène des biscuits qu'elle partage avec des inconnus rencontrés dans sa petite ville, surtout étrangers et dans le désespoir. Dans sa grande maison, elle a aménagé un petit appartement qu'elle loue sans façon ni bail de vendeur de sommeil, à des marginaux de tout poil. de ses promenades avec son chien, elle rapporte, en plus de quelques désespérés, les histoires qu'elle invente en regardant les gens qu'elle croise, repérant mieux que personne une beauté pas toujours visible par qui a du mal à se soucier de son voisin. de sa gourmandise pour les crêpes, elle en fait un instrument de réconfort pour tous ceux dans le besoin qu'elle accueille simplement dans sa cuisine repeinte en rose lorsqu'elle dû renoncer aux voyages.
La simplicité n'est évidemment qu'apparente. La vie de Jeannine recèle une infinité de petits récits, de petites anecdotes que l'auteure ne manque pas de partager avec son lecteur. le récit sautille comme cette dame lorsqu'elle court accueillir des marins étrangers au sein d'une association d'aide bénévole.
Seulement, le livre ne se résume pas à une succession de petits faits croquignolets, Blandine Rinkel va bien au-delà. Avec une écriture fine et d'une précision sociologique ( j'ose le mot même si certains peuvent y sentir un peu de lourdeur), avec un recul impressionnant, le portrait devient d'une précision quasi entomologique et l'ont est troublé par l'extrême sensibilité qui se dégage de ce texte.
La suite sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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jg69
10 avril 2017
"Qu'est-ce qu'une vie réussie?"
Blandine Rinkel nous brosse ici le portrait intime de sa mère Jeanine.
Jeanine, femme brune et ronde de 65 ans, vit seule depuis le départ simultané de sa fille et de son mari. Professeur d'anglais retraitée, elle habite dans une banlieue sans grand intérêt près de Nantes.
Jeanine note ses pensées, des phrases attrapées au vol, des citations sur des post it roses qui ornent son frigo, les portes de placards de sa cuisine...
C'est une femme curieuse qui aime aller à la rencontre des gens "aimantée par tous les étrangers qu'elle croise." Pour découvrir le monde elle s'est depuis toujours intéressée aux individus étrangers à son monde, elle maîtrise de nombreuses langues et "aime fantasmer la vie des autres"
Elle a toujours fait preuve d'empathie pour les marginaux et le jour où elle a arrêté ses voyages à la rencontre des autres elle a transformé sa cuisine en "un lieu d'écoute sociale, en une salle des confidences." Sa porte est toujours ouverte pour accueillir autour d'un verre de cidre toutes sortes d'individus, émigrés, réfugiés... A une période elle va même jusqu'à héberger des ex-détenus.
C'est une femme généreuse qui économise pour pouvoir donner, avec" une générosité naturelle sans orgueil ni attente" elle va au secours de ceux qu'elle sent en difficulté mais n'aime pas par contre qu'on lui demande de l'aide.
Au fil du récit on découvre les failles de cette femme qui, issue d'un milieu rural et pauvre, a abandonné très vite ses prétentions de réussite et de reconnaissance sociale et a toujours souffert d'un gros manque de confiance en elle. "Contre la tyrannie des ambitions, elle a préféré affiner sa part sensible", c'est donc le portrait d'une mère "empêchée" que nous livre Blandine Rinkel.
Avec ses 65 courts chapitres qui reprennent des fragments de vie de sa mère, le récit est dynamique et vif porté par une bien jolie écriture. Blandine Rinkel nous fait découvrir une femme à la personnalité très attachante, insatiable de rencontres et de partage.
J'ai aimé cette femme aux belles qualités, j'ai aimé son humour, sa fantaisie mais j'ai aussi aimé la façon qu'a eue sa fille de s'approcher tendrement de ses forces et des faiblesses.
Elle analyse avec pudeur ce qui a un temps rapprocher ses parents si différents avant de les séparer, elle pointe ce qu'elle doit à sa mère dans la femme qu'elle est devenue et n'hésite pas à évoquer son agacement face à la sainteté de sa mère.
Blandine Rinkel a su trouver la juste distance pour brosser avec beaucoup de finesse ce portrait que j'ai trouvé juste, doux, grave et tendre.
Ce roman est en lice pour le Goncourt du premier roman avec Marx et la poupée de Maryam Madjidi, Un collectionneur allemand de Manuel Benguigui et Looping d'Alexia Stresi.


Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Les critiques presse (3)
Lexpress06 février 2017
Elle compose, en 65 fragments au style finement ciselé, un portrait à la fois acide et aimant d'une femme emblématique d'une génération, à travers lequel passe tout un pan d'histoire de France.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde27 janvier 2017
Il s’agit d’un roman d’amour et de réconciliation, aussi, qui ne règle rien mais qui dit beaucoup, avec tendresse et justesse, tout simplement.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama04 janvier 2017
Dans ce portrait intime et tout en douceur d'une femme par sa fille, se dévoile un être ouvert sur les autres, avec ses forces et ses failles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem02 mars 2017
Elle se souvient des explications de l’homme, quelques mois plus tôt, qui lui disait avoir quitté la Tunisie pour la France afin de réussir sa vie et n’avait depuis navigué que de dépit en dépit, l’humiliation qu’il endurait à Emmaüs à cause de son physique et de son français lacunaire, en raison de sa religion aussi, à laquelle on ne s’intéressait que dans d’alarmants médias, cet avilissement, donc, atteignait les cimes de sa déception et lui donnait envie, à l’époque déjà, de repartir auprès des siens. Il souhaitait, disait-il, retrouver son Orient et sa dignité. L’enrôlement dans le camp des donneurs de mort fut-il un moyen de recouvrer un peu de cet honneur perdu?
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TheaBibTheaBib10 janvier 2017
Un dernier mot sur le mérite et la confiance : depuis que j’écris ces pages s’accroît ma toute banale conviction que chaque vie, même et surtout la plus anodine en apparence, vaut d’être écrite et pensée ; chacun de ceux qui ont honnêtement traversé ce monde est digne qu’on lui construise, à tout le moins rétrospectivement, une destinée, et non seulement car celle-ci confère du poids aux gestes, mais aussi parce qu’elle renseigne sur la manière dont chacun, mis en confiance, peut être aimé. Il nous faudrait écrire un livre sur chacun de nos proches, pour apprendre, au gré des pages, combien, comment, nous les aimons.
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TheaBibTheaBib10 janvier 2017
Contre la tyrannie des ambitions, elle a préféré affiner sa part sensible : plutôt que les dîners à plusieurs, elle choisissait les tête-à-tête, au champagne qui frappe préférant le cidre doux ; plutôt que de s’inscrire au concours pour l’agrégation, qu’on lui conseillait de passer, elle apprit la peinture et effeuilla des livres d’histoire ; plutôt que de migrer au Kenya où on lui offrait un poste à valeur ajoutée mais où on lui retirait le loisir de se promener sans gardes du corps, elle décida de conserver son emploi et de randonner librement ; plutôt que de faire sauter une classe à sa fille, elle l’encouragea à profiter du temps libre découlant de son avance scolaire afin de dériver dans les parcs, les histoires et les sentiments.
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TastevinTastevin05 mai 2017
de toutes les activités du monde, la préféré de Jeanine consiste à fantasmer la vie des autres.
D'autre part, et surement est-ce lié, il y avait un penchant pour la liberté qu'offre l'abandon des prétentions.
Tour en continuant à ironiser sur ses chaussons soldés, j'admire désormais la discrète puissance de ma mère; je lui suis reconnaissante de m'avoir donné le goût du cidre qu'on vide en silence.
Entourées de forêts froides, de pans d'océan frissonnants, ces villes n'ont plus d'activité autre que celle de bercer les fins de vie de quelques résidents locaux.
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livresetbonheurslivresetbonheurs16 mars 2017
De retour dans sa cuisine, le soir, ma mère feuilleta son numéro de « Marianne, Pourquoi les religions les rendent fous ? » avec un peu plus d’ironie qu’à l’accoutumée, avala nerveusement deux yahourts qu’elle regretterait, puis, dans son lit, avant que Morphée ne l’étreigne,se surprit à adresser à Adarsh une petite (oh toute petite !) prière.
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Video de Blandine Rinkel (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blandine Rinkel
Blandine Rinkel & Bastien Landru du journal "Gonzaï" : interview (13 min • fév. 2016)
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