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ISBN : 2213701903
Éditeur : Fayard (11/01/2017)

Note moyenne : 3.04/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Qu’est-ce qu’une vie réussie ? » Au bic, Jeanine recopie la question sur un post-it, puis, comme chaque jour, part marcher. Croisant, au cours de ses dérives, divers visages : un architecte syrien fuyant son pays, un danseur étoile moscovite, une mythomane espagnole…
Ne sous-estime-t-on pas, d’ordinaire, l’amplitude des voyages intérieurs suscités par ces rencontres fortuites ?
Sans doute fallait-il, pour en prendre la mesure, le regard d’un proche.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  02 mars 2017
Un portrait de femme, une réflexion sur le rôle de la littérature, un plaidoyer pour davantage de fraternité et d'ouverture vers les autres : les différents niveaux de lecture du premier roman de Blandine Rinkel en font sa force et sa richesse.
Au soir de sa vie, Jeanine n'a rien de l'aventurière, n'est pas victime ou coupable d'un quelconque crime et n'a pas davantage vécu un épisode hors du commun. Une femme ordinaire à la vie banale qui a choisi cette vie rangée, avec «un penchant pour la liberté qu'offre l'abandon des prétentions
Un mari dont elle va finir par divorcer, une famille, un poste d'enseignante qui voit défiler des volées d'élèves jusqu'à la retraite, un pavillon à Rezé dans la banlieue de Nantes : fini l'adrénaline de l'ambition ! On pourrait résumer ainsi son existence, en y ajoutant une pratique que la narratrice – sa fille – appelle le «rosissement d'argent» et qui consiste «à faire disparaître ses fonds propres pour financer les causes les plus bizarres». Mais elle ne donne pas seulement son argent, mais aussi son temps et son logement, de préférence à des marginaux de tout poil.
C'est ainsi que sa route va croiser des réfugiés, des repris de justice, des immigrés ou plus simplement des compatriotes qui suscitent son intérêt. Attardons-nous sur deux d'entre eux, à commencer par Moussa qui a quitté la Syrie via la Tunisie pour débarquer en France. Accueilli et aidé par Jeanine, il va brusquement disparaître. Alors qu'il semble évident qu'il s'est radicalisé et a rejoint l'armée islamique, Jeanine pense que «c'est une allégeance dans laquelle il a dû se laisser entraîner» car «c'était un gentil garçon.» Ce que l'on peut appeler de la naïveté est bien davantage une philosophie de vie, une «sorte de pouvoir magique vous permettant, en dépit d'un réel ou d'un virtuel décevant, de régénérer votre innocence à l'infini.»
Toutefois, et sans manichéisme, on va découvrir que cet optimisme n'est qu'ne façade. Les nuits de Jeanine, ponctuées de crises de somnambulisme, révèlent l'empreinte profonde laissée par ces expériences. «C'est comme si toutes les angoisses qui ne la visitaient pas le jour, face aux repris de justice, aux femmes battues et autres soldats de Daech, se déchargeaient en elle pendant la nuit.»
Autre rencontre, autre exemple. Barnabé s'amuse à récolter des photos d'identité déchirées ou encore des lettres ou petits mots tombés des poches. Ce collectionneur, «sorte d'Amélie Poulain viril de la Bretagne», répond à sa manière à la question que pose la romancière sur son rôle et sur celui du roman qu'elle écrit. Elle a la «conviction que chaque vie, même et surtout la plus anodine en apparence, vaut d'être écrite et pensée; chacun de ceux qui ont honnêtement traversé ce monde est digne qu'on lui construise, à tout le moins rétrospectivement, une destinée, et non seulement car celle-ci confère du poids aux gestes, mais aussi parce qu'elle renseigne sur la manière dont chacun, mis en confiance, peut être aimé. Il nous faudrait écrire un livre sur chacun de nos proches, pour apprendre, au gré des pages, combien, comment, nous les aimons. »
Avec beaucoup de délicatesse et au-delà des destins qui un jour croisent la route de Jeanine, ceux de Brenda l'Américaine, de Vincent le Péruvien, de Bernard, d'Adarsh, de Kareski, d'Hortense et de tous les autres, Blandine Rinkel nous montre ce que pourrait – ce que devrait – être une mise en pratique au quotidien de la devise qui figure sur tous les frontons de nos mairies. Voilà comment un portrait de femme ordinaire devient un programme politique. Sans doute aussi déstabilisant que salutaire !

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Tlivrestarts
  06 janvier 2017
Je me rends compte que je prends goût aux 1ers romans... d'autant qu'il s'agit du dernier crû, de celui de 2017 qui n'est même pas encore sorti en librairie, l'aventure a quelque chose de grisant je l'avoue. Un grand merci aux Editions Fayard et à Netgalley !
Jeanine est retraitée de l'enseignement, elle est séparée de son mari. Elle fait partie de ces femmes actives, toujours en route, en train de faire quelque chose, et qui passe sa vie à aider, soutenir, accueillir, réchauffer les autres. Elle vit seule dans une grande maison, dans un lotissement de Rezé, une bourgade de Loire Atlantique. C'est dans sa cuisine aux teintes fuchsia qu'elle partage régulièrement des crêpes et un verre de cidre avec des personnes isolées, fragiles, exclues, invisibles... Quand elle était en activité, elle profitait de ses vacances pour parcourir le monde. Depuis qu'elle est à la retraite, ce sont les autres qui la font voyager.
Ce roman est un magnifique portrait brossé par une fille de sa mère, portrait empreint de tendresse et d'amour. Adulte, la narratrice a choisi de laisser une trace de l'action de cette mère attentionnée qui croit profondément en l'humain et qui se nourrit des différences des autres.
"Or nulle autre raison, derrière ces explorations linguistiques, que la volonté de rencontrer des êtres toujours plus différents, toujours plus lointains, nulle autre envie que celle de se confronter à l'hétéroclite en vue d'élargir le spectre des possibles existentiels."
Jeanine a bien compris ce que peuvent lui apporter Moussa, Hortense et les autres. Bien sûr, les parcours sont chahutés, les relations souvent éphémères, les prises de risques importantes surtout quand Jeanine offre son toit. Des aventures, elle en a vécu, au risque de se froisser avec ses voisins qui ne voient pas d'un très bon oeil arriver ces migrants et autres marginaux dans leur quartier résidentiel. Mais chaque fois, Jeanine sait prendre les choses en main et s'en sortir sans dommage. "
Mais plus que ça, Jeanine a soif d'utilité, comme peut-être de nombreux bénévoles aujourd'hui qui trouvent dans leurs activités associatives un moyen de vérifier qu'ils ont encore un rôle à jouer dans la société.
"A présent persuadée de sa vanité fondamentale, Jeanine aime qu'on lui redonne, pour un temps, un sentiment d'utilité."
Et quand vient la fin de la journée, que Jeanine se retrouve seule et qu'elle mesure le chemin parcouru, elle ressent un sentiment de complétude :
"[...] mais ce soir-là elle se sentira pleine, remplie de vies et de mémoires, d'histoires, de sentiments, et marchant près de sa grande maison vide, enivrée de tous ces visages croisés, elle pensera à demain [...], et son attente croît, brille, et comme tous les jours la nuit tombe, et comme tous les jours il y aura un ciel."
Jeanine se fait du bien, c'est indéniable. Mais elle fait du bien aux autres aussi. Grâce à ce climat de confiance qu'elle instaure, grâce à cette reconnaissance qu'elle accorde, Jeanine permet aux êtres humains qu'elle croise sur son chemin de prendre toute leur place.
"L'indifférence, quand elle se fait sport d'endurance, peut devenir une véritable arme de destitution des prétentions."
Un petit clin d'oeil au titre du roman !
Parlons de l'écriture de Blandine RINKEL justement. Je l'ai beaucoup aimé. Je me suis laissée porter par sa prose. Et quand elle joue avec les mots, alors là, je craque !
"Car il s'agit de la glycémie de l'amour et bien qu'elle n'y ait elle même que très peu goûté, faute d'opportunités, cette friandise l'attire, réveillant en elle quelque gourmandise secrète dont elle vous montre rapidement, au détour d'un sourire ou d'une intonation rose, la cachette d'espérance, avant d'aussitôt la refermer."
Ce roman, c'est un peu comme un bonbon qu'on laisse fondre tendrement...
Jeanine nous offre une réponse à la question qui figure sur un post-it collé sur son frigo : "Qu'est ce qu'une vie réussie ?"
Et vous, quelle est la vôtre ?
Sortie en librairie le 11 janvier 2017
Lien : http://k6.re/9rRGC
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blandine5674
  31 août 2017
Un peu étonnée qu'une jeune femme de 26 ans écrive un livre en hommage à sa mère. Au vu de l'homonyme, j'ai eu envie d'en savoir plus sur Blandine Rinkel. Elle est musicienne, actrice, auteur, journaliste, danseuse. de plus, elle a un master en littérature et a eu 20/20 au bac de français. Eh ben ! Donc, avec tout ça on devrait entendre parler d'elle. Revenons à nos moutons. 65 courts chapitres qui racontent sa mère, sa générosité, parfois sa maladresse. Ancienne prof et parlant plusieurs langues, elle ne peut s'empêcher d'héberger des étrangers chez elle. Lecture agréable. On reste quand même sur sa faim puisque le narrateur est la fille et qu'elle ne parle jamais d'elle, dommage !
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chrisylivres
  17 septembre 2017
Blandine Rinkel est née en 1991 à Rezé, Loire-Atlantique. Très talentueuse, elle est à la fois musicienne, journaliste, danseuse, ... mais aussi écrivaine : L'abandon des prétentions, publié aux éditions Fayard, est son premier roman. Ce roman n'est pas une fiction : le portrait de Jeanine est celui de la mère de l'auteur vivant dans une maison de 200 m² étalés sur trois étages dans la commune de Rezé, précitée.
Qui est donc Jeanine, cette femme que l'auteur et narratrice appelle "ma petite mère" ou encore "ma mère" ? Pourquoi la narratrice admire sa mère autant qu'elle semble la mépriser?
Tout au long du livre c'est, en effet, la naïveté - plutôt que la bonté - du personnage de Jeanine qui est passée en revue.
 
"Ce n'est pas la première fois qu'elle agit ainsi, dans la cuisine de mon enfance, cette cuisine aux ustensiles fuchsia et aux placards tapissés d'une peinture cuisse de nymphe, ce n'est pas la première fois que, dans cette pièce rose, avec l'enthousiasme d'un enfant organisant sa première tombola, elle accueille des immigrés espagnoles rencontrées au Super U, un travailleur de chantier recherché pour violence conjugale et qui a des yeux, mais des yeux...!, une Russe dont la boulimie chronophage l'empêche d'apprendre le français et des dizaines de petits garçons de 70 ans qui noient leur racisme dans l'alcool. Sitôt à la retraite, Jeanine avait appris l'arabe ('la langue du moment!') pour multiplier les rencontres de cette espèce, se sentir concernée par les conflits internationaux et , je crois, charmer les vendeurs de structures de vente Emmaüs qui, en dépit de, 'leur vision abjecte de la femme', la font drôlement rire quand elle les visite certains mercredis, avant sa séance de gymnastique."
Mais on peut lire en négatif du portrait de Jeanine l'autoportrait de l'auteur. Celle-ci se définit a contrario de sa mère qui s'est toujours satisfaite de sa situation tant par manque de confiance en elle que pour défier une société de l'image où chacun doit toujours se montrer sous son meilleur jour voire et surtout montrer plus que ce qu'il n'est.
On sent ainsi entre les lignes une certaine jalousie de l'auteur (plus que de l'admiration) qui, semble-t-il, ne peut vivre cette même indépendance.
"Près des ustensiles de couleur tendre, n'avait-elle pas d'ailleurs senti la belle âme de ce jeune homme, dont le seul défaut flagrant consistait à posséder un oeil qui disait merde à l'autre?" 
Quand au mépris que la narratrice semble porter au personnage de Jeanine, apparaît être le reflet d'une partie d'elle-même qu'elle n'aurait pas su accepter, un caractère aux nuances "paysannes" peut-être. D'ailleurs cela ne se retrouve-t-il pas dans le style d'écriture? Deux pôles s'affrontent dans cette écriture : les tournures et expressions rudes et crues prennent souvent le pas sur la recherche de la délicatesse. Est-ce délibérément que l'auteur aurait construit son roman ainsi? Rien n'est moins sûr.
Dans ce roman vous rirez surtout, mais vous serez peiné lorsque le naïveté excessive de Jeanine se fera abusée.
 
J'ajouterai enfin, que s'agissant du premier roman de l'auteur il me fait penser à un roman dont la critique est également sur ce blog : L'affaire du siècle. http://chrisylitterature.jouglar.eu/laffaire-du-siecle-marc-reveillaud/. Les deux adultes ont grandi dans une société de l'image exacerbée. Les parents, tous deux ayant subis un divorce font figure d'une autorité bâclée, et l'enfant devient adulte très jeune dans l'espoir de s'émanciper de cette enfance qui l'a déçue. Des sentiments tels que le ressentiment, le mépris affrontent l'admiration et l'envie. le sentiment d'amour se trouve gangrené, l'individu névrosé. le ton des deux romans sont toutefois différents : celui de Blandine Rinkel est très rosé.
 
Voici donc mon bilan : ce livre est un diamant brut. Il vous mettra sûrement mal à l'aise mais vous ne pourrez le lâcher avant d'avoir lu la dernière pensée que l'auteur aura exprimé sur sa paradoxale et énigmatique "mère".
Lien : http://chrisylitterature.jou..
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Tastevin
  06 mai 2017
Blandine Rinkel est une jeune auteure au visage avenant, disposant de surcroît d'une allure de danseuse étoile. le lecteur habitué aux dégaines insipides des femmes de lettre façon Yourcenar ou Françoise Sagan a du mal de se convaincre que, derrière ce physique séduisant, se cache un authentique écrivain. La lecture du livre « l'abandon des prétentions » devrait lui ôter toute incertitude.
L'éditeur Fayard propose cet ouvrage sous le genre roman. Les 240 pages qui le composent sont divisées en 65 chapitres qui sont autant de courts récits lesquels pourraient s'apparenter à des nouvelles comme on peut en trouver dans « les vies minuscules » de Pierre Michon. En fait, un lien unit ces récits. Il s'agit de la propre mère de l'auteure décrite le plus souvent avec bienveillance mais quelque fois avec une ironie un peu rosse (« ma bovidé de mère »). Jeannine, car tel est son prénom, est une sexagénaire un peu fantasque, qui rencontre, se lie et accueille sous son toit des personnes aux caractères divers : Alvirah l'Algérienne, Moussa le Syrien, Kareski venu d'Europe de l'est, Brenda la canadienne, les jeunes Sébastien et Romaric présumés amants, Vincent le Péruvien et bien d'autres encore. Blandine Rinkel utilise son personnage de mère pour insérer des réflexions sur la famille, les différences de moeurs des générations, sur la politique. Elle consacre quelques chapitres à des descriptions comme celui concernant les stations balnéaires l'hiver.
L'auteure dispose d'un style original et d'un vocabulaire riche. Mais, défaut de jeunesse, elle a tendance comme ces jeunes cinéastes qui abusent des techniques de prises de vue, à friser la préciosité. Ne trouve-t-on pas « l'astre jaune » pour le soleil ? de quoi alimenter les moqueries de Molière. Simenon disait fuir les synonymes trop recherchés et les métaphores vaseuses. « Quand c'est bleu je dis bleu et je ne vais pas chercher des fleurs ou des pierres de cette couleur » déclarait-il à un entretien journalistique. Chez Blandine Rinkel on trouvera « jaspé » pour bigarré, « anamnèse » pour histoire, « nuits coruscantes » pour on ne sait trop quoi (coruscant voulant dire qui brille d'un vif éclat) et parfois même des incohérences comme « hertz » quand il semble plutôt s'agir de décibels.
Accumulation de récits et de réflexions manquant de profondeur (la pensée se plie à l'air du temps), l'ouvrage n'arrive pas à retenir l'attention comme le « je me souviens de tous vos rêves » de René Frégni. Il manque une unité dans la composition et une variété dans le ton pour susciter un autre enthousiasme que celui de découvrir une jeune auteure pleine de talent. Saura-t-elle tenir la distance ? le rédacteur de ces lignes le souhaite mais, pour cela, il conviendra à Blandine de s'affranchir des poncifs à la mode et de se forger une pensée originale et indépendante.

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Les critiques presse (3)
Lexpress   06 février 2017
Elle compose, en 65 fragments au style finement ciselé, un portrait à la fois acide et aimant d'une femme emblématique d'une génération, à travers lequel passe tout un pan d'histoire de France.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   27 janvier 2017
Il s’agit d’un roman d’amour et de réconciliation, aussi, qui ne règle rien mais qui dit beaucoup, avec tendresse et justesse, tout simplement.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   04 janvier 2017
Dans ce portrait intime et tout en douceur d'une femme par sa fille, se dévoile un être ouvert sur les autres, avec ses forces et ses failles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   02 mars 2017
Elle se souvient des explications de l’homme, quelques mois plus tôt, qui lui disait avoir quitté la Tunisie pour la France afin de réussir sa vie et n’avait depuis navigué que de dépit en dépit, l’humiliation qu’il endurait à Emmaüs à cause de son physique et de son français lacunaire, en raison de sa religion aussi, à laquelle on ne s’intéressait que dans d’alarmants médias, cet avilissement, donc, atteignait les cimes de sa déception et lui donnait envie, à l’époque déjà, de repartir auprès des siens. Il souhaitait, disait-il, retrouver son Orient et sa dignité. L’enrôlement dans le camp des donneurs de mort fut-il un moyen de recouvrer un peu de cet honneur perdu?
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TheaBibTheaBib   10 janvier 2017
Un dernier mot sur le mérite et la confiance : depuis que j’écris ces pages s’accroît ma toute banale conviction que chaque vie, même et surtout la plus anodine en apparence, vaut d’être écrite et pensée ; chacun de ceux qui ont honnêtement traversé ce monde est digne qu’on lui construise, à tout le moins rétrospectivement, une destinée, et non seulement car celle-ci confère du poids aux gestes, mais aussi parce qu’elle renseigne sur la manière dont chacun, mis en confiance, peut être aimé. Il nous faudrait écrire un livre sur chacun de nos proches, pour apprendre, au gré des pages, combien, comment, nous les aimons.
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TheaBibTheaBib   10 janvier 2017
Contre la tyrannie des ambitions, elle a préféré affiner sa part sensible : plutôt que les dîners à plusieurs, elle choisissait les tête-à-tête, au champagne qui frappe préférant le cidre doux ; plutôt que de s’inscrire au concours pour l’agrégation, qu’on lui conseillait de passer, elle apprit la peinture et effeuilla des livres d’histoire ; plutôt que de migrer au Kenya où on lui offrait un poste à valeur ajoutée mais où on lui retirait le loisir de se promener sans gardes du corps, elle décida de conserver son emploi et de randonner librement ; plutôt que de faire sauter une classe à sa fille, elle l’encouragea à profiter du temps libre découlant de son avance scolaire afin de dériver dans les parcs, les histoires et les sentiments.
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TastevinTastevin   05 mai 2017
de toutes les activités du monde, la préféré de Jeanine consiste à fantasmer la vie des autres.
D'autre part, et surement est-ce lié, il y avait un penchant pour la liberté qu'offre l'abandon des prétentions.
Tour en continuant à ironiser sur ses chaussons soldés, j'admire désormais la discrète puissance de ma mère; je lui suis reconnaissante de m'avoir donné le goût du cidre qu'on vide en silence.
Entourées de forêts froides, de pans d'océan frissonnants, ces villes n'ont plus d'activité autre que celle de bercer les fins de vie de quelques résidents locaux.
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livresetbonheurslivresetbonheurs   16 mars 2017
De retour dans sa cuisine, le soir, ma mère feuilleta son numéro de « Marianne, Pourquoi les religions les rendent fous ? » avec un peu plus d’ironie qu’à l’accoutumée, avala nerveusement deux yahourts qu’elle regretterait, puis, dans son lit, avant que Morphée ne l’étreigne,se surprit à adresser à Adarsh une petite (oh toute petite !) prière.
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Videos de Blandine Rinkel (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blandine Rinkel
On dit la jeunesse insouciante ; face au vacillement du monde, elle est pourtant la première à se préoccuper de l'avenir, et à se lever pour actionner les leviers du changement. Témoins privilégiés de l'évolution des pensées de toute une génération en devenir, Blandine Rinkel et Pierre Jouan prennent position à leur façon, en questionnant le monde duquel ils sont fraîchement émoulus pour mieux envisager celui qui se profile, dans un livre collectif au caractère pluriel voire universel.
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